Thoth
2) fête appelée Uak le 17 à 1S Thoth , 3; fête du dieu Thoth le 19. Thoth .
4) fête de la navigation,
5) fête du commencement de l'inondation,
6) la fête de la barque Teh-t.
7 la grande panégyrie,
8) la bonne fête sur la montagne,
9 la fête appelée Usa.
En comparant cette liste avec celle que nous venons de citer dans la traduction de la biographie de %num-hotep, on s'apercevra que la dernière, quoique moins complète . contient trois fêtes audessus du nombre proposé ci-dessus. Ce sont : la fête « de l'ouverture de l'an » ou du nouvel an) , une autre fête « de la fin de l'an)) et une troisième nommée Setât.
Ce qui devient évident d'une étude de ces fêtes calendriques, c'est que 2,500 avant J.-C. les Egyptiens avaient la connaissance de quatre différentes années. On ne se trompera pas beaucoup en posant que le premier nouvel an se rapporte à l'année vague, le second à une année solaire , la petite année à l'année lunaire et la grande année à une année lunaire à intercalatiou. Il dépendra
de recherches ultérieures et surtout de nouveaux matériaux pour démontrer le connexe calendrique qui a enchaîné ces quatre années, et de fixer les points de coïncidence qui, sans doute, réglaient leurs retours périodiques.
Les riches sculptures et peintures répandues à profusion sur les parois du tombeau de ynum-hotep ont une valeur inappréciable pour la connaissance des arts . des métiers et de la vie civile et religieuse de l'époque qui nous occupe. Parmi le nombre il y a une scène extrêmement intéressante et d'une grande importance sous le point de vue historique. C'est l'arrivée en Egypte d'une famille de la nation sémitique des Amou , qui vient de quitter sa patrie pour fixer son domicile sur les bords du Nil. Cette famille est composée de trente - sept personnes : hommes , femmes et enfants , qui présentent leurs hommages à la personne de ynumhotep en lui demandant, à ce qu'il paraît, un bon accueil, a L'écrivain royal Nofer-hotep » offre à son chef une feuille de papyrus couverte d'une inscription de ce sens : « L'an 6 sous le règne du roi Vsurtasen II : compte rendu des Amou qui amènerent au fils du hâ : ynum-hotep , de son vivant , le minérai Masiemut du pays Pit-ku. Leur nombre se compose de 37 personnes.» L'écrivain en question est suivi d'un autre personnage, Égyptien de nation, qu'une petite légende hiéroglyphique désigne comme mur nunu yiti c'està-dire comme «l'inspecteur de ceux-là, du nom yiti. » Il paraît donc que ceux-là , les Amou , dès leur arrivée sur le territoire du nome de Sâh furent mis sous la garde de yiti. Après ces personnages qui sont chargés de l'introduction , se présente le chef des Amou avec sa suite. Le premier porte le titre et le nom du «chef {haq) du pays Abe-hi.» Ce nom est d'origine sémitique et il rappelle celui d'Abisai porté par le fils de la soeur du roi David qui s'est distingué par ses talents militaires auprès de son oncle. Abeha s'approche respectueusement de la personne de ynum-hotep (contemporain d' Vsurtasen II et fils de ynum-hotep) en lui offrant comme cadeau ou bakchiche un magnifique bouquetin de l'espèce de ceux qu'on rencontre encore de nos jours sur les rochers de la presqu'île du Sinaï. Après lui. on voit ses compagnons de voyage.
des hommes barbus et armés de lances , d'arcs et de massues, des femmes costumées à la mode des Amou, des enfants et des baudets chargés des effets de nos voyageurs. Notez encore qu'un musicien accompagne la société ; à l'aide d'un plectre il joue de la lyre de vieux style, comme on la voit encore aujourd'hui dans les régions du Soudan. Une inscription tracée au-dessus de la scène que nous venons de décrire, nous apprend que « c'est l'arrivée pour apporter le minérai Mas mut que lui apportent 37 Amou. » Le minérai en question était un article de commerce très-recherché en Egypte. Il servait de cosmétique pour teindre les cils , et c'étaient surtout les Arabes qui le fournissaient aux Égyptiens. En effet le pays de Pit-su mentionné dans notre texte, était habité par les Sasu, Arabes du désert de la Pétrée, le pays des Mati selon les géographes antiques de l'Ègypte, et il est sûr que nos 37 Amou avaient fait le long voyage d'un des ouadis de la presqu'île du Sinaï jusqu'aux environs de Béni-Hassan pour remettre le minérai en question au noble chef ynum-hotep . Ce curieux tableau peut servir d'illustration à l'histoire des fils de Jacob qui arrivent en Égypte pour implorer la faveur de Joseph. Mais ce serait une singulière erreur que de supposer dans cette peinture de Béni- Hassan une allusion quelconque à l'histoire de la Sainte-Écriture.
