CHAPITRE XIV
Caractère du roi DaTid*->]DTasion en Angleterre.'— Bataille de Durbam. — Conquêtes des proTÎnces liml- Iropbes par les An§lai8.<— Le grand-sénéclial défewMe pays en deçi dn Fortb; Donglas recouvre la forél d'fittrick et le TcTÎotdale. — Trêve avec PAngleterre. — David H reconnaît la suprématie d^Edonard; mais set •lyets refusent de lareeonnailre.— Le chevatterd» Liddesdale se laisse aller k trahir son pays, mais esl tué par son filleul lord Douglas.— La négociation en* tamée pour le rachat du roi est rompue par Mnterveiition de la France.— Bataille de Kesbitmoor —Attaque de Berwick qui est secouru par Edouard III. — Il enyabit PÉeosse. — La Chandeleur brftiée.— Les Anglaia •ont obligés de battre en retraite. — Le roi David est rendu à la liberté.— Son bouillant naturel.— Ses voyages réitérés en Angleterre; influence qu'édou«r# prend sur luL— Il propose que la succession d^Écosse passe, après sa mort, î Lionel, fils d^Édouard. — Le parlement écossais repousse cette proposition. — Bé- Tolte du grand-sénéchal et d'autres seigneurs; elle esl comprimée, et le calme renaît. — Nouveau projet d^£douard et de David;il est abandonné comme impraticable—David II épouse Catherine Logie, charmante fille de basse conailion.— Traité de paix interrompu par des diflScuUés au sujet de la rançon du roi ; elles sont enfin levées.— Divorce de David et de la reine- Mort de David lU — État de TÉcosse sous son règne.
David II, comme on pouvait Fattendre du fils de Robert Bruce, brillait par l'intrépidité de son courage; il possédait un extérieur agréable, ce qui est une forte recommandation auprès de la multitude, et se distinguait surtout par son adresse dans les exercices militaires. Malheureusement, son éducation à la cour de France lui avait donné un goût irrésistible pour le plaisir, et ce penchant, qui toujours mène à un extrême égoïsme, est, par cette raison, aussi contraire que possible à Tesprit de désintéressement et à Tamour du bien public qui caractérisent un roi patriote. Il était jeune d'ailleurs, car il n'atteignait que sa dix-huitième année quand il débarqua à Inverbervie, et manquait absolument d'expé* rience. Tels étaient la situation désavantageuse et le triste naturel d'un roi qui, entrant à peine dans l'adolescence, avait à gouverner un état désolé à la fois par une guerre étrangère que poursuivait sans rel&che un ennemi de force supérieure, par des fonc-
fw m^rcnvm itécosse.
lions civiles et des discordes qui aboutissaient aux plus déplorables excès, par une horrible épidémie, et enfin par une cmeUe fomtne . Il ne manquait plus à tous ces fléaux que celui d'un prince faible et imprudent pour faire déborder une coupe d'amertume déjà si pleine.
Xe conseiller le plus habile eft le plus digne de conGance que Davidaurait pu choisir^ était ipcontestablement le grand-sénécfaal, qui avilit conservé la régence jusqu'à l'arrivée du roi. Mais, au cas que David n'eût pas d'héritiers directs, et il n'en avait pas encore, le grand-<sénéchal devait hériter du trône ; or, rien n'est plus rare que de voir les princes aimer leurs successeurs et se fier entièrement à eux lorsqu'ils pè sont pas daleur famille immédiate.
Gomme Edouard avait passé en France, le moment avait semh^ favorable pour une attaque contre les frontières. Diverses tentatives furent faites sans succès décisifs de part ni d'autre, et amenèrent une trêve de deux ans qui finissait à la saint Martin 1^46. Cette convention, passée entre l'Angleterre et la France, regardait aussi l'Ecosse. David et ses sujets, cependant, ne tardèrent pas à s'ennuyer delà trêve, qui fut violée par une terrible incursion du chevalier de Liddesdàle en Angleterre. En 1344, David se prépara à une invasion sur .une échelle beaucoup plus vaste et somma tous les Ecossais, tant des hautes que des basses terres,- qui pouvaient porter les armes, de se réunir à Perth. De toos côtés on régnait à l'appel, et Reginald du Ranald des îles, en particulier, se présenta avec un immense corps de troupes. Malheureusement il existait une mortelle inimitié entre ce seigneur insulaire et le puissant comte de Ross; à force de: machinations, ce dernier chef parvint à faire assassiner Reginald au monastère d'Eldho près de Perth. L'assassin, qui était un perfide joueur de harpe, et les nombreux vassaux de 'Reginald, quittèrent Tarmée du roi par crainte de châtiment ; les gais des tles, indignés du meurtre de leur seigneur et redoutant l'avenir, se débandèrent, et après avoir abandonné l'étendard royal, regagnèrent en désor-dre leurs foyers. Le roi David, dont lés forces furent ainsi diminuées considérablement, n'en résolut pas moins de* continuer son expédition.
