‹ histoire d'ecosseChapitre 82 sur 86 · CHAPITRE XXI. ZM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. ZM

Itafin , les richesses que les pêcheries écossaises pouvaient pro* duire n'échappèrent point à la prévoyance de ces hommes d'état, et ils rendirent des arrêtés qui le prouvent ; mais faute de barques, de filets, et surtout d'argent, ils ne virent guère leurs 30uhaits patriotiques se réaliser si^us ce rapport.

Nous avons déjà mentionné Jacques lY comme patron de I9 marine écossaise , qui , grâce à André Wood et aux deux Bar-> tons , déploya autant de zèle que d'énergie le long des côtes de la Hollande , de la Baltique , du Portugal , et ailleurs. Il semble que les règles de la guerre n'étaient pas si bien comprises dans ces temps sur mer que sur terre , puisque souvent les vaisseaux ^ même des puissances alliées , se livraient combat sur l'Océan par une raison analogue sans doute à celle qui fait dire aux Arabes qu'il n'y a aucun ami dans le désert et aux flibustiers aucune paix sous la Ligne. Bans plusieurs de ces escarmouches, les ma*rins écossais défendirent bravement leur pavillon ; et l'un d'eux accéléra la fatale guerre qui coûta la vie à Jacques.

Ce fut son enthousiasme pour la marine qui inspira à ce monar* que la sotte ambition de posséder le plus vaste navire qui existait alors au monde. Le Grand-Michel , ainsi s'appela-t-il , épuisa toutes les forêts de chênes du Fife, excepté celle de Talkland, et, dit la chronique, «^encombra toute l'Ecosse » avant de pouvoir être lancé à l'eau. Un boulet de canon , tiré contre ses flancs par ordre du roi , ne put les pénétrer , car ils avaient dix pieds d'ér paisseur.^ Le Grand-Michel était long de deux cent vingt pieds et large de trente-six. Il ne fallait pas moins de trois cents matelot^ pour le faire manœuvrer en mer et de mille soldats pour y corn* battre à bord. On voit aisément que si les sommes employées à la construction de cette lourde forteresse de bois avaient servi à jéquiper une demi-douzaine de vaisseaux tels que ceux qui étaient commandés par sir André Wood, FEcosse eût atteint parmi les puissances maritimes le rang au que elle avait droit de prétendre, favorisée comme elle l'était par des côtes remplies de criques, dç rades et de.s havres. Mais l'idée seule d'un navire si colossal démon7 tre que Jacques erra dans le mode par lequel il s'efforça de parvenir à son but.

L'intention de Jacques était de rendre les forces navales de l'Ecosse aussi imposantes que possible ^ et , nous l'avons observé plus haut , c'est en grande partie sa passion pour la marine qui l'entraîna à une funeste rupture avec l'Angleterre. U eut d'autant

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mcMns de peine à se brouiller avec ce pays, que le sceptre n'y était plus aux mains du prudent Henri VII, mais de soii fils Henri YIII , dont le caractère était aussi fougueux et ans» hautain que celui du roi d'Ecosse.

Une escadre portugaise captura un bâtiment écossais appar^ tenant à John Barton. En conséquence ses fils obtinrent de Jacques des lettres de marque contre les vaisseaux portugais. Toutefois , dans leur zèle à venger le dommage de leur père, ils coururent non seulement sur ceux de celte nation , mais aussi sur des navires anglais faisant voile vers le Portugal, dont plusieurs furent pris et pillés par eux. En représailles de ces brigandages que rien ne pouvait justifier, les fils du comte de Surrey , lord Thomas et sir Edouard Howard , furent chargés par Henri VII, qui régnait encore lorsque ces événements se pa^rent, de poursuivre le piraté avec deux vaisseaux et de l'amener dans un port d'Angleterre. Sir André Bartôn , Taîné des fils , alla hardiment à la rencontre des deux jeunes seigneurs , les combattit en désespéré , et tant qu'il lui resta un souffle de vie , ne cessa d'encourager ses gens de son sifflet. Sa mort seule les décida à ise rendre.

