‹ histoire d'ecosseChapitre 76 sur 86 · CHAPITRE xnc. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE xnc. m

fût Ém beau-frère, aspirait à sa|inain pour h riche dot qu'elle devait apporter à son époux.Les dispenses nécessaires pour la célébratioo d'un mariage entre si proches parents furent demandées au sou-» verain-pontife; mais par suite sans douté des intrigues du roi d'Ecosse, le pape les refusa.Le comte voulut alors s'en passer; mais la veuve, dans son dégoût, se réfugfà auprès du roi d'Ecosse et accusa ï)ouglas de l'avoir pressée de s'unir à lui, même d'avoir ce* lébré de porétendues noces , malgré la défense du saint-père.

Tdle fut une des causes qui Grent citer le comte à comparattre devant le conseil privé du roi et peut-être au parlement. Il ré^ pondit par des placards affichés en secret aux portes de toutes les églises et sur la croix d'£dimbourg% où il reprochait à Jacques d'avoir assassiné deux chefs de la famille des. Douglas et lui por* tait un défi. Pour punir cette désobéissance , le roi Leva aussitôt dans l'ouest et les Highiands une petite armée, avec laquelle il ravagea les territoires de Douglas et détruisit les moissons. Au prin* temps suivant , il fit dévaster de nouveau les mêmes provinces. Enfin, pour porter un coup décisif, il envoya les comtes d'Orkney et d'Angusavec des troupes considérables assiéger le château fort d'Abercorn, qui appartenait à Douglas, et qui était situé à environ dix milles d'Edimbourg. Le comte, de son côté, jouissait d'une autorité absolue tout le long des frontières , et il n'eut besoin quo de lever sa bannière pour y réunir une armée da quarante mille hommes que l'endroit seul de leur naissance rendait soldats dte le berceau. Ce fut avec ces forces imposantes qu'il alla faire lever le siège d'Abercorn et mettre la fortune de sa maison princièreaux prises avec celle d'un roi couronné et de sujets fidèles à sa cause.

Jacques lui-même , dit-on , fut épouvanté de la lutte quand il k considéra de plus près , et dans certains moments de désespoir^ parla d'abandonner l'Ecosse. Sir William Grichton , son habile et probablement tout dévoué ministre , était mort avant que ce se^ cond orage éclatât ; mais il avait un sage et fin conseiller dans James Kennedy , archevêque de Saint-André , dont il écouta les avis en cette occasion. L'intelligeot prélat fit remarquer au roi que le camp de Douglas , quoique rempli d'une innombrable armée y renfermait une foule de chefs qui suivaient le comte rebelle , non par attachement , mais soit par crainte de sa puissance , soit par espoir de gagner quelque chose à la guerre civile. Si donc on pouvait amener les différents chefs à craindre non plus Douglas ,

i Qi x^marqoalt alors une grande eroix sur «ne dea places d^Édimbonrg. a. k.

tiiais le roi ^ 6t à cÉspérér ^ non plus en ee rd:)eiie, mais en \&â^ souverain , rien ne serait dealers pins facile que de les ramener an parti de la couronne. « L'ennemi , s'éeria Tarchevéque , res* semble à un paquet de flèches-: tant qu'elles demeurent liées eor^ semble, aa esisaierait en vain de les briser ; mais que Ton coupe le lien qui les unit, et un enbnt les brisera les unes après les atH 4res *.H

Mettant donc en pratique le conseil qu*il donnait, le prélat en« treprit de saper un des principaux soutiens du parti de Bonglas ; en d'autres termes , il fit de secrètes ouvertures à un certain Ha* mOton qui commandait on corps de trou pes^ d'élite dansKarmée des rebelles. Ce seigneur avait été, jusqu'au meqrtre de Stirling, Pami dévoué du comte William,et l'était dès^lors devenu du comte James. Mais il commençait à s'apercevoir que ce dernier avait trop peu de la détermination propre àses ancêtres pourfinir d'une manière aussi honorable qu'avantageuse la lotte alors engagée. Il écouta donc, mais sans les accepter tout de suite , les conditîoniï auxquelles Kennedy lui proposait d'embrasser la cause royale , et hésita entre ce que Tévidence lui montrait comme son propre avantage et ce que l'amitié jointe à lÏMnneur exigeait de lui.