Il entra en Angleterre par la frontière occidmitele; une forteresse qu'on appelait le fossé de Liddel était vigoureusement défendue par Wàlter Selby, complice du fameux Middieton dans la|spdliation des deux cardinaux et de l'évoque de Durham, ainri
qœ itains difiefs autres iMitos de brigandafe. Ilparitt qu^alon Seiby en était revenu À ta déTense bien légftbne de TAngleteiTe, son pays natal ; adasi ne peat-on s'empâeher de h^essalHir qaand on Ht dans ses chroniqueurs que Da?îd, après avoir pris la forteresse d'assaut, en fit décapiter le commandant. Quel* crime ayait-il commis envers ce prince ?11 n'en est rien dit.
En se dirigeant à l^estvers'HeiLham, l'armée de David, suivant l'usage, marqua sa roule par de barbares dévastations, qui forent d'autant plus censurées à cette époque, que le patrimoine desaint €utHbert n'éprouva ni faveur ni respect. Les grands *barons du nord de TAngleterre, Percy et Wevilte, Musgrave, Scrope, et fiaslings, réunirent des forces snffisantes^pour montrer que, quoique le vainqueur de Greoi'fQt'encore en ^Flrance avec sonarmée rictorieuse, assez d'Anglais étaient demeurés dans leurs fe^ers pour garantir de toute violation les frontières de son royaume. Les archevêques de Gantorbery et d*York, les prélats de Durham, deGarfîsleet de Lincolm, envoyèrent leurs vassaux au rendezvous, et s'y rendirent eux-mêmes pour ajouter Penthousiasme r^igieux au zèle patriotique des barons. Dix mille soldats qui avaient été dirigés sur Calais pour renforcer la troisième armée d'Edouard, furent contremandés dans cette critique circonstance, et allèrent rejoindre les guerriers septentrionaux.
Hès que le chevalier de Liddesdale apprit cette formidable réunion de forces, il conseilta au roi d'Ecosse de faire retraite, et d'éviter une bataille rangée; mais les au très seigneurs, s'imaginant avoir sous la main une magnifique occasion de pillage, ne voulurent rien entendre à un semblable conseil, et Timputèrentà l'^olsme de Douglas, qui, après s'être enrichi aux dépens des Anglais, désirait maintenant, croyaient-^iis, abréger à d'autres le temps de prendre leur part des dépouilles anglaises. Le roi David s'avança donc jusqu'au parc dé Beaurepaire , par corruption Bear-Park, près Durham. et quoique le terrain fût tellement coupé d'enclos qu'il était difficile aux chefs de ranger leurs troupes en ordre et impossible aux divisions de se soutenir convenaUement les unes les autres, il y établit ses quartiers.
Pendant la matinée du 17 octobre, le chevalier de Liddesdale lâ'étai t porté en avant avec quatre cente ^ens-d'armes pour ramasser des proviâons et du fourrage ; soudain, à Perry-sur-'le- Mont, il se trouva en présence de toute l'armée anglaise qui s'était réunie dans l'évêché d'Auckland et marchait alors vers Sund«>*
un HISTOIRE D*ÉG0S6E.
Uuad. Le chef écossais à qui ses forces ne permettaient null^sient d'en venir aux mains, essaya, mais sans succès, de faire retraite ,fl fut attaqué, chargé, mis en déroute, et éprouva de graves perles; lui et les restes de sa divîsicm n'eurent que le temps de galoper jusqu'aux quartiers écossais et d'y donner l'alarme; lesennemis y arrivèrent presque aussitôt qu'eux.
