CHAPITRE XI. m
rains principalement intéressés désiraient l'un et l'autre attendre l'issue de certaines intrigues sombres et mystérieuses qu'Edouard et Robert saTaient tous deux exister à la cour de leur ennemi.
Parlons d'abord des mécontentements intérieurs de TÉcosse. Malgré la grande popularité de Bruce, qui est prouvée par la lettre dont nous venons de donner l'analyse, il y avait eu tant de di^ cordes, tant d'intérêts séparés, tant de querelles avant qu'il montât sur le trône ; et par sa persévérance à détruire le pouvoir desbarons qui soutenaient l'Angleterre, il avait causé une irritation telle, que nous ne devons pas être surpris qu'il y eût dans la masse du peuple, des gens qui portassent à leur roi des sentiments tout autres que ceux de l'amour et du respect, quoique ceux-ci prévalussent parmi la généralité des habitants. Les idées d'envie et de malveillance aboutirent à un complot dans lequel David de Brechin, neveu du roi, avec cinq autres cheva<^ liers et trois écuyers, tous hommes de rang et d'influence, se liguèrent secrètement pour quelque crime de haute trahison. Os étaient convenus, à ce qu'il paraît, d'assassiner le^nA et de mettre sur le trône William de Soulis, sommelier ^ héréditaire d'Ecosse. Le grand-père de cet ambitieux chevalier, Nicolas de Soulis, avait été prétendant à la couronne comme petit-fils de Marjory, fille d'Alexandre II et femme d'Alan Dureward; ce qui en effet lui eût donné un tlroit incontestable si son aïeule avait été légitime. Sir William avait été lui-même chargé récemment de maintenir la trêve le long des frontières, et sans doute qu'alors débauché par les agents d'Edouard^ il s'était laissé aller à entrer dans une conspiration aussi criminelle qu'insensée, comme l'événement le prouva.
La comtesse de Slrathern, à qui le secret du crime fut confié^ le dévoila par crainte ou par remords. On arrêta les conspirateurs et on les fit juger par le parlement. Sir William de Soulis et la comtesse furent condamnés à une prison perpétuelle. La peine de mort fut portée contre David de Brechin, sir William Malherbe, sir John Logie, et un écuyer du nom de Richard Brown, qui la reçurent sans délai. Quatre autres des principaux coupables eurent aussi à défendre leur tête, mais furent acquittés. Quoique l'acquittement de ces individus et la clémence montrée à l'égard du chef de la conspiration donnent tout lieu de croire que la procédure fut conduite avec équité, sinon avec douceur, cependant
1 Butler, dit le texte. ▲. M.
HISTOIRE irÊOOSSE.
on était aMrssi peor aceoatmiiéà re^oontar te projet d'oa aoiidr ichangement de gooreniemeiit oa d'une simple iaiiofatiûD dans rétat comme mie chose mérttant k mort^ que leehfttîBifiiitpert6 en €^te occasion semUe avoir passé généraiemeoi jpowr aérère, et que le baspeopi&dofmalenomde^arfeflwiiliiaô'àcelaidbnt les arrêts aVaient taat versé de nofate saog. Le sièele, si faabteè qu'il fèt aa carnage sur les cinmps debataitte, tiait moins tenn Mer avec la peine capitale inffigée eo exécution des lois.
Le sort de Darid de Brechin excita besmoDnp de syn^atUè pnUique. li était jeune, Inrave, albé à k famSte roraie, et s'éftaU detingtté par i^es exploits contre les infidèles dans la teire-^unte. Se tels motife snilirent poor entourera cette ^Kique le mtie con-. damné d'un cliarme qui intéressa k popukce en sa fiitenr et l'eat* pécha de comprendre son crime, de même que rextérienr d'an «Fcoant jeune hommequi va subir le cbàiiment d'un dflitmoi«dio séduit un groupe de spectateurs œnteraes. llfeds à Texo^iticNi des attraits de la naissance, de k jeunesse et de la vaèeur, il n'est presque rîen qui dioive apitoyer tes auteurs d'aujourd'hui sur le sort méritéde David de Brechin. Savait dans l'origine serviktaose anglaise, et secondé Gomyn, comte de Buchàn, dans son mtiente et vindicative poursuite de Robert firuce à tracées rAberdeenshirfi an 1308. Si à dire vrai il passa sous k bannière de son onde après la tiataitte d'Old^Meldrum, comme Barbour le prétend, il faut qu'il ait ^encore changé une autre fois de parti, car en 1303 il recevait une pension de l'Angl^erre et était gou^^eraeur de Jkindee pour Edouard. Yers 1315^ on le retrouve pnsonoîer de ^erre en Ëooisse ; et quoique probaMememen t il soit resté par k suite fidèle à son oncle, néanmoins le nom de ce chevalier n'afH |»araît dans aucun de ces tKk*oïques exploits qui ont illostrâ la ^erre des années suivantes. Il est présumable que Robert ftruoe n'avait pas confiance en lui, et cette considération exfdiqoe tpBvÊb' ^tre, mais sans l'excuser, pourquoi il entra dans une entr^Hnise contre la vie d'un prodie parent qui avait rendu la liberté ieda pays. Quoi qu'il «n soit, la nK)rt du Jeune bonxme ^Lcita dans le jmMic un profond €hagrin.Sir Ingram d'Umfraville donna en cettn occasion un exemple de ce que nous avons avancé pkis haut toncbant la lég^eté avec laquelle les chevaliers de l'époo^ adoptaient pour patrie tuitôt une contrée, tantôt une autre, et juraient sooœssivement gdétité à {dusieurs souverains. < Je ne resterai pas, dit sir Ingram, sur une terre où un chevalier si noble a subi pour une
CSULPCTHS XI. ' iW
eaoj»^ ftitiki iine iiiort silmitease et si eroel^ il quitta l'Ecosse après aroir <l6iiaiidé et oh to wi k poraMM» que lIobertBrooefQiaoooidae^éreuMBMit, de disposera 08a gré de sesdofliames éeossats, et «Ha aMttreflODépée etj» fidélité aa serviœ de PAûgMerre. On nteagme ipas ftoUencait jusqa*oà sirfBgFam d'Uatfravine pm?ait eoncevoir que les {HÎTiUigea do fo€hev«)erie s^étoadiawDt C'était laqoatrièaselDis que lukoâne avait changé de paiti : il «yait fMirté ks armes sons Wallace» et petttaAia régenea écossaise d'ensoîle; puis il éUât devenu an* ^«s et a^ait élè, il ta fantailte de fiamoekbom, on des cbevaliers choisis potir tenir la inride du roi. Cette victoire nmena sir In* gram àla cause éeossaise, mais il la qniita définithreroent par pitié et par îolértt peur David de Breelûn, peut-^tre aussi par 4|Q€lque secrète inquiétude coneemant le sort qui pourrait un jour hii être réservé à tuinnéme, lorsque des traîtres étaieat iir frés 4tinc mains du bourreau.