Le roi entra alors en campagne , et les deux armées ennemies SB rencontrèrent bientôt. Lorsqu'dHies furent rangées ra face l\ine de l'autre , Jacques^ avant de commencer l'action , aivoya ses iiérauts sommer les rebelles de se disperser sous peine de bante^ trahison. I>ouglas y r^tqua avec dédain , mais vit avec effroi la {Proclamation royale produire un tel effet sur ses troupes , qu'il résolut de renvoyer la bataille au lendemain et se retira dans se9 retranchements. Il ne fut pas plus tôt rentré dans sa tente, qu'Hamilton demanda à lui parler , et le pressa de déclarer positive^ ment s'il avait ou non le projet de combattre. — « Il est bien , «jouta ce chef, que vous expliquiez enfin vos intentions ; car , taiSdis que l'armée royale augmente chaque jour, la nôtre dimi-» nue par des désertions continuelles. » — « Si vous n'êtes pas con*> tmt , répliqua Douglas , sans répondre directement à ce qu'on lui demandait; eh ! bien , libre à vous de déserter aussi. » Hamilton prit le comte au mot ; et la nuit suivante ^ passa du camp de Jkm^ glas dans celui du roi avec les trois cents cavaliers et autant de fiintasKns d'élite qu'il commandait.L'exemple fut contagieux*, car

f Ceci rappelle la fable da Fieillard et de sês enfants, de Lafon laine, liy. IV, iS*

Tomr 168 chefe rqjardàretiL ton chn^eMesl ée pn«ti eoain»: u»» iodîcatioff qa'il IdardoA&ait dw awé noyenr pua^e d'éehapK^ para lew miatt., et ee fot parmi euxà 4ui en proOtenéi le^ios tile. t^innée cPinBorr^ctioii se fendit ooaatiB mo poignée doj. iic%e dans un soiiéM» dégel , et to filial HH|iii q»i stiQcééa à eelai oÉ Dodig^s s- était pvémtàè an cmAataivec 6iivirf»qciiHraiile milM h0iMM!», sep» eafmp déMvt ne eonlMiait pkB qa^ne^eenitràs de jSisldaC», outre ses OiNMipe» panrtiealièmi.

Eïi se ùMàmatmfsS pomt la eame roTile, ffattîltcm, am jtige«i iMUl de tous, retÊM à Tétat un signai service^ H loi fttt ordonné pour la forme de* deifiefnrer quelque teisf» à Aoslm sms la «om TeâMnee da> o^nie dWHmey. Mais fia ùmne du roi àaoa égm^ se Kiaaifesta par d'iasportaiite» cooMaatoiia de demaiues eoikfi»« ifxé»^ el^par le tittie de tord, qui le fit entrer an partanenA et cobi^ ménçsL ta néblesee ti» la grande maison docaief dlfoimtloB;.

lie Gomte de Seoglae tera scm eamp, traiyena eoaH&e on ta^ tif et iHi eiûlé leapreimces oà il af?ait imgiière oonwRanâé ei» ifiattre, et alla a?ee ses eseacteens anségriaee réfagsier dana les piusr aatmige^ diflCrivts de la fiK)Bftière. Le êhàteati d'Abevoornv dâBeiq>épafit (Fétre seeimra, tarda peu à se reiMbre, et quelques^ toM de see* priBdpaux détecseurs forent mis à mort poinr s'y être maintenusi contre le roi. Jacques {vomeûanl son armée dans tont Fouesl et tout le sud de l'Ecosse, où ses puissants 8iiti^;oBistas a^^nient m récemment été les prepriétairea du soi et les chefs^ sinon les oppresseûrs^ des habitants, réduisit à son autorité, sans presque aucune peine, toutes les places fortes des^Bot^las. L9 etiâfeau même de: ce nom , ati»ique ceux dé Stratharen et dat Thrieye, ftirent de cette manière pris et rasés*