L'armée écossaise reçut immédiatement l'ordre de se former en trois divisions^ et l'exécuta aus^ bien que la nature des lieux, brisés et rompus qu'ils étaient, le permit. L'aile droite fut corn* mandée par le comte de Moray, le centre par le roi en p^-sonne, et l'aile gaucbe par le chevalier de Liddesdale, le grand-sénécbal d'Ecosse, et le comte de Bunbar. €es dispositions étaient à peine finies, que les archers anglais, au nombre de dix mille, commencèrent à se montrer. Un chef plein d'expérience, sir John d^ Grabam, prévoyant les suites fatales de ce qui allait arriver, demanda instamment au roi la permission de fondre sur les archers avec un corps de cavalerie. « Ne me donnez que cent chevaux, dit-il, et je réponds d'en venir à bout, de les disperser. »> •^«Mais pour parler véridiquement, écrit le vieil historien Fordun, de Graham ne put obtenir un seul cavalier. » Peut-être la raison en fut-elle que la perte du matin même avait principalement porté sur les gens='d'armes écossais, et qu'alors ils n'étaient presque plus bons à rien ; mais en général, on l'attribue plutôt au caprice et à l'obstination du jeune roi. Graham tenta av^ les gens de sa propre suite d'exécuter la manœuvre qu'il proposait, mais en beaucoup trop petit nombre pour produire sur les archers l'impression nécessaire, ils furent battus, et lui-même ne s'échappa qu'avec peine. L'impitoyable pluie de flèches commença alors, et tomba sans interruption, aussi serrée que de la grêle, entre les Ecossais qui furent en même temps chargés par les gens-d'armes et les lanciers ^ . Les nombreux enclos anéantirent en le gênant leur système de défense, et enfin leur aile gauche, que le comte de Moray commandait pourtant, se mit à fuir ; la cavalerie anglaise donna en ce moment^ et compléta leur déroute; bientôt le désor* dre fut au comble parmi eux et rien n'arrêta plus leur fuite, ce dont les Anglais profitèrent pour attaquer à la fois la division royale et du côté gauche alors découvert et de\front. Au milieu de charges réitérées et du massacre horrible qui résultait de la
4 Bill-men, dit le toxlo. A bill-man est d^ordinaire celui qui ébranche ou élague des «rbrei. a. v«
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continuelle déeharge des flèches anglaises, David montra qu'il avait hérité du courage, sinon des talents de son père ; il tat deux fois blessé grièvmient par des flèches, mais continua jusqu^au tout d'encourager par son exemple les quelques-uns de ses pairs et de ses officiers qui combattaient encore autour de lui. A la fin, dans une horrible mêlée, un chevalier norlhumbrira, du nom de Copland, lutta corps à corp» avec David et le fit prisonnier, mais ce ne fut pas sans que le roi lui brisât d'un coup de gantdet deux dents de devant.
Lorsque le grand-sénéchal et le comte de March virent la bannière royale tomber, désespérant, quoiqu'ils n'eussent pas aicore soufifert beaucoup, de pouvoir délivrer le roi ou ressaisir la victoire, ils quittèrent le champ de bataille en assez bon ordre et reconduisirent en Ecosse leur division, ainsi que les soldats qui se rallierait sous leurs étendards. David II, a-t-on pensé, regarda cette retraite comme une sorte de désertion, et ce qui le confirma dans ce soupçon, fut que l'héritier présomptif du trône la commandait; Le roi captif fut mené à Ltmdres, puis, en procession solennelle, transféré à la Tour sous une garde de vingt mille hommes, et au milieu de toute la milice citoyenne en grande tenue. Avec David Bruce furent faits {u^isonniers les comtes de Fife, de Monteith, de Wigton, et aussi le chevalier de Liddesdale» qui apparemment encourut ce malheur en se précipitant au secours du roi, car sinon, il aurait pu se retirer avec le grand-sénéchal et le comte de March dont il partageait le commandement. Une cinquantaine de barons eurent le même sort.
Sur le fatal champ de bataille de Neville's^Cross restèrent, les comtes de Moray et de Stratherne^ David de la Haie, grandconnétable d'Ecosse, Robert Reith, grand-maréchal, ainsi que le chambellan, le chancelier, et beaucoup d'autres personnages de distinction. Quant aux simples soldats, il en. périt au moins quinze mille.
La nation écossaise ne commençait qu'à respirer de ses horribles souffrances pendant la guerre civile, lorsqu'elle fut, à ce qu'il sembla bien, totalement abattue par le coup auquel David avait eu l'imprudence d'exposer son royaume. Tous les comtés d'Ecosse, voisins de l'Angleterre, se rendirent sans même tenter une infructueuse résistance. La ligne de ses frontières fut reculée vers le nord , jusqu'aux confins méridionaux du Lothian, et s'étendit entre le chemin de Golbrand et les monts Soltra. EUe do-.
IW HISIÏOIRE DTÉGOSSE.
vait par la suite* doPrenîrplasflepteiitmnate meofe, i^r^He 8niC parfi'étenîlre de Garicyps àOceBeryne.
Le roi d'Angtoti^re abusa cnielienAent de^aa Tkttoîfe. Ibinitea jogement deux jdeses: nobles pri80i»ieFs, ie eomtede Mofntettfa etrDnneanv comte de^Fife, [miravmr embra88é>te parti «te Braee après l'obéissaiice qn'flsaTaieût juréexà Baliol, et, t» dent les temps modernes offrent aussi «un exemple, commiaiiqufl aux juges qui devaient pronoocffir sur le sort desaceusésiuae'eopie d'une sentence que lui et son conseil privé avaient eu eoin d'arrater préalablmient. La décision d'un tr3)unal ei bien iastruit Se son devoir ne fut pas embarrassante. Les deux comtes furent cen- Tatneus de haute trabîson , mais Moiiteitfa seuleubtt le hideux châtiment porté contre ce crime par tes'lois anglaises.
