‹ histoire d'ecosseChapitre 74 sur 86 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

les admiaistvfttioBSfie reisemUaient beaucoup scm le r«piK>rt dei discordes et des cabales, s'aperçurent qu'ils se faisaient la guenre 4Httis avoir prasé même a se la faire. D'un côté , Dumfries fut brûlé par le jeuue Percy et par Robert Ogle \ de Tautre , lord Balveny, le plus jeune des frères de Douglas y. livra aux flammes }a ville d'Alnwick.

Voulant porter un coup plus terrible à la contrée ennemie, le comte de Huntingdon et lord Percy firancbirent la frontière occi<* dentale avec environ quinze mille hommes ; Douglas les rencontra à la tôte d'une armée beaucoup moins ncnnbreuse^ et cependant les défit ou les obligea de rétrograder. Mais cet échec, loin de décourager les Anglais, les excita à tenter un plus grand effort, et ils rassemblèrent vingt mille combattants. Après, avoir passé la rivière de Sark à la marée basse, ils se trouvèrent soudain en lace des troupes écossaises commandées par Hugues, comte d'Ormond, autre frère du comte de Douglas. Sir Thomas WaUace de Graigie commandait en second les Écossais, à ce qu'il semble^ et se comporta avec une glorieuse bravoure. Il fut mortellement jblessé comme il menait l'aile gauche de ses compatriotes, ài'atta^ que de l'aile droite des Anglais, dont le commandant Magnus Aedman, gouverneur de Berwick , inspirait , par son habileté militaire , beaucoup de confiance à ses soldats. Les Écossais^ encouragés par leur chef mourant, se précipitèrent au c(»nbat avec fureur; Magnus Redman périt dans la mêlée, et les Anglais prirent la fuite. La Sark, que le reflux avait alors augmentée, se prouvait à l'arrière de l'armée fugitive, et beaucoup de S(Adats se noyèrent en la voulant franchir. Les Anglais perdirent trois mille hommes, et le jeune lord Percy fut fait prisonnier avec sir John Pennington.

La trêve ne tarda guère à être renouvelée par les Anglais, et àuas le traité qui se signa, les deux parties contractantes nièrekùt avoir été cause qu'^e eût été rompue. Vers la même époque, le crédit de Douglas à la cour écossaise commença de décliner. Il est facile de concevoir les différentes raisons par lesquelles les acte$ d'un si puissant ministre peuvent avoir cfUensé le roi, qui, alors âgé d'environ seize ans, se sentait sans doute disposé à voir dans le comte plutôt un rival qu'un serviteur du trône. En général^ les souverains préfërient les favoris dont la fortune, si brillante qu'elle soit, est néanmoins leur propre ouvrage; or, la puissance et la splendeur de Douglas provenaient d'iionneurs et de possôSr

tkms égtienieiit hérédttaipes, que Jacques ne pouvait ainsi m adonner m reprendre . Puis le désordre tfuquel le royaume était en proie, et les querelles aussi nombreuses que violentes qui éda* laient dans sou sein, passaient pour être excités et entretenus par le*€omte ; même ou allait jusqu'à dire universeSenrat que le pire des bandits, fdt-il arrêté pour le pire des crimes, n'avait besoin, pour se garantir'de toutchfttiment, que d'alléguer qu'il avait agi pttT ordre de Douglas wi pour satisfaire quelque baine privée da conte. • -

D'autre part, sir William Cricliton, qui avait été si long-temps et si bien versé dans les affaires de^ l'état, reconquit peu à peu la confiance royale ; telle était la haute estime de ses talents diplo* natiques, qu'il reçut l'honorable mission de renouveler l'antique •Hianeesavec la France, et de chercher sur le continent an mn,*viage avantageux pour le jeune souverain d'Ecosse. Son choix tODdia sur Marie de Gueldres. Cette jeune princesse avait été élevée à la cour de Philippe duc de Bourgogne, son purent, qui 4MHivint de lui donner une dot de soixante mille couronnes d'or. Qri^ton, outre l'aHiance qu'il renouvela avec la France, en »gna une avec la Bourgogne *, et son succès dans cette négociation, surtout les charmes de l'épouse qu'il avait su choisir pour Jacques, AevèrMit encore plus haut le vieux ministre dans les bonnes firftoes de son jeune miMre. A mesure qu'il s'insinua davantage 4aiis la faveur royale, il en profita pour enseigner an monarque les règles de politique suivies par son père Jacques I*^, pour accroître la puissance de la couronne, en même temps qu'aflàîbfo la grandeurfitodale de la noblesse. Ces instructions forent néce»- Mvemenl dtfavoFablesi Douglas^

Dans un parlement convoqué à Edimbourg, on prit d'énergiques mesores pour que les tribunaux, oà le cours de la justice avait été ialerrompa, fissent désormais exécoler les lois, et on décréta «fe rébellion quiconque oserait faire pour son compte particulier la guerre aux stqets du roi ; dans ce cas, toutes k» forces mfii^ taires du pays seraimt au besoin menées eontre le tntftre. O» raidit plusieurs arrêtés contre les pillards et les raaraodevrs; on «donna aom que les ncAles ne voyageraient plus qu'avec des nites peu nombreuses, crainte que la contrée n'eût trop i sônflirr de leur passage; wGn, on porta la peine de haute trahison contre tans ceux qui secoonraient, ne tttnse que d'un avis, leegens dédtafféa traîtres envers le n% qui fortifieraient leurmaiaoD pour

iÈAàéSeMrB, et les aiduiieBt kê^&apwmr goit de dhftteaax, aoiC •4'atitreB jplaces où le^9»nrerain se troiiveratt en penscfnne. La iendanco de ces loir>ù»tre les ommix prédomiDalitsqiH avaient |)rô raoine sous la* Mrnèfiké de Jacques II, et les remàdes par lesquels ce prince, une foisnudtre derautorité, tAcha de lescomlattre.

