‹ histoire d'ecosseChapitre 53 sur 86 · CHAPITRE XIU. %n · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIU. %n

tine, sœur du roi Robert Bruce , successivement veuve du comte de Mar et de Christophe Seaton, alors femme de sir André Moray, retenu en prison ; quant au cinquième , qui était celui de Lockdowa dans le Garrick, John Thomas, homme d'une naissance obscure, mais d'une valeur intrépide, le même sans doute qui ramena d'Irlande les misérables débris de l'armée d'Edouard Bruce, le tenait au nom de son légitimé souverain.

Profitant de cet intervalle de soumission apparente , Edouard Baliol, qui voulait ne rien refuser à son allié le roi d'Angleterre , tint À Edimboui^ une moquerie de parlement. Il jura dans toute la force du terme hommage et fidélité au monarque anglais dont il se reconnut féodalement le vassal -, la ville de Berwick fut livrée à Edouard; et comme ce prince désirait tenir une vaste porticm de l'Ecosse sous son immédiate et directe autorité, Baliol, par un acte de cession solennelle , remit à l'Angleterre la propriété absolue des provinces limitrophes , Berwickskire , Noxburghshire , Letkirsbire, Pebleshire, et Dumfrieshire , ainsi que du Lothian môme avec ses trois divisions , en sorte qu'il abandonna toute la contrée qui s'étend de l'une à l'autre des murailles au nord et au sud par les Romains , et qu'il réduisit le royaume d'Ecosse aux pays situés par delà les œstuaires de FcMrlh et de Clyde, que les Calédoniens libres avaient habités autrefois. Puis il prêta hommage de vassal pour le ' reste du royaume ainsi mutilé , ainsi démembré. Enfin dans le même parlement, Baliol récompensa par d'amples donations de terre les barons déshérités dont la bravoure lui valut cet extraordinaire triomphe.

Mais bientôt une querelle qui eut les résultats les plus graves éclata parmi ces fiers seigneurs. Le frère d'Alexandre de Mov^bray mourut^ ne laissant que des filles. Baliol envoya le frère du défunt, comme héritier mâle, en possession de ses fiefs. Mais Henri de BeaumoDt et David Hastings de Strathbogie , comtes de Buchan et d'Athol , épousèrent la cause des héritières dépossédées; et comme Baliol ne tenait aucun compte de leurs plaintes , ils quittèrent la cour dans un état d'exaspération qui ne doit pas étonner entre dès sujets si puissants et un roi de leur façon. Ef« frayé de leur révolte, Baliol changea sa décision, donna tort à Alexandre de Mov^brày , et s'en fit par là un ennemi mortel , tandis qu'il ne parvint qu'à une douteuse réconciliation avec ses antagonistes.

Vers le même temps , sir André de Bothwell, fait prisonnier»

IM HISTOIRE D'ÉGOSSE.

comme non» l'avons vu à Rosbargh , s'éva<k ou fut relàcbé. retour en Ecosse , au moment où la discorde régnait parmi les> barons anglais , fut le signal d'une insurrection de tous les roya* listes. A eux se joignit le mécontent Mowbray . Richard Talbot qui se dirigeait vers le sud, fut attaqué et battu par William Keitb de Galton qui s'était distingué à la défense de Benvick. Sir André Moray, avec son nouvel allié Mowbray, assiégea le puissant Henri: de Beaumont dans sa forteresse de Dundearg en Buchan , et après lui avoir coupé Teau de manière à l'obliger de se rendre^ exigea de lui une forte rançon. L'impulsion devint générale à travers l'Ecosse. Les Brandanes, ou habitants du comté de Bute se révoltèrent contre le gouverneur anglais, le tuèrent v et envoyërent sa tête à leur chef, le grand sénéchal d'Ecosse. Dans l'Arnandale et l'Ayrshire où Bruce avait des domaines de famille , lesroyalistes se réunissaient de toutes parts. Le grand s^échal s'é^ tait rendu célèbre par sa bravoure et la noblesse de son caractère. Bu consentement unanime des royalistes, ce courageux et digne jemie homme fut associé à la régence. Le jeune comte de Moray, fils de l'héroïque Randcdpfa , était revenu de France où il s'était sauvé après le désastre de Halidon-Hill, et pressa si rudearent David Hastings de Strabhogie , que non-seulement il le força à se* rendre, mais encore troiwa moyen de le ramener à la boime Cftose. Dès que Baliol vit la défaite de Talbot, la captivité de Bem- SHmt, et la défection des trois plus puissants déshérités, il perdit courage, et par sa fuite en Angleterre montra clairement combiea la grande masse de la nati(»i écossaise était attachée finrmem^it WOL légitime héritier de Bruce.

Edouard III entra done ai Ecosse, dans le doublebuf de soutenir son hissai et de s'assurer la possession des parties méridtcHiale» de ce royaume éml la pteine propriété et l'empire abscAu lui avaient ^ eéd^. H ne rencontra aucuneréi^stance , car les £co(»* saàar ne mirent pas d'armée en campagne; mais il eut beaucoup i souffrir du manque de vivres et du mauvais temps particulier i la saison. Bref » la renomn^e d'Edouard gagna si peu à cette in* eurslcHi, que le comte de March, sdgneur qui n'éUnt guidé qud patBOa propre intérêt, ctioisit un mom^it si erîtique pcnr abaor* donner Ja cause anglaise. Ce baron , qui toujours obéissait ant drconstanees ^ pré?oy»t vraisemUaMement le dsoger que son propre pouvoir courait, car, selon toute probabilité, Édouiffdne kû eût pas permis de com^rter d'influoace dons une contrée qûUil

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désirait annexer un jeor à l'Angleterre^ quoiqu'il nesefttt p» beaucoup inquiété, lorsque le comte était yaaaei de rÉcosse, du ' sans^ne avec lequel il portait le joug du rasselage.