Toutefois, tandis qnMl punissait si sévèrement ceux qui avaient été, comme on disait, traîtres à Balioi, Edouard ^n'avait desssin de rendre à son allié aucune délégation de pouvoir en Eeosse. L'ex^^roi, depuis sa d^tiière expulsion, hers de ses états, avait vécu sur des appointements que lui payait l'Angleterre, et agi plus comme un lieutenant de frontières anglaises que comme un prince quiavait des droits à la couronne écossaise. La victotrede Neville's«€ro6s n^augmenta nultement son autorité /Au contraire, les barons anglais Luey, Bacre et Umftaville furent chaînés de recevoir le serment d'obéissance que , suppo9ai(K)n , les habi-* tants humiliés de FEcosse seraient universellement dôposée à prêter au roi Edouard en personne.
En cette périlleuseoccasion, -cependant, ainsi qu'en d^utres circonstances critiqués, le peuple écossais, menacé de perdre sans retour son indépendance nationale , trouva un prompt remède à ces maux dans son intrépide courage. Les Nobles qui avaient échappé à la défaite de Neville's-Cross, rendirent au grand-sénééhal d'Ecosse , en l'absence du roi prisonnier, la régence du royaume. Abandonnant les provinces du sud , qu'il ne pouvait défendre, le régent mit la contrée au nord du Forth sur le meilleur pied qu'il put, et maintint au milieu de la frayeur et des troubles une espèce de gouvernement et d'ordre. A ce moment de crise , William lord Douglas revint de France où il était allé recevoir une éducation militaire, et avec l'active valeur de son oncle le digne lord James, chassa les envahisseurs anglais de ses domaines patrimoniaux, puis, avec le temps, de la forêt d'Ettricke et du Teviotdale, provinces dont les belliqueux habitants avaient
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toigours «arche wus latbaïuiii^deiSNiclievaleffisqiie fiamitte.
Le résultat de oes triootphes aurait été probableateot unetorrible iDvaaion d'Edouard en £cdS6&,.6i cela n'avait dépendu que delui. Mais le coBsei|teinmt.dea JbaroMSianglais était lîéeeaaaire, etiis se tmoiibnaient peu dispeséa à permeiti^ que ces funestea et <:eâteufies guerres, qui avaient été si souvent et si infracUieuse*mfiiit tentées ccHitreTEeûsse, recoounencassent. Le roi d'Angle* ta»e e0oaentît donc, presque ma^ré lui , à une trêve avec le gnuadrséDéelMd, mais ensuite œ M volottti^s qu'il la renouvela plu stems lioÀs , car il ne tarda guère à former le doublé dessein de remplir ses eoffires avec une forte rançon pour son royal prî^ sonnîer David, et de s'assurer autrement que par les armes des droits, à la sisecession du trdne éeoasais .
Sn eonséquenee , oa traita te royaleapttf avec pluSidedoueeur que d'abord , et, pour aiguiser peutnâtre son désir de recouvrer aa couronne avec sa liberté, on lui pwmit un voyage en Ecosse, après qu'il eut juré de revenir à certaine date et même donné des otagescomme garantie de sa parole. Aussi impatient que son préâéoesseur Giiillaume-te-Licm, David semble avoir été prêt, pour redevenir libre, à reconnaître la souveraineté d'Edouard sur son royaume , et à céder encore une fois au monarque anglais sur la qu^tionde-supnématie. Bien plus, il paratt avoir fait quelques démardies à cette intention. Dans deux pièces qui existent encore, il accorde à Edouard le titre de seigneur suzerain et consent à lui prêter le serment d'hommage. Gk>mme le but de sa délivrance temporaire était en partie de lui donner un moyen de sonder les qpinions et les sentiments de son peuple sur ce point important, les commissaires anglais reçurent l'autorisation de prolonger son absence s'ils croyaient par là aider à ce qu'un traité se conclût sur de telles bases. Mais quand les nobles d'Ecosse furent sondés à ce sujet, ils déclarèrent d'une voix unanime que quoiquils dussent s'appauvrir avec joie pour racheter à prix d'argent la li-berté de leur souverain , jamais, pour obtenir un pareil résultat ni aucun autre , ils ne consentiraient à trahir l'indépendance de leur pays. Davkj fut donc obligé de retourner en prison.
