CHAPITRE XVI
Ayénement de John, comte de Carrick.— II adopte le nom de Robert III.— Etat de sa famitte.— Incendio d^El^in*- Incnriioii des Highlandais, et escarmoiiclio de GUscuDe.— liataille de Bourtree.— Tournoi entre les hommes des clans de Chattam et de Quhele.^ Le prince David d^Ecosse; il est créé duc de Kothsay; «OD oncle Intrigue contre lui et devient duc dMlbany.«— Mariage de Rothsay. — Scandaleuse conduite d^Albany ; ii manque de parole au comte de Mareh qui se ré- Tolte. — Guerre avec TAngleterre. — Invasion de Henri IV.~ Retraite obligée des Anglais.^Meurtre du duc de Bothsay. — nélUte des i* cessais à Homiidon.— Contestation entre Henri 1 V et les Fercy. — Siège d^ Colilawis ou Ormiston. — Le prince Jacques envoyé en France, mais pris par les Anglais.— Mort de Robert III.
Nous avons déjà parlé du caractère de Jobn, comte de Carrick r fils aine et successeur de Robert II. Il était infirme de corps et faible d'esprit; du reste, bien intentionné, pieux, afiable, et juste ; mais complètement impropre, faute d'activité personnelle et d'énergie morale, à porter le sceptre d'un peuple aussi fier et aussi ingouvernable que les Écossais. Il fut investi de la royauté à Scone avec toutes les cérémonies d'usage ; seulement , au lieu de son propre nom ^, il adopta le titre de Robert III pour se soumettre à une superstition du peuple qui croyait que le premier nom avait appartenu à des monarques de France, d'Angieterro et d'Ecosse, lesquels avaient tous été malheureux. Les Écossais, au surplus, avaient une prédilection pour le nom de Robert, par un souvenir plein d'amour et de reconnaissance pour Robert Bruce.:
Le nouveau roi était marié depuis environ trente-trois ans à une Écossaise , Annabelia Drummond , fille de sir John Drummond de Stobhall , dont la sagesse et les vertus correspondaient à Tancienneté de sa famille et à l'élévation de son rang. Il avait eu de ce mariage un fils appelé David , jeune prince alors ftgé de dix-huit ans, dont la lugubre histoire et la mort prématurée devaient assombrir le règne de son père. Cinq ans après que Ro^ bert m fut monté sur le trône , la reine lui donna un second fils nommé Jacques, qu'il eut pour successeur et qui le premier porta
I Cq français, Jean. ▲. m.
CHAÎPITRB XVI. * tir
ce nom ensuite répété si souvent sur la liste des' rois qui gouvernèrent récosse.
Le nouveau monarque s'occupa tout d*abord de confirmer la trêve avec rAngieterre et de renouveler la ligue avec la France; de sorte que pendant huit années le royaume Ait exempt des malheurs de la guerre étrangère ; mais l'indolence d^m faible souverain le laissa être la prcHe des querelles domestiques et de l'injuste oppression de chefs et de nobles qui luttaient les uns contre les autres. Nous n'en citerons que deux ou trois des principaux exemples.
Avant même le sacre du roi , le comte de Buchan, propre flrère de Robert III, par suite d'une querelle privée avec l'évéque de Murray, rassembla une tumultueuse armée de Highiandais et brûla la magnifique cathédrale d'Elgin, sans que , pour cet act6 qui unissait la rébellion au sacrilège , son apathique souverain lui infligeât le moindre châtiment ou la moindre censure.