Yers cette époque, et tandia que le roi poursuivait sa marchar trîomphaiM:e, Douj^as kii-môme se sauva en AAgleterre avec un& très-petit nombre de serviteurs. Ses trois frères, Moray> Omionidi et Balveny, demeurèrent sur les confins des dews royaiunes, ai hi tète des derniers partisans de lenr faaâiie, et n'y véeurent avec enm <fu*eA se permettant toute espèce d'eseès ratlitaires. Getter licence effrénée, jointe à l'espoir que la confiscation de l^ur» biens lui profiterait, souleva 'contre eus le clan d^ SicoU^ qufc ^jÂ, sous na oliaf appelé Buccleugh , aeqmérvM^ une formidaUft célébrité sur les frontières de l'ouest et du centre. Les Beattiesons^ peuple aussi noml^eux qu'iMipépide, et ptasieur» anirè

il» HISTTHRS D*AC05S£.

tribos qmliaMtaient également les dMriets lûiiitropheSy se réunie rent sons les ordres de Baccleogh. Tous ces clans avalait naguère compté parmi les vassaux de Bou^a&et reconnu son au-^ torité ; mais Téchec d'Abercom les avait enhardis à secouer le joug^ et ils prirent les armes contre les bannières soûs lesquelles ils avaient combattu peu auparavant. Dans un combat qui eut lieu à Arkinholm près Langbolm, les bandes de Douglas forenteoraplètement défaites par eux. Le comte de Moray reste mort sur la place; le comte d'Ormond fut pris, condamné à mort et exécuté ; lord Balvény seul parvint à s'échapper en Angleterre.

Autant ^ut terminer tout de suite ici Thistoire de ce dernier rameau du tronc originel de la famille Douglas. Gomme il avait pendant sa prospérité entretenu d'intimes relationsitvee la maison d'York , qui éteit alors au pouvoir, il reçut des Anglais un accueil hospitalier. En 1483, il se concerta avec le duc d'Albany^ seigneur qui fut exilé à cette époque, comme il Tavait été lui- Biéme vingtrhuit ans plus tôt, et tous deux envahirent l'Écofise, après avoir fait vœu de déposer leur offrande sur le maitre-autel de Lochmaben, le jour de la Sainte-Madeleine. Les habitants de la frontière occidentale se chargèrent de repousser Tinvasien. Les bannis furent défeits, et Douglas renversé de cheval. Entouré d'ennemis, et reconnaissant parmi eux le fils d'un de ses anciens vassaux nommé Kirkpatrick de Gloseburn, ce fut à lui de préférence à tout autre, que le comte se rendit , pour que l'enfant de son vieux serviteur profitât des cent livres de rente ^ promises à quiconque s'emparerait de sa personne. Kirkpatrick pleura de voir l'extrémité où son ancien meitre en était réduit, et voulait, après lui avoir rendu la liberté, fuir avec lui en Angleterre. Mais Douglas , fatigué de l'exil , était résigné à son sort. Lorsque le vieux captif parut devant le roi , Jacques II lui ordonna d'entrer au couvent de Linzores. « Quand on ne peut faire mieux, il faut bien se faire moine ! » répliqua seulement le comte ; il prit donc la tonsure, et mourut vers 1488.

C'est ainsi qu'après une obscure bataille, livrée aux babitanta mêmes de cette partie de l'Ecosse qui avait été si peu auparavant sous sa dépendance, s'écroula, et à jamais, le formidable pouvoir de la maison de Douglas, qui naguère s'était mesuré éontre celui de la monarchie. On ne peut le comparer qu'à la

4 Om htmdrêd fctmd landf «ne terre de^eot livres, est aoe locution proverbi le ta ÉcoMe. A. K.

goàrgB OU ckrouiHe du prophète, <j|iit aprte «foitf {Misé avee une si merveillBuae prw^tittide, périt en une seule nuit; Le caraetère indécis ei mou du oomte iames, à qui le sort refusa et cette babileté militaire et cette finesse politique qu'on a?ait pu jusqu'alors regarda comme héréditaires dans cette grande futmille , seffiUe avoir été Tunique cause de sa ruine. Mais ne doiton pas aussi reG<mnattre là l'interrentiiHi de la Providence qui> pour donner aux hommes une leçon morale , a voulu qu'une maison, élevée au pouvoir par les inappréciables services et l'in* flexible loyauté du digne lord James ^ et de ses successeurs* pérH piar l'excessive ambitioB et les perfides manœu vres-de ses derniers chefs ?