L'hfêtorien Tytler suppose que ce fut comme ppur suppléer à cette convention inutilement passée entre les deux rois, qu'Edouard m conclut avec le chevalier de Liddesdale, qui était aussi prisonnier en Angleterre , depuis la bataille de Neville's-Cross, une espèce de traité par lequel celui-ci, reconquérant son îndé-
«M HISTOIRE D*ÉœSSE.
pendance au moyen d'une trabison , et renonçant , sous le plus léger et le plus vain des prétextes , à Tobéissance et à la fidélité qu'il devait à son roi et à son pays, s'engagea à permettre aux Anglais de passer en tout temps et pour tout motif sur son territoire, promit de tenir sur pied un corps de troupe qui toujours serait prêt à marcher sous la bannière d'Edouard, et, en un mot^ transféra au roi anglais le service militaire dont il était débiteur envers sa patrie. Pour le récompenser de cette perfide désertion, Edouard lui restitua sa liberté, lui octroya les terres et la seigneurie de Liddesdale, ainsi que le cbflteau de l'Hermitage , et quelques possessions sur les montagnes d'Annandale. Mais nous avons peine à croire que la teneur entière de ce traité ait été connue de David , quoiqu'il sût sans doute que le chevalier était favorable à une alliance avec l'Angleterre. Au reste, peu importe que son monarque légitime n'ignorftt rien ou fût instruit de tout : une chose certaine, c'est, pour emprunter le pathétique langage de lord Hailes, « que sir William Douglas, en un fatal moment, ternit à jamais la gloire de ses anciens exploits, et , pour la pré^ Caire possession d'un domaine, transmit son nom à la postérité sur la liste des apostats et des traîtres. »
Les desseins du chevalier de Liddesdale échouèrent en effet presque aussitôt qu'il les eut formés. A peine commençait-il à jouir de la liberté qu'il avait reconquise si bassement, que, chask sant dans la forêt d'Ettericke , il fut égaré et mis à mort par son parent et filleul William , lord de Douglas ^ Les historiens de l'époque ne savent s'ils doivent attribuer l'acte de violence que commit Douglas à un sentiment de jalousie domestique ou à son désir de venger les meurtres de Ramsay et de sir David Berkely, assassiné par ordre du chevalier de Liddesdale, pendant qu'il était encore captif à Londres. Mais, aujourd'hui que les perfides stipulations de Liddesdale avec Edouard sont connues, on peut aisément concevoir que lord Douglas assassina son parent comme trattre à la patrie, et comme un rival dangereux pour ses propres^ droits de famille.
Peu après cet événement, les commissaires, réunis à Newcastle, fixèrent la rançon du roi David à quatre-vingt-dix mille marcs
i Le liea où il fut tué est appelé dans de vieilles histoires, Galsewood ou Galseford. La tradition le place à WilliamVCross, entre la Tweed et PYarrow, où, diton, une croix a long-temps existé en mémoire du fait. L^égUse de Lindean qui l'eçnt d^abord les restes de la yictime est exactement à mi-roate entre WilliamV Cross et Mdrose où le corps fut définitivement enterré, w* s.
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sterling, somme qui serait payée par neuvièmes d'année en année, et dont toute la noblesse, ainsi que tous les marchands du royaume, garantiraient l'exact paiement. La majeure partie des seigneurs écossais trouva que c'était demander un prix exorbitant pour la liberté d'un prince qui ne possédait que des talents médiocres, n'avait pas d'héritiers directs, et ne s'occupait que de sots plaisirs. Pendant que les états hésitaient à ratifier ou non le traité, arriva un brave chevalier français, nommé de Garencières, qu'accompagnait une troupe peu nombreuse, mais choisie de ses compatriotes, et qui était porteur d'une somme immense de quarante mille moutons d'or. Gomme il avait ordre de la distribuer entre les nobles écossais, à condition qu'ils rompraient la trêve et envahiraient l'Angleterre, son arrivée les décida bientôt. Ils acceptèrent tout de suite , et sans s'inquiéter de l'avenir, le parti où il y avait de l'argent à recevoir plutôt que celui où il y aurait à en donner. D'ailleurs , les Northumbriens qui habitaient la frontière firent eux-mêmes la première aggression, car ils envahirent et dépouillèrent les domaines du comte de March. Le comte et Douglas se décidèrent donc à user de représailles.
Ces chefs dirigèrent leur expédition en hommes qui avaient une parfaite habitude des guerres de maraudeurs. Un parti avancé, fort de cinq cents chevaux , pénétra dans le Northumberland sous les ordres de sir William Ramsay, fils de sir Alexandre, qui avait péri assassiné, tandis que les deux seigneurs eux-mêmes, avec le corps principal, restèrent en embuscade dans un lieu appelé Nisbet et situé en deçà de la frontière écossaise. Ramsay eut bientôt ramassé un énorme butin , après quoi, fidèle à ses instructiens, il reprit le chemin de l'Ecosse aux yeux de toute la garnison de Norham. Indigné de cette insulte, sir Thomas Gray, gouverneur du château, sortit à la tête d'une troupe choisie de gensd'armes , et poursuivant Ramsay, qui battait en retraite devant lui, tomba dans le piège qu'on lui avait préparé. Battu, malgré la plus héroïque résistance , il fut fait prisonnier.