Deux ans plus tard , trois chefs du clan Donnochy, qu'on appelait dans la langue des basses terres le clan des Robertson, obéirent à l'instigation ou aux ordres de Duncan Stuart , fils na* turel du turbulent comte de Buchan, et descendirent exercer d'af freux ravages dans le fertile comté d'Angus. Les Gray, les Lindsay et les Ogilvy marchèrent contre eux avec leurs vassaux.' Une terrible et furieuse escarmouche eut lieu à Glascune en Stoi^ mont , et l'incident que voici peut donner une idée de ce qu'était l'animosité hîghlandaise. Sir Patrick Lindsay, armé de pied en cap , et montant un vigoureux cheval , chargea au galop contre un chef de Catherans ^ qu'il cloua à terre d'un coup de lance.* Mais avant de mourir, le sauvage montagnard, réunissant ses forces pour un dernier effort , se dégagea de la lance qui le retenait , et brandit son épée à deux mains avec une telle force qu'il brisa la botte d'acier de Lindsay et lui coupât presque la jambe; Il fut contraint de quitter le champ de bataille , sur lequel de-* meura le shérif d'Angus , ainsi que son frère et soixante de ses vassaux. Sir Patrick Gray fût aussi blessé; et les montagnards,' plutôt vainqueurs que vaincus, malgré leurs nombreuses pertes, regagnèrent en sûreté leurs solitudes.
Les querelles des barons lowlandais n^ furent pas moins ar^dentes. Robert Keith, chef de l'illustre famille de ce nom, assiégea
i Ce mot écossais caterans, caieranéi^ caiteranSf eatheraneSf sîenifi« voleur» dé trovpeaus, des montagnes d^Ecosse. ▲. k.
tl» HISTOIRE D^ÉCOSSE.
dus le chftteÉQ de Fyrié aa propre tante, tomme de lândafty de Crawford. Lindsay Falla secourir avec cinq cent$ bommes, rea^ oontra Keith près Péglise de Bourtree dans le Gio^ioch» ei le défit atee use perte de emquante soldats. Pour eB(q>loy er ane «xpre»^ aion de f Boriture, ebacuA faisait ce qui seoiblait juste à ses pt0^ près yeux , eomme s'il Q*y avait pas eu de roi en Ecosse.
La manière dont le gouveraeinent cherchait à comprimer oea désordres et à se débantisser, par voie indirecte, des auteurs de wdences qu'il n'osait punir en les déférant à la justice des loîsy n'était ni moins barbare ni moins sauvage. Un clan, ou plutôt une oontéd^tion de cbma qui portai^t le nom commua de dan Cbattam, était en querelle avec une autre réunion de tribus appelée le cled!! Kay ou Qubele. Leur dispute , que raulorité mBûé^ dlate du roi ne pouvait arranger, fut soumise aux chances d'un combat que trente hommes de chaque parti se livrèrent, en pré* * sence de Robert III , dans le North-Inch de Perth; belle prairie an bord de la Tay. Quand , au monoieiit de Taclien , les^smtagomstes se o(»n|Âèrent, il se trouva manquer un combattant du côtéda élan Chattam ; mais on fkisait si peu de cas de la vie , qu'un citoy^ok de Perth se chargea de le remplacer pour un demi-maro d'argent. Tel fut racharnemœt réciproque des adversaires , que tous le» bemmes de Quhele périrent 3t l'exeeption d'un seul, qui, pomr édiapp^ à la mort, traversa la Tay à la nage. Plusieurs cUmosh fhàs de Chattam survécurent, mais tous fur^Eit grièvement aneoBes*
Le faible roi semble n'avoir conservé dans ses mains les rénes^ de Fétat, si maladroitenaent qu'elles fussent tenues, qu'avec le aeeocHrs de^son frère , le comte de Fife , qui amt été r^nt dans les dernières années du règne de son père. Mais son héritier pré^ levipUf, Bairtd, jeune homme idein de talents, beau de figure, actif, chevaifflpesque, était trop accompli et trop populaire pour draneurer complètement à l'éeart. On peut supposer, sans doute , ^'ii n'était pas tout-^ait innocent des folies et des légèretés de jeunesse que lui reprochait malignement sw onde, qui, pour cause, ne le regardait pas d'u» boa oui; mais nous voyons le prince nommé commissaire , ainsi que le comte de Fife , en 1399» se r^^e avec lui vers la frontière auprès de Laacastre; et peu ffyrès U fut élevé par son père , à la suite d'un conseil solenad, ao titre de duc de Rothsay. Toutefois, pour rester l'égal de son neveu, sinon pour conserver son ascendant 3ur lui, l'onde dt
€MAvtrmxvi. ne
Bnridy l^miiiitieQX Robert , obUat ims k 1001^ toor 80irtitredeeoi»te<|eFire, par cdai de duc d'AUmeir. Gelut sons leurs sooveaox tilres que les deux princes atlèrent une se* ende fois négocter sur là fronlîère anghise , maissans teaacoop de soceàsf car, qodqae l'^ablissement d'une paix solide eût été agréaUe à Ridiard II, qui dcmnait alors tous ses soins i son expédilioD d'Irlande, approchait la révolution de 1399 qui renh veisa le monarque de son trône pour Ty remidacer par Henri IV, et ffià ooramaïQa ainsi la longue suite de ces funestes guerres mbe ia maison d'York et de Lancastre.
