‹ histoire d'ecosseChapitre 77 sur 86 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Prise de Boxburgh. — Administration pendant la minorité de Jacques III.— Diaprés le conseil de Boyd;

, il prend entre ses mains lea rênes da foureniemeiilr — Boyd, le fils cadet, est créé comte d^Arran et épousA la sœur aînée du roi.— Il négocie un mariage entre la

• roi et une princesse de Danemark, et obtient les tlei Orcades et de Shetland comme garantie de la dot; sa disgrâce, et sa mort obscure.*- Projet d^union entre le prince royal d^Ëcosse et une ftlle d^Angleterre; à quelles conditions ils deyaieikt être unis; Edouard l Y ne les exécute pas. — Soumission du lord des îles. — r^aturel de Jacques III: ses gôâts. — Son penchant pour les faToria. — Caractères d^Albany et de^Maft frères du roi. — Jacques les suspecte d^eo vouloir k ses jours et les emprisonne. ~ Éyasion d^Albany.-^ Heartre de Mar.«- Guerre ajeë les Anglais. — Com« piration de Lauden — Le faTori du roi est pris et exécuté. — Intrigues d'Albany.— Il est reçu dans les bonnes grâces de son frère, puis exilé de nouveau.'^— Paix ayeç TAiigleterre.— Le roi s'abandonne A laf goât pour la musique et les (instructions. — Complot

- des nobles du sud. — Bataille de Sautbybnrn; assa^ ainat du roi.

La mort soudiàne de Jacques II fn4)pa les nobles écossais d'iuîe telle stupeur, qu'ils allaient, abandonner le siège de Roxburgii et sedii^perser, forsquele courage de Marie de Gaeklres,la veuve du dernier souverain i ranima leurs esprits. £Ue arriva au camp

presque -au^sâKH adirés la nart de son âpQax> â'-ea reaitf «Ua et 80B filSt leur jeune jxioQarque, au dévaoeineDt des seigneurs éoo&r lais, ei les çoqura de oe pas^Uter ce fatal château avant de Vêww vois en ruines. Les nobles prirent feu à ses exbor^atioBs^ lis couroEuaèreut leur roi à Tabbaye voîsi&ede Kelso, avec autant de cérémonie que la circonstance le perjaettait, et pressant ie aiége avec un redoublement de vigueur, . forcèrent ia garnisan anglaise k capituler; puis» fidèles aux préceptes de Robert Bruee^ rasèrent la forteresse. Les vestiges de ses murailles montrent euccure rétendue et Timportance qu'ellç passe pour avoir eu

La reinermère conserva naturellement beauooup de crédit dans l'état; elle parait m&toe avoir gouverné quelque 4)en^ ^oaum régente avec le secours d'un conseil. Sa conduite , toutefois » qui sous le rapport des Inœurs , ne fut pas très honorable , diminua eopiidéraMenacnt son influmce avwt sa «(»i, etetteffiomel dans toute la vigueur de l'âge. Kennedy, archevêque de Saint- André , ce sage et fidèle ami de Jacques II, fut nommé tuteur de son jeune héritier. Les rapides changements de fortune qui se succédaient dans les guerres d*York et de Lancastre sauvèrent l'jÉeosse, pendant cette minorité, des périls que l'ambition de ses toisins !m eftt sans doute fait courir. Le débonnaire usurpateur, Benri YI» trouw dans ce royaume où il se réfugia après la bataille deTowton^ un aceueilhespitalief; par reconnaissance, il restitua aux Écossais lljhportante place deBerwick, et ceux-ci s'empressèrent d'y «lettre Barmseu. Le service rendu par l'Ecosse au roi détrôné occasiona une guerre avec les Anglais ; mais poussée de part et d'antre avec^teu d'ardeur, «Ue se termina bientôt par une trêve qui , en 1463 , ftit comtmuée.pour l'espace démesurément long de cinq^anto-oinq ans.

La mort de la reine*mère et celfe de l'archevêque Kennedy

xalurenti vers cette époque, au tm qui n'entrait que dans sa quatorzième année, le dangereux privilège d'agir par lui-même. Jacques III, qui eut toute sa vie durant , la faiblesse d'adopter des favoris et de leur confier le soin des affaires publiques, quand la nation avait droit d'attendre qu'il les dirigeât en personne , •'abandomia siiiHl6«c)iafnip aux personnes qu'à honorait do sa l^védilection. Lord Hébert Boyd, aveeses denx fils, Jouissait atos de toute la confiones du feune booune ; «t ta ftiveur rej'ale les fendait si présomptoeuiL > qu'enlewat la psnsoDOO du roi aux

fompfiiliwirfg à'^ tas éUlB 4tt roxauiae ea msimi émé ki garde , ils l'amenèrent i Sdûnbottrg , sous prétexte de le œebtra fo liberté. Uq aouveau parleaient qui fut convoqué accorda à Ior4 Boyd lu coaqptot pardon de l'audaeieuse conduite qu'il ye«* naît de tenir ; et comme si l'autorité de cette famiUe n'était pas assez grande déjà, laprincesse Aïarguerite, sœuridiiéedu roi» fat donnée en mariage à sir Tbooi« Boyd, qui, enputre, fut créé comte d'Arran.

