CHAPITRE XII
Préparatift (P^onard |NMir eorahlr VÉeoêê/em — f d« eursioDs des ÉcoiMia dang la Lancaahira.— Les Anglaia entrent en Ecosse. — Robert Bruce rsTage la contrée, et éTite une balaiHe. — Les Anglais sont obligés de battre en retraite. — Robert enrabit l^ècosse à son tour, et dérait le roi d'Angleterre près de Pabbaye de Biland.— Irabison et mise à mort de sir André Hartcla. — TrèTe de ireiie ans.— Négociation de Bandolpb aTec le pape.— Fixation de la couronne d't cosse. — Déposi* tion d'Edouard 11.— Robert se décide à rompre la lrèT6 sons prétexte qu'elle a été rompue par PAngleterre. —Edouard III rassemble son armée à York, avec ua formidable corps d'auxiliaires.— Douglas et Randolph s'ayancent dans le Northumberland k la t^te d'une armée de troupes légères. -Edouard pénètre jusqu'à la Typre sans pouvoir rencontrer les Écossais. -- Récomr pense promise à quiconque donnera nouvelle de leurs mouTements; elle est réclamée par 1 homas de Rokeby. —Les Ecossais sont enfin trouvés, mais dans une posi* tion inaccessible, et ils refusent le combat.— Ils lérent leur camp et Yont s'établir à SUnbope-Park. Douglas attaque les Anglais de nuit.— Les Ecossab se retirent, et l'armée anglaise estlicenciée.— Soudain les Ecossais enyahissent de nouveau l'Angleterre. — Une pacification a lieu; ses articles particuliers.— Maladie et mort de Bruce. — Réflexions sur sa vie et son caractère. — IfTet produit sur le naturel des Écossais pendant son règtte.
Le roi Edouard fit sur une vaste échelle ses préparatifs de cam* pagne. Il exigea querAquitaine et les autres provinces françaises appartenant à l'Angleterre lui envoyassent des soldats, des armes> dQS vivres, et obtint l'autorisation du parlement pour lever dans toute l'étendue de son royaume , des troupes considérables. Les recrues se firent sur le pied d'un homme par chaque village et chaque hameau , avec un nombre proportionnel pour les bourgs où se tenait un marché et pour les villes. D'immenses subsides, pour les frais de l'expédition, furent aussi accordés. Mais , tandis qu'Edouard se préparait encore,Ies£cossaisavaientdéjà commencé d'agir. Randolph franchit la frontière occidentale avec des trou* pes à qui le chemin en était devenu familier ; et à peine fut-il de retour que le roi lui-même, à la tête d'un corps nombreux, pénétra, par l'ouest aussi, dans le Lancashire, et ravagea le pays de tous côtés. Bientôt Douglas et Randolph qui avaient passé la froo*
§H msrpowE crÉcossE.
tiëre plus à Test, le rejoignirent avec une seconde division ; alors ils parcoururent ensemble la vallée de Furress, dévastant tout sur leur passage et remplissant leurs chariots des richesses les plus précieuses de l'Angleterre. Ce ne fut que le 24 juillet, après avoir coDsaeré Yingt-quatre joius à cette 4îourse dévastatrice , qu'ils revinrent en Ecosse.
On était au mois d'août 1322,quanâ Edouard se mit en marche rers le nord avec um briHanle armée qvà aurait peut-être remporté la victoire à Bannockburn, si on y avait combattu une seconde fois. Mais Gomnie Bruce n'était pas alors engagé à se mesurer dans une bataille en règle avec les Anglais, la réputation de sesarmes ne pouvait souffrir aucun déshonneur de ce qu'il évitait on tel risque, et ses vues profondes en politique militaire lui re* commandaient d'éioder le combat. Il ravagea soigneusement toutes les frontières jusqu'au golfe de Forth, et força môme les habitants à se retirer dans les montagnes avec tout ce qu'ils avaient de i»«écieux. Aussi, lorsque l'armée anglaise entra , ne trouva-t-elle plus qu'une terre de désolation que la famine semblait gaider. Leroi s'avança jusqu'à Edimbourg sans obstacle. Les soldats, chemin faisant, ne rencontrèrent qu'un bœuf boiteux. « Est-ce tout ce que vous avez pris ? » demanda le comte Warenne à ceux qui revenaient avec un si dhétif butin. «Par ma foi, jamais viande n'aura coûté si cher. » A Edimbourg, les Anglais apprirent que Bruce avait réuni ses forces à Cubross, où il restait à épier les mouvements des envahisseurs. Ceux-ci avaient cru trouver leurs vaisseaux dans le gdfe, et les y attendirent trois jours. Des vents contraires les avaient retenus, les tsoldats souf-^ frïrent de la faim, et Edouard futx>bligé de battre en retraite sans avoir vu un seul ennemi. Ils revinrent par les couvents de Driburg et de Melrose où ils tuèrent ceux des moines à qui leurs kir irmités ne permirent pas de ftiir, violèrent les sanetiîaires , el pillèrent tous les vases sacrés *. Ces crimes dénotant un degré de licence qui, dans one armée, manque rarement de toarner * sa propre perte. Quand les soldats anglais, après beaucoup de privations , retrouvèrent dans leur propre pays l'abondance de toutes choses, ils se livrèrent à de tels excès, que soixante mM« d'entre eux moururent d^inflammatrons d'entraflles et que d'aa-
4 L^eflTet de ces ravages fut réparé par la restauration de Péglise abbatiale de Mel* rose dont- les magnifiques ruines irontrent encore les plus beaux échantillons d^Af* clriteeture çoiblgut, w- t» .
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ires asKiol leursuiié cony n miiae pmr le reste de lencs jours.