Nous ne pouvons terminer l'histoire du roi Usurtasen 11 , sans revenir au long texte de Béni-Hassan qui nous a révélé la vie de ynum-hotep et de ses enfants, et dont nous avons traduit la première partie aux pages précédentes. Après avoir donné connaissance des événements qui ont distingué son existence, ynum-hotep continue d'appeler l'at tention du lecteur sur les honneurs accordés à sa descendance de la part des pharaons.
« Une autre distinction m'a été faite , dit-il , mon fils NeyJ, né de %cti, étant nommé haq (gouverneur) du nome Cynopolite, à cause du droit héréditaire du père de sa mère. On (lui) conféra le titre de Semer-uâti et on le nomma chef du nome du midi. Il fut élevé au rang des seigneurs par la Majesté du roi Usurtasen II, qui a créé son souvenir dans le nome Cynopolite en restaurant ce qu'il avait trouvé ruiné , en prenant possession d'une ville après
l'autre, en faisant connaître sa frontière, afin de juger sur la valeur (de sa production) . Fut établie la borne pour la limite du nome du midi, fut dressée celle du nord, selon la direction du ciel, fut assignée la surface des champs incultes qui s'étendaient (?) sur quinze bornes, fut assignée la surface de ses terrains cultivables. Le point extrême de sa frontière était vers le nome Oxyrynchite. On lui distribua le grand fleuve sur son territoire. Son terme ouest partait du nome Cynopolite jusqu'aux pays de l'Ouest. »
Malgré plusieurs difficultés qui proviennent du langage laconique de la rédaction, il est évident que Neyt, fils de xmwi-hotep, fut nommé gouverneur du nome Cynopolite, situé au nord du nome de Sâh, et en même temps qu'on lui conféra la dignité de chef du nome du Midi. Ce dernier ne figure pas dans les listes officielles des nomes , mais il est presque sûr qu'il embrassait plusieurs nomes qui se trouvaient au midi du nome Oxyrynchite.
Après la mort d' Usurtasen II, son successeur, portant le même
nom, mais distingué par le titre officiel ya-kau-
qui occupera notre attention. Il faut le dire d'avance que ce pharaon est du nombre de ceux qui par leur sagesse et par leurs exploits ont acquis la gloire de la grandeur historique. Aussi la mémoire de ce roi puissant et guerrier s'est-elle conservée à travers les siècles jusqu'à notre temps, grâce aux sentiments de reconnaissance que les Egyptiens éprouvaient pour perpétuer le souvenir du roi Usurtasen III le Grand qu'ils honoraient d'un culte divin. Pendant la durée de son règne, ce pharaon s'occupait particulièrement d'expéditions militaires qui étaient dirigées contre les Nègres habitant le Midi dans le but de régler les frontières et de construire des places fortes pour défendre l'entrée de l'Égypte du côté du midi. C'est ainsi que dans le voisinage de Ouadi-llalfa . tout près de la seconde cataracte du Nil, le roi fit bâtir des sanctuaires et des forteresses qui dominaient les deux rives du fleuve. Leurs
[5. USURTASEN m.)
ra, monta sur le trône d'Egypte. C'est donc un troisième Usurtasen
restes existent encore de nos jours étant connus sous le nom de Semne et Koumme. L'origine de cette dénomination doit paraître d'autant plus ancienne que les mots Samina et Koummou, tracés en caractères grecs . se retrouvent dans une inscription sur les parois du temple de Semne. Deux grandes pierres . espèces de bornes, couvertes de textes, qui débutent par une date du règne d' Usurtasen III , servaient anciennement à fixer la frontière entre le pays nommé Heh et l'empire égyptien. Lime des deux inscriptions commence par les mots suivants : « C'est la frontière du midi qui a été faite l'an huit sous le règne de Sa Majesté le roi Usurtasen III, qui donne la vie éternellement. Qu'il ne soit permis à aucun Nègre de la franchir dans son voyage à l'exception de barques chargées de toute espèce de bestiaux, de boeufs de chèvres et d'ânes appartenant aux Nègres. » Ce texte se termine ainsi: «qu'il ne soit jamais permis à un navire appartenant aux Nègres, d'entrer dans sa marche dans le pays de Heh. » L'autre inscription, datée de l'an 16 du roi, répète que 8a Majesté avait fixé la frontière du midi au pays de Heh. Elle nous apprend en même temps que le roi avait donné la permission d'ériger sa statue dans cette région. Longtemps après sa mort la Nubie adressait des prières au roi Usurtasen III, c'était le dieu protecteur du pays qui se mêlait au nombre des divinités locales. Après plus de quinze siècles, à la dix-huitième dynastie, le pharaon ThutmeslII, un des plus grands conquérants de l'antiquité, fit bâtir à son ancêtre un temple à Semne, et les Egyptiens lui adressaient des proscynèmes comme à un dieu. C'est ainsi, par exemple, qu'on peut lire à Semne le proscynème suivant. «0! vous princes qui approchez de cette pierre , qui aimez et invoquez les dieux de votre pays , qui allez vous rejoindre à vos maisons , prononcez ce proscynème adressé au dieu Tôt un, résidant en Nubie .... et au roi défunt Usurtasen III. pour qu'ils accordent les offrandes funéraires à un tel. » Le roi Thutmes III avait consacré audit pharaon plusieurs autels dans le temple du dieu nubien Totun et du dieu des cataractes %num , il avait fixé la liste des offrandes à fournir et il avait indiqué les jours de l'année qui devaient être regardés comme fêtes en
.souvenir <T Umrtasen III. C'est ainsi, pour nous servir de l'expression des Égyptiens , que Thutmes fit revivre inonunientalement la mémoire de son glorieux ancêtre.
