‹ Histoire d'Égypte /Chapitre 22 sur 26 · Smen x · texte numérisé non relu

Smen x

Après cette liste de noms royaux que nous avons fidèlement transcrits suivant l'arrangement des fragments proposé par M. Lan//// il y a encore une soixantaine de pharaons distribués sur les deux dernières colonnes du papyrus. Malheureusement leurs noms, dont

la plupart commencent par le signe | soyem ou par cet autre "j

user , se trouvent dans un état de mutilation qui ne permet guère

*) Si, dans nos transcriptions , le lecteur découvre des différences entre nos lectures et celles que le savant professeur de Munich a proposées , nous devons constater que depuis la publication de M. Lauth la valeur syllabique de plusieurs signes hiéroglyphiques a pu être rectifiée par de nouvelles études. C'est ainsi, par exemple, que nous devons prononcer soyem le caractère

y que M. Lauth a transcrit par/em.

de les transcrire ni de les comparer à des noms connus par d'autres monuments. En outre ces derniers ont conservé plusieurs noms de pharaons qui sans doute avaient leur place parmi les rois précités , mais qui ont disparu par suite de la destruction partiale du papyrus. Nous y comptons surtout un roi appelé Sebek-hotep dont

le nom officiel est le suivant OSf %a-an%-râ

En consultant les monuments historiques , l'archéologue fera l'observation que les pharaons dont nous venons de proposer la liste, n'y apparaissent que très -rarement. Mais plus ils sont restreints à un petit nombre , plus leur valeur est incontestable et précieuse pour la critique de l'époque la plus obscure de l'histoire d'Egypte.

C'est ainsi que le sixième roi , celui qui porte le nom officiel de Sâny-àb-rZi « qui vivifie le coeur du dieu lia » avait adopté les trois noms de famille : Ameni- Antef-Amenemhïit, c'est-à-dire des noms qui appartiennent à des rois de la 11e et de la 12e dynastie et qui en outre se rencontrent très -fréquemment sur des monuments de personnes vivant à cette époque. Le musée de Boulaq conserve une espèce d'autel de pierre de grès qui est orné d'une légende dédicatoire contenant les divers titres du pharaon en question. A la fin on rencontre les trois noms précités entourés du cartouche royal et précédés du groupe sa-râ «fils du soleil.» SU est permis de regarder le premier nom Ame /à comme le nom principal du roi , nous pourrons constater le fait que le pharaon Ameni avait laissé une pyramide dont le nom se trouve dans cette

légende «la pyramide %orp la Pre-

mière) du roi Ameni. »

Le seizième pharaon , Sebek-hotep III , a conservé le souvenir de son nom dans quelques inscriptions gravées sur les rochers près de Semne en Nubie. A l'exemple des rois de la 1 2e dynastie, il continua de faire marquer les hauteurs atteintes par les inondations du Nil. Nous possédons quatre légendes qui se rapportent aux premières quatre années de son règne. Celle qui annonce la

hauteur du Nil l'an 3 du règne de ce pharaon, est ainsi conçue :

« Hauteur du Nil de Tan 3

«sous la Majesté du roi [Sebek-hotep III) «vivant à toujours. »

Le 18e roi de notre liste, Smony-ka-ra , avec le surnom Mermesâ « capitaine de troupes , » a un intérêt tout particulier par la circonstance que M. Mariette Bey pendant les fouilles qu'il fit exécuter sur l'emplacement de l'ancienne ville de Tanis, découvrit des monuments ornés du nom de ce pharaon et couvertes , à une époque postérieure, des cartouches des rois Apepi (de la dynastie des Hycsos) et Ramsès II (de la 19e dynastie). Le nom assez curieux «capitaine» porté par ce roi qui, selon l'opinion de M. Lauth, ferait allusion à une révolte ou à une guerre quelconque contre des ennemis étrangers, s'applique du reste à une fonction trèspaisible. C'est le titre officiel qui, dans les listes des nomes, désigne le grand-prêtre du temple principal de la ville de Mendès {Tmaï-el-amdid de nos jours) située dans la basse Egypte, à l'ouest du nome Tanite.

Les quatre pharaons qui , dans le tableau ci-dessus , occupent les numéros 21, 22, 23 et 24 ont laissé des traces remarquables de leur existence. D'abord la science a réussi à rétablir le tableau suivant de la famille du roi Sebek-hotep IV.

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Il résulte d'un examen de cette généalogie que Mentuhotep , le père clu roi Sebekhotep IV n'était pas descendant de la famille royale. Par suite de son mariage avec une princesse héréditaire, du nom de Aahtàbu, qui lui avait donné un fils, le roi futur Sebek-

liotep IV , le père est distingué par le titre j [| miter àtef « le

père du divin. » Il paraît qu'à sa mort Sebekhotep IV n'avait pas laissé de fils comme prince héréditaire, et que par conséquent l'héritage de la couronne fut transmis à sa fille aînée, la princesse Aahtàbu avec le surnom Fentet, dont on entourait le nom du cercle royal pour la qualifier comme «princesse régnante. » Il faut supposer qu'une troisième soeur à elle, du nom de Kama que nous allons connaître, se maria avec un particulier du nom de Haâ/r/f. et que le fils Noferhotep 3 issu de ce mariage, fût nommé roi après la mort de sa belle-soeur, la princesse régnante Aahtàbu, En effet, le papyrus de Turin, après avoir cité les noms du pharaon Noferhotep , fait la remarque qu'il était « le fils d'un certain Haânxf, » ce qui s'accorde parfaitement avec la généalogie suivante que nous avons copiée sur un rocher de l'île de Seheil , en face de Philae.

« le père du divin : » « la mère du roi : »

M <f T — k ^ Kama

« la reine : » « le prince : » « le prince : » « le prince : » « la princesse : »

Seneb-sen Sa-hathor Sebekhotep Hablnyf Kama. Il est évident que les princes Sa-hathor et Sebekhotep sont les mêmes personnes que le canon de Turin cite comme les successeurs [Nos 22 et 23) de leur frère Noferhotep (Nos 21 j. En combinant ces généalogies qui se rapportent aux Nos 20, 21, 22 et 23 du papyrus de Turin, nous avons les éléments nécessaires pour reconstruire toute la généalogie de la maison royale de cette époque, dont voici le tableau :

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