‹ histoire d'ecosseChapitre 80 sur 86 · CHAPITRE XXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXL

Politique suiyie par les vciBquejirs après la bataille de SaDchie Burn. — Accusation de iJodsay; il est défendu par son frère et acquitté. — Exploits de sir An* dré Wood. — Pacifiques dispositions de Henri V1I.>- Prospérité de PÉcosse.— Courte guerre avec rAngleterre en fareur de Peirkin Warbeck. -^ Progrés dès Ecossais dans les sciences et les lettres. — Splendide cour de Ja>^ques IV. — Mariage de ce prince avec Marguerite d'Angleterre. — Paix entre les deux royaumes. -^ Abolition définitive de la seigneurie des Iles. — Mesures dUntérét public. — Marine.— Jacques construit le plus grand vaisseau d'Europe. — Affaire des Bartons. *- Meurtre de sir Robert Kerr et ses résultats— Intrigues de la France pour brouiller Jacques avec PAngleterre. — Manifeste de Jacques et réponse de Henri. -^ Jacques rassemble les forces de son royaume. — Sinistres présages. — Jacques envahit PAngleterre, mais s'attarde dans le Northumberland et diOTère d'avis avec son conseil. —Bataille de Flodden; défaite et mort de Jacques IV.

Après la bataille de Sanchie*>Burn il y eut cessation complète d-hostilités de la part des royalistes et des rebelles tant qu'ils ne c<»imirent pas au juste le sort du roi ; car , comme nous l'avons dit, se& assassins avaient emporté son cadavre , et on n'a jamais su QÙ ils l'ensevelirent. Toutefois les barons insurgés apprirent en^ fin l'étendue de leur triomphe, et alors ils dissipèrent aisément un corps de troupes rassemblé par le comte de Lennox qui avait pris les armes pour venger la mort de Jacques. Lord Home , qui avait été un des principaux chefs de l'insurrection contre ce souverain, fut nommé grand-*cbamb«llan à vie et chargé de la gar-^ de des frontières de l'est. Angus reçut aussi d'importantes charges et de hautes dignités. Ces deux nobles pairs semblent avoir rivar lise de sagesse et de modération pour travailler de concert à effacer les traces de la guerre civile , à établir un gouvernement ferme , mais équitable , et à corriger les abus qui avaient pris racine sous le règne précédent ^ le tout sans inquiéter les partisans du roi défunt pour la cause qu'ils avaient embrassée de son vivant.

Cette politique de conciliation ne fut toutefois suivie qu'après unejnfructueuse tentative du parti vainqueur pour abattre toui-

BjsTtnsEiDécaasE.

à-tdit le parti vaincu au moyen d'amendes et de confiseations prononcées contre les seigneurs qui avaient servi plus adtivementla cause de Jacques III, et que par ce motif on accusa de trahison contre son fils ^ Lord Lindsay dei^Byrerautlepremieràsedéfendre devant le parlement d'un crime d'une nature si étrange. C'était an vieux aoldat tout rond, qui avait long-temps fait la guerre en •Eranoe y9t qui pmaa tm poufoîrtDMiiK répondre à l'acte d'accusation que par Tdffire de combattre sedl contre deux de ses aconMateursà laur tàmsi. Le kwd ehAmealier supplia Jacques lY '- yexeoser la mflesse -du -vftt^n qui était la conséquence natu- ^ceUe.de.AQn éducation-militaire, etengagea lord Lindsay à se sou- ^metlre «U'bon plaisirdn'roi'qurseinMftperait, il l'osait dire, clér .ment à son égard. Patrick, frère cadet du lord, se trouvait auprès Hle »liR, -«t iwiliipiWHi nt ^ue le ofaaBcrtier ne voulait , par de si douces pardles, xfbtenirla soumission de son frère atné qu'afin de iliii infliger quelque amende ou quelque châtiment , marcha sur îe.pîed dePaccus^pouar Favertir deneims s'avouer coupatde, « en «.soumettant , comme on disait, au bon plaisir du roi. » Lord Lindsay ne comprit rien à cetareftissement ; et comme il ne vivait pas en bonne intelligence avec son frère , comme , en outre, ^il'avaitan'cor àToi^tell, il crutque (Pittridk, en lui mardhont'sur 3e pied , 'avait voiflu finsutter ^ lui Taire du mal , et lerepottsea iduremeM. Mais, sans s'inquiéter d'un "courroux si ai)surâe , ¥»- ^ricfc^ après B^tireagenoniHë , prifrqii^illuiTOtperaiêi'de plaider lacausedeson finère et de^sa fttmille.-Ofi ne peuvait'flécemmeiA ^elui refioser. Alon, dans on-exorde qui ne manque "pas d'éle* ^uence , il eopiilia ceux qui Fécoiïtàient de vouloir bien se 'rappeler que, quoique vainqmurs'dans la dernière 'lutte Inltesti^ ne, ils li'en étaientpas moins soumis aux vicisatuAn'âesctaeseB *humaines,'et pouvàient,comparaissant un jour à la même barre <quelui,av6iràfm]^lorer1a'pr6tectionâela}U^ioocoiil^ triomphants qui , à cetteiépoque , seraient au 'pouvoir, llles^eon- "Juraitdonc d'appliquer nnpaftialement les%>i8,comsBe^eux-nié^ mes désireraient qu'on les leur appliquât s'ils avaieiit besoin, par la suile, dese rëtagier sous 'leur ï^de. ïiedhancélier fui assura *qifon écouterait attentivement son plaidoyer^ la Hsentenoe à4n-