Mais , laissant un peu l'extérieur de côté, nous remarquerons que le jeune béritier du irône otitint quelque temps la confiance paternelle dans des aOaires d'importance : cm ne f&ai doutrar même qull fût, à une époque, noouné régoit du royaume. Mais b jeunesse et la IcNugueuse ardeur de Kothsay ne pouvaient lutta a?ee la profcmâe astuce d'iUbany qui sembte avoir possédé Toreilin du roi, par l'empii^ habitue) qu'il exerça sur lui tant d'annéesw U n'eut pas beaucoiq;> de peine à exagérer les pécadiUes dont Rotlisay, vu son âge, pouvait être coupable, et à envenimer eimtre ie malheureux pi'ince des soupçons qui souvent naissent dans res(»*it d'un souverain vieux et incapable, ccmtre unsncrr cesseur jeune et ardent.
U est raisoimable de penser que l'afiTection de la reine Anna* betta y qui avait et qui méritait l'estime de scm époux , tâcha de soutenir son fils dans la lutte tacite de l'onde et du neveu. Ce fut samère qui cons^Ua de le marier^ comme moyen le plus efficace ée mettre un terme à ses dér^ements de jeunesse. Le conseil était excellait; mais Albany, en se chargeant des négociations matrimoniales, s'arrangea de manière à blesser l'honneur de son neveu et à brouiller les nobles du royaume tant avec te princtt que les uns avec les autres.
B annonça publiquramit qaè la main du duc de Rothsay, comme une marchandise qui se vend à l'enchère , serait adjugée i la fille du pair d'Ecosse qui c^ssentk^àla doter de la scmune k ^us conâdérable. Qudque ignoble que fût une telle spécuhH tien, Albanf sut la rendre encore plus ignominieuse par les procé* dés défidtionnêtesdont il l'accompagna. GecMrge, comte de Marcb » resta m cette circonstance extraordinaire le dernier et plus ofr inuit enchârisswr ; il paya une partie de la dot pvomiae^ et m sue fut fiancée au duc deRothsay.Le comte de Bnui^iis^ jataix
ttO HISTOIRE D!ÉCOSSE.
âe ragraocUismient que la maison de March tirerait d'une pateille union, intervint et décida Albany, qui peut-être n'était, pasr fâché de mêler aux noces de son neveu des particularités ^acore plus avilissantes , k rominre le traité conclu avec March et à y substituer une alliance avec sa propre SUe. Le seul motif qu'on, allégua au comte George, pour colorer ce manque de foi, fut que le contrat de mariage n'avait pas été confirmé par les états du royaume ; et pour mettre le comble à Tinsulte qui lui était ainsi faite , le gouvernement refusa de lui rendre la somme qu'il avait avancée sur la dot de sa fille , ou du moins apporta des délais à cette restitution. Comme les domaines du comte de Alarch étaient situés sur les frontières tles deux royaumes, cette grande jGeunilie avait presque^ conservé toute l'indépendance de ses ancêtres, et une injure moindre que celle qu'avait reçue le présent comte aurait suffi pour le pousser à la révolte. C'est pourquoi il entama aussitôt une négociation secrète avec Henri lY , et peu après se réfugia en Angleterre. L'acquisition d'un tel partisan eut alors pour le monarque anglais , comme les circonstances qui suivent le prouveront, un prix tout particulier.
