‹ histoire d'ecosseChapitre 48 sur 86 · CHAPITRE XU. |6t · texte numérisé non relu

CHAPITRE XU. |6t

abandonnant leurs fiefs, ils s'imaginaient acquérir le droit de ae choisir un autre maître ; et le titre qu'un monarque possédait à réclamer leur soumission par suite du lieu de leur naissance ne leur imposait, pensaient-ils, aucune obligation indissoluble de fidélité. Quand ils venaient se ranger sous l'étendard royal à la tête de leurs vassaux, ils se croyaient les chefs normands d'une race d'étrangers, dont ils dédaignaient l'origine, et que, comparés à eux-mêmes, ils traitaient de barbares. Ces liens si relâchés entre les nobles et leurs gens changèrent de nature et se resserrèrent quand l'effet de guerres prolongées, quand des défaites nombreuses, quand d'intrépides renouvellements d'efforts, et les triomphes qui furent enfin obtenus, attachèrent des chefs tels que Douglas, Randolph ou Walter, à leurs gueiriers, et ces guerriers à leurs chefs. Le dévouement fraternel que de mutuels dangers et de mutuelles conquêtes établirent entre le seigneur et ses vassaux d'une part, entre le roi et ses barons de l'autre; puis la conscience qu'ils avaient de travailler dans le même but , et qui détruisait toute considération, les portait à se regarder comme des hommes unis par un intérêt commun , leur apprirent aussi que toutes les classes doivent leure services à la patrie commune, et leur inspirèrent les sentiments exprimés avec tant de chaleur par le vénérable biographe de Bruce dans des vers dont voici une exacte traduction :

La liberté, quelle sublime chose !

La liberté fait que tout mortel ose

B^un vif amour embrasser un objet!

La liberté dissipe tout regret !

Heureux on est pour peu que libre on vive;

Car, quand à Phomme un tel bonheur arrire,

Il se rit lors et de la pauvreté,

£t du courroux d^un rival détesté.

Et de la haine, et de la jalousie;

Lors, tous les maux qui désolent la vie

Sont contre lui sans pouvoir, et son cœur

Est cuirassé contre toute douleur.

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