‹ Histoire d'Égypte /Chapitre 5 sur 26 · Horus, fils d'Osiris (Apollo · texte numérisé non relu

Horus, fils d'Osiris (Apollo

Celui qui est initié dans les mystères de la théologie des anciens Egyptiens et qui examinera attentivement les noms des dieux et la suite de leur succession , fera des observations trèscurieuses pour s'expliquer la composition de la dynastie des dieux.

Le dieu Patah de Memphis . que les inscriptions caractérisent très-distinctement par le titre de «père des dieux», est l'architecte par excellence. C'est ce qui est indiqué déjà par son nom, patah ayant le sens du mot "architecte, formateur, constructeur,» comme de l'autre côté par les épithétes bien significatives comme p. ex. dans cette légende relative à la personne divine de Patah . « il est le chef de la société des dieux , qui a créé les êtres . toutes les choses existent après qu'il existe, il est le maitre de la vérité et le mi des dieux > ( texte de Dendérah) . Un autre texte gravé sur les murailles du temple de Philae l'appelle : « celui qui a créé les êtres . qui a formé les hommes et les dieux de ses propres mains.)' Encore une autre légende du même endroit s'énonce ainsi sur la même divinité : << c'est le père des commencements, qui a créé l'oeuf cdu soleil et de la lune», tandis qu'un troisième texte de Philae l'intitule : «le père de tous les dieux, le premier existant.» Ces exemples suffiront pour prouver la place du dieu Patah à la tête de la dynastie divine. C'est le dieu créateur, existant avant la création de l'univers, son oeuvre.

Le dieu Râ, le soleil, son successeur est qualifié dans plusieurs textes contenant des hymnes religieux , comme « une créature du

différents sanctuaires de l'Egypte, ce dieu porte les noms de Xnum - râ , Aman - râ , Sebek-râ , yem -râ , Hor - râ , etc. . qui ne sont que des dénominations locales de la même divinité. Râ est le soleil et le représentant du feu dans la série des quatre éléments. Dans un autre sens plus philosophique il symbolise l'existence par excellence, «ce qui est ce jour, le présent.»

Son fils et successeur Schou (Su) rappelle par son nom l'idée du vide ou du sec. Comme élément cette divinité est identique à Y air.

doctrines adoptées dans les

Le dieu Seb, qui dans un texte calendrique du temple ftEsnèh est nommé «fils de Su ,» rappelle par le son de son nom la racine seb qui, en langue égyptienne, désigne «1 étoile» et «le temps. » La comparaison du dieu Seb avec le dieu Cronus des anciens s'explique très-bien à ce point de vue. Il faut dire cependant que les monuments nous forcent à reconnaître dans le dieu Seb la personnification de la terre et le représentant de la terre dans la série des quatre éléments.

Son fils Osiris, divinité adorée dans la plupart des nomes du pays, à l'exception de trois, figure comme l'élément de Veau. Sous un point de vue plus philosophique ce dieu symbolise l'existence terminée, « ce qui était hier, le passé.»

Sans nous arrêter à la personne divine de Set qui nous occupera plus tard, nous passons à Hor Horus. Apollon . fils d'Osiris et de sa femme Ists. Dans la philosophie égyptienne il symbolise l'existence à recommencer , «la nouvelle vie, ce qui sera demain, le futur.» C'est le type du roi successeur, comme Bâ celui du roi régnant et Osiris du roi mort. 11 y a toute une légende sur son histoire qui est distinguée principalement par ses combats contre le dieu Set, son frère, pour venger la mort de leur père Osiris causée par le parricide Set. Hor remporte finalement la victoire et «les deux mondes, > c'est-à-dire la haute et la basse Egypte, se trouvent réunis sous son sceptre. Dans les termes du langage officiel des monuments les pharaons à leur avènement devaient accomplir des cérémonies prescrites par la loi religieuse et modelées sur la tradition de l'intronisation du dieu Horus.

Les monuments, y compris les papyrus, tour assez souvent mention des dieux rois que nous venons de nommer, et il est trèsremarquable qu'alors ils les traitent comme de véritables pharaons. Ils portent leur nom de famille , leur nom officiel et leurs titres à l'instar de ceux des rois d'Égypte, que le dieu Thoth, lïiiérogrammate des dieux, est censé être chargé par Ra de composer. Ils ont leur histoire à eux que les hiérogram mates consignaient dans les annales des temples, ils prennent leurs épouses royales et procréent une famille quelquefois assez nombreuse. A vrai dire, toutes ces

fictions n'ont pas le moindre fondement historique , elles ne jettent aucune lumière sur l'époque qui précéda et qui prépara le temps de Mena, mais elles nous servent de témoignages que les anciens Egyptiens possédaient le sentiment historique et qu'ils ne désiraient rien tant que de conserver à la postérité la mémoire des temps passés.

Par les monuments nous savons peu de chose des deux dynasties qui suivirent celle des dieux et qui , dans les extraits grecs de l'ouvrage de Manéthon, sont désignées comme les dynasties des demi -dieux et des mânes. Malheureusement les fragments du papyrus de Turin contenant comme on sait la liste des rois d'Egypte par ordre chronologique n'ont pas conservé des notions sur les divinités royales qui appartenaient à une de ces dynasties. Un seul fragment cependant laisse entrevoir que les animaux sacrés tels que les taureaux Apis de Memphis et Mnévis d'Héliopolis étaient du nombre des dynastes divins. La science n'a pas encore décidé la question , si les personnages de ces maisons royales sont les mêmes qui, dans le canon de Turin et sur d'autres monuments d'origine égyptienne, s'appellent tîor-sesu , mot qui veut dire «les successeurs d'Horus.» Les inscriptious font trèssouvent allusion à leur époque, comme si nous parlions d'un temps immémorial.

Sans nous occuper plus longtemps de ces êtres imaginaires, il faut avouer que la pré-histoire d'Egypte a existé réellement, mais que les monuments ne contiennent rien sur l'état du pays à cette époque. Tout ce qu'il est permis de supposer, c'est que la pré-histoire d'Egypte représente nécessairement le temps du développement des arts et métiers, des connaissances humaines et de la formation de classes supérieures et inférieures dans la société. Ce travail fini, l'Egypte ne tarde pas à se présenter sur le grand théâtre de l'histoire du monde. A la première scène déjà chacun est à son poste, chacun joue son rôle avec cette perfection qui, encore de nos jours, excite la plus haute admiration des spectateurs modernes.

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