CHAPITRE XIV
puii^ants voîsms , et de les habituer à dès rapports tellement amieaox avec eux , que tes préjugés qui avaient été la conséquence naturelle de tant d'années de guerre disparussent insensiblement. C'était de beaux et louables projets, mais le roi d'Angleterre ne les avait formés que dans un but de perfidie et d*égoîsme.
La faiblesse de David qui avait paru disposé , au cas où ses sujets le lui eussent permis, à sacrifier au roi d'Angleterre Tindépen- 4ance de l'Ecosse en le reconnaissant comme seigneur suzerain, avait encouragé Edouard à proposer que Lionel, duc deClarence,' son troiaème fils, fftt appelé à succéder au trône écossais en place du grand-sénéchal d'Ecosse, petit-fils de Robert Bruce par sa fille Maijory. Ce dessein semble avoir été tenu soigneusement caché à toute la nation écossaise jusqu'au mois de mars 1363, époque où David Bruce s'aventura à le développer lui-même, en présence^ à*une assemblée des états d'Ecosse réunis à Scone. Depuis peu , et pendant un de ses voyages en Angleterre , il était devenu veuf par la mort de la reine Jeanne. Aussi est-on en droit de trouver plus extraordinaire encore que David désirât substituer un prince anglais à la succession de la couronne écossaise , car il au» rait pu appréhender justement que si, toutes choses possibles, il venait à se remarier et avait des enfants, le roi d'Angleterre ne se serait pas résigné à vofr l'espérance de la royauté de son fils déçue , le fdt-elle par la naissance d'héritiers directs. Sans être toutefois arrêté par un si puissant motif, David Bruce proposa au parlement écossais de décider que , dans le cas où il ne laisserait point d'enfants après lui , le trône appartînt à un des fils du roi d'Angleterre; puis il recommanda particulièrement lé duc Lionel de Clarence comme digne d'un tel choix , et donna à entendre que cette mesure rendrait éternelle la paix entre les deux nations de la Bretagne , et protesta que c'était l'unique moyen de déterminer le monarque anglais à se désister formellement pour l'avenir , de toutes ces prétentions à la suzeraineté féodale de l'Ecosse, qui avaient été la cause de luttes si funestes.
Le parlement écossais entendit avec autant de chagrin que de colère une telle proposition sortir de la bouche de son souverain , fils de l'héroïque Robert Bruce. Aussitôt et unanimement, les membres de l'illustre assemblée répliquèrent que jamais ils ne permettraient à un Anglais de régner sur leur pays ; quel par des actes solennels qu'ils avaient eux-mêmes votés, le grand-sénéchal d'Ecosse était appelé au trône à défaut du présent roi ou de
ses héritiers; que ce seigoeur était brave et digne da royal héritage-, qu'en conséquence ils refusaient de lui enlever ses droits pour les donner au fils d'un étranger» et mêmed'un ennemi national.
Le roi David reçut sans doute ce ferme refus, qui nécessairement impliquait un bUime sévère contre lui, avec honte et mortification , mais ne répliqua rien ; et le parlement , passant à autres choses , nomma des commissaires pour travailler à l'œuvre importante de convertir en une paix solide et durable la trêve pré-^ Caire alors conclue entre l'Angleterre et l'Ecosse. Mais en vain le projet de changer la destination de la couronne sembla-t-il avoir échoué à jamais-, ceux dont il aurait lésé les intérêts si on l'eût adopté ne le perdirent pas un seul instant de vue. Le grand-sénéchal et ses fils , avec beaucoup de leurs parents , les comtes de March, Douglas, et d'autres barons du sud prirent les armes , et formèrent une ligue pour empêcher , dirent-ils , que l'ordre de succession, tel qu'il avait été établi du vivant de Bruce, fût altéré en rien. Le roi arma de son côté , non, comme il le prétendait , pour changer de force la successibilité , mais pour rétablir le bon ordre et contraindre les ligueurs à déposer les armes. Ses efibrts furent couronnés de succès. La fermeté inattendue que le roi déploya > et le grand nombre des Ecossais qui demeurèrent fidèles à sa cause , en imposèrent au grand-sénéchal et à ses partisans. Ils se soumirent ; les états furent convoqués à Inchmurdoch , et le chef lui-même de la ligue , ainsi que Douglas , March , et d'autres adhérents , furent contraints de renoncer en pleine assemblée à leurs projets de révolte. Dans la même occasion, le grandsénéchal jura sur les saints évangiles obéissance et fidélité ap roi régnant , sous peine , s'il manquait à sa parole , non-seulement de perdre la vie et d'être dépouillé de ses terres , mais encore d'ôter à sa famille tout droit de succession au trône. En récompense de sa promptitude à rentrer dans le devoir d'un sujet, aussi bien que pour caUner les^ craintes au sujet de Tindépendance nationale qu'avait excitées la proposition du roi , la successibilité au trône établie en faveur du grand-sénéchal et de ses héritiers fût solennellement reconnue , etl'atnéde ses fils, qui devint plus tard Robert III, reçut le'titre de comte de Garrick que Robert Bruce avait autrefois porté.
