CHAPITRE Xn
ordre sont les*mémes que celles d'un parfait politique. La finesse, pour combiner les plans d'attaque, la prudence, pour prévoir et déjouer ceux de son aintagoniste, le sang-froid et la sagacité, pour apercevoir et saisir chaque occasion favorable, doivent se trou- Ver au même degré dans l'un conune dans Fautre. Le roi d'Angleterre fut extrômement irrité contre le pape, et intrigua tant à Rome pour reconquérir son influence et en user au préjudice de Kobert , que ses machinations secrètes près cette cour furent plus lard alléguées par les Écossais comme motif de leur violation de la longue trêve conclue entre les deux pays.
Aandolph déploya encore ses talents diplomatiques dans la négociation d'une ligue que les circonstances de l'époque sem^ blaient nécessiter absolument entre la France et l'Ecosse, et qui fut en effet conclue. Cette alliance française engendra une foule d'événements qui furent fort préjudiciables à l'Ecosse dans lessièclés postérieurs, et obligea plus d'une fois le pays à combattre les Anglais, lorsque son intérêt manifeste eût été de demeurer neutre. Mais ces fâcheuses conséquences ne furent pas si palpables pour les Ecossais, que l'avantage immédiat de s'assurer l'aide et le soutien d'une riche et puissante nation qui, comme eux-mêmes, était l'ennemie naturelle de l'Angleterre. Ce traité avec la France, dcmt les suites funestes se développeront dans l'histoire subséquente de l'Ecosse, était à la fois offensif et défensif; mais devait n'avoir d'effet et n'être obligatoire de la part de TÉcosse qu'à l'expiration de la trêve de Berwick.
Les Ecossais jouirent alors, ce dont leurs orageuses annales n'offraient pas d'exemple, de quelques années d'une paix non interrompue. Divers changements survinrent dans la famille royale 5 le premier et le plus heureux fut la naissance à Bruce d'un fils qui plus tard succéda à son père sous le nom de David II. Mais la mort du gendre du roi, le vaillant Walter, diminua la joie de cet événement. Sa femme^ la princesse Marjory, était morte en 1316> peu après avoir elle-même donné le jour à un enfant mâle. La conduite du grand-sénéchal d'Ecosse à Bannockburn, malgré son extrême jeunesse, au siège de Berwick, où il défendit la place contre toutes les forcés de l'Angleterre, à Biland-Abbey, et en d'autres occasions, l'avait mis au premier rang des guerriers écossais de cette héroïque période.
Par suite de ces changements survenus dans la famille du roi, un parlement fut réuni à Cambuekennetb en juillet 1326, et il est
iif HISTOIRE inroossE.
âiene de remwqoe qve tes représBBtaanto en hxirgsrofanK y ftarent admis pour la prmniàre foîsv signe certain du réiabUsse* ■Mit de te prospérité du paya qui avait toujonra marchédetront avec raccre i a ocm eni de Fimpartaiiee des yiUes^ oo plutôt y a^ait ooDtribaé.
Dans ce parlement les états prêtèrent scrmeoi de Gdélité au petit David, fite de Robert Bmce, et, pour te cas où il mourrait sans héritiers, à Robert Stuart, fils de Walter Stnart^si récemment mort et pleuré^ et de Marjory, aussi décédée» fiUe de te première femme de Bruce. Le raéane parlement octroya au roi un dixième des revenus de toutes tes terres du royaume d'Ecosse, qui serait levé d'après les év^uations faites sous le règne d'Alexandre III.
En Tannée 1327, il se fit dans le gouvernement d'Angteterre une révidution qui exerça beaucoup d'inQuence sur lesrappcurtsde ce royaume arec l'Ecosse. Les quelques partisans du comte de Laneastre qui avaient demeuré dans l'état se liguèrent à celte époque avec l'ambitieuse rane Isabdte et son &vori Mortimer, dL parvin-> lent à dépouiller Edouard II de soo autorité souveraine, ce que te même faction avait est vain tenté sous Lancastre et sous Bartcla. Le matbeureux roi» plus faibte qu'obstiné, abdiqua alors de force eo faveur de son fite Edouard lil, A ainsi détrtoé, fut jeté ea pri* waa où enfin on l'assassina cruellement.