A l'époque précise, du moins peu s'en faut, où Henri IV se rendit maître de la couronne d'Angleterre , la trêve qui existait entre ce pays et l'Ecosse expira ; et les habitants de la frontière écossaise, poussés par leur turbulent naturel , allèrent aussitôt exercer d'horribles ravages chez leurs voisins. Sir Robert Um* fraville leur fit cependant essujer à Fulhope-Law une défaite sanglante où beaucoup de leurs principaux chefs lurent pris. Ce revers n'empêcha point d'autres incursions, que l'état de l'Angleterre, ébranlée qu'elle était par un changement récent de dynastie ^ ne rendait que trop tentants. Les Écossais des frontières s'emparèrent du château de Wark où ils mirent le feu, et ravagèrent impitoyablement la contrée , sans que les Anglais, décimés par une perte cruelle , leur opposassent même la résistance d'usagé.
Cette guerre de rapines qui avait pour théâtre les confins des deux pays n'était faite avec tant d'ardeur par les Écossais qu'à l'instigation de la France, quoiqu'elie-même, par suite de la mauvaise santé du roi Charles, ne rouvrit pas les hostilités avec l'Angleterre. A cette époque donc, l'assistance que le comte de March vint ofi'rir'aux Anglais ne fût pas moins précieuse poxst eux que funeste pour leurs ennemie. Heiiri IV résolut de châtier
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lesdéprédatk»» écossaises et de se veoger du duc d'Albany, qui^ dans certaines lettres qu'on avait interceptées , le traitait de traN tre par excellence. A cet effet, il ordonna qiie toutes les forces militaires de son royaume s'assemblassent à York , autour de sa personne, et publia un arrogant manifeste par lequel il rajeunissait Tantique prétention de l'Angleterre à la suprématie de l'Ecosse , prétention depuis long* temps tombée dans l'oubli, et afEectant le ton de seigneur suzerain , commandait au souverain de ce royaume , ainsi qu'à ses prélats et à ses nobles , de venir à Edimbourg lui rendre hommage. Il n'est pas besoin de le dire » perscmne ne tint compte d'une telle injonction, excepté le rebelle comte de March , qui rejoignant Henri à Newcastle , prêta sér* ment de fidélité à l'Angleterre. Mais si , d'une part , la fanfaronnade avec laquelle Henri se vantait de soumettre l'Ecosse iè% s'accordait guère avec son habituelle sagesse , de l'autre , il déploya pendant toute la campagne une clémence et une modéra^ tion qui n'avaient pas distingué souvent un envahisseur anglais. Pénétrant jusqu'à Edimbourg , il prit sous sa protection spéciale le clergé d'Holyrood . qui avait .autrefois donné asile à son père Jean de Gand , et en général épargna les maisons religieuses.
Le château d'Edimbourg était vigoureusement défendu par le duc de Rothsay, que son beau- frère Douglas secondait de son habileté et de son expérience. Albany commandait une nimibreuse armée , qui , d'après la vieille tactique écossaise , se tenait toujours à une certaine distance de celle des Anglais. Leurs adversaires avaient sagement résolu de suivre le système de guerre défensive qui tant de fois avait sauvé l'Ecosse ; mais il leur était difficile de ne pas avoir un peu de la forfanterie du temps. Le duc de Rothsay écrivit donc à Henri, que voulant éviter une inutile effusion de sang chrétien, il proposait de s'en remettre, pour décider la querelle nationale, à l'issue d'un combat entre un, deux ou trois nobles de chaque côté. Cette inconséquente proposition de jeune homme fit beaucoup rire Henri, et dans sa réponse, il témoigna à Rothsay son étonnemçnt de ce que, pour épargner le sang chrétien, il imaginât de verser celui de la noblesse, comme si les nobles n'étaient pas tout autant chrétiens que d'autres, Albany de même voulut avoir sa gasconnade. Il envoya un héraut dire à Henri que si Sa Majesté consentait à demeurer dans sa position près d'Edimbourg , pendant une semaine , il lui livrerait bataille au bout de ce temps. Le roi anglais donna son man-
HISTOIRfi mÊGOSSE.
tesQ et mie eliatee d'or i l'M?oyé ea ngne qu'il aeeeiitait îôyoïH Mneiit le défi. Mais Albany ne comptait pas tenir sa {«raie, et Hemri s'apoçat qifU ne gagnait rien à rester au miUead'un pajs dévasté pom* y assiéger on roc iarapngnaUe. il leva dooe le siège et se retira en Angtetorre, ôùla rcteliion d'Owen Glmdower édata pea après. Une trêve d'iin.an et qodqiies mois fat s^née tatre les deux, royaumes.