L'imprudent David avait à peine ratifié les actes du parlement de Scone ^ que , sans se souvenir du danger qu'il avait naguère
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couru , se rendit à Londres et renoua avec Edouard m , les h^ trigues qui avaient pour but le changement de la 8uccessi<m. Un nouveau plan fut donc arrêté à cet effet dans une conférence que ies deux rois et quelques conseillers d'âite tinrent le 23 no-> vembre 1368. D'après cette convention, le roi d'Angleterre, Sdouàrd III, devait être appelé lui-^méme à succéder au roi Dt» vid , dans le cas où ce dernier mourrait sans héritiers mftles. Suivaient vingtHsept articles qui, la plupart, avaient, à ce qu'il semr 1ble, pour objet de réconcilier la nation écossaise avec l'idée d'un monarque anglais. Ainsi, elle participerait aux avantages du commerce de l'Angleterre, elle conserverait intactes ses lois et son indépendance comme royaume séparé , surtout remise lui serait faite du reste de la rançon de David, qu'elle n'acquittait qu'avec beaucoup de peine et dont elle n'avait encore payé qu'un dixième. Pour flatter son orgueil national , on lui rendrait la pierre sacrée qui servait aux couronnements , et le roi d'Angleterre lui-même serait couronné à Scone avec tout le cérémonial écossais. Il re* noncerait à toute prétention de suzeraineté sur l'Ecosse, respecterait scrupuleusement ses libertés politiques et religieuses, même n'emploierait, une fois monté sur le trône, que des con» seillers écossais, pour régler toutes les affaires de nature à intéresser le royaume , et ne nommerait que des indigènes à tous les postes de confiance. Mais après cette longue suite de conditions bénévoles , venait une clause qui attribuait au roi d'Angleterre le commandement des levées tant nationales que féodales de l'Ecosse, et qui, seule, aurait suffi pour livrer absolument le royaume à la discrétion d'Edouard. Le procès-verbal de cette conférence s'ouvre par une promesse de profond secret, et par une déclaration que tout ce qui va suivre ne doit pas être regardé comme définitivement résolu , mais comme la simple base d'un plan qui demande encore un examen réfléchi ^ et que plus tard t>n adoptera, modifiera, ou même abandonnera tout-à-fait, selon qu'il sera jugé convenable. Par un dernier article le roi d'Ecosse se chargea de sonder les dispositions de son peuple par rapport à ce projet , et promit de transmettre le résultat au roi d'Angleterre dans la quinzaine qui suivrait Pâques. Il est probable que David, de retour en Ecosse, trouva l'affaire totalement impossible. Une imprudence personnelle que ce prince commit augmenta encore les embarras dont il était entouré. Il tomba amoureux d'une charmante damoiselle , dont le père , sir John Logie , avait
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souffert U mort pour avoir trempé daos ce complot conti^ B/>bert Sruce , si sévèrement pum par le parlement noir. La jeune per*sonne qui se nommait Marguerite était d'une beauté merveilleuse. Bientôt l'amour du roi prit une violence qui ne convenait ni à son haut rang ni à son âge mûr \ et faute de pouvoir satisfaire Autrement sa passion, il Tépousa. Cette mésalliance scandali^ l'orgueilleuse noblesse du royaume, et parait avoir occasioné une rupture ouverte entre David et son parent le grand-séné* £bal , dont les titres à la couronne devaient être anéantis dans le pas où la nouvelle reine donnerait un héritier mâle à son noble •époux. Ce fut probablement par suite de quelque querelle qui 6'éleva à ce sujet , que le roi David , à ce qu'il parait , jeta le ^rapd-sénéchal , avec son fils le lord de Badenoch^ en prison , et les y retint long-temps.