Il est probaUe que si Robert Bmee se détermina à profiter des troubles occasimiés en Angleterre par cette «mvulsioo, à enfreindre la trêve et à recommencer la guerre, ce fut pour obtenir de ses adversaires une paix avantageuse. U ne manquait pas de prétextes suffisants pour agir de la sorte, mais <« peut douti^ qu'il en cdt teit usage si l'occasion de reprendre tes armes contre un voyaume gouverné par un entent et <fivisé par des tectknis ne loi avait passemUé si propice. Toutefois, ses motife appare&ls fur^at que, quoiqu'un artkte du traité de Thorpe, ratifié à Berwkk» portât que l'excommunication spirituelle prononcée contre Bruce serait suspendue jusqu'à la fin de la trêve, Edouard n'enavait pas moins tÂcbé, par d'obscures manœuvres à te cour de Rome, de desservir la cause du roi éoossais auprès du pontife, et d'empè-» dier autent que possible qu'il n'atteignit te bot important d'une réconciliatiœi avec Sa Sainteté; on allégua aussi de te part de l'Ecosse que les croiseurs anglais avaient violé la trêve par l'inler* roption qu'ils avaient apportée au commerce entre les Flunands et les Ecossais^ et surtout par te ciqrfure de plusieurs vaisseaux
SMrebBad» pmur huqimkk attemie iactaBuulé se pouvait être
La TérJiésenhteqtieltobârt^ qui avait ees eauaes et c€s pré^ tASble» ^eafireiudre la irève^ voulut profiter de l'occasion que les trouilles intérieurs de l'Angleterre lui offraient, pour amener les ^oscs à une issae déâaitive, et «oit recommencer la guerre dans des OfreoBstanees qui étaient favorables^ soit obtenir un éclatant aveu de l'indépendance de rÉcosae et une formelle reconnaissance desespropresdffotts i la couronne. Froissart et d'autres historiens ont prétradu que le roi écossais désira aussi prendre avantage de l'oceasion poor acquérir une souveraineté durable dans certaines parties des provinces septentrionales de l'An^^terre. Il est fort profadile qu'une teUe demand^fut produite et basée sur la posseasiofi de ces comtéspar les rois écossais au temps de Bavid P» et plus loi. Mais elle ne fut mentionnée vraisemblablement que d'après kr méthode ordmaore des négociateurs qui demandent tOujomrisbeaueoi^x, afin depouvoir faire des concessions. La pour^* snîte sérieise d'un pareil dessein ne s'acoH^ ni avec la politique de Bruceni aveesa c<Miduite réeUe. Il savait bien que le Northuin* beriand et te Gun^ierland, sur ^lesquels l'Ecosse avait jadis des droits^ étaient alors devenus parties intégrantes de rAngleterre, qu'as tenaient à cette contrée par Ions les liens de la prédilection nationale; et que, en vain la propriété en avait-elle été cédée dans un ÎM^ant de détresse, une tentative de les reconquérir qui serait couronnée de succès deviendrait pour la suite une cause conti* mnile de guerre, car àleur towles Animais, dès qu'ils repren* dmioBt la supériorité, tftebeFsient de rentrer dans leur ancienne eonquète. En eenséquence, Bruce ^ dans toutes ses incursions, traita les districts limitrophes comme appartenant i l'Angleterre, et tastadasa {Aller pur ses marandeors^; tandis que jamais il ne prit de mesures pour se concilier les habitants ou s'assurer d'aucune place ibrte pour se maintenir possesseur du pays. La ligne tirée entre la Clyde et la Selway offrait à l'Ecosse une forte barrière que tonte poesesoon au sud aursûtrendue facile et sans défense. C'est pourquoi, qurad il triompha dans la guerre qu'il entreprit, le Sigace Aobert ne chercha nullement à agrandir le territoire da l'Ecoase, mais plutôt ne négligea rien pour mettre son indépendance hors de tout péril.
Les négociations ouvertes pour proroger la trêve ou la convertir en une paix définitive, but auquel il semble que tendaient les
efforts de Bruce^ unirent au contraire par se rompre tout^^-fiiit entre les deux royaumes ; et Edouard III, déjà animé, quoique toutjeune encore, d'uneardeû'r martiale qu'aucun roi d'Angleterre ne posséda jamais à un plus haut degré, ordonna que ses forces se rassemblassent à Newcastle avant le 29 mai, alléguant que le roi d'Ecosse avait enjoint à ses troupes de se réunir le même jour sur la frontière, et violé la trêve conclue à Thorpe. Cependant le lieu du rendez-vous fut York, et là le jeune roi, héros futur de Gréci, vit se rassembler sous sa bannière une noble et magnifique armée^ à laquelle avaient été joints, au moyen d'un fort subside, cinq cents gens d'armes de HainauU qui passaient alors pour les meil* leurs soldats de l'Europe. Avec les archers et la cavalerie légère qui accompagnaient les gens d'armes, il faut calculer que le nombre de ces auxiliaires s'élevait à trois mille hommes. Mais, comme l'événement le prouva, leurs lourds chevaux et leurs pesantes armures les rendaient impropres à agir dans la contrée marécageuse, sauvage, et hérissée de montagnes, qui devait être le théâtre de la guerre. Une querelle fortuite éclata aussi à York entre ces chevaleresques étrangers et les archers anglais. Beaucoup de sang fut versé de part et d'autre, et dès lors il régna parmi les auxiliaires et les naturels de l'armée d'Edouard une discorde qui paraît avoir été un grand sujet d'embarras pendant toute l'expédition.
En même temps, les troupes écossaises qui se composaient de deux ou trois mille gens d'armes, bien montés tous, et convenablement équipés pour un jour de bataille, d'un corps nombreux de cavalerie légère montant à plus de dix mille hommes, et d'une multitude de soldats-citoyensquimarchaient à cheval, mais combattaient à pied, envahirent la frontière occidentale selon leur coutume, pénétrèrent dans le Gumberland par le côté le plus sauvage de cette province, et marquant leur route par des dévastations encore plus féroces que d'habitude, tombèrent sur Weardale dans l'évêchéde Durham. Ces forces, supérieures à tout ce que l'on connaissait en Europe pour une guerre de partisans, étaient confiées à la sagesse, à l'expérience et à l'entreprenant courage du fameux Randolph et du noble seigneur James Douglas qui sans doute avaient reçu de Bruce ses instructions détaillées. Quant à Bruce lui-même, quoiqu'il ne fût âgé que de cinquante-trois ans, il était attaqué d'une maladie de sang, alors nommée lèpre, qui Tempêchait de commander ses troupes en personne.