Une autre lueur de succès, mais qui ne fut que momentanée^ brilla sur les armes écossaises. Les comtes d'Angus et de March, secondés par les auxiliaires de France , se rendirent maîtres de l'importante ville de Berwick, mais ne purent s'emparer du château. En ce moment critique, les Français , qui déjà avaient accompli différents exploits sous les ordres d'Eugène de Garencières , quittèrent tout d'un coup le service d'Ecosse qui les
M4 HISTOIRE DÉCOSSE.
ennuyait, et s'en retournèrent en leur patrie. Leur n^ieur natio* nale les pressaità affronter sans hésitation les périls de la guerre ; raaîS) va. leurs goûts et leurs habitudes, ils ne s'accommodai^it pas de la vie dure et des manières simples' de leors alliés.
Edouard III n'eut pas plustôt appris la déroute de Nisbetet la prise de Berwick , qu'il repassa la Manche et se montra devant la ville avec une grande partie de ces vétérans qui avaient été sa iseuvent victorieux en France , et de nombreuses recrues qui rivalisaient de courage avec eux. Son armée entière se montait à quatre-vingt mille hommes. Le» Écossais, qui s'étaient emparé» de la place, n^avaient eu le temps ni de s'approvisionner de vivres, ni de pourvoir aux autres préparatifs de défense ; en outre, ils n^a^ valent pas la possession du château, et pouvaient être attaqués de cette forteresse, tandis que le roi d'Angleterre donnerait Tassant aux murailles. Aussi ils capitulèrent à condition qu'on leur laisse* rait évacuer la ville, et Edouard s'en rendit maître par laterreur desa seule présence.
^ Berwick repris, Edouard III ne songea plus qu'à entrer en Ecosse et à terminer définitivement une guerre qui sans cesse ve^ nait l'interrompre au milieu de ses campagnes de France. Il résolut, alors qu'il paraissait en avoir tous les moyens nécessaires^ de conquérir à jamais ce royaume, et de le réunir de force, comme son aïeul avait réuni le pays de Galles à la partie la plus vaste et la plus rictie de l'Ile.
Mais Edouard n'avait, pas plus que son aïeul, le tempsde oon-^ quérir des royaumes pour les autres. H eut donc à se débarrasser d'abord des titres de Baliol , que jusque-là il avait déclaré être à ses yeux le légitime roi d^Écosse. L'affaire s'arrangea facilement^ car Edouard Baliol était entre les mains d'Edouard un outil plus commode que son père ne l'avait été dans celles d'Edouard I*^ : sknple fantôme qu'Edouard pouvait à plaisir évoquer au jour et reptonger dans' le néant, il se prêta sans aucune peine, selon toute vraisemblance, aux intentions du roi anglais, et de son {dein consentement , de sa très bonne volonté , subit la cérémonie de dégradation à laquelle son père n'avait été contraint de se soumettre qu'après avoir échoué dans tous ses efforts de résistance , et qui cependant lui avait valu l'ignominieux surnom de Manteau^Vide. Edouard Baliol se présenta, revêtu de tous les insignes de la royauté , devant Edouard, s'en dépouilla solennellement , et déposant sa couronne d'or aux piedi dtt roi anglais y
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lui céda tous les* titres , tous les droits, tentes letf prétentions qu'il avait et poorruttaYoir à lasoayeraineté d'Boosse. Quant aux eaosesqui leportaieol affaire un tel abandon, le ceestonnaire atlégua d'abord seD ecstrdme vteiUesse et soti manque d'héritiers; ensuke ses hautes obligations envers le roi d'Angleterre, sa tendresse pour lui-, et la propre parenté qui existait entre eux, pttiS'l 'ingratitude de ses parents d'Ecosse , la rébellion de. ses. surjets v^ en général un désir de contribuer au bien des deux na?tùmsi Tels furent les prétextes; mais, en réalité, BaHol ne possédait aucune espèce de créditcbez les Écossais. A leurs yeux il B'étâit qu'un- meremaire, pensionné par la nation anglaise; et Édouaid désirait alors* se débarrasser de lui , se rendre direetoment possesseur de la couronne d'Ecosse par suite de l'abdicationde Baliol en sa faveor , ou , si ce projet ne réussissait pas^ atteindre le même but par qudque arrangement avec son prisonnier David , car il le savait peu opposé à permettre qu'en échange de sa liberté , sa couronne passât sur la tête d'un fils du roi d'Ao^ {^elerre. Baliol devait en retour de sa complaisance , lorsqu'il rentrerait dttiis la vie {ni vée, recevoir d'Bdouard unesonmiede cinq mille marcs , et jouir d'une pension annuelle de deux mille livres sterling sur la cassette de ce prince. Avec un revenu si sfdeDdfde, Sdouwrd Balici vécnt oooHne un riche mais obscur portiealier ^ et dès IcM^il ne repuratt pas dans l'histoire. L'ardeur entreprenante qui l'avait poussé à l'invasion d'Ecosse de 13S2 et à. ravmtureuse attaque du camp écossais de Duppling-Moor , ne se montre dans aucune autre partie de sa eonduite; il çst donc pmoBÎsrde conclure que l'audace dont il fit preuve dans œs deux ciroonstances , Imn d'iélre une inspiration de saa courage , lui fut suggérée par les conseils d'un. de ses plus hardis offieiers. Sur le champ de bataiUe il déftoyait la bravoure d'un soldat \ mais sous tout-autre rapport il ne semUe jamais avoir déployé de talent ni pour la guerre ni pour la paixv II mourut sans enfiwts en 1363 , et c'est ainsi <}oe dans sa personne s'éteignit la famille des Bar liol dont lesprélentiôasavai»it coûté si cher à l'Eoosae.