' Les commissaires furent encore une fds nommés de par t et d'autre pour débattre les causes d'une paix absolue etdurable entre lef» deux nations. Le paiement de la rançon de David était le princijial obstacle. Les premières sommes avaient été assez régulièrement acquittées, mais il avait tallu que le parlement écossais fît degrands sacrifices. Une loi avait ordonné que toutes les laines du royaume , sans doute parce que l'exportation de cette marchandise était la plus productive, fussent livrées au roi à bas prix , et que le bénéfice qu'il obtenait en les vendant plus cher aux izuurchands de la Flandre servît à payer la rançon. Un impôt foncier, pesant indistinctement sur toutes les classes^ fut aussi voté et perçu. Une sonune de vingt mille marcs avaient été obtenue par ces moyens et comptée à l'Angleterre -, mais depuis le paieaaent des deux premiers termes, les sources en lesquelles les JElcossais avaient espéré s'étaient taries. Ils s'adressèrent au pape; jaats comme il avait déjà accordé au roi un dixième des revenus lecclésiastiques pour trois ans, il refusa depermettre qu'on mit aucune nouvelle 'taxe sur le clergé. Les Écossais sollicitèrent alors laErance ; mais comme elle avaitâ racheter son propre roi qui était prisonnier en Angleterre , elle eut beau jeu de leur refuser tout Mcoarê ultérieur, à moins qu'ils ne consentissent i recommonxer la guerxe contre les Anglais , cas où elle promettait de cootrihuer d'une somme de cinquante nulle marcs à la rançon du coi David.
V Comme l'Ecosse était ainsi gônée, ainsi dénuée de ressources, ^Héceisairement les anauités non venues s'arriérèrent, et, faute de
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«ddè, dles s'accrareot v aux ternes da Irai té, de/orCesameodeSi Edouard joua lé r61e d'un créancier clément. U chercha numis à toucher la rançon elle-^éme qu'à mettre TEcosae dans un tel état d'msolvabilité^ que le parlement s'estim&t heureux d'une ma-; nière ou d'une autre^ d'éteindre cette dette par le sacrifice dq ^indépendance nationale. E ne put toutefois recourir au moyen qui aurait été le plus prompt pour obliger ses débilefurs à le satis^ Irâe, et qui ccmsi^it à sommer le monarque écossais derevenit en prison ; car ainsi il se serait privé de l'agent le plus capable de servir ses vues sur l'Ecosse, et peut-être eût en même tempç jeté ce pays sous l'empire du graqd-sénéchal , ennemi implaca-: ble de l'influence anglaise. Les amendes , les arrérages et le relit quat de la dette furent alors fixés à une somme de cent mille li*: .vres sterling, qui se paierait par annuités de six mille marcs ; im prolongea la trêve de trois ans; et pendant ces trois ans- la, les paiements , quoique ruineux pour la nation écossaise , semblent s'être faits avec régularité au moyen des taxes que le parlemenj; «vait établies pour y subvenir. Aussi , en 1360 , la trêve entre les nations fut de nouveau prolongée de quatorze ans , et les Anglais i^nsentirent à ce que la balance de la rançon, qui montait encorç à cinquante-six mille marcs , s'achevât par quatorzièmes d'année en année. La rançon du roi David fut complètement acquittée d^ cette manière , et Richard II en donna formellement reçu aux Écossais la septième année de son règne. Ces lourdes, mais né^ cessaires exactions ne s'opérèrent pas sans troubles intérieurs.
