‹ histoire d'ecosseChapitre 52 sur 86 · CHAPITRE XIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL

sorte de constance , si on songe aux vacillations des premiers temps.

Edouard Baiioi , possesseur momentané de la couronne écos* saise, montra bientôt qu'il n'était pas digne de la porter. Il se rendit en toute hâte vers la frontière, dont Edouard s'approchait alors avec une armée pour réclamer la part du lion parmi les barons déshérités. Effectivement il avait soutenu de son appui individuel leur entreprise, et leur succès définitif n'avait dépendu que de son aide. Oubliant l'exemple des malheurs paternels , Edouard Baliol replaça en tout point le royaume d'Ecosse sous le joug anglais ; il se chargea à plaisir des fers féodaux que son père même avait trouvé trop avilissant de soufllrir ; il s'engagea sous les peines les plus rigoureuses à seconder le roi Édouand dans ses guerres , lui avec deux cents gens-d'armes , et ses successeurs avec la moitié de ce nombre -, enfin, il agrandit et fortifia les frontières anglaises par la cession de Berwick et de terres d'un revenu annuel de 2^000 livres. .

' Après avoir conclu ce triste marché avec le roi d'Anglet^re, et parla s'être assuré, croyait- il, le puissant secours de cette nation, Bâliol était nonchalamment campé à Annan, lorsqu'il fut surpris par un corps de cavalerie royaliste qui s'était assemblé à Moffat , et parmi les chefs duquel nous trouvons un jeune Randolph , second fils du régent , et frère de celui qui mourut à Duppltn. un Archibald Douglas, frère du fameux lord James ^ un Simon Fraser, et d'autres dont les noms nous rappellent les guerres de Bruce. Henri Baliol, frère de l'usurpateur, périt eà le défendant avec vaillance ; beaucoup d'autres de ses partisans furent tués ou faits captifs , et Edouard lui-même se vit obligé de se sauver à demi nu au delà des frontières anglaises. Ainsi Edouard Baliol, après avoir à peine possédé trois mois la couronne qu'il avait usurpée, se trouvait exilé et fugitif.

Cependant les royalistes avaient rencontré dans sir André Môray de Bothwel , un chef digne de confiance. Il avait été dans sa jeunesse le compagnon de Wallace, et ensuite le fidèle partisan de Bruce, qui, pour récompenser son dévouement , lui donna la main de sa sœur Christine devenue veuve par la mort de l'h^oï* que Christophe Sea ton. Sir André Moray était un soldat de recelé de Bruce, plein de sang-froid , de sagacité et de courage. Il prit tout d'abord une importante mesure ; ce fut de faire passer le jeune roi et la jeune reine en France, où Philippe avait promiâ^

nm sa parole non-seulemenide veiltor à leur saliftt> mai» de potxr^ voir honorablement à leur entretien. Sa seconde tentative eut moins de aoccës. Il essaya de s'emparer par surprise du ehâteau de Roxburgh dans lequel Baliol s'était Jeté , et engagea împrci^ demment S9l propre personne dans le courant de l'attaque qui déjà était asse^ périlleuse. Yoyant un des plos braves écuyers qui foflsent à son service, nommé Ralpb Golding, ea danger de périr, parce qu'un nombre supérieur d'Anglais l'avait assailli, sir André se précipita à son seeours, et fut fait prisonnier, à l'extrême pré« )udice de la cause royale , car Arcbibald Douglas , quoique braver soldat et frère de Fillustre lord James » ne le resnplaça que pauvrement. Peu après, pour surcrcrft d'infortune, dans unecbaude^ bataille qui se livra sur les frontières , le chevalier de Liddisdale , autrement dit sir William Douglas, fils naturel du noble k>rd de ce nom , se laissa battre avec des troupes considérables , et tomba, eaptif. Il fut traité avec beaucoup de rigueur et retenti prisonnier deux ans. C'est ainsi que l'Ecosse fut encore privée, au moment de sa plus grande détresse, de deux d'entre ses meilleurs guerriers.

Edouard III se prépara dès lors àliider son vassal Baliol. Rét^ fiissant une nombreuse armée , il vint mettre le siège devant Berwick, plaee dont la conservation était ajuste titre r^ardée parler Écossais comme de première importance, puisque Baliol avait cou-* smti à la livr^ à l'Angleterre. Le comte de Marché dont nul n^ supposait encore l'apostasie, était gouverneur dd cbftteau, et sk Atexancb"e Beaton l'était delà ville. Us se défendirent vigoureu-^^ sèment y et brûlèrent ufi grand vaisseau avec lequel les Anglais avaient attaqué les murailles par mer. Mais k garnison fut ré«> daite à une telle extrémité , qu'ils se virent contraints , selon Yor sage de l'époque, de consentir à se rendre s'ils n'étaient pas se^ courus à certain jdur , et qu'ils remirent a cet effet des otages par-*, mi' lesquels était le fils du gouverneur Seaton. Avant le terme fité , une ndmbretise armée écossaise se montra en vue de Ber^ wick^ et parvint à jeter dans la place quelques chevaliers et quet* ques soldats : un des premiers, sir William Keith, se chargea aiors du commandaient de la viUe.

Mais la circonspection des tat^upes anglaises , qui restèrent dans leurs tranchées et refusèrent une action générale ^ empêcha les renforts de faire lever le siège. Pour atteindre à ee but , Doti* $]asi imitut la politique de Bruce eadè pareilles circonstancesi.