Be même que la conspiration de WiHiam de Soulis et de ses èompHoes était probablement connue d'Edouard d'Angleterre^ de même il est presque certain que Robert Bruce fut mstruit de celle que Thomas, comte de Lancastre, tramait contre le premier monarque. De là vient sans doute que des commissures nonnnés par les deux pei^les se séparèrent sans avdr pu s'entendre sur les conditions auxquelles k trêve devrait être rmplaoée par une paix durable. Edouard en cette circonstance s'^^lOTça de nonvean d'allumer le ressentiment du pape contre i'Ecosae; nais, soil; qnele pontife fût encore ému de la lettre si ferme des barons écossais, soit qu'il jugeât maladroit d'exposer son artillerie spirituelle au mépris en la faisant jouer pour ne produire aucun effet, une. chose sûre est qu'H joua un rôle plus impartial dans k controf verse, et qu'il prit à l'égard du royaume le plus faibte un ton plus cmciliatoire. - *
Il faut maintenant revenir à l'histoire d'Angleterre, les vices principaux du faible gouvernement d'Edouard étaient «on penchant à comHer certaines personnes de sa faveur, sa paresse, son amour du plaisir, et sa négligence des affaires publiques. Les pre* miers troubles de son règne étaient venus de son excessive prédilection pour un chevalier de Gascogne nommé.Pierre Gavesten. Quahdlapuissgtace de ce favori eut été détruite, et lui-même mis à mort par une ligue de la noblesse commandée par l^oraas j comte de Lancastre, le roi sembla quelque temps disposé à vivre
en bonne harmonie avec ses sujets. La mauvaise étoile d'Edouard» cependant, voulut qu'il rencontrât un autre Gaveston dans Hugues Despenser, qui s'empara comme le gascon et abusa comme lui des bonnes grâces de son facile maître. Se voyant aussi odieux à la noblesse que Gaveston l'avait jamais été^ Despenser tâcha de sti** muter la vengeance du roi contre les nobles par qui ce favori avait été mis à mort et surtout contre Lancastre. Le comte, de son côté, sachant à quoi la haine implacable de son souverain l'exposait, se laissa entrahier au crime, néanmoins sans excuse, de s'unir à des étrangers et à des ennemis pour cabaler contre son prince naturel, et cela en dépit de la foi qu'il lui avait jurée. Une alliance offensive et défensive fut donc formée entre le
comte et les nobles d'£cosse, Randolph et Douglas, à condition que les Écossais d'une part envahiraient l'Angleterre pour favoriser les projets du comte de Lancastre, et que de l'autre, les Anglais, en retour de cette fraternelle assistance , emploieraient leur crédit à obtenir une paix équitable entre l'Angleterre et TE- <x>S6e. S'il y eut, comme il semble probable, d'autres stipulations, elles demeurèrent secrètes.
Le comte de Lancastre convoqua ses amis et leva l'étendard de la révolte *, mais il n'avait pas suffisamment combiné ses mesures avec celles des Ecossais. Il semble aussi que, conune il arrive souvent, une jalousie mutuelle s'éleva entre les conspirateurs indigènes et leurs auxiliaires étrangers. Déconcertés d'apprendre que le roi marchait contre eux, les rebelles se jetèrent dans la ville de Pontefract ; puis, tandis que le comte, après en être sorti} tâchait de se frayer un passage vers son château de Dunstanborougb dans le nord, il fut attaqué par sir André Hartcla, gardien des frontièr res occidentales, et par sir Simon Ward, shérif d'Yorkshire. Vaincu, il fut immédiatement jugé, condamné à mort et décapité; mais plus tard on l'adora comme un saint, quoiqu'il eût péri comme coupable de haute trahison.
Cet éclair de succès qui, après tant de défaites, brilla sur les armes d'Edouard parut lui inspirer; car il était d'un caractère vif et ardent, Tespoir de vaincre tous ses ennemis. Conune jamais la sécurité d'un roi n'est plus grande que quand il vient de décou-^ vrir et d'étouffer une conspiration, Edouard écrivit au pape de ne plus se donner d'embarras pour établir une trêve ou une paix avec l'Ecosse, attendu qu'il voulait la mettre de force à la raison.
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