Le comte de Douglas^ VoyiuBt que sa fiiTeur à la coàr déclinait, ne tarda guère à s'élo%ner da monaaque^ et en dépit «fes .4ois qui 'Ven«ent d'être rendues, s'en àHa jouer le^prince indépendant au sein de ses domaines qui comprwaieiil^toiites lés frontières et fraude partie de l'ouest de l'Ecosse. .Un epiemple de sa manière d'agir se présenta dans one querelle entre Richard Colviile d'Ochiltree et Joto Andiinleck d'Auchinleck. Le premier qui avait regu quelques injures du second, épia un jour où son ennemi atait à se rendre auprès du comte de Douglas dont il était le vassal, l'égara chemin faisant, et le tua. Douglas regardant cette violence Qcmune une insulte à lui personndle, et croyant que peut-être on ne Vavait entr^xrise que pour le railler de l'afibiblissement de aûB crédit, assiégea aussitôt le manoir de GolyiUe avec une bande de soldats, le prît de force, et en passa le seigneur ainsi que toute la garnison au ffl de l'épée. Cet audacieux méiuris des lois publi- • ques, quoique oolmé du prétexte que la raémoiTe d'un digne -nmal demandait vengeance, fût justement considéré à la coisr comme une grave insulte à l'autorité royale ; et Jacques en conçut nn tel dépît, que le comte jugea sage de quitter le pays pour quelque temps.

Il entr^rit donc un pèlerinage à 'Rome, et ce fût pour lui une. ocoasién de défdoy^ ime pompeuse magnificence : sa suite se composa de six chevaliers, quatonse gentilshommes, et quatre- TiBl^ indivîâtts de moindrerang. Il M reçu à Paris avec les boa- Mfirsdus à scm ittostre race, et au souvenir de celui de ses ancèteeaqoiavtattsuceombé à Yemenil en combattant pour la France. Baiisla capitale mime do monde chrétien, on respectait le nom de Douglas, et le luxe du comte, tout grcsstter qu'il était, y fin l'aMentâoB générale.

Pendant son absence, ses vassaux continuèrent à montrer la Wêmit insoberdinatioii qn'afvant son àéfpÈri. SymingleB, son bailli dans le Dooglasdale, fut dté à comparaître pour répondre des désordies de cee bandits, mais reftisa d'obéir et fit défaut. Sur ce, Wttiam SÊoOm, eemled'Orkney^ dors dianoelier d'Éoosse, idBa

fur ordre da rd, prélefer sur les revenus et les biens du de Douiflss ude somme suffisante pour satisCûre aux réclamai» tions de ceux qui disaient avoir été lésés par ses gens. Mais la mission du comte n'obtint aucun succès; il ne rencontra partout qu'opposition et insultes. Le roi, irrité, de la désobéissance qn'on témoignait au chef lui-même de la justice; marcha en personne cwtre les districts rebelles, ravagea les domaines du comte, et s'y empara du château de Lochmabtme, ainsi que de celui de Dooglaç; qu'il démolit de fond en comble. Quand ces tristes nouvelles pap* vinrent à Rome, elles répandirent tant de frayeur chez les gras de la suite du noble pèlerin, que plusieurs d'entre eux le désar vouèrent pour suzerain et le quittèrent ; lui-même, il se hâta de revenir en Ecosse, et fût tellement stupéteit de l'énergie déployée par le roi en cette circonstance, qu'il se soumit à l'autorité royale. Jacques, de son côté, lut pardonna sans hésitation, et Douglas fut un des commissaires qu'on envoya vers cette époque négocier la prolongation de la trêve avec les Anglais ; mais^ comme il se rendît ^n Angleterre avec trois de ses frères et les plus illustres de ses partisans, on a tout lieu de croire qn'alors même il machinait secrètement quelque trahison. Toutefois, le ministère anglais occupé par les commotions intérieures d'où naquit bientôt la terrible guerre civile d'York et de Lancastre, accueillit Douglas avec distinction, mais ne crut pas devoir prêter l'oreille A ses perGdes ouvertures.

De retour dans son pays natal, l'orgueilleux comte voulut se débarrasser de l'obstacle qui lui barrait le chemin de la faveur royale; un jour qu'il sut que sir William Grichton, depuis tant d'années son rival et son ennemi, se rendait de son château à Edimbourg, il envoya ses g^is pour l'attaquer et même lui coupw te gorge. Les assassins se placèrent en embuscade sur la route,^et quand le chancelier parut, fondirent sur lui avec d'hcuribles clameurs ; mais encouragé par la présence de son fils qui était un vaillant jeune homme, Grichton, malgré son grand âge, degaîna son épée, tua un des coquins, en mit un autre hors de combat, et parvint à regagner sain et sauf son manoir. Le vieillard avait occupé trop long-temps les plus hautes charges de l'état pour laisser impunie une telle injure; il rassembla une forte troupe d'amis et de partisans, et marcha vers Edimbourg avec tant de discrétion et de célérité qu'il faillit surprendre Douglas. Le comte, qui n'avait pour le moment qu'une suite peu nombreuse^

Page 1