Alan de Yipcmt, écossais royaliste, qui défmdait le chàteaU' de Loehleyen contre les Anglais, fut vers ce temps, dit-on, rudement pressé par un Jean de Stiriing , natif d'Ecosse à ce qu'il semUe , mais qui commandait une armée pour Baliol. La garnison eut beaucoup à souffrir d'un fort ^yé dans le cimetière de Kinross, et, assure-t-on, d'une d^ue jetée en travers du Leven, l^rès de TendrcÂt où cette rivière sort du lac , afin que l'eau ainsi privée d'écoulement montât, inondât 111e et le château, et en rendit la capitulation inévitable. Mais Yipont profita d'une nuit nuageuse pour asvoyer dans une barque des gens qui perçassent la digue. L'eau accumulée depuis plusieurs jours se précipita avec fureur par la trouée, emporta les terres qui l'avaient retenue, et en même temps noya les «anemis , car pour défendre leur ou-' vrage, ils s'étaient postés auprès. Il y a assurément, au lieu où le » lac laisse échapper le Leven , des indices qui semblent confirmer cette singulière tradition -, mais quelques historiens rapportent seulement qne le fort anglais fut détruit par une sortie de la gar-' nison écoseaise , et ne parlent ni de digue ni d'inondation.

Les chefs des royalistes écossais se rassemUèrent alors en parlouent à Dairsie , dans le Fife , pour arrêter en commun le plan d'opérations le plus propre à effectuer la délivrance du pays. Mais sq[>rès avoir long-temps délibéré, ils ne convinrent d'aucune me** sure utile en définitive, et la faute en fut principalement à la présomption du comte d'Athol, David dé Strathbogie, lequel affectait sur les noMes d'Ecosse une espèce de supériorité qu'ils ne poo^ valent souffrir* Le parlement se sépara en désordre; mais peut*) être résulta-i-il de ces querelles , des conséquences qui furent in* dffectement avantageuses à l'Ecosse. Gomme on ne put tomber d'accord pour lever une année nombreuse , on ne coimnit pm rm^udâace de risquer une action générale.

L'été suivant , Edouard fit une nouvelle invasion en Ecosse par la frontière de l'est, tandis que Baliol y entra par celle de l'ouest avec UB corps de troupes gaUoises et étrangères. Ce fut à qui dot deux ecHumèttrait par le fer et la flamme les plus horribles rava-^ ges dans le pays. Mais les Écossais se souvenaietit du testament' de leur roi Robert, et se cachant dans les bois, dans les vallées y tombakol i l'imprOYiite sur cens des Anglais qui par hasard s'é^

cariaient de là division principale , ou qae la soif du pillage en* (rainait à quelque distance dans les terres.

A la fia de juillet , un fort escadron de gens-d'armes .flamands qui venaient secourir l'Angleterre débarqua à Berwick. Ces étrangers, que Guy, comte de Namur, commandait, croyant le pays tout-à-fait sans défense, avancèrent avec sécurité jusqu'à Edimbourg, place que rien ne protégeait plus, depuis que le château en avait été démoli. Mais le comte y arrivait à peine, qu'une armée de royalistes écossais , sous les ordres de Moray , de March et d* Alexandre Ramsay, l'attaqua. La bataille eut lieu près du Borough-Moor, et fut vivement disputée quelques heures; enfin, le chevalier de Liddisdale , qui s'était évadé de prison ou à qui les Anglais avaient rendu sa lil)erté , descendant soudain des monts Pentland, décida la victoire. Les Flamands se jetèrent alors dans la ville , mais ne purent qu'avec des efforts inouïs de valeur atteindre la colline où étaient les ruines du château. Un combat à outrance dura pendant toute leur retraite, et la tradition a longtemps montré au bas du bois un endroit où David d'Annand, che* valier écossais d'une force surhumaine , frappa si rudement de sa hache d'armes sur un de ces étrangers couverts de mailles, que du môme coup il tua l'homme avec le cheval, et ébranla une énorme dalle qui pavait la rue. Les Flamands érigèrent sur la colline du château une espèce de fortification au moyen de leurs chevaux qu'ils tuèrent , et dont les cadavres leur servirent à for-*mer une barricade. Néanmoins ce ne pouvait être qu'une ressource temporaire , et ils furent bientôt obligés de se rendre. Les Écossais traitèrent leurs vaillants prisonniers avec beaucoup de courtoisie , les relâchèrent sur leur parole de ne plus combattre contre David, et leur donnèrent une escorte qui les conduisit sains et saufs en Angleterre. Malheureusement, le comte de Moray, un des membres de la régence, les accompagna lui-même; car, comme il s'en revenait vers le Lothian après s'être séparé d'eux , il fut attaqué par William de Pressen , commandant de la garnison anglaise du château de Jedburgh, fait prisonnier tandis que les gens de sa suite fuyaient, et jeté dans la forteresse de Bamborough. Ainsi les services du digne successeur de Randolph furent momentanément perdus pour son pays. Les Anglais continuèrent leurs ravages , et avec un tel succès que les habitants en furent réduits à prêter des lèvres un serment d'obéissance qui 1^ révoltaient au fond du cœur, h Si on demandait à un individu

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