Bans eet intervalle y un exemple frappant d(»it rÉcosse ftit téamn montra qu'il n'est aucime barrière étevée par les Ichsqq divines ou humaines^ que rambitionne puisse pouss» les boimnes i franehir. Nous avons vu le duc de Rottsay d^i^ro avee vi* gneur, en 1400, le ebAteau dTdimbourg. N'importe, dès que la guerre fat finie , il semUe avoir encouru la disgrâce du roi son père. La reine, qui aurait pu élre médiatrice entre rax, ^ait morte, Arcbibald, comte de Dou^^aa, était aussi mort; et quoiqifti lovs deux fannltes fussent alliée pa^ un nKffiage, il existait une iainiitié mort€Ae eptre le prince et un second Ardiibald, qui avait kérité de ce titre. Traii, évéque de Saint-An(bré, digne prélat qui sovre&t était intervenu avec succès dans les quereKes de la fa* mille royale, était égdenwnt descendu dans la tcmibe. Leducde Kothsay se trouva donc exposé sans défense à toutes les accusatiens , si exagérées qu'eOes fussent , dont les créabores d' Albanf lemidirent ses crédules oreilles. Un sir John de Ramorpty , qui amit été instituteur 4u prince , paraît avoir mis le plus de zèle à le ealommnr auprès de son père. Cet individu avait même, dit-on^ offert à son ancien éiève d'assassiner Albany, et repoussé avee iKNrreur , s'était déterminé à cet odieux moyen de v^igeance* Trompé par de si perfides rapports sur l'inccmduite et l'indocilité de s(m fils, le vieux roi eut la faiblesse de donner à Albany l'antoriartion d'arrêter le prmee et de le retenir ea prison quelque temps pour vamcre l'indomptable e^rit de déswdre dont il avait fini par le croire possédé.
Mais Albffiuy^ que n'ébraidait aucune consic^ation de fiimiUc^ n'en voulait ni i^us ni moins qu'à la vie de son neveu , pMos qo'H devait l^it^ de son tr<q> fiable frère. Le duc de lUitbsay f ot donc pourehasaé dans le Fifo, arrêté, mené dans le chàtean de Fdkland, et là muré dans un otcbot pour y mourir de faim. Ite vieilles chroniques disent que la compassion de deux femmes prolongea sa vie et ses souffrances ; la première lui apportant de temps àantredepetUsglteauxdWge; la seconde^ comme cette
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filto'roDiffiaa, ea la noinrastut de «m lait. CqiMdttit il «tf pM probable qu'après avoir adopté eontre le captif la mesure rigour reuae que nous avons dite, ou laissât de tels secours lui parv^w.
Ou attribua la mort du prince in une dyssenterie, une enquôtci fut £ûta sur les circonstances de l'événement,- mais pour la forme^ car le parlement à qui on en confia le soin^ s'assembla^sous la direction des auteurs même du meurtre. Aibany et Douglas reconnu-* rcait avoir arrêté lé prince en se prévalant du mandat royal pour justifier un tel acte de violence , mais imputèrent sa mort à la maladie. Toutefois , par une amende honorable qu'ite firent , en des termes » il est vrai, assez larges et assez étendus pour se met* tre.à l'abri de toute accusation future , non seulement pour la meurtre qu'ils persistaient à nier, mais encore pour l'arrestatioA qu'ils avouaient, ils montrèrent qu'en leur Ame et conscience iia se <»t)^yaient coupables.
i La trêve avec l'Angletene expira alors, et Douglas se bAta de. dissiper, par une guerre de rapines, qui était son élément naturelji le souvenir do ses forfaits domestiques. Mais la fortune parut l'a* voir abandonné, ou le ciel refusa son appui au complice de l'ia* Orne assassinat d'un prince innocent A dater de cette époque, malgré sa valeur et son babiieté militaire, il perdit tant de monde dans toutes les batailles qu'il livra , qu'on lui donna A juste titre le nom de Timman^ c'est-A-dire perdant ^ .