IkAertBruee se hâte de venger par «winvasineur le teiri^^
«Dnerai celle qa'il annt jogé prndeiit 4e iaiaser fure Mr le sien
sa» «Y <WM)9er. il tnveraa la Tveed â te tète <te flcm «rmée^ et <è« cha de prendre le ttuÈàcam de JNorlnH^ nais il n'y pot réossir. Tomefoîsil jipiHrit que le roi dlàoglalerre rénidsaait et ijéparait flealbmes i l'abbaye de BBaiid près MaMan ; et comne les Booe* ans, tfmiqa'îls oointMittîsseDt à pied, se senraîeiit gàiéivJeoMat àafis leurs Toyages de petitschevavx d'une ngoear et d'une agn lëé extfSDrdfoaireSy Sobert, par une narche toeée, se plaça aoc* dai n et k ïimpioYiaie en iice de rarmée anglaise. Mais elle était rangée daas un ordre adœinUe sur le yersant d'une haute ootline où Ton nepourak arrrrer que par uneeeule route, étroîtei escarpée et diflldie. Bruce eonmaiida à Douglas de débusquer tes jisglais de leur position. Tandis qu'il aNorchait à l'attaque, il M joint par Randolph et quatre écuyers qui offrirent de combattre «DUS lui. Sir Thomas Ughtred et ar Aaiph Cobham^ qai s'étaient portés en ayant de l'armée anglaise pour défendre le passagei, foentune rude et sanglante résÉstance. Mais Bruce, de même qu'à la bataille de Gruachan*Ben , tourna rennemi an moyen d'un corps de HigMandais, qui, accoutumés à la guerre des mon^ ^^^es, gmyîrent la eoUine à certaine distance dxL théâtre de l'action et attaquèrent les Anglais par le flanc et le dos. Le roi Edouard ne paryint à gagner Brîdlington qu'avec la plus grande l^tne^ après avoir laissé derrière lui tous ses équipages et son tré^ sor. Jean de Bretagne, comte de Richmond, et Henri de SuUy, gfftfid-sofflflaelier de France, furent faits prisonniers. Il paraît que, dans qu^ue occasicn récente» le comte avait parlé avec ûpoliiesse de Bruce ; le roi, étddiasant donc une distiuotion entre lui et le reste des captifs français, ordonna que Richmond tùt sévèrement gardé, et ne vit dans les autres que d'honorables oh»rsii&rs qui cbercbaîent des aventures et des batailles, non qu'ils txi voulussent à sa personne, mais simplement pour augmenter leur réputation dans la chevalerie. Le graad-sénéchal d'Eoosse, i fat tete de cinq ceatsgens d'armes écossais, poursuivit l'armée en déroute jusque sous les murs d'York, et en véritaMe chevalier, (c'était la phrase alors en usage ) y demeura jusqu'au soir dans l'espéranceque quelqu'un ra sortirait pour combattre. Les £ooasais ramassèrent alors un immense butin dans la contrée, et s'en levinrent de nouveau vers leur patrie, cbu^gés de dépoiiiites.
IM HISTOIRE D*ÉCOS3E.
La fidélité d'André de Hartcla, qui avait rendu au roi Edouard l'important service d'étoufiér l'insurrection du comte de Lanças^ ire, lui avait valu le titre de comte de Carliste et beaucoup d'au-» très faveurs royales. Il paraft que le souvenir de ces récompenses ne l'empêcha point de former, contre le prince qui les lui avait accordées, une conspiration semblable à celle de Lancastre qu'il avait principalement contribué lui-même à déjouer. Ce deuxième complot fut découvert, et le comte de Carliste mis en jugement. On l'accusa de haute trahison pour avoir conclu avec le roi écossais, un traité par lequel il s'engageait à l'affermir dans la posses* sion de l'Ecosse. En retour, Bruce devait aider Hartcla et ses complices à exécuter en Angleterre certains projets qui sans doute étaient la destruction du pouvoir de Despenser. Le comte de Carliste fut dégradé des honneurs de la noblesse et de fa chevalerie, et mourut de la mort des traîtres à Carliste même, le 2 mars 1322.
La persuasion des embarras dont il était entouré^ et une nouvelle preuve de l'esprit de révolte qui régnait parmi ses afiidés , firent qu'enfin Edouard désira sérieusement une longue trêve comme préliminaire d'une paix durable avec l'Ecosse. Henri de Sully, le chevalier de France fait prisonnier près l'abbaye de Biland, servit de médiateur, et une trêve se signa en un lieu appelé Thorpe. La ratification, datée de Berwick le 7 juin 1323, en fut faite par Bruce sous te caractère formel et avoué de roi d'Ecosse, et acceptée ainsi par te monarque d'Angleterre. Elle devait durw treize ans.
Bruce eut alors le loisir de songer à se remettre en paix avec fiome, et il n'y manqua point ; car si l'excommunication qui pesait sur lui n'avait pas grande importance dans ses propres domaines, elle devait lui être fort désavantageuse dans ses relations avec les autres états et royaumes d'Europe. Le roi envoyadoncà Rome son neveu,]ecélèbre Randolph, comte de Moray, qui mena la négociation'avec tant de tact et d'habileté, qu'il décida le saint père à écrire à son royal cousin, une lettre oûjil lui donnait le titresi long4emps refusé de roi d'Ecosse. La délicatesse de la discussion était si grande, que nous sommes surpris de voir un guerrier du nord qui avait à peine respiré d'autre air que celui du champ de bataille, capable de prétendre et de parvenir à un tel avantage sur le subtil prêtre italien dans son propre art de la diplomatie. M^is les qualités qui constituent un talent militaire de premier