Une autre querelle entre les deux royaumes reposait sur les motifs que voici : —Des habitants de la frontière anglaise massacrèrent sir Robert Kerr , gardien de la frontière centrale de TÉ* cosse. Un des assassins nommé Lilburn, avec Hreondé Ford, frère d'un autre individu conmiunément appelé Héron le Bâtard , fut remis au roi écossais par ordre de Henri VII -, mais aussitôt après la mort de ce sage monarque, les autres complices du meurtrier commencèrent à se montrer au grand jour sur la frontière. André Kerr, fils de la victime, envoya deux de ses vassaux nommés Tait obtenir par la force la vengeance qu'il avait en vain réclamée de la justice d'Angleterre. Ces gens réussirent dans leur mission et rapportèrent avec eux en Ecosse la tête de Sterked, un autre des assassins de sir Robert ^ Kerr le fit exposer sur la principale croix d'Edimbourg. Mais Héron le Bâtard qui vivait encore fut sur ces entrefaites remis en liberté, et dès lors Jacques IV, qui d'ailleurs ne manquait pas d'autres M* jets de mécontentement, conçut une violente haine contre son beau-frère Henri VIII.

^ L'exaspération de Jacques était au comble quand arriva i Edimbourg un envoyé français. Cet homme , par ses largesse*

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4inx nobles écossais , et son astuce k flatter l'esprit romanesque •du roi lui-même , se concilia bientôt un immense empire à ht «our d'Ecosse , puis décida le prince à former avec îa France une ligue offensive et défensive dont le résultat définitif devait être infailliblement une guerre ayec les Anglais. Toutefois , la rupture demeura quelque temps suspendue ; car Henri , qui avait l'intention d'envahir la France, ne se souciait pas de laisser son toyaume exposé à une invasion de la part de l'Ecosse , et lacqueis limitait à s'embarquer dans une téméraire entréprise. L'intet*yention d'une femme détermina enfin le sort du chevaleresqne Jacques. La reine de France écrivit àù roi d'Ecosse une lettre où , l'appelant son chevalier , elle le suppliait , de la manière et du ton d'une infortunée princesse de roman qui implore quelque vaillant paladin , de lui prêter assistance. Un anneau qui avait orné sa main fut le gage de foi par lequel la reine conjura Jacques d'entrer en Angleterre pour l'amour d'elle , quand il dé^ "vrait ne s'y avancer qu'à un jour de marche. En même temps, un cadeau plus solide de quarante mille couronnes contribua uà peu à parer à un manque de fonds, qui autrement eût peut-être rendu impossible l'envoi des secours demandés.

Là première mesure de Jacques pour satisfaire la reine dé France fut de dépêcher vers ce royaume une flotte dont la pluii grande partie ne rentra jamais dans les ports écossais , car les conséquences de la bataille de Flodden ôtèrent au gouvernement d'Ecosse l'énergie qu'il aurait dû déployer pour la conservation de ses vaisseaux ; aussi , les uns pourrirent- ils dans les ports de ïVance, tandis que les autres furent vendus à vil prix au roi français Louis XII.

Mais Jacques méditait un moyen plus direct dé secourir Louié et de châtier Henri VIII , qu'il était disposé alors à regarder •comme un ennemi plutôt que comme un beau-frère. Le monar-»- •que écossais envoya en France un héraut porter Un message au roi anglais qui se disposait à y assiéger la ville de Thérduenne. C'était une espèce de défi où il récapitulait la capture du naViré de Barton , le meurtre de Kerr, la détention d'un legs fait sous Henri VU à sa fille Marguerite, ainsi que d'autres griefs, et flms^ 0ait par sommer le roi d'Angleterre de renoncer aussitôt à son inva^on de France sous peine de voir l'Ecosse prendre les armes pour soutenir la cause de ce royaume. Henri Vlrf , égàlen\ëttt irrité et du contenu et des termes de cette remontrance ; Qt à|)

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béraut une réponse dans laquelle il reprochait à Jacqaes sa^r^ fidie, son parjure même, pour avoir enfreint la paix perpétuelle qu'il avait promis par serment lors de son mariage d'observer avec TAngleterre , traita avec dédain la prétention de l'Ecosse à intervenir dans sa querelle avec la France , et termina par rea* voyer au roi d Ecosse son déG.

