‹ histoire d'ecosseChapitre 50 sur 86 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

voloDtaâre sous sm ordres, semble démontrer qae ees braves étaient iocapabies d'aaeune àBulatioo dangereuse i leur pays ou préjttdieiable à leur loyauté. On pensera donc que sans doute bruce ne redouta rien de pareil, mais que mourant pour ainsî dire sous le poids d'une excommunication, il désira se rendre le ciel propice par quelque acte de piété exemplaire ^ conduite tel* lement conforme aux idées religieuses qui étaient en générai reçues à celte époque, qu'elle n'exige pas de plus amples explications.

Néanmoins l'issue du voyage de Douglas fut tout-à-fait fatale i l'Ecosse. Cet illustre guerrier se chargea , selon sa promesse, du précieux cœur de son ancien maître, et partit pour la Palestine non-seulement accompagné d'une vaillante suite , mais déployant beaucoup de pompe. Après quelques jours de traversée , il débarqua à Séville, et a^nrenant que le roi Alphonse était en guorre avec les Maures, son ardeur à combattre les infldëles le poussa à offrir ses services. On les accepta avec honneur et reconnais* sance-, mais, un jour qu'il se laissa entraîner trop loin à la poursuite de l'ennemi qui battait en retraite , Douglas, autour duquel ne restaient plus que dix de ses gens , fut environné soudain par des centaines d'adversaires. Cependant, il aurait encore pu échajH per sain et sauf, s'il n'avait chargé pour secourir William Sinclair, un des âens, qu'il vit prêt à succomber sous le nombre. Mais le vaillant chef ne put réussir dans scm généreux dessein , et fut tué par la multitude supérieure des Maures. Jamais l'Ecosse ne per^ dit un plus grand citoyen à une époque où ses talents étalait plus nécessaires. U unissait les qualités rcmanesques d'un mi chevalier au savoir plus solide d'un bon général* Les gens de sa suite qui survécurent , rapportèrent dans leur c(mtrée natale le cœur de Bruce et le corps de son fidèle ami. On déposa le cœur du roi dans l'abbaye de Melrose ^ et le cadavre de Douglas dans l'église du même nom qui renfermait le tombeau de ses ancêtres. 6e seigneur ne laissa aucun enfant légitime , mais il eut un fils naturel qui s'appela le chevalier de Liddiodale^ et qui joue dans les pages suivantes un réle important. Ce fils , en effet , hérita des talents guerri^^ et du courage de son père \ mais 9 hélas 1 sans posséder ses purs et nobles sentiments de loyauté chevaleresque.

Si nous avons demeuré trop long-temps sur le règne de Robert Bruce, que la faute en soità l'étrange variété des faits qui le remr pUssent. D'ailleurs, combien n'a-t-il pas produit d'importants rè-

soltats pour l'Ecosse ! Dans le cours de la guerre , toutes les provinces de ce royaume furent tellement agitées que , comme nou3 l'avons observé déjà, les distinctions même les plus légères qui caractérisaient les habitants des basses-terres et étaient si marquées dans les premiers temps, s'anéantirent, disparurent, et ne laissèrent place qu'à une grande division nationale des Bretons en Écossais et en Anglais.

Randolph s'acquitta du gouvernement de l'Ecosse avec la rare sagesse que l'on pouvait attendre de son expérience. Il savait qu'Edouard III, quoique fidèle par prudence au traité de Northampton , en regardait les articles comme un honteux abandon des droits d'Edouard I", et que le peuple d'Angleterre n'y voyait qu'un avilissant moyen imaginé , sans aucun égard de la dignité nationale , par la reine Isabelle et son ambitieux favori Mortimer pour se délivrer des embarras que la guerre écossaise leur causait. Randolph n'ignorait pas non plus que la famille des Gomyn, encore nombreuse et puissante en Ecosse, se souvenait toujours de la mort d'un de ses membres à Bumfries, de la défaite d'un autre, le comte de Buchan , à Old-Meldrum , et de l'importance qu'elle avait généralement perdue. Le solennel couronnement du jeune Toi et de sa jeune fiancée la reine Jeanne eut néanmoins lieu à Scone, outre que toutes les mesures propres à consolider le gouvernement furent prises. Ces précautions étaient nécessaires, car une tempête menaçait d'éclater.

Nous l'avons déjà^ dit, un articledu traitédeNorthampton stipulait que lord Beaumont . lord Wake de Liddel , et sir Henri Percy , seraient réintégrés en possession de leurs domaines d'Ecosse que Robert Bruce avait confisqués. De ces trois seigneurs, Percy seul avait obtenu la réintégration promise. Il parait certain que le roi Robert avait résolu de tarder autant que possible à exécuter cette partie du traité de Northampton , et si rien n'est plus facile que d'expliquer ce retard par des raisons politiques , on ne saurait en bonne justice y trouver aucun motif valable. Wake réclamait la vallée de Liddel , et c'était un passage extrêmement commode pour franchir à l'ouest les frontières de l'Ecosse. Beaumont, seigneur puissant et riche, redemandait le comté de Buchan qui formait un district éloigné, où il aurait pu se maintenir dans une espèce d'indépendance, et causer beaucoup de tracas au gO^uvernement écossais. Étrangers et Anglais tous deux, il y avait certes du péril à les introduire au sein du royaume. Mais cette

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