‹ histoire d'ecosseChapitre 56 sur 86 · CHAPITRE Xra. 4tb · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xra. 4tb

pouvoir conféter mieux cette distincUon qu'à celui de ses servi*teurs qui s'étoit emparé de la princtpale forteresse du comté. Mais le chevalier de Liddesdale, qui possédait de vastes domaines dans le Roxbui^hshire et qui , par ses services, prétendait à la charge en question, s'ofibnsa profondément delà préférence donnée à ttatnsay.Aprèsavoirétéramietle compagnon d'armes d*A*lexandre, il devint son ennemi mortd , et la violence de sa tnrine ne put s'étancher que dans le sahgde son antagoniste. Il choisit un jour où Ramsay rendait la justice à Harwick, et accompagné d'une troupe de soldats, tomba sur lui, dispersa les quelques per^ sonnes qui Tentouraient , le blessa sur son siège môme de juge, lè jeta sur un cheval , et à travers maints marécages, à travers maintes montagnes, l'emmena dans son château si solitaire et  triste de THermitage , .où il le plongea dans le donjon de cette sombre et affreuse forteresse; puis on laissa le noble captif, tout criblé de blessures, lutter contre la soif et la faim. Quelque temps il soutint sa misérable existence , grâce à des grains de blé qui tombaient d'un grenier au-dessus de lui , et enfin la mort le délivra de ses maux.

Le plus honteux de cette horrible histoire reste à dire. David ^ dont un imprudent témoignage de faveur avait causé le meurtre du noble Ramsay, se vit obligé, par la faiblesse de son pouvoir et là force des^ circotistanees , tant il régnait de désordre dans l'état^ non-seulement- de pardonner au barbare assassin , mais de l'appeler à l*honnéur de garder le château de Roxburgh^ que la va^leur de sa victime avait enlevé à l'ennemi , et de le nommer à là charge de shérif devenue vacante par un meurtre, n n^est guène possible de donner un exemple plus* déploraUeque celui-là des misères d'un temps où les nobles se mettaient au^^lessus de toutes les lois divines et humaines, et non^seulement satisfaisaient leurs passions furieuses avec impunité, mais encore y puisaient un noa^ veau mobile à leur ambition. Le crime du chevalier de Liddesdde ne jeta aucune tache sur sa renommée ; car avant le meurtre de Ramsay on l'appelait là Fleur de la Chevalerie , et ce glorieux surnom lui resta après l'acte infâme de cruauté dont il se rendit coupable.

Un destin sem^Iisiblè à celui de Ramsay flit éprouvé par une Victime qui toutefois mérite moins de pitié. BuUock, ce b^lfr queux ecclésiastique , qui avait déserté l'étendard d'AngMerrd pour celui d'Ecosse , et contribué si puissamment à la réduction

de Perth , fût soudain » d'après un ordre royal, saisi par sirDavid Berkely et jeté dans le château de Lockendorf , en Morayshire , où , comme Ramsay , on le laissa mourir de faim. Un bistorim écossais a fait sur son sort cette triste remarque : « C'est un ancien proverbe que ni la puissance , ni la bï^avoure , ni la sagesse ne fleurissent long-temps en Ecosse ; car l'envie , dans cette contrée , remporte toujours sur toutes ces vertus. »

Tant que les deux nations ennemies continuèrent à guerroyer, elles ne cessèrent non plus d'exercer dans les provinces limitrophes de Tune et de l'autre des ravages mutuels qui ajoutèrent beaucoup à la misère publique, sans presque servir de rien à la décision de la guerre ; et quand on jette un regard vers le passé , quand on songe aux conséquences affreuses d'une suite si longue d'hostilités de la plus désolante nature , on est tenté de croire que Dieu et Thomme avaient résolu en commun la ruine totale de ces malheuceux pays. Entre les ravages passagers des Anglais d'une part , et de l'autre , ceux qui étaient systématiquement exercés par les chefs écossais, la pratique régulière de l'agriculture fut négligée davantage d'année en année , et les récoltes devinrent nulles.

Une grande famine en fût le résultat nécessaire ; les champs, qui autrefois se couvraient de riches moissons , restèrent en friche , ne produisirent plus , et se revêtirent d'épines et dé ronces, tandis que les loups et les daims sauvages , contrairement à leurs habitudes , approchèrent des demeures de l'homme. Les habitants, pressés par la faim , furent obligés de recourir aux aliments qui répugnent le plus à l'espèce humaine ; ainsi , un malheureux, appelé Chrétien Cleik, et sa femme, subsistèrent quelque temps , dit-on, de la chair d'enfants qu'ils prenaient dans des trappes et qu'ils dévoraient. Ces atroces cannibales furent découverts , condamnés à mort et brûlés vifs. Bientôt la famine et les hideux moyens par lesquels on cherchait à tromper sa rage , amenèrent une maladie épidémique qui en était la conséquence naturelle.

La peste ravagea le pays et immola un grand nombre d'habitants dont la santé avait été affaiblie, tandis que d'autres, abandonnant une contrée où le ciel semblait s'être complu à déverser les flots les plus terribles de son courroux, émigrèrent en France et dans les Pays-Bas. Hélas ! la fin de ces malheurs n'était pas encore prochaine.

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