‹ histoire d'ecosseChapitre 44 sur 86 · CHAPITRE Xn. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn. i

Le roi d'Angleterre , d'autre part , à la tête d'ane soperbe armée de soixante mille hommes qui ne renfermait pas moins de cinq cents cbevaliers, et qu'animait la présence tant de la reine-mère que de cinquante dames de haut rang, sous les yeux desquelles elle se mit en marche^ partit d'York avec la ferme résolution de cbfttier les envahisseurs qui dévastaient son royaume. La bouillante ardeur du jeune monarque était d'autant plus excitée, que Bruce lui avait envoyé par un héraut un déO où il annonçait devoir, suivant son capric^, mettre tout à feu et à sang sur les frontières anglaises.

L'armée des Anglais s'avança dans le meilleur ordre , et atteignit le Northumberiand, où la première nouvelle qu'ils reçurent de l'enneoiî fut d'apercevoir de la fumée et des flammes s'élever des villages qui avaient à souffrir de la présence des envahisseurs, signaux qui se montraient de tous côtés aux limites de l'horizon. Les Anglais se dirigèrent vers ces affreuses lueurs , mais sans pouvoir atteindre les coupables. Pendant l'espace de trois jours, les Ecossais , armés légèrement et pleins d'agilité, prouvèrent par ces irrécusables indices qu'ils n'étaient qu'à cinq milles de l'armée anglaise , mais à part cela, on ne put ni les voir, ni les forcer à combattre. Après une vaine et fatigante poursuite qui dura soixante-douze heures, les Anglais, désespérant de joindre un ennemi si agile, revinrent enfin vers les bords de la Tyne, résolus à attendre les Écossais sur cette rivière et à les empocher de rentrer en Ecosse. Cette résolution semble avoir été prise dans la folie idée que les Ecossais, à qui toute la ligne des frontières était connue en détail, chdsiraient de préférence pour sortir d'Angleterre la même route précisément par laquelle ils étaient entrés. La halte sur les rives de la ligne causa autant de préjudice et d'embarras aux Anglais , surtout à leurs auxiliaires , que la marche et la poursuite leur en avaient causé. Les vivres devin-* rent rares, les fourrages plus rares encore; il pleuvait par torrents, et la rivière déborda. Ils n'avaient pour faire du feu que du bois mouillé , et pour se nourrir que du pain qu'ils avaient porté plusieurs jours de suite à la croupe de leurs selles ; aussi était-il détrempé par la pluie et souillé par la sueur des chevaux : Ils se trouvaient à moitié chemin de Newcastle à Carlisle, et trop éloignés de ces deux villes pour en recevoir du secours. Après avoir enduré de telles souffrances toute une semaine , les soldats devinrent si mutins que les chefs résolurent , conune si ce devait

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HISTOIRE inrGO&SE.

être vn meinâre mal, dé Ms remettre en monNèlamÉt %i d'dier à la reeherehe de ranaée éeosMse.

Les Anglais reeomâieDeèrent donc à marcher dans la direetm du sud , toujours avec f eqmr de rencontrer l'caoïBemi qui ^m i^)otimalt, et puMict^on fut faite dans Fermée cftfô le titre de (dievalier, avec une terre d'un reyenn anntiel de mille livres^ serait accordé comme réCMnpeûse à gmconque indiquerait d'une ixMh niéte positive où Ton pourrait trouver les Ecossais; S'il existe on/ Hit sans pareil dans les annales milj((anres, c'est Men celai- là^ qu'un souverain, dans son propre pays et à ta tête de sa royale' armée, ait cru nécessaire de recourir à une teHe mesure pour connaître la position d'un corps de trente-cinq mille hommes qui devaient étredansundemi-eercled'unrayon de six ou softlieûds tracé autour de ses troupes. Beaucoup de ebevatiers et d'écuyeFS partirent pour alier en quête de renseignement qui fussent dignes deleor obtenir la récompense promise, et celles desdivisioas anglaises qui avaient déjà passé sur le bord septentrional de la Ty ne ne repassèrent pas la rivière sans beaucoup de peine et de

Le 3î JoilleC, Thomas de Rokeby, gentilhomme d'York^^» revint demander ta récompense en question. Il connaissait aussi - parfaitement que pos^ble la position écossaise, car il avait-été fiiit prisonnier par les Écossais et conduit devant leurs eh^. Il teût avoua comment Edouard avait promis dé récompenser quiconqueles découvrirait, et dans quel but il s^étàit approché de leur camp. Sur cet aveu , Douglas et Randolph le raavoyèrent sans rançon, le chargeant de dire au roi qu'ils n'étaient pas mieux ii^^ fermés de ses mouvements que lui-même des leurs, asserton qui toutefois parait fort douteuse, mais qu'ils s'estimeraient Heureux d'avoir à se mesurer avec lui dans leur position présente, qui n'était qu'à six ou sept milles de sa propre armée. Les Anglais se disposèrcait doue au combat et avancèrent guidés par Rokeby qui était devenu sir Thomas. Mais quelle ne fut pas leur mortification de trouver les ennemis rangés sur la crôte d'une roide montagne, au ined de laquelle la rivière de Wear coulait dans un lit de rocfiers> de sorte qu'une attaque tentée en un pareil lieu sur des bomTox» déterminés et sur de vieux soldats, devait remire inévitrfMc^* destraction des assaillants !