Voici du reste le texte que contient la grande inscription dédicâtoire et qui nous fait connaître la donation du roi Thutmes III. << L'an 2 , le septième jour du mois Paoni , sous le règne de la Majesté du roi Thutmes III, ami du dieu Totun , résidant en Nubie, la Majesté du roi a parlé ainsi à NaJii le prince-gouverneur des régions du Midi.»
«Tu feras graver sur la pierre les sacrifices consacrés au roi
XJsurtasen III dans le temple de son père Tôt un. Un fils
reconnaissant a rendu ainsi ses hommages à ses aïeux qui Font engendré. »
Après plusieurs groupes dont l'état mutilé ne permet pas une traduction suivie, le texte continue :
«A la fin du commencement de la première saison: 15 boisseaux de dourra à son père Totun et 045 boisseaux et 20 minots de dourra .... [à son père ynum.»
«A la fête du commencement de la seconde; saison: 50 boisseaux de dourra à Totun1' et 125 boisseaux 20 minots de dourra, par an, à son père %uum.y>
cUn taureau au nouvel an à son père Totun. »
« Un taureau »
« Un taureau à la fête anniversaire de la défaite des A/tu laquelle arrive le 21 Pharmuthi, ;à Totun].))
«A la fête du commencement de la troisième saison : 50 boisseaux de dourra à Totun , 204 boisseaux 15 minots de dourra. par an, [à %num pour la défaite des Anu. »
« Huit vêtements de l'étoffe byssus .... »
«A la fête qui arrive au mois de Pachom, un taureau à son
père yjium et 20 boisseaux de dourra, par an, à la reine
M boisseaux, par an, à la grande reine Mersekar pour le châtiment des peuples, et 131 boisseaux et 10 minots, par an. au roi t surtasen III. »
Il y a un grand nombre de souvenirs qui rappellent le règne
du troisième Usurtmen et qui se rapportent à des oeuvres exécutées sous son gouvernement. J eu cite encore un texte sculpté sur les rochers de la vallée de Hammamât qui nous apprend que le roi s'était occupé de grandes constructions en l'honneur des divinités du pays. La grande vallée où l'on taillait les pierres sous l'inspection des fonctionnaires du roi, portait alors le nom de Rohan. L'inscription en question débute ainsi: «L'an 14. le dix-huitième jour du mois Choiahk, sous le règne du roi Vsurtasen III, vivant à toujours, qui aime le dieu yem-Hor de la ville Coptos, voilà que Sa Majesté ordonna de passer au pays de Rohan pour l'exécution d'un monument consacré, par Sa Majesté, à son père, le dieu Harsef, maître de la ville Héracléopolis-Magna. » Après ces mots l'auteur de l'inscription . un employé de sang royal , raconte que le pharaon l'avait envoyé comme préposé aux travaux à exécuter, en assurant qu'il n'a pas manqué de zèle pour remplir la tâche que le roi lui avait confiée.
[6. AMENEMHÂT III. ] Le successeur du roi précédent porte le nom officiel de
CQ 1 râ-n-maût « soleil de la justice » et le nom de fa-
AAAAAA ^ 7]
mille Amenemhât, le troisième prince de ce nom. Les énormes constructions qu'il fit exécuter dans la province du Fayoum , ont sauvé son souvenir de la destruction et ont illustré sa renommée à toujours.
