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CHAPITRE III

Les savants qui de nos jours font remonter l'histoire du genre humain jusqu'aux époques où les nations vivaient encore dans Pétât de sauvages, supposent les trois âges de pierre , de bronze et de fer pour suppléer les regrettables lacunes de toute tradition historique. Quoique nous ne voulions pas nier que tout soit matière à histoire , il faut avouer cependant que l'Egypte se moque aisément de ces âges supposés. La tradition conservée fidèlement sur les monuments de la vallée du Nil, remonte jusqu'au premier âge, celui de pierre, créé par les savants modernes qui ont horreur des vides historiques. Cela veut dire que l'histoire d'Égvpte doit être la plus ancienne, que l'Egypte doit être le premier représentant de la civilisation du inonde entier. Raison de plus pour nous de suivre les précieuses traces du passé le plus reculé, et de saluer les moindres restes de ces époques comme les plus vénérables souvenirs que le genre humain nous ait légués de ses travaux civilisateurs.

Les Egyptiens, comme les anciens en général , étaient assurément aussi curieux comme nous autres le sommes de connaître la pré-histoire de leur pays. Mais pour eux le souvenir historique était attaché à la personne du souverain. On se demandait donc les princes qui avant le premier pharaon légitime Mena avaient régné en Egypte.

L'antiquité ne se souciait guère de ces recherches minutieuses que nous autres modernes avons l'habitude de pratiquer pour éelaireir les ténèbres qui enveloppent les origines des nations. Là

où la tradition historique cessait de fournir les renseignements nécessaires pour reconstruire les époques des origines , le mythe commençait à faire valoir ses droits. L'imagination remplaçait ainsi les faits, l'invention la critique.

N'ayant pu trouver les traces de l'époque antérieure à l'avènement du pharaon Mena , les Egyptiens supposaient trois âges qui précédaient successivement le temps de leur premier roi. Le premier âge embrassait, selon leur imagination, la dynastie des dieux, le second la dynastie des demi-dieux, enfin le troisième la dynastie des mânes. C'est l'âge d'or et l'âge d'argent dans les fictions poétiques des Grecs.

La théologie des prêtres égyptiens ne manquait pas de fournir les personnages divins qui se succédaient dans ces trois dynasties. Le calcul astrologique, basé sur la durée des périodes sothiaques, ajoutait aux noms les années de règne des souverains imaginaires. Selon les différents systèmes adoptés par les prêtres soit à Memphis. soit àThèbes, soit dans une autre ville de l'Egypte, il y avait des variations pour les noms des divins dynastes et pour les chiffres exprimant la durée de leur règne supposé.

Pour donner un exemple de ces systèmes , le lecteur nous permettra de lui citer la dynastie des dieux d'après la doctrine des prêtres de Thèbes et de Memphis. Nous ajoutons aux noms égyptiens des dieux les noms des divinités classiques qui leur correspondent, en nous dispensant de l'addition des chiffres.

Dynastie des dieux «1 après la doctrine thébaine, d'après la doctrine meuiphitique

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