Le roi , Selon les règles de la chevalerie, envoya un hétmt àé* flar les Écossais à un eoiEd)at en pleine eampagoe. H otSt^ ^

d'évacuer avec^es propres troupes la rive méridionale et de laia-. ser Tannée écossaise venir s'y former en bataille, ou, si les eiH nemis préféraient abandouner la rive septentrionale et permettre aux. Anglais de passer Teau sans les inquiéter , il se déclarait disposé à l'attaque. Mais Douglas et Rand(dpb sentaient trop bien» d'une part, leur infériorité sous le rapport du nombre et des armes, de l'autre, le grand avantage de leur position présente, pour accepter aucune des deux offres. Ils répondirent qu'entrés en Angleterre sans le consentement ni du roi ni de ses barons , ils demeureraient dans ce royaume aussi longtemps qu'ils le juge^ raient convenable : « Si le roi, ajoutèrent-ils , est mécontent de notre prés^ice^ qu'il passe la rivière et t&cbe de nous châtier. »» Ainsi les deux armées restèrent à se regarder l'une l'autre , sapées qu'elles étaient par la Wear. Les Écossais occupaient la rive du sud , et les Anglais celle du nord : les premiers faisaient bonne obère, grâce aux nombreux troupeaux qu'ils volaientde tous côtés dans le pays, les seconds ne vivotaient qu'à peine, car ils n'avaient de provisi(ms que celles qu'ils avaient apportées avec eux. i-es soldats de Bruce passaient leurs nuits autour d'immenses feux, qu'ils entretenaient avec la plus grande profusicm pour le plaisir de gâcher du bois anglais, et logeaient dans des huttes ou cabanes de branches : au contraire ceux d'Edouard, campant du côté de la rivière qui avaitété dépeuplé «t saccagé , dormaient la plupart en plein air avec leurs selles pour oreillers et la bride de leurs cbeyaux à la main. Ils étaient en outre fort vexés par les habitants de la frontière d'Ecosse qui, du soir au matin, sonnaient de leurs cors ^ et faisaient un tel vacarme, qu'on aurait cru, au dire de Froissart, entendre tous les diables de l'enfer. Après qu'on se fut ainsi regardé deux ou trois jours, les Anglais s'aperçurent, ua matin où le soleil, se relevait pour la troisième ou quatrième fois, quela place, encore occupée la veille par les Ecossais, était déserte et vide. Ils avaient décampé avec autant de sil^oce que de promptitude, et on découvrit bientôt qu'ils étaient allés prendre, sur la Wear , une autre position nonnseulemoat senddable à la première, mais plus forte même, et masquée par un bois qui faisait partie d'une chasse enclose, appdée le Parc-aux-^Cerfs ^ , et appartenant à l'évêquede Durham. Là les deux partis recommencèrent à s'observer ; les Anglais s'abstenaient de l'attaque, parce que les Ecossais leur semblaient établis dans un lieu trop fort > et

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ceux-ci ne se soaciaient pas d'en venir aux mains avec une année supérieure à la leur.

Pendant qu'ils n'avaient presque rien de mieux à faire qu'à examiner les uns les autres leur genre d'équipement, les Écossais aperçurent , du côté de leurs antagonistes, deux innovations qui sans doute eurent dans les guerres postérieures des destinées bien différentes , mais sont mentionnées par les contemporains comme également merveilleuses. La première ne consistait qu'en une certaine façon d'ajuster ie cimier sur le casque , ce qui s'appelait timbering ^ ; la seconde, au contraire , était le moyen, jusqu'à* lors inconnu , de lancer des projectiles > par l'explosion d'une matière singulièrement inflammable et comprimée dans un tube de fer; en un mot , c'était la découverte du principe sur lequel le mécanisme d'un fusil et d'un canon repose aujourd'hui. Il fallait toutefois que les armes à feu fussent encore bien grossières à cette époque , qu'elles ne produisissent pas de bien terribles effets, et qu'on ne pût augurer la révolution qu'elles introduiraient dans l'art militaire, puisqu'on ne les mentionne que comme une nouveauté allant de pair avec une mode récemment adoptée pour la parure d'un casque.

Mais les Anglais ne demeurèrent pas long-*temps dans le voisinage de Douglas à pouvoir dormir en repos. La seconde nuit après leur arrivée dans cette nouvelle position, cet intrépide chef quitta le camp écossais avec un corps choisi de gens-d'armes , traversa la Wear à certaine distance des quartiers de l'armée, et y pénétra. Lorsqu'il passait devant les sentinelles endormies , il avait soin de dire à la manière et avec l'exclamation nationale d'nn ofQcier faisant sa ronde : « Eh bien? par saint George! personne ne veille donc ici? » H parvint sans être découvert jusqu'à la tente du roi dont il coupa les cordes, puis poussa son cri de guerre : Douglas! Douglas! Le jeune monarque n'échappa à la mort ou à la captivité que par le dévouement de son chapelain et des autres gens de sa maison qui périrent pour le défendre. Voyant qu'il ne pouvait se saisir de la personne du roi , ce qui était son but principal, Douglas se fraya un passage à travers l'armée anglaise qui commençait à revenir de sa surprise, s'arracha du camp ennemi, et regagna sain et sauf celui des Écossais avec de nouveaux lauriers à son casque.

4 CVst-^^dire constructioi) en bois.

2 Le texte dit engins ou par abréviation gynes^ é?oh lei Anglais ont tiré le tenn0 moderne de guns ou de cracks de guerre, a. h.

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