Les barons du nord et les chefs celtiques furent quelque temps en insurrection ouverte contre le paiement des impôts; mais la ferr meté du parlement , et un de ces éclairs de vigueur qui quelque* fois brillaient dans le caractère résolu, quoique indolent, de David , les forcèrent à rentrer dans le devoir. Il marcha dans Iç nord-^ouest , contre John des Iles, dompta ce turbulent et puissant aeigneur , le força de se soumettre aux taxes votées par le partes ment, et même obtint de lui des otages en garantie de sa ccmduîte future.
Bientôt des discordes domestiques éclatèrent au sein de la fiiH miHe myale. Marguerite Logie , la jeune et belle reine , avait le ipoût de la d^)ense , comme toutes 1^ personnes qui passent sou^ daÎD de la pauvreté à la richesse. Elle aimait à changer sanscessç de place et toujours i avoir une suite spendide; elle aimait la p»- Wrertles fêles ; peuirétpe ) avec sa jeunesse et sa beauté, aimai^
Mi HISTOIRE D^GOSSE.
cUe aussi qu'on Fadmirât La passion de David était éteinte, et II désirait rompre le mariage inégal qu'il avait si imprudemment fcarmé. Les évéques d'Ecosse l'autorisèrent à divorcer ; mais quels fur rent les motifs de ce divorce? les historiens n'en parlent pas. Mar* guérite Logie en appela au pape de la sentence du dergé écossais» et se rendit à Avignon pour y appuyer sa cause au moyen des richesses qu'elle avait amassées pendant son séjour au pouvoir, et qui , dit-on , étaient considérables. Son appel fut écouté avec faveur par le saint-père, mais elle mourut en pays étranger avant qu'il se prononçât. Dès que les prélats écossais eurent rompu ce mariage, le grand-sénéchal et son fils sortirent de prison pour rentrer en faveur auprès du roi, ce qui montre clairement à quelle influence ils avaient dû et leur disgrâce et leur capitivité.
Nous n'avons presque plus rien à dire de David II. Attaqué d'une maladie mortelle , il expira au château d'Edimbourg à l'âge prématuré de quarante-sept ans, après en avoir régné quarantecinq. Il avait du courage , de l'afTabilité et les grâces extérieures qui toujours siéent à un prince. Mais sa vie présente le plus uniforme contraste avec le patriotique dévouement de son père. H exigea et obtint^de ses sujets d'immenses sacrifices , mais en retour de leur affection et de leur fidélité, il ne renonça jamais à un seul caprice , ne se refusa jamais une seule fantaisie. Dans ses dernières années, il ne fut que le honteux instrument de l'Angleterre , et ne se montra que trop disposé à lui vendre , pour de légers avantages personnels, l'indépendance de l'Ecosse que son illustre père avait achetée au prix de tant de souffrances, qu'après en avoir compromis sa santé , il en était mort prématurément.
Le règne de David II différa aussi tristement de celui de son père que le règne de Robert !•' avait glorieusement différé de ceux de ses prédécesseurs. Nous y apercevons cependant un nouveau pas vers la civilisation , et uo mélange plus complet des différentes tribus qui peuplaient TEcosse, en une nation générale, ne reconnaissant qu'un seul gouvernement.
