‹ histoire d'ecosseChapitre 67 sur 86 · CHAPITRE XVin · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVin

BifmiBe jd« àmt Mardath."— Soi -mlarek — l^sto qui ravage toute Pile.— Conduite de la famille du régent. — Traité pour la délivrance de Jacques 1*»". — Ji rBfirfiid posflMaloB de la cooromit. — Amlltetrai écoaaaia en France. •— Caraaère de Jacques. — fixé ' cution du duc Murdach et de ses amis. — Tésordres dam les Highlaiids bientétTéprinés.^ I ig«B aii«e la France et fiançailles de Marguecile d*Eoosae avec It Dauphin. —Guerre contre le lord des iles^et sa soumisflion.^ActesIégislatifs.— Donald Ballacfa.— Traité ayee r Angleterre.— Mesures priset èl^ègarddu comte ds Marcb." Guerre avec jes A nglais.^ Parlement de 1436. •^ Conspiration contre Jacques.— Il est assassiné.— ChiUnwnt des fég.cid8a.

Murdach, comte de Fife, déjà nommé [dusteurs fois dans cette bisicHre, succéda k son père dans le litre de dnc d'Albttny et dans le poste cievéde régent d'Ëcosse> mais n'hérita ni de son immense ambition, ni de la ruse et de la cruauté quMl déployait pour la satisfaire. Murdach est représenté partout comme un homme d^un caractère facile et nonchalant, qui, loin d'avoir la fSenmité et la prudence indisq^msables pour régner sur un peuple aussi rude que les Écossais, semble n'avoir pu atteindre à Taulorité nécessaire pour gouverner sa propre famille.

Les maux qui accompagnèrent la foible et molle administration éjb ce deuxième duc d'Albany, furent aggravés par une infortune publique, que nulle sagesse, nulle énergie n'aurait prévenue, mais qui néanmoins augmenta l'impopularité du régent, car la multitude a coutume de s'en prendre au souverain autant des calamités qui proviennent seulœient de sa mauvaise fortune, que de c^les qui sont toutàfait causées par sa mauvaise conduite. Une maladie contagieuse, qui semblait être la fièvre jointe à la dyssenterie, ravagea l'île entière de la Grande-Bretagne, et fit de nombreuses victimes. Entre autres personnages distingués qui moururent de cette épidémie, il y eut le comte d'Oikneg, lord Douglas de Dalkeith, et ce George, comte de March, non moins remarquable par l'inconstance avec laquelle il passa sans cesse du parti de l'Angleterre dans celui de l'Ecosse et réciproquement, que parle bonheur qui toujours accompagnait s^^bannière^ de quelque côté qu'il la déployât.

dlAPItKE JtTtfl.

JHFurdQCb^^hscd'Albany, td que nous venons de le peindre, se tPOCiTa ail bout de cinq ans las d'adnmiistrOT, sans acquérir la bienyetllanee de pm*90Biie, un .pays agité par des troubles continuels, ravagé parla peste et décbnré par les querelles des nobles. Il fésolut de se soustraire^ b nteçonsdûlité de la régence, et cela, quoiquMl dût* être intérteorementconvaioGa qu'un tel pouvoir, qimqioe d'un maniement ai difficile et si dangereux, ne pouvait sa résigner qu'avec les plus grands risques. Si toutefois il diffëra jttsqu'm I4â3 l'^Eéculion de ce projet, ce fut peut- être par crainte des périls qu'il aurait à courir au cas où le roi lui demanderait «ample de tant d'années d'une administration fautive qui s'étaient aocc^é sous la r^ence de son père ou de la sienne; mais alors, dit la tradition, il cessa soudain d'bésiter par suite d'un acte d'in* jurieuse irrévérence dont Walter, son fils aîné, ae rendit coupable à son égard. Le régent Murdach avait un faucon qu'il chérissait éperduemei^ et bien des fois Walter le lui avait demandé en vain; exaspéré des continuels refus de son père, l'insolent jeune homme saisit un jour rt)iseau, pendant que Murdach le portait sur son poing, et le tua en lui tordant le cou. Profondément blessé de «etté brutale insubordination, Murdach laissa échapper ces fatales parcdes : « Puisque vous ne voulez avoir pour moi ni respect ni obéissance, je ferm revenir en Ecosse quelqu'un qui saura bien nous contraindre tous à; lui obéir.» DèS' lors il app(M*ta dans la négociation entamée depuis si long^temps pour la détivranoe de Jacques, unesincérité qui bientôt la termina avec succès.