La. campagUfe qui, dans les iM>0}ets d'Edouard , devait décider âadestin de l'Ecosse , allait s'ouvrir. Plus s^^es dans le malheur qpe dans la pi'ospérité, les noUes écossais^ que l'expérience arott instruits et convaiaeus du péril de se mesurer avec Ten^ nemi^ en bataille rangée et en. pleine c«npagne,. résolurent de mettre en pratii^ I^ préceptes de guerre déCensîve qui leur
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avaient été iegaés par leur libérateur Bobert Bmee. ToatefCMS » il fallait da temps pour ravager le pays, pour éloigner les habitants , et (Nrendre lés autres mesures nécessaires à ce mode terrîbte et désespéré de résistance. On envoya donc ieeomte Oouglas vers le roi d'Angleterre pour Tarréter le plus possible par des offres de négociation. I^ parvint è obtenir une trêve de dix jours, demeura presque tout cet intervalle dans le camp des Anglais , et ne le quitta qu'en se félicitant d'avoir procuré à ses compatriotes le délai dont ils avaient besoin pour faire leurs préparatifs de défense. Les Ecossais en firent bon usage.
L'Ecosse se trouvait alors dans la même condition à peu près que lorsqu'elle fut envahie en 1322 ; mais , ce qu'il y avait de pire pour die , c'était qu'Edouard III , d'un oOté , par un caraC' tère héroïque était cent fois plus formidable que son père , et que de l'autre, les seuls chefs qu'eût maintenant l'Ecosse à opposer au vainqueur dont le nom faisait trembler la France , étaient c^t fois inférieurs en talent à Bruce. Néanmoins ils étaient imbus de ses leçons , et bien décidés à les suivre , de sorte qu'on pourrait dire que le roi Robert, tout mort qu'il était, commanda encore l'armée écossaise.
Edouard n'eut pas plus tôt pénétré en Ecosse qu'il vit ses troupes dénuées de tout , du moins réduites aux provisions qu'elles avaient alertées. Bans les villages et les fermes ', où régnait un morne silaice , on n'apercevait ni paysans , ni grains , ni bestiaux. Les fourrageurs parcouraient en vain le circuit cardinaire à de telles expéditions , ils ne trouvaient de vivres nulle part ^ et si quelques-uns d'entre eux avaient le malheur de s'avancer de manière à ne pouvoir plus être immédiatement secourus, ils étaient aussitôt assaillis par les Écossais, qui, embusqués dans lès gorges, les marécages, et les forêts, fondaient sur eux de tous côtés et les tuaient sans miséricorde. Irrité des obstades et des privations qui l'entouraient , surtout convaincu que Douglas l'avait joué dans la dernière négociation, Edouard, pour assouvir sa colère, se mit à tout détruire sans distinction ni pitié, et à brûler toutes les villes , tous les villages dont il approchait , sans épargner les édifices consacrés à la religion ou à de saints usages. La belle église abbatiale d'Haddington , qu'on appelait la Lampe du Lothian à <»use de la richesse de son architecture, fut incendiée , et le monastère, aussi bien que la vlUe elle-même , entièrement détruit. Par suite éà ces ravages, qui eurent lieu en
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février 13S6 , on ne parla long-temps de cette époqne qa'en la nommant la Chandeleur brûlée.
