CHAPITRE XX 9Dt
l'extrâme ravissement de tous les bons citoyens, ils se rendirent ensemble, montés sm* le môme cheval, et par la principale me, du château d'Edimbourg à l'abbaye d'Holy-Rood. Chaque nuit^ en outre, le roi et le duc partageaient le même lit.
Mais cet accord fraternel, qui dès le commencement dut avoir sa source dans un peu d'affectation», ne dura guère; et les pas* sions dominantes de chaque prince rompirent leur bcmne intrili* gence. L'ambition d'Albany eût alarmé les craintes d'un homme moins poltron et moins soupçonneux que Jacques. Le duc, rien n'est plus probable, renoua ses perfides intrigues avec la cour d'Angleterre ; elles furent découvertes à ce qu'il parait, et la plus grande partie des nobles, irrités de son infamie, s'unirent pour l'expulser du gouvernement. Il fut déclaré hors la loi, et se sauva en Angleterre, après avoir préalablement, comme dernier acte de trahison qui fût en son pouvoir, livré son château de Dunbar à une garnison anglaise, et ainsi exposé, autant qu'il était en lui, . les frontières dont il avait la garde. L'année suivante se livra la ; bataille de Lochmaben qui termina une incursion de Douglas et d'Albany dans l'Annandale, bataille où, comme nous l'avons déjà dit, Douglas fut fait prisonnier et Albany contraint de chercher son jsalut dans la fuite.
Richard III avait alors commencé son règne aussi court que précaire. Une négociation s'ouvrit entre l'Angleterre et l'Ecosse, et bientôt se signa une trêve qui aurait eu quelque durée si les monarques signataires étaient restés solides sur leurs trônes. Mais, dès que Jacques se sentit libre de régner à sa guise, il usa de l'autorité souveraine pour complaire à ses goûts favoris, fonda de coûteux établissements où la musique s'enseignait, et éleva une multitude d'églises et de palais dans un genre particulier d'archi* tecture où le style gothique se mêlait à une imitation des différents ordres grecs. Tant pour subvenir aux dépenses de ces bâtiments et de ces fondations , que pour satisfaire son penchant à thésauriser, Jacques était à l'affût de toutes les occasions par lesquelles il pouvait se procurer de l'argent, et n'en laissait échapper aucune; mais il n'hésitait pas à employer pour son compte ses fonds que les nobles dans leur orgueil regardaient comme ua casuel à eux appartenant. Un feit de ce genre hâta la catastrophe qui devait terminer la vie de Jacques.
Le roi, qui avait formé dans sa royale chapelle de Stirling deux choeurs de cbant^ s'avisa, pour payer les arti^es, de recourir aux
HISTOSRBiyÉGDSSE.
ittenwdùpriètiréxlè GoIdltigfaM!. lies éèarfreHssaiitèrfâHnHès«^ Htaoe 6t dè'Heplmm^a^ient considéré ^ loii^tèinpsH)6tt& rielîe^ aHMiye * comme* leur propriété, qa'^lès • croyaièiit ^ que- Jtoqaesn'eût jamais trocrUé la paisiMe esécutiontl'im contrat amiable' dans leqoel il était stipulé que leprieur <}é Goldinf liam seraiiait^nativement unllome et un Hepbum. Quand le princes'approprîa^ ainsi des rerenus* qui avaient totr}ôurs semMé à ces cHefsrhautaflis^ dènMf neproflter' qu'à leurs* amis et aux hommes de leurs ctamr^ ils résoturent'dese vengeritout comme s^îUr eussent souflbrtune^ injuste oppression. L'esprit de mécontentemefit gagna bientôt* le» barons du Sud^ sur qui le comté d'Augus exerçait une tùrte^ influence. Ge seigneur était aussi détesté que craint duroî' qui) probablement n'avait pas oublié la manière^ dont il' sfétaît aequis> le surnom de S^tmetteHru^Ckat, Jacques tenta vainement de ra^ mener ses nobles au devoir, et montra plus^ de peur quo desa-^ gesse 'en leur défendant de venir à la cour avec des armes. Il n'y eut d'exception que pour Ramsays ce jeune Hohnne qui dèvœtaux instantes prières du roi de n'avoir pas été pendu ffvee les au^ tt^\favorîs sur le pont de Lander. Jacques l'avait nommé oapilaine de ses gardes*, puis éièvéà la pairie sous le nom^ de lord Bothwell; enfln ce nouveau parvenu avait succédé, sinonà l'im^ mense crédit de Goehrane dont il avait faillipartageriè sort, du moins à toute son impopularité'.
Une ligue se forma donc * contre Jacques-, eilé trouva' ^aque jour des partisans plus nombai^ux, et se termina par une révolte qui 'ne saurait être comparée dans PhistDkie d'Ecosse qu'à celle de Douglas dans le règncprééédent.