La prospérité de l'Égypte , comme on le sait, est fondée sur la fertilité de son sol produite par les inondations périodiques du Nil. Quand les eaux de ce fleuve dépassent la hauteur qui est nécessaire pour inonder les campagnes, elles détruisent complètement les espérances des laboureurs. Quand, au contraire, le fleuve manque d'eau à l'époque de l'inondation, la stérilité et la famine en sont les conséquences. Il s'agit donc. — et c'était ainsi à toutes les époques de l'histoire égyptienne — d'observer d'avance et de régler les inondations par des moyens artificiels , par la construction de digues et de canaux , d'écluses et de réservoirs. Les monuments
nous apprennent qu'aux différentes années du règne à' Amenemhât III , les hauteurs de l'inondation furent observées et gravées sur les rochers près de Semne et Koumme. On y lit par exemple ahauteur* du Nil, l'an 14 sous le règne de sa Majesté le roi Amenemhât III, vivant à toujours. » Dans plusieurs exemples de ce genre on rencontre encore les titres et les noms des employés qui , avant l'entrée des grandes eaux en Egypte , furent envoyés pour examiner l'état de l'inondation et prendre les mesures nécessaires. Le grand nombre d'indications de ce genre, que M. Lepsius le premier a recueillies lors de son séjour en Nubie, nous permet de constater un fait extrêmement remarquable, c'est qu'à l'époque de la douzième dynastie , le point de la plus grande hauteur fut de Sm : 17 au-dessus de la plus grande hauteur que l'inondation pourrait atteindre de nos jours. L'état moyen de l'inondation sous Amenemhât III surpasse donc celle de notre temps de plus de 7 mètres.
Le soin que le roi prodigait aux observations de ce genre, s'explique le mieux par le creusement d'un bassin énorme dans la province moderne du Fayoum. Le nom de Moeris que les auteurs grecs ont donné à ce lac, nom dans lequel ils ont cru reconnaître celui d'un roi , dérive de la dénomination égyptienne Meri qui désigne chaque espèce de bassin ou de lac. Le nom arabe Fayoum donné à la province de l'ancien lac Moeris s'explique par le mot Pa-ioum ou Pha-ioum qui, en copte, signifie «le [pays} de la mer.» Longtemps on a cru ce bassin être le même que le Birket-el-qerûn. grand lac naturel à l'ouest du Fayoum jusqu'à ce que , par ses recherches, M. Linant-Bey. donnait la preuve que l'ancien lac Moeris, situé dans la partie sud-est de la province du Fayoum. n'était qu'un réservoir artificiel , dont les anciennes digues sont encore assez reconnaissables. Ce bassin renommé par sa richesse en poissons, communiquait avec le Nil par un canal. A l'époque de l'inondation les eaux du fleuve entraient par la voie du canal dans le lac . où des écluses les retenaient. Au temps des basses
*) Le texte dit <=r> «la porte.»
eaux on ouvrait ces portée pour arroser les grandes plaines des districts voisins du lac Moeris.
Le même roi est encore l'auteur du palais magnifique , connu sous le nom de Labyrinthe, ainsi que de la pyramide qui était tout près de cet édifice. C'est au chef de l'expédition prussienne que revient l'honneur d avoir découvert les restes du Labyrinthe composé d une foule de petites salles ou chambres communiquant les unes aux autres. D'après l'assertion à' Hérodote, il y en avait trois mille au-dessus du sol , et le même nombre de souterraines. Les environs de la pyramide ftEllahoun indiquent aujourd'hui l'emplacement du Labyrinthe. On y a trouvé des pierres taillées provenant d'anciennes constructions et portant les cartouches ÏÏAmenemhat III et de la reine Sebek-noferu-rïi.
La province qui renfermait anciennement le lac Moeris. n'a pas eu le bonheur d'être mentionnée fréquemment dans les textes gravés sur les murailles des sanctuaires égyptiens. On la détestait, comme on détestait ses habitants à cause du culte dont ils honoraient le dieu Sebek, divinité tutélaire de cette région, et le crocodile, son animal sacré. Ce dernier étant pour les adorateurs d'Osiris une des formes du dieu Set, le Satan de la mythologie égyptienne, on s'explique très -bien la circonstance singulière que, dans les listes des nomes , la province du lac Moeris est rayée du nombre des autres départements. C'est ainsi que nous ne savions rien, ni sur le labyrinthe , ni sur la pyramide , ni sur les villes, ni sur le culte dans le voisinage de ce lac. Cette lacune est très-heureusement remplie par la découverte d'un papyrus qui s'occupe de la géographie du lac Moeris, quoique dans un sens qui est bien éloigné de l'instruction géographique. Le manuscrit, conservé aujourd'hui au Musée de Boulaq, représente le plan du bassin avec son canal. Autour du bassin l'auteur du dessein a indiqué un certain nombre de villes et de sanctuaires , accompagnés de textes explicatifs , qui contiennent des renseignements très-précieux sur le culte des divinités aux bords du bassin. Grâce aux indications que le papyrus en question fournit aux recherches, et qui sont complétées par quelques monuments provenant de l'ancienne province du lac
Moeris nous gommes instruits sur plusieurs points importants de la géographie antique Fayouni. Nous savons que le lac
Moeris portait le nom de L~AV J se « le bassin , » quelquefois aussi