Bans un parlem^oit tenu à Edimbourg , xm prit des mesures I^our que d'excessives concessions des domaines de la couronne nenûssent plus le royaume en danger ; « car, dit le statut, la pau^ vreté de la couronne cause souvent la pauvreté do royaume. » Il fut donc déclaré que certains châteaux et certains domaines ap* partiendraient dorénavant à la couronne d'une manière inaliénable. On arrêta en outre que l'importante charge de gardien des frcmtières, qui embrassait tant de puissance et donnait le commaiH dément d'un si grand nombre de clans belliqueux, ne se transmet* trait plus par héritage; que, de mépie, le droit de juridiction royale dans tel ou tel district ne serait plus accordé à des sujets, ^ns le consentement des états. Ces lois judicieuses avaient pour but d'empêcher qu'aucune autre famille ne devint aussi redoutable que ceMe des Douglas l'avait été , et ne pût, comme elle l'avait fait, trouUer la tranquillité domestique.

Si toutefois on reconnut qu'il était de bonne politique que les pouvoirs et les biens confisqués, une f<Hs réunis à la couronne, ne pussent plus en être distraits, la prudence exigea que cette règle ne fût pas suivie invariablement. Le rm n'eut d'autre moyen de récompenser les loyaux services des chefs qui, dans la dernière lutte, avaient soutenu la cause de la couronne, que de leur octroyer les domaines des traîtres; or, si étendues que fussent les terres de la famille Doublas, elles ne suffirent point à satisfaire toutes les espérances. Personne n'en concevait de plus hnutes que le comte d'Angus; il était alors ehef d'une vaste et florissante branche des Douglas, issue d'un fils cadet du comte de la famille principale. Cet Angus, comme on l'a déjà dit, avait défendu la

tSoQslerolBofcen Bnice. A. K.

HISTCXRE D1SX90SSE.

mw9 f&ftUiBtè km âd la rtrotto de sw porent ; €8 ^l, psnr ralOi dé la dHMr^nee du teint {MrticuMer ans deux brattelMs 5 anrit dDiMé Heu an dic^lcn p0p«daireifM Jkmfim le Ronge Pff^tt «oi^ porté mv BoilBltta le Noir. Jaeqoes II lui eetroj^ pour véoMii» penae le ehlfeaa de Aoci|[laS) avm> la rrilée el le» teprei» qui m dépendaieiit , te chitemi de Tanliffik»^ et <f aatres^paHiee erâsidé* raMes des aneiene domaines de labraficlie lÉnée; profeskavi îiii« Iimdeitfle, il fkmt l&reoonMttre , pcdsqo'eite aervît k imeêiw âelte bnmclie eadelle d^niie pniseance presque aussi ftirmfd^e à la eoaroBiie, que nsvail été celle des yérilaUesDaaglas. Gof^toaae IM pas ooMié dans le meré; et im clieAi 4éi sud, proAtant de H confiscation qui frappa sur toutes les propriétés de la famille, cAk timeot arse d*autaiit moins àe pelAo les ph» Tastni eoneemons de terres, que pereeiine n'était mmf& à inêsie qu'ecu de pouvoir ks ooBserrer. Ba an mot , tà Jacques II i4t ^MpeemA qo^im^» portait d^eoridMr la oomroiine, et les statuts de êtm régne le prouvent , une chose n<m motus certaine est que ee^ prktee^ n'ao*' rait pu sutrre mm riguemr cette si^e p^tique, sans restreifldiQ les largesses acnqneNes il était obligé envers ses partisans. Or H ne devait pas s'esposer à per«lre leur apfmi ft^ute deKMraMé^ car les ceadhiss d&la guerre civile fumaient encore dans les diaitrîe^ testflusék^és dePÉ^sse, et une gnerre natk)Bafe avee l^flgieterre pouvait éclater d^un mstanl à Faotre.

