‹ Histoire d'Égypte /Chapitre 13 sur 26 · ED · texte numérisé non relu

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gharah qui nous certifient les travaux exécutés sous son règne dans

les mines de cette montagne. Sa pyramide s'appelle J J\iiofer,

c'est-à-dire la « Belle, » malheureusement nous n'avons rien à dire pour fixer sa position. Une série de tombeaux à Saqqarah, et à Gizèh nous a conservé le souvenir de plusieurs personnages qui remplissaient de hautes fonctions à la cour du roi. Comme leurs titres ne diffèrent pas beaucoup de ceux dont nous avons parlé plus haut, nous les passerons cette fois sous silence. Remarquons cependant que les Egyptiens appelés Snoferu-nofery Râkapu et yii-hotep apparaissent comme prêtres attachés déjà anciennement au culte du roi.

Un souvenir très-précieux du roi Assa s'est conservé dans un travail littéraire composé par son fils le prince Patah-hotep. Disons un mot de ce papyrus qui probablement est le plus ancien manuscrit du monde et qui est mieux connu sous le nom de

Buugsch, Histoire d'Egypte. I. 5

papyrus Prisse. Il a été acquis par un Français de ce nom à Thèbes et donné à la bibliothèque royale de Paris. La plus grande partie de ce document contient un traité du fils (VAssa qui se rapporte aux vertus nécessaires à l'homme et à la meilleure manière d'arranger sa vie et de faire sa carrière dans ce monde. Le titre général est conçu en ces termes : « C'est l'enseignement du gouverneur Patah-hotep , sous la Majesté du roi Assa vivant éternellement. » A l'époque où il composa son livre , il doit avoir été très-âgé, puisqu'il décrit la caducité de sa vieillesse en termes extrêmement significatifs. « Les yeux, dit-il, sont petits et les oreilles bouchées, la force s'affaiblit sans relâche , la bouche se tait et ne parle pas, la mémoire s'est fermée et ne se rappelle pas du passé. Les os sont hors d'état de rendre service , ce qui a été bon est devenu mauvais. Même le goût s'en est allé. La vieillesse rend l'homme mauvais en toutes manières. Le nez est bouché, il ne respire pas. » C'est ainsi que le prince aborde la question qui forme le sujet de son livre, c'est-à-dire de donner à la jeunesse des préceptes qui se justifient par la pratique de sa longue vie.

Il est extrêmement intéressant de suivre les simples paroles, qui au style antique rendent les pensées du vieillard et touchent presque toutes les conditions dans la vie états de l'homme I n des plus beaux échantillons est sans doute le morceau suivant. Il caractérise admirablement l'esprit d'humanité qui parfume ces préceptes d'une morale très-élevée. «Si tu es devenu grand, après que tu as été petit et si tué ramassas des richesses après la misère, étant pour cela le premier dans ta ville , si tu es connu par ton opulence et si tu es devenu un grand seigneur , que ton coeur ne devienne pas fier à cause de tes richesses : car c'est Dieu qui en est l'auteur pour toi. Que tu ne méprises pas l'autre qui est ce que tu fus, sois envers lui comme envers ton pareil. »

Quoique les tombeaux de cette époque ancienne nous révèlent dans leur ensemble des traits extrêmement favorables aux idées de l'humanité , on ne peut comparer ce qu'ils nous disent avec ce langage naïf et simple des préceptes du prince Patahhotep. Ce n'est ni le prêtre , ni le prince quis'adresse à la jeunesse contem-

poraine, c'est simplement l'homme qui les enseigne. Y a-t-il rien de plus vrai et en même temps de plus persuasif que son exhortation : « que ta face soit gaie autant que tu vis ; est-ce que quelqu'un est sorti du cercueil après y être entré ? »

Unas. Quoique nous ne soyons pas bien instruits de son histoire, nous savons cependant le nom de sa pyramide qui s'appelait

à À J] il ^ nofer-setu « le plus bel endroit » ou « le meilleur endroit. > Ce n'est pas autre chose que cette immense construction funéraire, en forme de grande pyramide tronquée , qui s'élève au milieu du désert au nord des pyramides du Dahschour désignée par les Arabes sous le nom de Mastabat-el-Faraoun, c'est-à-dire «le siège du pharaon.» Nous avons assisté à son ouverture faite par M. Marielte-Bey , et nous avons pu nous convaincre qu'une des pierres à son entrée portait les traces assez lisibles des lettres qui composent le nom du roi Unas. Donc il n'y a aucun doute sur l'identité que nous avons proposée et qui est adoptée par M. de Rougé, dans son ouvrage sur les six premières dynasties égyptiennes.

C'est avec ce roi que se termine la cinquième dynastie de la liste manéthonienne d'accord avec le canon historique de Turin qui après le nom de Unas termina la première section de la série des pharaons , en donnant le total des années de règne et du nombre des rois qui précédaient. Quoique les chiffres soient aujourd'hui détruits, il résulte cependant d'une inspection du papyrus que tous ces rois se suivaient sans aucune division principale, et dans un ordre successif qui commençait par le premier roi Mena, et qui se terminait par le roi Unas. Cette observation est d'une haute importance pour la classification de ces rois du canon égyptien, car elle nous prouve qu'ils formaient un groupe entier, appartenant probablement à la même famille. Voilà donc ces fameux rois de Memphis, les plus anciens souverains dans l'histoire du monde.

Le dernier roi de la 5e dynastie porte le nom de

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