Henri Y n'étaitplus, et John, duc deBedford, protecteur d'An» l^terre, défendait avec autant d'habileté que de prudence les conquêtes que la valeur de son frère avait faites en France. Occupé d'une telle tâche, il inclinait à user d'une politique généreuse envers l'Ecosse, et à lui rendre son roi l^itime qui avait été si long>*temps retenu contre toutejustice. Mais auparavant, il se proposait de chercher à marier le jeune monarque avec quelque damoiselle anglaise de distincticm, pour entretenir ainsi danssoa cœur, à Fégard de l'Angleterre, les sentiments d'amitié qu'il éprouvait naturellement pour ce pays où il avait passé toute sa jeunesse, et dont les lois, les coutumes, lui étaient devenues familières. Bedford espérait par ce moyen rendre Jacques à la liberté, s'en iieiire un ami, et sauver à TAngleterre toute intervention ultérieure de l'Ék^osse dans les guerres de France, car ta division auxiliaire commandée par le comte de Buchan y avait

U9 HI5TOIBE D^ÉGOSSE.

beaucoup idflaé sur le résultat des dernières campagnes. Mais avant d'aller plus loin, il faut ici raconter au lecteur les aventures et lès exploits de ce corps d'Écossais qui alla secourir le dauphin, alors au comble de la détresse contre les armes anglaises.

La petite armée qui se composait de six ou sept mille hommes, renfermait un grand nombre de seigneurs et de barons, fleur de la cbevalerie écossaise, qui saisirent avec joie l'occasion d'ajouter à leur gloire militaire sous un chef aussi distingué que Buchan. Le petit nombre des Écossais fit qu'ils consentirent à se soumettre auxrègles de la discipline ; et toutes les foisque ce point capital put être obtenu d'eux, leur courage naturel se déploya avec avantage* Ils accomplirent leur premier exploit à Baugé, village d'Anjou, dans lequel ils étaient campés avec un petit corps de Français. Le duc de Clarence, frère de Henri V d'Angleterre, avait reçu commission .d'envahir cette province, et venait de se mettre à table pour dtner, quand il apprit que les auxiliaires écossais étaient dans le voisinage:— « En avant contre eux, messeigneurs ! s'écria l'impétueux prince qui aussitôt se leva de table; que les gens-d'armes, sans perdre une minute, montent à cheval et me suivent.*» Il marcha avec le plus de rapidité possible pour surprendre les auxiliaires; mais quelques Français qui s'étaient barricadés dans l'église du village, opposèrentbonne résistance et donnèrent ainsi aux Écossais le temps de se ranger en bataille sur le bord opposé de la rivière de Goesnon. Voulant toujours le^ prendre à l'improviste, Clarence, à la tête des gens-d'armes^ galopa intrépidement vers l'entrée du pont pour s'en rendre maître; mais, de leur côté, les chevaliers écossais accoururent pour en défendre le passage. Sir William de Swinton reconnut le prince anglais à la couronne d'or enrichie de pierres précieuses qu'il portait sur son casque, et se précipitant sur lui à franc étrier le désarçonna; tandis que Clarence, qui en outre était blessé, tâchait de remonter à cheval, le comte de Buchan lui appliqua un coup de sa masse d'arme et le tua. Beaucoup de braves chevaliers anglais périrent dans la même action; le comte de Kent, les lords Grey et Rond, avec quatorze gens-d'armes, demeurèrent sur là place. Les comtes d'Huntingdon et de Sommerset furent faits pri-» sonniers.

En récompense dé cet important service, le dauphin, qui était alors devenu roi sous le nom de Charles YII, créa Buchan grand-» connétable de France, et conféra à Stuart de Damley la seigneurie

CRAPilUE XVni. IM

française d'Aubigny* Désireux de renforcer les troupes ' avec lesquelles il avait acquis tant de réputation et d'honneur, le comte de Buchan retourna en Ecosse pour obtenir des recrues. Il y trouva son beau-frère, le comte de Douglas, usant de la licence que des gens d'une importance même beaucoup inférieure à la sienne avaient prise sous la faible administration du régent^ en train de conclure avec Henri Y d'Angleterre un traité par lequely au prix de deux cents livres par an, il devait servir sous sa ban<nière avec deux cents cavaliers et autant de fantassins. L'influence de Bijçhàn fit rompre cette convention ; Douglas, qui semble s'être comporté dans toute cette affaire en prince indépendant, accepta^ au lieu de rejoindre les Anglais, le duché de Touraine à lui offert de la part du roi Charles VU, et promit sous serment de mener, i son s^ide un corps auxiliaire de cinq cents hommes. 3

. Il tint parole, mais la mauvaise fortune qui déjà lui avait vala le surnom de Tyneman ou Perdant, continua de s'attacher à sa> bannière. Les Ecossais essuyèrent une terrible défaite à Grévan:. ils avaient formé le blocus de cette place, mais ils furent surpris par le comte de Salisbury qui leur tua neuf cents hommes et les força de lever le siège.

