‹ histoire d'ecosseChapitre 83 sur 86 · CHAPITRE XXI. ai · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI. ai

biUnts du même soi. Aa contraire , on peut clairement aperce* voir dans les différents degrés de la discipline, dans les différentes espèces des armes, et dans les différents modes de manœuvres, les causes de la supériorité qui donna la victoire tantôt aux An^ glais sur les Ecossais, tantôt aux habitants des parties septentrionales de l'île sur leurs voisins méridionaux.

Les triomphes des Anglais s'expliquent par deux circonstances principales ; la première est l'instruction plus parfaite de leurs armées qui de bonne heure manœuvrèrent avec beaucoup d'art, et nous comptons en indiquer plus bas la raison ; la seconde, Ta^ dresse merveilleuse avec laquelle ils se servaient de l'arc long. C'était l'arme la plus terrible du siècle, et ni Écossais, ni Français, ni Flamands, ni Espagnols, ne savaient le manier avec autant de succès que les reomen ou Métayers d'Angleterre. Ces gens se distinguaient par un degré d'indépendance et de richesse in* connu aux mêmes classes de la société dans les autres royaumes de l'Europe. Ils mettaient leur orgueil à avoir les meilleurs arcs et les meilleures flèches possibles; arcs et flèches, soit dit en passant, demandaient à être fabriqués avec le soin le plus minutieux , et ils étaient parvenus à en tirer des effets on ne peut plus formidables. Leur richesse leur permettait de se procurer des armes de premier ordre, et leur genre d'éducation les habituait à s'en servir avec une habileté sans égale. L'évéque Latimer dit de lui-même que, comme tout autre enfant, il fut élevé dans son enfance à tirer avec un petit arc convenable à son âge ; que, devenu un peu plus &gé, on lui en mit entre les mains un plus grand, et que par ce moyen, il acquit un degré d'adresse surpassant de beaucoup celle de tout individu, qui à vingt ans, n'avait pas encore touché un arc. La forme de l'arme des Anglais ne laissait pas non plus d'être fort avantageuse. Leur arc, par son extrême longueur^ avait une puissance extraordinaire , et leurs flèches, munies d'une petite tête d'acier tranchant, étaient faites de manière à voler au loin et avec beaucoup de force. Les Highlandais, à l'inverse, étaient, sinon les seuls, du moins les plus nombreux archers de l'Ecosse. Les montagnards qui se servaient d'un arc faible , court et mal tendu, ne lançaient qu'une lourde flèche garnie d'une barbe qui la faisait peser trois ou quatre fois autant qu'une flèche anglaise. A ces avantages du côté de l'Angleterre, il faut joindre la dextérité que ses Yeomen déployaient dans le maniement de l'arc, car toujours ils en tendaient la corde

juaqv'A Tcffeillt droite > tandis que les arehers dts autr^si iiatiws. rAttûraient aeutaittent jusqu'à la p<»truie et décochaient aiosi uu trait moins long avec un arc beaucoup moins fort. Au reste, il y avait en Ecosse un proverbe qui peut donner una juste idée de la flnayeur que les archers d'Angleterre y inspiraient; chaque archer du sud , disait-on , portait à sa ceinture les vies de vingtquatre Écossais, car tel était le nombre de Qèches dont il était ordinairement pourvu.

Les Anglais, beaucoup plus riches que leurs voisins , avaient Mnsi sur eux un autre avantage qui n'était guère moins important que leur supériorité à se servir de l'arc. Ceat richesses > ea i^et, leur donnaient le moyen de mener contre l'ennemi d'im* menses corps de mercenaires, tant cavaliers que fantassins, qui a'avaient d'autre métier que celui des armes, et qui pour vivre ^ vwdalent leurs services aux princes le mieux en état de les paym*. Sfaturelleœent , de telles bandes qui demeuraient toujours soug k» drapeaux , devaient beaucoup mieux connaître l'art de Ut guerre et la discipline du temps que les indigènes d'Ecosse qui n'adoptaient que de loin à loin la profession militaire. Ge qu'il y avait môme de {dus important, était l'habitude de l'obéissance passive quecesmereenairesavaientai^risà pratiquer^ et qui, pourvu . qu'on les payftt régulièrement, leur faisait exécuter avec autant de promptitude que de précision les ordres de leurs ehels. I^es années anglaises, surtout depuis le règne de Henri YII , ne ces* seront de recevoir dans leur sein des bandes venant de Flandre^ d'SSspagne, d'Italie et des cmtrées alors les plus belliqueuses du monde. Gessoldats avaient pour commandants des hommes qu'une Ira^ue expérience avait instruits dans l'art de la guerre , car la guerre était leur unique profession, de même que les camps leur unique demeure. La discipline de ees troupes servait d'exemple aux indigènes de l'Angleterre, et leur montrait combien pradant luse campagne ou sur un champ de bataille , l'obéissance passive produisait de bons résultats. Enfin , tous les c(Hrps ^airat eomnandés par un seul et même gén^l qui possédait un talent reoennu , et qui, recevant ses ordr^ du roi ou du conseil , jouissait ainsi de l'autivité absolue nécessaire pour diriger avec ensemble ks mouvements d'une armée.