Cependant la guerre avait déjà commencé; lord Home, qui était, toujoura grand-chambellan d'Ecosse, entra en Angleterre avec une armée considérable, brûla plusieurs villages, et ramassa un grand butin ; mais il ne devait pas réussir à l'emporter en Ecosse. Il traversa, sans se tenir sur ses gardes, la vaste plaine qui s'étend au nord de Yooles, et qu'on appelle Millfield ou le Champ-du-* Moulin, et tomba dans une forte troupe d'archers qui s'étaient mis en embuscade parmi de hautes bruyères. Surpris de la sorte, il fut défait et prit la fuite, après avoir laissé son frère et beaucoup de ses soldats prisonniers aux mains de l'ennemi.

Jacques, piqué au cœur de la perte qu'il avait essuyée, et du déshonneur que l'échec de Home avait jeté sur ses armes, &t d'immenses préparatifs de guerre. Il ordonna que tous ceux de ses sujets en flge de combattre, se réunissent à Edimbourg sous sa royale bannière, et apportassent chacun des provisions pour quarante jours; la constitution ne lui permettait pas d'ordonné plus. Le roi fut obéi, car il jouissait d'une extrême popularité; mais ne le fut qu'à regret par les gens qui étaient en état de réfléchir ou de raisonner sur le motif de la guerre: tous ils la trouvaient, sinon injuste, du moins impolitique.

En outre, de ministres présages vinrent, dit-on, jeter parmi la multitude superstitieuse, les doutes les plus funestes sur l'issue de la campagne. La nuit, à Edimbourg, proche la croix de la place du marché où les sommations se faisaient d'ordinaire, on entendait comme des voix^e hérauts qui sommaient le roi et tous ses nobles nominativement, à comparaître avant soixante jours au tribunal de Platon. Bans l'église de Linhtbgow aussi, pendant que Jacques y accomplissait ses dévotions, un homme, vêtu d'un bizarre costume à l'orientale et se donnant des airs de Jean l'apôtre, avertit solennellement le prince que s'il persévérait dans l'expédir tion qu'il voulait entreprendre^ elle finirait par sa ruine. L'avis» donné d'une voix lente et d'un ton impératif, se termina par unç menace terrible, pour le cas où le roi continuerait à se livrer au libertinage. Tandis que tout le monde était ébahi de l'audace du

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(iéTin, il s'échappa au travers de la foule, en sorte qu^on ne put l-arréier. Sans doute cette mascarade^ qui paraissait destinée i produire de Timpression sur le caractère superstitieux de Jacques lY, fut imaginée par quelqu'un des mbles qui n*approur Taient pas l'invasion d'Angleterre. Mais le roi se trouva, malheu-" reusement, aussi inaccessible aux préjugés surnaturels qu'aux ]Hréceptes de la raison et de la politique.

Jacques entra en Angleterre avec une armée aussi brillante que monarque d'Ecosse en commanda jamais-, et le chftteau de Norham^ celui de Wark, avec les tours frontières d'Étal et de Ford, furent successivement pris. Dans la dernière forteresse, Jacques fit pri-*' isonnière l'épouse de Héron de Ford, seigneur du manoir, et cette dame sut prendre assez d'empire sur le prince libertin pour l'empé^ cher de poursuivre sur le champson entreprise. Pendant ce temps* là, soilennuiderinaction, soit manquedevivre5,sonarmée diminua à vue d'œil, et quand Jacques fut enfin tiré de son extase amou^ reuse par l'approche du comte de Surrey, qui venait à la tète dei troupes formidables, défendre la frontière anglaise, il ne comptait plus sous ses ordres qu'une trentaine de mille hommes. Un héraut lui apporta un défi, dans lequel le seigneur anglais se disait envoyé pour venger la mort de Barton, et provoquait le rot d'Ecosse au combat. Le fol enthousiasme de Jacques pour la, chevalerie lui fit accepter cette romanesque proposition, en dépit des remontrances de ses plus sages conseillers, et entre autres de ce vieux comte d'Angus, qui avait le surnom de Spnnette-au-^ Chat, tt St vous avez peur, Angus, dit froidement le roi en réplique à ses arguments, vous pouvez retourner chez vous. » Angus ne voulut pas rester dans le camp après un tel affront ; il se retira avec des larmes de colère et de chagrin, mais laissa à ses deux fils et à ses vassaux, l'ordre de défendre leur roi jui^qu'au bout J

