CHAPITRE XI. ia
alors unique enfant de Bruce, était aussi décédée, le tout jeune prince Robert, fils de feu cette princesse et de son mari legiandsénéchal d'Ecosse , et petît-fiis de Robert , fut reconnu comme devant succéder au trône, à défaut par le roi de laisser des enfants mâles. La régence du royaume fut confiée à Thomas Randolph , et pour le cas qu'il mourût, à James, seigneur de Douglas. Des rè- ^ës qui déterminaient la succession à la couronne furent établies, et portèrent en substance que l'héritier mftle le plus proche du roi en ligne directe lui succéderait ; qu'à défaut de celui-ci, ce serait la femme la plus proche de la môme ligne j et^ défaut de toute cette ligne , l'héritier mftle le plus proche dans la ligne collatérale : car on porta toujours respect au droit de parenté, à la faveur duquel le roi Robert lui-même était parvenu au trône.*
Un règl^nent fut ensuite rédigé au sujet des armes. Gomme chaque citoyen peut être appelé à servir pour défendre son pays, tous les Ecossais furent tenus de s'armer selon leur rang et leurs moyens. Tout individu qui possédait en terre un revenu annuel de dix livres, fut requis d'avoir toujours prêts une jaquette de bufile et un casque d'acier ; ceux dont le revenu était moindre purent substituer le fer pour le derrière et le devant de la cui* rasse , ainsi que pour la coiffure. Ces différentes personnes furent obligées d'avoir des gantelets , une épée et une^ lance. Quiconque était propriétaire d'une vache dut se munir d'un arc et d'un carquois de flèches ou d'une pique. On n'arrêta rien touchant les cavaliers. Les grands vassaux de la couronne eurent sans doute à se présenter au combat comme geus d'armes^ mais la politique de Robert Bruce fit reposer la principale défense de l'Ecosse sur son infanterie. On adopta de sages et humaines mesures pour d'une part aviser à l'approvisionnement des troupes lorsqu'elles allaient à l'armée du roi ou en revenaient , et de l'autre pour que ces allées et venues de soldats fussent le moins désastreuses pos^sible aux contrées qu'ils traversaient. Les habitants furent obligés de leur fournir les provisions nécessaires, mais contre de Targent.
t Voir rbistoire d'Ecosse de Tyder, 1. 1", page SiSS. M. Kcrr, dans une bonne his* toire de Robert Bruce, remarque que ces règlements en certains cas supposés, étaient d'une application difficile. Il semble qu'on y ait laissé de l'ambiguïté à dessein; puisque adopter distinctement les règles modernes du droit de succession, eût été jeter des doutes sur le titre en vertu duquel le grand-père du roi, le compétiteur Boberty avait réclamé la couronne, et par suite duquel le iroi lui-même la portait.
msToiAE d'Ecosse. ^
fM HISTOIBE ïyÈCOSSE.
Toute fourniture d^annes ou de yivres i F Adglêterre Sat ri^our reasecoeiït prohibée soas^ peine de inart.
Les droits et rindépeiidaiiee de l'élise éecssaôse furent hardiment proeiamés, par vengeance sans doaie de la malyetUance du pape envers Bruce. Les ecciésiasticpies du rayawne: ne {Mirent payer aucun tribut à la cour de Rome. Enfin, \»& Écossais rési* dant à l'étranger ne purent dépenser leurs revenus bors de TÉ^ eusse. Telles furent les patriotiques mesures adoptées parle parlement qui s'assembla à Scone en 1 3 IS.
Le hautain peolife , Jean XXII , avait été crueUemçïit offensé de la manière dont Bruce avait négligé ses injonctions, à promis d'une trêve, et refusé de recevoir les lettres qu'il lui avait écrites. En 1318, il ordonna aux deux cardinaux de publier les. bulles d'excommunication dès long-temps préparées contre Bruce et ses adhérents. Lesrsôsonsall^uées furent que legoaverâeur d'Ecosse, comme Sa Sainteté affectait d'appeler le roi ^ avait pris Berwiek pendant la trêve papale ; qu'il n'avait pas vcmiIu admettre en sa présence les nonees>des légats ; etmémte oo lit allusion à certanas motifs secrets que le pape jugea c(Mivenable de taire pour le mo^ ment , maisdont les principaux furent peut'-étre des pensions ac^ cordées par Édcmard au frère et a«x neveux de Sa Sainteté, ainsi fu^à quelques» eardiaanx inttuents qui jouissaient de la faveur et ée la c^aâance du pontife. Ni l'Eglise , ni le peupte d'Ecosse ne firmt attention à ces bulks ^ que les légats publiant cependaaâ avec toute la scrfeanité d'usage. La flamme de la liberté et de rindépendanee nationale- brûlait avec t^ de force et d'éclat pour s^étendre au souite de Rome.
Edouard s'efforça «a vain d'excUer d'uutres princes et d'autres contrées à faire cb^rus avee lui et le pape pour le cri de réprobation qu'ils tftchaieftt d'élever contre Robert Bruce et soa royaume. Il s'adressa au comte de Flandre et à divers seigneurs, à divers états du même pays ^ en les prknt de iponspre toute rela* lion cc»nmeretaleavec les Écossais , ce peuple rebelle et excom^* munie V mais les Hollandais, qui prosqi^riûent à entretenir un libre négoce avec tout le monde , rejetèrent froidement et péremptoirement la proposition.