CHAPITBE Xin. ÎTt

péïkéftra daos ie Ncrtbsmbeiteid , y exerça dès ravages,,ei menaça d'attaquer le efaâteao de Bamborough où la jeune reine an-' ^aise !PbilJf>pa rendait àcette épcN}ue.Mai9 Bambor€)tigh était asseoe. fort pourdéfier on siège, etd'atlteursle régent reçut bientôt de Ber^ wkk la BNMiyeUe qœ comme la pface était réduite à tonte extré-*« mile , te roi Edouard avait sommé les défenseurs de se rendre d'aqpfè» ia eonrentioa précédemment conclue. Mais eeus-ci , atlégiNmt «roir reçu des secours et des renforts, refusaient. Le roi. â'Aiigklerr& prétendait que, comme l'aide qui lenr était arrivéen^KWsit pas été suffisante pour forcer ses troupes à lever le siège , &f éiaient ternis à lui livrer la place, tout autant que s'ils n'eussent; été nallement secourus ; et il les sommait de se rendre san» retard , sous peitie de mettre à mort les otages. Les historiens écossais disent qu'Édou^d fit en effet tuerie jeune Seaton, et asser prèsdebivillepour que son pèrepûtdesmuraillesvoirl'exécution^; mais ce trait de barbarie n'est pas sufGaamment prouvé. Chos& plus certaine, les babitants de Berwick, inquiets pour le sort de leiir^ propres en&nts , conçurent le désir de capituler , et refcH seront de défèzidre pli» long-temps la place. Une seconde négo-^ mtion fut ouverte, et on y convint qee Berwick serait rendu à* dâscréticm, hors le cas que les Ecossais parvinssent à renforcer lai vSle de deux cents gens-d^armes , ou à défaire les Anglais en bfrt taiHe rangée sons' ces mtnrs.

SoitooUi, soit dédain des pressantes recoœmandatimisdu roiRo^ beri^ le régefit Douglas résolut de confia te destin du pays à la. chance d'une lutte décisive. Lorsqu'il eut traversé la Tweed, et qn^A Rapprochait de Berwick du côté septentrional, il vppiii que l!arméed'Angieterre était disposée en qiiatregrands batailtens aveei âenoiiibreiixc(»rpsd'arebers pour défendre leorsfb»^». Le terrainr. oeenpé par eux ét^it la crête d'une éminence appelée Halidon- BU. L^ Eco^ais m portèrent sur une ctaatue de hauteurs qui s'éteraîent ea £ace, et an bas desquelles était un marécage. Le 30^ dès la pointe dn jour, n'éoontant qu'une tèmérahr^ impétuo*^ site y ils marchèrent à l'attaque et s'exposèrmt ain^ , pendant qa'ib descendatent ta montagne et traversatent te marais, aux continudles et terribles décharges des archers angl«sv contre tesqads ils n'avaient à opposer aocon corps du même genre. Ib

4 Ofi l^eiit, à «e sulet» amf&nt Pki9l«lre ée Trtler^ vef. IT, p. 31, et les éçtaîrci»iemenU qai se trouyent à rappendice,>Yec Tessai de lord HaUea, sur ce fait particu» fier. W. «.

An HISTOIRE D'ECOSSE.

résultat nécessaire fut qu'ils perdirent leurs rangs et qu'ils s'embarrassèrent dans la vase où beaucoup d'entre eux furent tués. Mais les nobles qui, revêtus de leur armure complète, se battaient k pied en tête de leurs vassaux , firent des prodiges de valeur pour conduire la majeure partie de l'année de l'autre côté du marais; ils y parvinrent et gravirent alors la montagne dont l'ennemi occupait le faite. Là ils attaquèrent corps à corps les Anglais, mais ceux-ci, calmes et parfaitement rangés, eurent bientôt repoussé une attaque faite par des soldats en désordre et hors d'haleine. Après avoir reconnu l'inutilité de leurs efforts, les Ecossais furent forcés de battre en retraite. Au même moment, les pages et les varlets qui tenaient les chevaux des combattants, voyant la bataille perdue , prirent la fuite et emmenèrent les montures avec eux^ sans s'inquiéter de ce qu'alors leurs maîtres deviendraient.- Aussi cette sanglante bataille se termina par un affreux carnage, et nombre d'illustres seigneurs demeurèrent sur la place.

Le vénérable comte de Lennox, ce fidèle compagnon de Robert Bruce , celui de Ross , ceux de Garrink , de Sutherland , de Monteith , et d'Athol , périrent tous. Une quantité innombrable de chevaliers et de barons succombèrent en outre; au contraire , la perte du côlé des Anglais ne fut qu'insignifiante. Le régent luimême, Douglas, blessé et fait prisonnier, mourut peu après sa capture. Berwick se rendit en conséquence de cette action décisive, et le comte de March, gouverneur du château, revint ouvertement au parti de l'Angleterre , et fut admis à la faveur et à la confiance d'Edouard.

Les Ecossais, par cette bataille, avaient essuyé un échec que leurs adversaires regardaient comme totalement irréparable* M Les guerres écossaises sont finies , disait la voix publique , car personne n'a plus en Ecosse assez de crédit pour lever une armée ni de talent pour lui donner des ordres. » Dans tout le royaume qui naguère reconnaissait l'autorité de Bruce sans la contester, quatre châteaux seulement et. une tour fortifiée qui méritait à peine le même titre, demeuraient en la possession des royalistes qui soutenaient la cause de son malheureux fils. Le premier était celui de Dumbarton, que sa nature rendait imprenable et que gardait Malcom Flemtng; Lochleven était situé sur une île dans le lac ainsi nommé, et défendu par Alar de Yipont; Urghuart, le troisième , que Thomas Lander commandait , s'élevait dans rinverness*, Kildrummie, le quatrième, était aux ordres de Chris-.

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