Ce fut le 6 septembre que Jacques, s'éloignant du bord occi-^ dental de la Till, alla camper sur la montagne de Flodden quj domine l'extrémité septentrionale de la plaine de Millfield. Là, il pouvait à sou choix combattre ou garder la défensive. Surrey comprit aussitôt l'avantage de la position de Jacques, car la hauteur sur laquelle il était allé s'établir offrait au sud un escar* pement presque à pic qui rendait l'attaque impossible de ce côté, et c^était celui-là précisément que le général anglais avait en face de lui; En cette conjoncture, Surrey, voyant les provisions rares et le pays ravagé à la ronde, résolut, par une manœuvre hardie, d«

doubler «vec son antiée la gauche de la position du rot écosaatoi et de êe poster ainsi au nord de Fiodden-Hill, entre Jacques et l'Ecosse. Cette marche ne s'opéra point sans beaucoup de péril| ear nécessairement, pendant le circuit autour de la montagne^ elle aurait exposé le Oanc de l'armée anglaise à de meurtrières attaques, si Jacques arait su profiter d'une occaâon aussi fiavora»ble; mais ce prince, qui s'entendait mieux à combattre en champ rios qu'à commander sur un champ de bataille, laissa les Anglais tourner tranquillement l'extrémité de son camp , et demeura dans l'inaction, jusqu'à ce qu'il i^t lord Surrey passer la Till aa moyen d'un pont étroit et d'un mauvais gué. Après aroir ainsi traversé la rivière, le général ennemi continua quelque temps à B'avancer vers l'est , puis , formant ses troupes ea bataille de manière que le (iront regardât le sud, il marcha vers les Écossais par une montée beaucoup plus douce que celle qui, de la [daine^ conduit au flanc méridional de la montagne. Le roi se décida alors à en venir aux mains, et rangea ses combattants pour l'actioB ; de même que l'ennemi, il divisa son armée en quatre grands corps avec une réserve derrière le centre. Les comtes de Huntley et de Borne prirent le commandement du dernier corps de gauche qui ne se composait presque que d'habitants de la frontière. Près d'eux, à droite, se placèrent les comtes de Grawford et de Montrose^ dont les soldats étaient tous Highlandais. Le roi lui-même se mit à la tête de la division centrale, qui par conséquent était la trcû-* sième, et la quatrième qui formait l'aile droite, fut commandée par les comtes de Lennox et d'Argyle. Tous ces corps avaient entre eux un certain intervalle, mais étaient rangés sur la môme ligne-, le comte de Bothwell commandait la réserve qui, postée derrière la division du roi, se composait de ses propres vassaux et de ceux des autres chefs du Lothian. L'armée anglaise adopta presque un ordre semblable. Opposé à Huntley et à Home, étaient les deu^ nobles frères, sir Edmond Howard et le grand--amiral sîr Thomas -, Surrey en personne prit le commandement du centre, et lord Bacres celui de la réserve; enfin, sir Edouard Stanley se plaça à la tête de Taile gauche.

€e furent les Ecossais du dernier corps de gauche qui engagé^ rént le combat, et avec un avantage marqué ; mais ils ne le conservèrent pas long-temps. Home , se précipitant avec fureur sur êir Thomas Howard, retendit à terre; et la division de l'amiral Attrait été bientôt mise en dérqute, si elle n'avait été soutenue pêt

