CHAPITRE XIIL IM
-tuais oa oublie qu'on des principaux préceptf» de Bruce, dans sa terrible méthode (te guerre défensive, était de brûter la plaine devant l'ennemi.
Le grandrsénéchal d'Ecosse, affranchi de la funeste influence qae le comte d'Athol , toujours favorable à l'Angleterre , avait exercée sur lui , fut alors nommé seul régent et se montra digne, d'une telle confiance. Aidé par cinq vaisseaux de guerre et quelques gens-d'armes qui furent envoyés de France, il commença le siège de Perth , et le pressa avec vigueur , grâce aux talents de William BuUock , ecclésiastique qui aimait mieux le champ de Ini taille et 1^ discussions politiques du cabinet que les matines et les vêpres. Edouard Baliol , qui connaissait l'habileté de ce Bul*lock , l'avait choisi pour son chancelier d'Ecosse et fait gouverneur d'un château fort dans le district de Gupar. Mais lorsque Edouard lui-même avec une armée ne put réussir à consolider en Ecosse la puissance de Baliol , ce prêtre belliqueux entrevit la révolution qui se préparait et changea de parti; car une fidélité à toute épreuve n'était nullement la vertu de l'époque. Le régent profita donc de sa bonne volonté pour hâter autant que possible le Siège de Perth , qui était vaillamment défendu. Il montra toute la fermeté de son caractère pendant une éclipse complète de soleil qui survint au milieu de ses opérations stratégiques. Tandis que tout le monde , parmi les assiégeants et les assiégés , s'abandonnaient à de superstitieuses frayeurs, BuUock profita des ténèbres pour rouler ses machines- militaires si près des murs que quand la clarté reparut, la garnison se vit obligée de se rendre.
Le grand-sénéchal , réduisant avec le même bonheur Stirling et d'autres forteresses anglaises au nord du Forth , fit reconnaître dans toute la contrée l'autorité du roi David.
D'autres chefs écossais se distinguèrent dans différentes provinces. Sir William Douglas, le chevalier de Liddesdale , déploya une rare activité dans le sud de l'Ecosse. Il expulsa totalement les Anglais du Teviotdale , s'empara du château-fort d'Hermitage, vainquit Roiand-de-Yaux, et après avoir combattu sir Lawrence Abemetthy , Écossais qui servait la cause anglaise , trois fois en un jour , il remporta sut* lui une victoire définitive, dans une quatrième rencontre, le fit prisonnier et dispersa ses partisans. Une acquisition encore plus importante pour l'Ecosse fut celle du château d'Edimbourg , qu'Edouard III avait fortifié pendant sa dernière campagne. Le chevalier de Liddesdale obtint
IPH HISTOIRE D'ECOSSE.
d'an brave matelot qu'il reçut daaa^ chaloupe un certain nombre de soldats d'un courage éprouvé. John Gurrie, .ainsi se nommait cet individu , se donna Fair d'un capitaine de vaisseau anglais^ et entra dans le château avec une troupe de guerriers que des bonnets et des habits d'emprunt, déguisaient en marina, et qui portaient des barils et des paniers, lesquels étaient censés contenir du vin et des provisions. Ils déposèrant le toute l'entrée du portail de manière à empêcher qu'on ne pût fermer le» p(»ies, et tirant leurs épées, se ruèrent sur les sentinelles. Bientôt secondés par Liddesdale et quelques gens d'élite qvii se teqaient en embuscade dans le voisinage , ils battirent la garnison anglaise et la chassèrent du château.
Sir Alexandre Ramsay de Dalwolsey , le môme qui secourut si bravement le château de Qunbar , ne le cédait , pour son dévouement à. la cause nationale , à aucun des héros que nous venons de nommer. Gomme ses domaines et son influence étaient dans le Lothian et près d'Edimbourg , il avait coutume , même quand les Anglais se trouvaient maîtres de la capitale, de résider avec une bande d'intrépides soldats parmi les rochers, les vallons et les ca^vemes du romantique voisinage de Roslin. Il en sortait sans cesse pour incomoAoder les Anglais, q^i avec lui, suivant la phrase du temps , n^avaient pas beau jeu. Souvent aussi, il se j^t dans le Northumberland , y commettait d'affreux ravages, et regagnait sain et sauf son inexpugnable retraite. Sa renommée en chevalerie était si éclatante qu'aucun jeune Ecossais des environs ne passait pour courageux tant qu'il n'avait pas fait ses p^reuvesdans la bande de Ramsay.
Les exploits de ces braves guerriers, d'une part, ébranlèrent tant l'autorité anglaise à travers toute l'Ecosse, et de l'autre, y affermirent si bien le gouvernement du monarque légitime , qii'on jugea convenable que le roi David et sa jeune épouse revinssent de France dans leur propre royaume. Ils débarquèrent donc en mai 1341 au.pe^itportd'Inverbervie, dans le Kincardinesbire.
Au môme printemps,sir Alexandre Ramsay de Dalwolsey ajouta à la longue liste de ses services l'importante acquisition du chjk teau de Roxburgh , que d'après le mode énergique de l'époque il prit par escalade. Malheureusement la manière dont le roi , qui avait encore autant d'inexpérience que de jeunesse^, récompensa ce noble fait d'armes , fut fatale au vaillant chevalier qui l'avait accompli. David nomma Ramsay shérif de Roxburgh , ne croyant