Ua cbéf nomflsié Jelin avait succédé comme lord des fies à cet Alexandre que nous «vons vu précédemment reeomiatUre Jacques I*** poiu* suzerain. lls^Maèt encore attribué le ti^re de comte de Ross , et jaloux , suivant rosc^ , de proÉtér des tre«H Mes du œntînetit, il avait formé une lig«e avec te comte de Beuglas. Cette n^oeiation avatt été conduite par un des frères du coi3M;e, qui avait distribué au cbef inssiaire ainsi qu^'à sesatyéa celtiques, Ibrce bon vin , force étoffe» de soie, force argent , el reçu d'eux enéchaa^ des msmleaux ou des plaids htgMindaitir, Par suite de leura convmtions , John des ttes ravafgea Inverkip «rviee ttnè flotte de deux cents: voiles et cinq ou six mille bommes. Il fit m( grand butin , et tua quelques personnes ^ entre aufCms dB9 fommes et des enfants. Dans la même expédiliion il pilla aussi Boite, Arran , et le gronpe des petites ttM Cumrafs qui sont si^ lÉées à l^emboucbure de ht €l7de^. Au mois de maire t45l , neott tÊO&mm œ elief turbuteat «aoore en eampa^ie^ Il s'eïnpiipe de* importants châteaux dlnverness, d'Urqtibart,.§tde.IUitbYeû d^ns

lé Vaâmoeki inB garnisoii Hsm te premier , cif délruisff letrôi*» àîènne. H ne se permit tonterofs? cette yiolence qtfà llnstigatïoiidtf son beao-fhère, James Lmn^sten, qui pr^enéfttt que le roi arail promis dé doter sa fflle d'une Belle seigneurie , mats n'arait pa§ leira sa promesse. Après arm accompli ces expfolfs , John , A ee qu'il parait , reComma^ dans ses lies et se soumit enstiito Hioyennaitf pardon.

TFne guerre avec les Anglais flït le prindpal événement de k fin do règne agrté de Jacqtres H. H envahît l'Angleterre afreû È/tL mille hommes , hrûla ou pilla le pays }Qsqu'â sept lieiies dans les terres , et ne détruisit pas moms de dix4»Rt tours oct chàteanx.L'armée écossaise deraenra trente et raie semaines sur le soi ennemi sans que la bataille lui eût étéolTerte^ et rentra dans ses foyers non seulemefit intacte , mais encore chargée de gloire et do batin. Pendant la retraite de Jacques j le duc d'York et le comte de Salistrary , avec d*autres nobles anglais conduisirent i Ta fWmtière un corps de quatre ou cinq mille combattants ;* mais là , ils ne purent s'entendre sur un plan de cam'pagne , se qoereBèrent avec violence , et finirent par se retirer honteusement. CeÈ discordes intérieures du eanq) Anglais n'étairat sans doute que la conséquence des dissensions qui divisaient aldrs toute l'Angleterre à propos de la Rose Blanche et de la Roi^ Rouge *. La trêve entre les deux royaumes fut prolongée de neuf ans. Jacques, toutefois, paraît avoir jugé l'époque favorable pour recouvrer certaines provinces écossaises qui demeuraient encore an pouvoir des Anglais ; aussâ le voyons-nous rompre bientôt la trêve.