i C'est ce que dit expressément Phistorien Lindsay de Pitscottie; mais peut-être

iine telle accusation ne fut-elle qu'une charge aggravante contre les seigneim qdi

\|Ùa«tard:sesoBdànttt l«eano»llaiB sa-lmlttlfe de ▼«ngerdemmirtre ile.)ratqiieB IIL

Alors en effet il eftt été^pliu décent, et plus plausible de les accuser de traliiAoïivCOii-

tre le jeune roi. w. s.

%«rwBirs9Mait de la fins «ÉffaMe^équilé. fli'iavMH, ^cutinoant ,

•!<A))(«to qaoriarlflQQe'fOÎ ^ aurMm^ l|u»leip«Mè8fétaibiititttté ,110

(ée^rvatt mfaBMÎ8teEiiiis:.^â»to «bd^ks eaiise » iii<«irtMt euf^mum'^â

5èiépmc(«iine : j9ge • d»» unaaAiref «ù il ^uàt ne deadeiisriM»-

^tiesîtttèrei0ées. Leftfl(HBQBtFe«Qonutla jtijrtean^ciMeolif^

tion, et le jeune roi , à son grand déplaisir, fut contraint de quîtttr

BasBCttfalée. Le défittseiiP^Kpasa «esuito quB la qutiîfiottîoB de

délit, tpii^asBait dûétre' jneatienaée dass^l'aedmà «ompianiâtM)»

fcauTtitiété' CHOôe 9 et que l^ssigofttiw , n'iodiKpiaftt fitsi les jmus

eu ^^»11 y^awt'lécu,^la ouffieNserût jcontiQuéeyC'é(aiMttietR<tî-

^ees defianoequelepartaBient j^igea «Hasi eeaveiiaMed'adffiettxeL,

de aorte^me lord Lindsfty ftit rmveyé delà btfre. JBeaaeqmtte-

.^»nitle«ttrpritÀ tel point, eiu** en peut eroire. qu'il netOQiBiifft

'fjenàllaaatiirerde la ééfettse ,> qufil }ura,idaiis uB^tBaospertito

^ratitade ,^eïréeoD9penaer dU'don de la t^rre def Siri^brtfaer^^le

beau babillage de son cadet *. Le roi , tout au rebours , fut siidié-

foentent ode VinaiiKe ii«n«ma<Me qu'il eroyeit afvoùr reçue , que

dn!ii^iin?aeeè&de-rage 'il s'éeria qu'il enverrait le défisnamréûfi

•tinlieuoà le drâle ne peutrait^voir ses pieds- de tout .un an, et

^fscécuta- cettetnenaee m le jetant dims;le eacbot de RQtha!)y;de

Biete. SkMts^ipiel tn^étextete^pauvrerBatriokfut-^lsounrâ

tsaptrtilé ? tmpoasiUe dele déeeu¥rir. ; ear , s-il-fout voir là un: acte

ife'l'afitorité absolue du mi, quelle centradicUo&n'eaè*ee point

amc; la- ttlM^tédes débats! penaise devant le- parlement etlatouiH

Ue impartiélité' qui pr&Hâa à la: s^itenee !