Le pape s'obstina dans sa colère , et comme elle éclata de nouveau à la suite précisément de la retraite d'Edouard et de la trêve que ce monarque avait conclue avec TÉcosse , it y a tout lieu de croire Que si le saint père reprit ses sévères mesures , ce fut our
GSiJPiTRB Xr. Itt
cattplMfe ao m n^gliis qui tleBorçà ansi de ■wintenîr um guerre spîrit«eite contre Bruce après arair déposé ses armes teni* IK>reUe8. A dire vrai ^ od verra qoe Robert aUégua les macbina-* lions d'Edouard près la coar de Rome comme excuse d'avoir Ioh mârae violé la farève. Ces ialrigues, au reste, (breiit couronnées de succès; le pape lança enc<tfe une fèis les foudres de ses execm- ^DQunicatiODS contre Bruce et ses partisans^ dans une bulle d'one èAonne loiigi:mar ; et rineflicacité qui avait accompagné jusque-là tes eSbrts de son ressentiment avait tellement irrité le pape , que tes priais d'York et de Londres reçurmt Twdre de réitérer la eérémonie avec^docbes, chantres et cîergesS tous les dimanches et toutes les fôtes de l'année.
Le psurlenient d'Ecosse prit alors sur lui de répcmdre au pape pour déC^adre sa conduite et ceUe de son souverain. Huit comtes et trente et un barons écossais se réunirent àÀberbrothock ou Arhpoatb, le 6 avril I3i(^ avec les grands officiers de la couronne et d'autres seig^urs , puis > an nom de tous les habitants de l'Ecosse , apposèrent leurs signatures et leurs sceaux i un manîfeate oiâ mtoioire i^ein de ebaleor, dans lequel une forte dose de iMm sens et on mâle esfNrtt de liberté percent au travers d'arguments propres à rîgncMranee du siècle.
Cette âmeuie pièce commençait par une âiomération des preuves de Paueiennebé prétendue de la i»tion écossaise. On y avait détaillé eomment elle était deacaidue de Scùta, fiUe de Pfaa* raou , roi d'Égypte ^ et avait été convertie au christianisme par sarnt André, l'apôtre. Tenait alors la loi^e et barbare liste de noms chrétiens et païens qui, vrais ou faux , composaient la gé* néâlogîe de la famille royale. Après avoir émerveiUé , à ce qu'ita oroYaie&t sans doute , le souverain pontife par les titres de leur nation à une aatique origme, ce doût les Boossats ont été de tout temps plus que passablement jaloux, ils centîDuaient dans un noble ton d'indépendance. L'injuste intervatition d'Edouard i** dans les aflEaires d'un peuple libre et les calamités que son and)ition avait attirées sur l'Ecosse étaient peintes avec vigueur*, le joug auquel sa tyrannie avait soumis la contrée était refMrésentà comme une sec<»u}e servitude d'Egypte, d'où leur souverain d'à? lors, comme un autre Joaué ou va), autre Mactabée, les avait ti*
i With beîl, boùh and candie, dit le texte, formule consacrée par Tancien rituel^ tf qui rappelle que ^excommunication dcTalt être prononcée au ton des eloche% ^ eiarges alluièa «i das chanti 4a cIm V» A* M.
rés victorieusement par sa valeur et sa prudence. Ils déclaraient que la couronne appartenait à Bruce par le droit de la naissance» par Tempire du mérite, et par la libre volonté du peuple qui la lui avait placée sur la tête. Mais encore, ajoutaient-ils en propres termes, ils ne continueraient pas d'obéir mômeà ce monarque tant chéri et tant respecté, s'il manifestait la moindre disposition à soumettre la couronne ou son peuple à Thommage ou à la dépendance de l'Angleterre ; mais en pareil cas ils feraient tout leur possible pour lui résister et le chasser du trône : ^ Car, porte textuellement la lettre, tant qu'une centaine d'Écossais aura des moyens de résistance, ils combattront pour la liberté qui leur est plus chère que la vie. >» Ils demandaient que le pape ne faisant aucune distinction des personnes^ non plusquele ciel dont il était le vice-roi, exhortât le monarque d'Angleterre à se contenter de ses beaux domaines qui avaient été autrefois réputés assez vastes pour former sept royaumes, à ne plus tourmenter ni opprimer un pauvre peuple, son voisin, dont l'unique désir était de vivre libre et indépendant sur la terre lointaine que le sort lui avait assignée pour patrie. Ils rappelèrent au pape que son devoir était de travailler à la pacification générale de la chrétienté, pour que toutes les nations pussent alors tenter une croisade en commun et aller reconquérir la Palestine, projet qu'eux et leur monarque brûlaient d'exécuter, si la guerre anglaise ne les en eût empêchés. Il terminaient par déclarer solennellement que si, après cette protestation, sa Sainteté favorisait encore les desseins de l'Angleterre pour Toppression de rÉcosse, sur elle seule devraient retomber toutes les pertes de vie mortelle et d'immortelle félicité qa'occasic«ierait une guerre tout à fait exterminatrice. Enfin lei prélats et les barons écossais protestaient de leur obéissance spirituelle au pape, ets'en remettaient du triomphe de leur cause au Dieu de vérité, avec la ferme espérance qu'il leur enverrait la force de défendre leurs droits et de confondreles rusesxle leurs ennemis. Lorsque l'excommunication papale eut été ainsi réduite à néant et défiée par la voix du peuple écossais , lorsque les nobles parurent bien résolus à faire triompher les droits de leur souverain et la justice de leur cause, le pontife se montra plus accessible aux ambassadeurs écossais qu'on envoya conférer avec lui; et comme le roi de France proposa également sa médiation, le pape se mit en devoir d'établir, sur des bases plus équitables, la paix entre l'Angleterre et l'Ecosse. Il est néanmoins probable que lesjsouve-^