Les chefs mômes des îles et des Highlands s'humanisèrent au point de reconnaître la suzeraineté du roi d'Ecosse , de venir siéger dans ses parlements, et de presque renoncer, non sans regret, à celte farouche et tracassière indépendance dont ils s'étaient autrefois glorifiés. La puissance de ces formidables seigneurs fut beaucoup réduite , non-seulement par la contrainte véritable que le souverain et ses lieutenants exercèrent sur eux, maintes fois 4
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la tête d'ane armée, mais encore par la politiqiie qui peut moins se jostifler , et que ce monarque emplo^f a , dit-on , de stimuler les chefs les uns contre les autres , et de diminuer , d'abattre ainsi la fcNTce de chacun d'eux. EnciMre, y avait-il entre les habitants des hautes et des basses terres toute la différence de races distinctes. L'autorité royale était bien connue dans les deux pays ; mais la justice ne suivait son cours ordinaire que dans celui où la civilisatton était le plus avancée , et nous allons voir tôut-à-rheure les lords insulaires donner continuellement du mal au gouvernement écossais. La nation , en même temps , commença à devenir telle que nous la voyons aujourd'hui. Il n'est certes guère de grandes familles qui puissent faire remonter leur origine à Tépoque de Robert Bruce ; mais il y en a un beaucoup plus grand nombre dont l'illustration date du règne de son Gis , car la liste des guerriers qui combattirent à Durham offre les noms des principaux nobles et gentilshommes de l'Ecosse moderne , et est la fréquente reswurce des généalogistes. L'esprit commercial se développa au temps de David F' en dépit des mille obstacles créés par les guer res civileset étrangères. Ce fut dans les parlements de 1368 et 1360 que s'introduisit, pour la première fois, à ce qu'il semble, l'usage de confier à des commissions particulières le soin de débattre et d'échanger, dans des séances préalables et secrètes , les affaires , soit délicates, soit importantes , qui étaient ensuite soumises à l'assenoblée tout entière. Gomme cette méthode investissait une petite coterie de représentants, du pouvoir exclusif de discuter et de choisir les sujets de débats parlementaires , elle tendait nécessairement à gêner la libre discussion si essentielle au maintien des prérogatives de ce corps , et finit par prendre la forme de cette funeste institution , dite comité des articles , qui , s'arrogeant te droit préliminaire , et , si bon lui plaisait , de rejeter les mesures proposées au parlement , porta une grave atteinte à la liberté nationale.
Entre la peste et la famine, qui firent des ravages répétés en Ecosse pendant ce malheureux règne , l'esprit national des Écossais ne se montra jamais plus énergiquement résolu à repousser jusqu'au bout la domination anglaise. Sans doute, quelques éhefs , quelques nobles se soumirent au vainqueur ; mais il n'y eut pas un seul instant de soumission générale ou d'apathique indifférence. La nation demeura forte dans sa faiblesse même ; car <;omme heureusement les Écossais ne purent réunir d'armées na-
HISTOIBE irÉCOSSE.
tic«aleSjiIftécbaH>éreDtaux cooséquencesque de grandes bataiH^ telles que celles de Dunbar , HalidcMi et Berwick , avaient toujours pour eux , et furent obligés de se borner à la gu^re déGnitive f qni d'ailleurs convenait mieux au caractère du ps^ys , et à laqudle ses habitants s'entendaient si bien.
Le manque de talent chez le souverain et les résultats de sa longue captivité devinrent cruellement sensibles par l'indépendance que s'attribuèrent le chevalier de Liddesdale et tmit de chefs, tant de Qobles , qui dans leurs féodales querelles , commirent des crimes aussi atroces que le meurtre de Ramsay , de Dalwolsey, de GuUock , de Berkeley , de Saint-Michel , et de beaucoup d'autres» Le parlement comprenait la gravité de ces désordres; mais dans son désespoir d'être trop faible pour les réprimer, c'était plutôt d'un ton de prière que de commandement qu'il demandait aux gr^mds vassaux de renoncer à leurs discordes privées et de s'unir cordialement pour la défense de leur patrie commune. Beaucoup d'auteurs de pareilles fautes , qui avaient consenti à devenir membres des états , faisaient chorus avec leurs collègues pour ces pa-» triotiques remontrances tant qu'ils étaient assemblés ; puis , lors^ que le parlement se séparait, chacun d'eux, regagnant sa tour féodale et ses vastes domaines , recommençait, comme aupara-* vaut, à se battre pour son propre compte avec ses v<Msins. la parlement écossais semble n'avoir jamais manqué de découvrir les maux qui affligeaient le royaume, ni de prendre, pour les réprimer^ des mesures aussi sages qu'habiles. Par malheur le poa«> voir exécutif n'eut que rarement, sinon jamais , l'autorité nécessaire pour donner force aux lois ; et la nation se trouva ainsi dana l'état d'un malade obstiné, qui ne peut guérir parce qu'il ne sait pas se décider à prendre les remèdes ordonnés par les médecins.
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