Malgré une «'terrilOe coalition , leisortde Jaeques m^ n'était paa encore désespéré. U- avait pour luises baronsdù nord^ et se' trouvait au mc^ns^aussî puissant que son^pèra l'àvaitétéaa siège d^Mieroorn; Afoisil n'avait ni le courage deson<p^«^ ni lesHitile» oonseilsde r-évéque Kennedy.. La: reine ^ Marguerite de 'Iteiie^ marck,»en qui, on* a tout lieudële oroire, il avutrenoonttné unepmdmte conseillère aussi bim qu'une excellente compagne:^ mourut dloui unmoment si critique pour son royal épeux^. De»» I&rs pméde^ges avi», Jaoques forma, sans doute à rjnstigvtim de Ràn»ay^, le dessein^ d'arrêter tout d\in)ooup>les-''noblet«qtti trempaient dans le complota Malheureusement peur lai rtossite de son entireprise, il ent-la niaiserie de mettre «Angus^dana-^e^seorets. ]^^»>mte*enân0tinii9it ausBitdtles.méeoiitrata^<^ a» Ueii>
ârse<rmiiMiià la coanâQmmeilaïKfgiimiit lViid»da;rGi,.a»îrtBttfe** rèventldans le sud: et^y tevèrest pnbUqiMiiiait râkendardiâeiliaw* sttRnectian. JFaoques^. talonné - par sa- finayeur, se cMli^ dans* legs disMdts los plus. se|)teiiiri0iiaux, qui rsnfeiiiiaient la> mi^Qie^ partie deseaadbëi^nts^.et «v<eo le secours d'AtbcA^ de Grawfetd),^ deLiadsay d^Byres,. de Buthver ^d'autres puissant» chefiïles^ una" de Kest , les autres 'du> nord, rassembla voie armée oonsidémv Ue. Bientôt les* seigneurs insurgés s'av^oèrent jusqu^aux riveir' màiidicHialea da goifo de FoPthi
Au milieu d'escarmouches indécises et; de négoeiatioas égaler ment insignifiantes, les nobles x^onfëdénés parvinrent à se rendre^ m£âtpe»dii fils atné de Jacques. Cette capture, quUlS' devaient à la^ trahison d'un: certain. Shaw de Sanchie, gotxvero^r de Vemnfantiydonnaa leur entreprise une couleur qui était presque l'équi* vatexit du soccèsi Us déployèrent Uétendard royal de l'Ecosse oimtre. celui du. roi. écossais^ et ne craignirent pas de prodamer qnlte avaient prâs les armes dans l'int^èt du jeune prince, que* SQonL.père dénatuié voulait mettre à mort pour vendre ensuite le ps^sà rAnglotene. C'étaient de ftusses calomnies; mais il &L digne de remarque que la populace s'en laisse plus facilement imposer par deamensong&S' assortis àda grosaièrelé:de sondntebligenoeque par des aiiguments coBformes à la raison. Le roi était si bas placé dans l'e^ime pubtique à cause et de son amomr dé^ réglé pour l'argent et de sa disposition à toujour».s'entourer de favoris vqu'onine pouvait rien inventer dUgnoble sur son. compte sans que ses au j^^ fbssent disposés à> le croire;
Jacques^ se retira^sur^irling, œaisSifiaWv le traître qui avait U^ wéJe prioœrojFal aux seigneurs rebelles^ coosommatsa trahison; âiisf usan t^ de recevoir le roi dans le :ohâteaa de cette ville . Âlom^ . daoa uneei^ièea de^déseqmir , . Jacques^ se: retourna» vers le sud: coBiiaie un ceii mis au& abois et résolut de^ mesurer avec sesê ennemis : l'action s'engageanon loin de Falkirk, oà. Wallaoe'fUf défait,, et encûie plus prà& dii.méffîorahle champ de;faataiUe dé Bannockburn, où Bruce triompha; . Au- premier choc, les ardienr du roi obtinrent quelque avantage. Mais les habitants de i'Annandale, dont les piques avaient une longueur démesurée, chargèrent, selon leur coutume, avec d'horribles cris et entourèrent l'aile gauche de l'armée royaliste. Quand Jacques, qui était déjà découragé d'avoir à combattre contre sa propre bannière et son propre fils, et qui se rappelait la prédiction d'après laquelle il devait
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périrjda fait de son plus proche pareot, entendit les claiùeurs des. gens de la frontière, il perdit tout-à-fait courage et prit la fuite. Tandis qu'il traversait au galop le petit village de Milltown , sen cheval, superbe béte dont Lindsay des Byres lui avait le matin même fait cadeau , s'effraya à la vue d'une femme qui tirait de Teau à un puits, et jeta à terre le peureux et inhabile cavalier. On l'emporta dans un moulin où il eut l'imprudence de dire son nom et son titre. La conséquence fut que plusieurs des rebelles qui le poursuivaient entrèrent dans la cabane et lui enfoncèrent un poignard dans le cœur. On ignora toujours quels avaient été les assassins et le cadavre de la victime ne fut jamais retrouvé.
Ainsi mourut Jacques III. Sans les affreux soupçons qui planent 9ur lui au sujet du meurtre de son frère, le comte de lM!ar, on pourrait dire qu'il fut plutôt faible et infortuné que criminel ; mais les folies d'un roi ne sont pas moins fatales à lui-même et à son peuple , que ses crimes et ses vices. L'amour que Jacques pwtait au?: beaux-arts aurait pu lui être pardonné, biei3 plus lui devenir un titre de gloire; mais qu'au lieu de rendre impartiale-, ment la justice à son peuple comme il le devait, il en trafiquât pour bâtir des palais et fonder des écoles de musique, c'était une coupable licence. On est tenté de cn»re qu'il régla sa politique sur . celle de Louis XI, prince qui offrait avec lui plusieurs points de ressemblance. Ils étaient tous deux enclins à l'avarice, tous deux, disposés à admettre des favoris de bas étage dans leur plus intime confiance, tous deux méfiants à l'égard de l'aristocratie de leurs royaumes respectifs. Mais Jacques avait le malheur de ne ressem- ; Uer à Louis que par les côtés faibles de son caractère. Il ne possédait ni l'astuce diplomatique, ni la finesse de prévisi(Hi, ni le courage de son modèle; et nous ne pouvons dire qu'il ait eu, saut' dans un seul cas, l'art de son contemporain pour accomplir sans • se compromettre les plus horribles cruautés. Il laissa trois fils , dont l'aîné , qui lui succéda sous le nom de Jacques IV , ne put, > dit^m, jamais bannir de son esprit, l'affreux remords d'avoir été » cause de la défaite et du meurtre de scm père.