Outrel'avantage particulier que l'Angleterre avait de soudoyer des troupes régulières, sa richesse permettait à ses chevaliers de se couvrir d'arauire» complet^, de monter d'excelienta cdievaux^

GHAPmiK XXI.

htef, de s'équiper si biea qu'ils ne le oédaient à aueim des gra>* d'armes d'Europe. Elle avait aossi^ à n'en manquer jamais, argent, vivres, munitions, artillerie, et tout ce qui est nécessaire, non seulemoal pour coounencer, mais encore pour tenir la campagncu

D'autre part, les armées écossaises ne se composaient que des simples habitants du pays; et à moins que le hasard n'eût amen^ daas leurs rangs quelques gens-d'armes français, elles ne renfep* maient aucun corps pouvant ressembler à des soldats réguliers* li'Eeosse n'avait elle -même qu'un petit nombre de gens-d'armea inal équipés* Beaucpup de ces combattants allaient à l'ennemi sur des chevaux, pleins de feu; mais le moment de l'action arrivé » oomme leurs montures n'étaient pas assez vigoureuses poujr soutenir le choc de cdles de leurs adversaires^ ils avaient cou-> tume d'en descendre, IjOS Ecossais combattaient donc toujours i pied , circonstance qui exposait enc(»re davantage leurs larges masses de piquiers aux meurtrières attaques des archers anglais, ear ceux-ci pouvaient rester à distance et les accabler d'ua^ grêle de terribles flèches, sans affronter les corps de leurs piques*. Puis les armées de l'Ecosse étaient bien sous le commandement no^ Biiaal d'un seul chef; maiselles manquaient de cette unité de force et d'énergie qu'un vaste corps possède ordinairement lorsqu'il i^t de concert et sous l'autorité d'un seul individu. Loin de là» elles se composaient plutôt d'une multitude de petites armées auï ordres de divers généraux , inconnus tes uns aux autres, peiit- (tre ennemis entre eux, et ne reconnaissant de chef commun que le roi , qui n'était pas toujours capable de commander en pe^* sonne et à qui on ne témoignait souvent pas une complète obéisaance.

Les grands avantages dont l'Angleterre était redevable à b| merveilleuse habileté que ses soldats déployaient pour lancer les projectiles de l'époque, et à ses immenses richesses qui la mettaient à même de former et d'entretenir des armées, devenaient par ticuti^ement sensibles dans les grandes batailles. Aussi l'Ecosse qui, dans son impatience et faute de moyens de tenir long-temps )a campagne» en hasarda beaucoup plus souvent que la prudence ne l'ordonnait, essuya-t-elte une suite de terribles et sanguinaires faites , si nombreuses , et à ce qu'il semble . si décisives, que le l^teur doit être surpris qu'elle ait pu échapper à l'assi^ettisse-^ ment complet qui* parut tant de fois la menacer. Mais inférieure soQs ces rapports^ î'fic^sseï oq r^ancbe» avait la supérioriité sur

quelques autres points qui la rendaient yictorleiise quand elle pouvait s'abstenir d'actions générales.

Lorsque les deux peuples en venaient aux nuiins avec des troupes peu nombreuses de chaque côté, les dissensions. si ftéquentes dans un camp écossais n'existaient pas, et les naturels en armes de quelque district particulier, combattaient avec ensemble sous les ordres d'un Stuart ou d'un Douglas, à qui tous reconnaissaient le droit de commander sur un champ de bataille. Il en fût ainsi àOtterbourne et dans beaucoup de rencontres où ui l'une ni l'autre des armées ennemies n'excédaient quelques mille hommes , et souvent même étaient encore moins nombreuses. L'infériorité des Écossais sous le rapport des archers fut , ea^ beaucoup d'occasions, balancée par l'avantage que la pique, leur arme nationale, leur donnait sur la hache avec laquelle les soldats d'Angleterre soutenaient le combat quand la mêlée s'engageait. La vigueur et la solidité que la phalange des piquiers d'Ecosse déploya souvent pour l'attaque et pour la résistance sont célèbres ajuste titre. Si Ton veut réfléchir qu'une arme qui n'a besoin que d'être alongée pour porter coap , est plus redoutable que celle qu'il faut lever à tour de bras avant de frapper, et que des troupes qui se servent de la première doivent serrer leurs rangs , tandis que pour se servir de la seconde, elles doivent s'écarter, peut-être conviendra-t-on qu'il n'y a nul amour-propre national df» notre part à dire, en faveur de la force et du courage des Écossais, que dans de petites escarmouches et des combats de second ordre, ils avaient une évidepte supériorité sur les Anglais.

Outre l'avantage avec lequel ils combattaient corps à corps , on ne doit pas perdre de vue que les Écossais habitaient un climat rude et un sol pauvre , qu'ils savaient endurer les intempéries de Fairet la privation de nourriture, qu'en même temps ils faisaient principalement leurs guerres dans leur propre pays, région avantageuse et stérile dont toutes les retraites leur étaient familières; et alors on ne s'étonnera plus que , doués de la rare persévérance qui les caractérise , ils aient réussi , malgré tous leurs désavantages , à se soutenir vis-à-vis de leurs puissants voisins sur un tel pied d'égalité, qu'ils purent nombre de fois regagner peu à peupar une suite d'escarmouches , au moyen d'embuscades et à force d'attaque contre les envahisseurs, ce qu'ils avaient perdu dans de grandes batailles générales.

Pour le gouvernement et la constitution, l'Angleterreet l'Écasse

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