€e ftit dans ce dessdn que le roi rassembla une armée nombreuse et mit le siège devant Roxburgh. Ce ch&teau , que TAtigîéterre possédait depuis la captivité de David II , était , comme poste miHtaire, d'une très-haute importance , car il occupafit une forte position entre la Tweed et le Teviot , ndn loin de leur cenfluent , c'est-à-dire dans la partie la plus fertile de la frontière ééossaîse. John, le lord des îles, qui Voulut en la présente oe^ casîon réparer par son zèle ses erreurs et ses perfidies d*autre^ fois , vint se ranger sous la • bannière royale avec un cc»*p8 choisi de Higbiandais et d^insutaires. Les soldats étaient tous arméif

; I O^tUft T«9p«lle «lue la Kom BImmIm «4 la Basa Bouf* âtai^oi lea ii§»ai Aa riyitk^ Bi«nt des factions de Lancastre et d'York, lesquelles soutinrent pendant »\ long-* temps'l*tone contre Pautrè- «ne lutte 01 «eltaniée» A. X. ^'

msToniK lyÉGOgSE.

de eotteB4o*Biaittes , d'^>ées i deux mains , d'aros etde haches^ d'ames ; avec eux John offrit de se placer à l'avant-garde pour 1b cas où îl serait nécessaire de pénétrer en Angleterre, et Viôme de précéder d'un mille le corps principal de Tannée pour recevoir le premier choc de Tennemî. Mais ce n'était nullement i une invasion que pensait Jacques. Il se pressait bien plutôt de recouvrer Roxburgb , et , croyant n'avoir rien à redouter de VAngleterre , se mit à faire dans les rè^es le siège de la place: H la bloqua de toutes parts , et établis^nt ses batteries de ca^ Bons sur la rive sq)tentrionale. de la Tweed , dans le parc de fleurs qui appartenait au duc même de Roxburgb, il fit battre les murailles en brèche. Jacques était fier de son artillerie et surtout de l'habileté de son ingénieur français; cet homme pointait avec assez de justesse pour toucher à cinq ou six pieds de l'en-^ droit qu'il visait; et pour l'époque une telle exactitude était regardée comme merveilleuse. Le siège ne durait que depuis quelques jours, quand l'arrivée du comte de Hunttey, qui par son courage et sa fidélité avait déjà rendu au roi tant de services , et qui en cette occasion-là amenait du nord un beau détachement de troupes , augmenta son espoir de mener à bonne fin son entreprise. Il reçut son noble et dévoué serviteur avec les plus grandes marques d'estime et de respect , et sur le champ le mena voir ses batteries. Par malheur, au moment où il se trouvait dans le voisMiage d'une pièce à laquelle on allait mettre le feu , la grossière machine ^ formée qu'elle était de côtes de fer réunies )paT des cercles du même métal , éclata ; et un des morceaux venant le frapper à la cuisse , noii seulement la lui brisa , mais encore le tua sur place. Le comte d'Angus fut grièvement blessé du même accident.

Ainsi mourut Jacques II d'Ecosse dans la vingt-neuvième an^ née de son âge et la vingt-quatrième de son règne. Vigoureux et bien fait de corps , il passait pour exceller à tous les exercices. Sa figure eût été charmante sans une tache rouge qui en cou-* vrait une partie , d'où ses sujets lui donnèrent le surnom de Jacques au visage de feu. En se laissant entraîner à un manque de foi envers Douglas , il avait donné une malheureuse preuve de la violence naturelle de son caractère. Les Écossais cependant ne parurent voir dans le meurtre de William Douglas que l'effet d'iin moment de colère ; et la conduite de Jacques à regard de Crawford qui ^ suivant l'expression du chroniqueur > savait mis

CRAnrrRB xx. né

le rà en de graves périls » , sa elémenoe envers le comte lom» qu'il Teut entièrement en son pouvoir , surtout le petit noDd)re cTexécutions pcriiitiques qui eurent lieu sous son règne, malgré les nombreuses révoltes qui ébranlèrent son trdne , le font paraître mis^icordieux comparativement à son père Jacques l"". Il avait le talent de savoir bien choisir ses conseillers, et, après les avoir choisis, le bon sens de suivre leurs conseils. .Toutes les fois qu'il fut appelé à se mettre en campagne, il déploya autant de courage que d'habileté militaire. Sa mort fut une perte immense pour le royaume, qui retomba dans les malheurs d'une longue minorité. Jacques II laissa trois fils , Jacques son successeur , Alexandre duc d'Âlbany , et Jean qui fut créé comte de Mar ; ainsi que deux filles , Marie et Marguerite , dont nous aunms à reparler plus tard.

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