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lord Oacres avec ta résen^e dé la cavalerie anglaise. Ge renfort tiâ arriva si à propos et ftitsi efficace, que les Écossais, vainqueurs peci auparavant, lâchèrent pied. A leur secours s'élancèrent les fiighlandais sous les ordres de Grawford et de Montrose ; mais dans leur précîpitaticm, à peine conservèrent^ils leurs rangs, et les deux Howard les eurent dispersés en un clin d'œil-, les deux comtes éodssik périrent. Pendant ce temps, la division du' roi fut vigoureusement attaquée par celte du comte de Surrey ; et, quoique accablée d'une grêle de flèches, fit une courageuse défense. Le comte dé Bothw^ la soutint bravement avec la réserve, et la mêlée ne tarda guère à devenir sanglante. D'un autre côté, sir Edouard Stanley, avec kb liommes du Chesiiire et du Derbyshire qui formaient l'aile droite anglaise, tailla en pièces la division de Lennox et d'Argyle qui se trouvait vis-à-vis de la sienne. Ces deux chefs restèrent sur Ift place, et Stanley, forçant à travers l'espace qu'ils avaient occupé^ puis tournant sur sa gauche, amena ses troupes derrière celles du Toi Jacques qui étaient déjà en désordre. Par une attaque de ce côté, il seconda puissamment les efforts de Surrey qui cherchait à entamer l'armée écossaise par devant. Mais, quoique rompus ^ quoique couverts de sang, ces bataillons, que composaient l'orgue et la fleur de la noblesse écossaise, se formèrent en cercle de manière à résister sur tous les points, et se défendirent avec un honorable désespoir. Personne ne songea à abandonner le roi, qui déploya une inutile valeur, et ne quitta jamais l'endroit le plus périlleux. La nuit sépara enfin les combattants; et, de même qu'un guerrier que son courage soutient tant que l'action dure^ ' mais qui, l'action finie, perd connaissance à cause du sang qui s'échappe de ses blessures, les Écossais sentirent alors l'étendue de leurs pertes ; aussi quittèrent-ils dans un morne silence ce •champ de bataille où ils laissaient leur roi et presque tous ses nobles parmi les morts.

L'Ecosse perdit à Flodden douze comtes, treize lords, cinq fils atnés de pairs, cinquante chefs, chevaliers et hommes de rangv lenfin dix mille simples soldats ! Elle avait sans doute essuyé des défaites où le nombre des morts avait été plus grand, mais le chifi&e particulier des nobles qui avaient péri dans ces^ journées désaa^ treuses, n'avait jamais été proportionnément aussi considérable qu'à celle de Flodden. La cause en fut, et que la défense se prolongea avec une obstination extraordinaire, et que^ quand le6 roturiers cammenoëreot; ainm qu'on Ta déjà dit, à abandonner

aM HISTOIRE D'ÉGOSSE.

leurs étendards, la honte et le sentiment de rhonneur empochèrent les nobles et les gentilshommes de suivre leur exemple.

Long-temps les historiens écossais ont contesté que Jacques lY fût mort à la bataille de Flodden, et prétendu que le corps^ monstre comme celui de leur malheureux roi par les Anglais, n'était pas réellement le cadavre de leur souverain ; quelques-uns d'entre eux ont supposé que Jacques, après avoir échappé au massacre^ alla en pèlerinage à la Terre-Sainte pour apaiser le. ressentiment du ciel qii, pensait-il, lui avait envoyé sa dernière infortune^ pour venger sa participation à la mort de son père. Mais il n'est plus douteux aujourd'hui, que le corps de Jacques fut trouvé par lord Dacres à qui le roi devait être bien connu, et emporté par lui à Berwick ; on Tenterra plus tard dans le monastère de Sheen ou de Richmond. Le cadavre était percé de deux flèches, et la mort avait été déterminée par un coup de hache-d'armes. Bon, mais en butte à une mauvaise destinée, ce monarque laissa deux fils, Jacques, son successeur, et un enfant posthume qui ne vécut que deux ans ; le seul roi d'Ecosse qui, depuis la défaite et la mort de Jtfalcolm ill, près d'Alnwiik, ait péri dans une bataille contre les Anglais^ il mourut dans sa quarante-et-unième année, après avoir régné trente-six ans.

Il peut n'é!re pas inutile ici de jeter un rapide coup-d'œil sur les contrastes que les deux peuples qui habitaient la Grande^ Bretagne offraient à cette époque sous le rapport du sytème civil et militaire, des coutumes et des mœurs. Bien entendu , nous ne parlerons que des contrées basses de l'Ecosse , car les montagnes différaient encore autant de leurs compatriotes saxons qu'au com** mencement du huitième siècle. '

La guerre avait été presque constamment le genre de relation dans lequel les deux royaumes qui partageaient l'ile étaient der meures; au point que ces nations sœurs, qui par leur situation géo^ graphique, semblaient appelées à être soumises au même sceptre et aux mêmes lois, avaient l'air de se regarder comme ennemies naturelles l'une de Tautre. Ce serait perdre son temps que de rechercher si dans cette longue lutte, l'une des deux l'emporta sur l'autre du côté de la force physique et de la bravoure instinctive, avantages que la nature distribue avec impartialité parmi les har

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