L'Soosse fit pendant ce régne , tout iaiUe qu'il était , une im«portante acquisitioa. Les îles Orcadas» depuès^que les NorwégîeB6 s'«i| étaient emparés au neuvième siècle, tour avairat toiqoota appartfiiw. Les Scossais étaient débiteurs envers les Danois A'nne forte somme, et cette dette provenait des arrérages de ce qu'on aH^elait la rente norwégienne. C'était une tente de cmC marcs dîis-é la Norwégn , comme indemnité de k ceaiioa qu'dfai avait linte des lies fiébrides.oa îtas oeoidentales , par le traité de tS&i conduaprès la défaite de Baco » àJabataiUede Largs. Cet emit marcs ne furent jamais payés euotsmenti mais Jacques r** était parvenu a faire fi^r ce dont TÉcosse était redevable; apria lui tas paiemeots n'avaient pas été plus exacts » et le cbiffiie de la dette totata était devwu fort diiBcita à établir.

JD^ sons ta patitonaga du roi de France , Qmies YIl^ des aé* gocîattons avateat eu lieu entre le fianemarek et l'Ecosse pour ta régloment de ces comptes; elles fUrent reprises «a 1468, et ^fd^ ta jeune comte d'Arven , semble avoir conduit rafiLii:a avee une rare adresse. Il fut défbâtiveniait aenveAu qte Jaor ques m épouserait noefiUednroictaltanMnarck^qttesonpèm ta doterait d'un^ somme de soixante milte flmina, qu'il n'en paiiH rait qi«a dix mille eomptunt, mais qu'il donnerait tas iles Orcados comme garantie du resta. De plus, te Da&emanok renonça an drott de iAira»<r les aménages de la rente stipulée pour l'abandon des Hébrides, saasdoate parée que ce droit était trop ancien , trop ftBfipé de prescription et trop illusoire. Quand l'époque du pata^ ment <des dix mûta Sortes arriva, Christian da Itaneauunck se trouva ai à court d'argent, qu'Une put compter que te cinquiàne de 4a somme ^ mais il proposa pour te mate mae «aarantid Sur TArt chipel de vSétande, q«î tot joyeusement aoteftéQ. L'Ecosse aoqiitl donc aur la totalité des Itas qui coasMaait rawîûntte Tbute an droit fa)¥(9tbécaive qui^ soustoota^svéoe de tapparts^ lar était

HISTOIRE mteossE.

fort asrantageuxy et qee la couronne de Danemarek) comme nous le verrons plus tard, ne put jamais racheter.

Tandis que le comte d'Arran négociait ce traité national, divers courtisans qui enviaient son élévation soudaine et la préférence que Jacques avait témoignée envers lui et sa famille, minèrent son crédit auprès du roi. Quand le comte rentra dans le golfe de Fortb avec la flotille qui escortait la princesse danoise j usqu'aux rives du pays où elle devait régner, Marguerite , sa femme , vint à bord lui annoncer que s'il débarquait , sa vie serait en pâil. Ils fuirent donc ensemble, et Arran retourna en Danemarck y chercher un asile ooiitre Tindignation du capricieux monarque, pour qui, naguère, dans le même royaume, il avait accompli des négociations si importantes. La ruine complète de ses amis d'Ecosse fut bientôt consommée, presque sans opposition, et la puis3ancedela maison de Boyd U»nba aussi promptement qu'elle avait grandi. Il serait inutile de rechercher pourquoi un prince faible est toujours ausslioconstant que passionné à l'égard de ses favcHis. En vain un nouveau parlement avait-il accordé aux Boyd un pardon Jd)8ola de leur agression de 1466, ils furent, pour ce fait, même décrétés de haute-trahison. SirAlexandre , le fils atné, périt de la main du bourreau , le père s'échappa en Angleterre et ymourut dans la pauvreté. Le comte d' Arran , qui par ses qualités personneUes méritait certes la confiance que le roi lui avait si subitement retirée^ semUe n'avoir trouvé en Danemarck qu'un froid accueil. La princesse Marguerite ftit séparée de lui et r^ivoyée en Ecosse, sur la demande probablement de son royal frère ; et son malheur tea^ époux, après avoir erré comme proscrit d'une contrée dans une autre, expira, dit-on, en Flandre. Sa mort, qui eut lieu après uh divorce obtenu entre lui et la princesse Marguerite, par Vin- Ooence de Jacques , permit de former un second mariage entre la sœur du roi et le lord Hamilton, cbef d'une famille dont le crédit et l'importance s'étaient toujours accrus depuis que le premier lord de ce nom avait si à propos embrassé la cause royaliste dans la grande lutte de Jacques II contre la maison de Douglas. La princesse dmna des enfants de ses deux mariages^ mais le fils et la fille de Boyd moururent sans postérité, tandis que celui qu'elle eut d'Hamilion survécut, et qu'un de. leurs descendants se trouva, i l'époque de la reine Mnrie, héritier présomptif de la couronne.

Dans un parlc^ment tenu en 1469, après Ja chute des Boyd, nous voyons le bon sens du peuple écossais se manifester par un

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