Les gens de Merse , que le comte de Marck, dans son exil, in-* fluençait encore, ne montraient plus leur ardeur habituelle 4 exercer des ravages sur la frontière ^ et le comte de Douglas fut (^gé, pour ses incunnons subséquentes, de s'adresser aux le* nuciers du Lotbian. Leur première tentative M heureuse ; mais la seconde, ilsse virent arrêtés par le comte de Marcb et par ua corps nombreux , tant de ses vassaux que d'Anglais, dans un en** droit appelé West^-Nibbet. Hepbum de Haies, chef des Ecossais» fot tué. Beaucoup aussi de |eunes nobles du Lolbian périrent ou. ftirent faits prkonniersw
Douglas, irrité de ce revers, demanda et obtint une armée considérable sous les ordres du filsd'Albany, Murdach, comte de fîfe, et des comtes d'Ângus, d^ Murray et d'Orkney K Ses propres bataillons. augmenter wt l'armée 4'une dizaine de mille homoies«.
4 Tineman ou tien-man est proprement un ancien nom de garde nocturne de fo«
Ht. A. If.
tti HISTOIRE D'ECOSSE.
Avec de telles forces ^ il porta la rapine et la dévastation jusqu'aux portes de Newcastle. Mais sir Henri Percy , le célëbre Hotspur, avait réuni des troupes imposantes. Avec son père le comte de Northumberland et March leur alRé , il attaqua les Écossais à Homildon, montagne située à on mille de Wooler, sur laquelle Douglas s^était posté. Hotspur allait avec son impétuosité caractéristique se précipiter sur les rangs ennemis , lorsque le comte de March , prenant la bride de son cheval , lui conseilla d'essayer d'abord TeflRst des archers d'Angleterre. Ce corps fit son devoir comme de Coutume, et déploya une adresse d'autant plus fatale, que l'armée écossaise, rangée sur une pente, servait d'autant mieux de but aux flèches meurtrières. De même que Graham , à la bataille de Durham, un brave chevalier du nom désir John Swinton, vit le désavantage de la position de ses compatriotes et y proposa un remède. « Ne restons pas ici à nous faire tuer comme un troupeau de daims , s'écria-t-il ; mais descendons sur ces Anglais , attaquons-les corps à corps , et vivons ou mourons en hommes ! v Adam Gordon , jeune noble de la frontière , dont la famille avait lông-temps été en querelle avec les ancêtres de Swinton, entendit cette chaleureuse exhortation, mit pied à terre, abjura toute ' vieille haine , et pria le guerrier qui, la minute d'avant, était son ennemi le plus implacable, de lui conférer l'ordre de la chevalerie : « Car, dit-il, je ne puis recevoir cet hpnneur d'une plus noble main que de la vôtre. » Swinton l'arma chevalier avec les courtes cérénK)nies qu'on pratique dans des cas si urgents, et tous deux av^ leurs vassaux réunis descendirent la colline au galop. Mais vu leur petit nombre , ils ne produisirent pas l'impression qu'ils auraient voulu , et périrent l'un et l'autre avec tonte leur suite. Douglas lui-même se montra alors disposé à descendre la monta* gne-, mais chemin faisant, les Écossais rencontrèrent un petit précipice qu'ils n'avaient pas soupçonné. Cet obstacle , tout léger qu'il était, leur fit rompre leurs rangs et se débander avec une confusion affreuse. Les archers anglais, dont l'ardeur s'était un 'peu ralentie, profitèrent de ce désordre pour réparer le temps perdu; et leurs fatales volées de flèches tombèrent comme sur une multitude inoffensive plutôt que comme sur des soldats. La déroute devint générale. Un nombre immense d'Écossais périt. Douglas fut fait prisonnier ; cinq blessures et la perte d'un œil prouvèrent qu'il s'était acquitté de son devoir^ sinon en général habile, au moins en brave chevalier. Murdach, comte de Fife, fils