Une bataille encore plus fatale aux Ecossais eut lieu près la. ville de Veraeuii le 17 août 1424. Ce fut une action générale que* le roi de France risqua pour secourir Yvry assiégé par les Anglais. ; Le duc de Bedford, qui commandait Tarmée anglaise, et que Douglas avait appelé par raillerie John à l'épée de plomb, s'avança à la rencontre de l'ennemi ,. et envoya un héraut annoncer au comte écossais qu'il venait trinquer et faire bombance avec lui : le comte Douglas répliqua que Bedford serait le bien^venu, et que lui-même avait passé d'Ecosse en France tout exprès pour boire et manger en sa compagnie. Ces compliments réciproques, on > s'en doute, n'étaient qu'un défi et une acceptation de combat. Douglas, qui voulait ranger ses troupes dans une position avantageuse, proposa qu'on (It halte et qu'on attendît l'attaque anglaise à l'endroit où le héraut l'avait rencontré ; mais le vicomte de Nar- , bonne, le général français, insista pour qu'on avançât toujours. Les Écossais furent contraints de suivre leurs alliés, et quand il fallut en venir aux mains, se trouvèrent en désordre et hors d'haleine. Leur déroute fut complète, Douglas et Buchan demeurèrent sur la place, avec un si grand munln^ de leurs plusr illustres compatriotes, que l'armée auxiliaire écossaise put être

HIOTOUKB^* inÉGOfiSE.

pveaqufi regsrdée coname anéantie. Le corps d'Écossais qm tonet iDDg-teaips la gar<ie. particulière du roi de Fraoee^se composa dans l'origine, dit-on, de ceux qui survécurent à ta bataille de Vemeail. Ainsi se terminèrent pour les ffls de TÉcosse k»rs eaoapagnes en France; et heureusement, quoique le r^&ède edt été un peu sévère^ la nation fut dès lors guérie de la rage btato qui lapoussail à vendre sesmdlleures épées et son sang te plus Bobie a des priaees étrangers. Un tel système en effet épaise imstileinent un peuple de ses plus braves dtayem», et tai»lis qu'ils devraient se tenir en réserve pour défendre au besoini la* palri^ ne fait d'eux que de simples gladiateurs dont le courage mercenaire n'est plus gloriettx et utile (pie pour qui les paie. Un 9asez grand nombre d'individus isolés, que la soif du renom ^ le désk d'avancement persuadaient, continuèrent à rejoindre l'étendard Irancais ; mais depuis la bataille de Yerneoil, nulle armée, nul corps considérable de troupes ne Airént envoyés d'Ecosse en France.

Si on veut, après cette dîgrese»en, esiminer l'état de l'Ecosse, on verra qu'elle pouvait espérer des jours méilieurs que eeofs. qui s'étaient de long-temps levés pour elle; car au lieu d'un régent plein de noacbal^Eice, de Eûblessa et de timidilé, eUô allait avoir un roi dans la fleur de l'âge et doué de talents, scât naturels, sait àequis, également propres à orner et à défendre le trôœ.

Ijes coïKlitiom auxquelles Jacques ¥' put enfin redevenir libre, ftirent philôt généreuses qu'autrement. L'Ai^terre demanâifc» et l'Ecosse consentit à payer, une somme de quamte miUelivfe& sterlinjg,non peint Goaimerançon,.car^ mo&ne pouvait s'applaïuar an casd'nn pauvreenfant pris sans délaise en pteia teaq(>sdetrève> mais comme indemnité de ce qu'on a}^ela discrètement lesdépea-» sesd'^Ditretien et d^éducation du jeune roi. On accorda aux Écos^ sais un espace de six ans pour payer desix en six mois la somme crâvenue. Le traité porta ansi^ que le monarque d'Ecosse épon^^ serait avant son élargissement ime damoiselle anglaise de dis* tinction, et son choix tomba sur Jeanne, mèee de Bicbard II d» c^ maternel^ et, par son père Jean^ duc <te Sommm'aet, petite^fi^ de Jean de €^nd, duc de. Lancastre.Le captif écossais avait depuis quelquelemps conçu unev ive passion pomr cette jenne fiHe, si étfoitemeot alliée k la royate femiile d'An^etnnre, et même céif^réses eharmesdans des vers qui neuMOiquent pas de mérite, mais que la rudesse du. langage de ïégoqm rend auî^urd'bni

Page 1