La véhémence du courroux d'Edouard et la manière furieuse dont il l'exhalait purent lui procurer le plaisir de la vengeance satisfaite, mais ne lui firent trouver ni provisions ni fourrages ; hommes et chevaux commencèrent donc à souffrir des priva^ fions qui menaçaient de se changer en famine. Éldouard s'était flatté de trouver à Berwick des vaisseaux chargés de vivres qu'il y avait envoyés d'Angleterre \ mais nulle voile n'apparaissait sur la plaine nue de la mer. Aprto avoir demeuré dix jours au milieu des ruines d'Haddîngton où les embarras augmentaient à cha* que minute, Edouard apprit enfin qu'une tempête avait dispersé sa flotte, et que pas un de ses navires n'avait pu entrer dans le golfe de Forth. La retraite devint dès lors inévitable , et le9 souffrances des soldats empêchant qu'elle ne se fit en bon ordre , elle ftat accompagnée de pertes omsidérables. Les Ecossais , disséminés en mille endroits, sur les montagnes, dans les bas» fonds , dans les bois et dans des solitudes sans chemins fhiyés , approchaient Tannée anglaise de toutes parts et la suivaient A la piste, comme ces oiseaux carnassiers qui voltigent au-dessus d'un troupeau de moutons malades pour déchirer ceux qui tom* beront de faiblesse. Edouard voulut à son retour ne pas traverser de nouveau la province conplètement ravagée du Berwickshire , mais s'embarrassa dans les défilés de la partie haute du Teviot* date et de la fbrêt d'Ettricke où il eut beaucoup à souffrir des continuelles attaques de Douglas; une fois même, il faillit être fait prisonnier.
. L'insuccès de cette vaste entreprise, la cinquième où la tenta* ti ve d'invasion avait échoué , semble avoir déterminé Edouard à employer d'autres moyens que ceux d'hostilités ouvertes et avouées pour établir sa puissance en Ecosse , but qu'il ne renon* Cait pas encore à atteindre. Il avait fini par connaître à fond le caractère de son royal prisonnier David Bruce , qui languissait depuis tant d'années en Angleterre , et ne doutait pas de réussir» par quelque convention avec ce prince égoïste , à s'emparer en Ecosse de l'autorité suprême dont la nation se montrait si jalouse. Le préliminaire d'une telle intrigue fut l'élai^issement de David après sa longue détention , et la signature d'im traité de paix en* tre les deux peuples.
Par un arrangement définitif, les commissaires de chaque
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IQt HISTOIBE D'ECOSSE.
royaume fixèrmt la rançon <}e David , qui avait augmenté dépuft la dernijère fois qu'on l'avait débattue, à une somme dé cent mille marcs qui serait payée annuellement par dixièmes. La noblesse, le clergé et la bourgeoisie d'Ecosse s'engagèrent à ce que les paiements fussent régulièrement faits; et trois nobles de très haut rang, qui pourraient, touttfois, être rem{daoés de temps ea temps par d'autres du même degré, ainsi que vingt jeunes gen-* tilshommes parmi lesquels le fils du grand-sénéchal se trouva compris y furent livrés comme otages à l'Angleterre. C'est ainâ que David recouvra la liberté, on2e ans après la bataille de Neville's-Gross où il l'avait perdue. Les conditions qui le rendirent 11* bre étaient plus sévères au total que cdles qui avaient été pro^ posées trois ans auparavant, lorsque le traité s'était rompu par l'intervention de la France.
La première chose qui, après son retour en Ecosse, marqua la tendance des opinions et des sympathies politiques de David , fut son goût déterminé pour des voyages en Angleterre et de Icmgs séjours dans ce royaume. Ils devinrent même assez fréquents pour inspirer à ses sujets la réflexion qu'ils avaient été bien sots de s'appauvrir à racheter un souverain , qui préférait la terre de sa captivité à ses propres domaines. Il se présenta aussi^ peu après sa mise en liberté , un léger incident qui dénota chez ce prince autant d'arrogance que d'insensibilité. Comme le peupte avide de voir son roi dont l'absence avait été si longue, se pressait un jour avec plus d'affection que de tendresse autour de lui , David saisit la hallebarde d'un de ses gens, et la brandissant de sa royale main^ enseigna à la foule qu'elle devait dorénavant imposera la mani-» fiBStation de ses sentiments affectueux une contrainte plus cérémonieuse.
Une espèce d'intimité où Edouard espérait bien trouver son profit, fut alors encouragée par ce monarque entre les habitants de son royaume et ceux d'Ecosse. Des permis de séjour furent accordés aux marchands , aux pèlerins , aux indigènes des deux pays , aux jeunes gentilshommes qui désiraient faire leur éduca-* tion dans les universités anglaises , en un mot à tous ceux qui pourraient alléguer un motif raisonnable de venir en Angleterre. Les nobles écossais qui visitèrent la cour d'Edouard y furent même accueillis avec bienveillance. Une si libérale conduite n'avait sans doute pour but que d'éblouir les yeux des habitants de l'Ecosse par la supériorité de la splendeur et de la richesse de leurs