Ji^ que lord Lindfiay, l'accusé principal, eut été absous, toutes lesantres^peursuibes intentées aux barras qui «raient eadïrasaé iarquereUedu feuroi ftirent abandonnées, et les .cenaelUers da rm ,. avec ane politique plus libérale, aîraèrent mieuxelierohor à effiaeereomidètement leeouvenirde la^guerre civile qu'à, te' raviver par des preeès» et des p«»écutioas.

Le» tHatorieneéeosaa» Recette époque raeontent avec emphase tas^vaàlknts euploits d'un wsir Aadré Woed de Largo , marin d^Seesse ^ qiii , avec deux^vaîfi8eailx*«euleiBeat , attaqua et défit vaam flotilie anghkiaeide cinq< navires, laqudie. gênait; le eommerce cfa ses compatriotes et pillait leuR» bàthneats. normands. fHanri YH, qui régnaitideFS,afifeetaHt,dit-'On, de traiter la conduite de Wood Cfomme un acte de piraterie, proposa une forte récompense^ qui Je ferait prisonnier. Un'Stepten BuU, brave maria d'Angleterre

I Finefiot words, 1« beau oequei de pie. ▲. M.

HISTOnS D*ÉCOSSE.

tenta l'entreprise avec trois bons vaisseaux ; mais , après une ac^ tlon longue et désespérée , il eut le malheur d'être pris lui-même et amené à Dundee. Jacques renvoya bientôt les captifs ; mais en même temps il fit tenir à Henri un courtois message, où il assurait que les Écossais savaient aussi bien se battre sur mer que sur terre.

Les profondes vues de Henri YII en matière de diplomatie reposaient uniformément sur une base pacifique ; et après avoir rétabli en tous points la trêve avec TÉcosse, il tftcha^ par une union de fiimilles royales , de convertir cet état de tranquillité temporaire en une paix sûre et durable. Il crut y parvenir par un mariage entre sa fille et le jeune roi d'Ecosse , et ne se rebuta point quand il vit que les préjugés de la nation écossaise , qui se méfiait même des propositions les phis avantageuses , parce qu'elles venaient d'anciens ennemis , les faisaient hésiter à accepter son offre.

Dès-lors , de longues années s'écoulèrent au sein du repos et du bonheur. Les nobles écossais vécurentdans une merveilleuse concorde les uns avec les autres ; et Jacques lY satisfit, non-seulement leurs goûts, mais encore les siens, en déployant à la cour une splendeur qui eût dépassé les ressources de l'Ecosse si le trésor royal n'avait encore contenu une partie dessommes entassées par Jacques III. Au lieu de gaspiller cet argent à de vains accords de musiqnoetà de sots ornements d'architecture, ou de le laisser dormir dans l'inaction , on l'employa en dépenses qui servirent à cimenter la bonne Intelligence du roi avec sa noblesse et son peuple en leur procurant des plaisirs dont ils jouissaient ensemble! Par malheur, Jacques IV, avec un amour de la justice et une tendresse pour ses sujets , qu'il manifesta par toute son administration, était en même temps l'admirateur le plus romantique et le plus engoué de la chevalerie. Rien ne le charmait autant que des joutes , des tournois i des lutter d'habileté dans le maiiiement de toutes les armes militaires ; aussi , se déguisait-il souvent pour courir le pays et chercher des aventures ; et souvent même , il se mit à ce jeu dans des passes fort critiques qui sont relatées dans les chansons et les récits de Fépoque.

Ce fut probablement par la vibration de cette corde si sonore du caractère de Jacques , que le roi d'Ecosse se décida à embrasser la cause de Perkin Warbeck, le faux duc d'York. Il reçut cet aventurier à sa cour, l'autorisa à épouser une de ses proches pa-

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