LIVRE V
Leicestcr. Campian, douze autres prêtres et un laïque furent pris et suppliciés, moins trois ou quatre. Campian fut du nombre des victimes. Ils avaient tous beaucoup agité l’opinion pendant le séjour du duc d’Anjou à White-Hall.
I’arry aussi, un Gallois, espion de Burleigh, avait été exécuté pour un projet d’attentat contre Élisabeth. 11 avait proposé le régicide à Nevil, qui dénonça son tentateur. Parry avait eu des relations avec les ministres d’Élisabeth, puis avec les partisans du pape et de Marie Stuart. 11 ne médita peutêtre jamais sérieusement la mort de la reine d’Angleterre. C’était un intrigant qui convoitait des récompenses et qui s’efforçait de prouver qu’il était utile. 11 fut trompé à son propre trébuchet. Ses fourberies étaient réelles, son crime est douteux. 11 paya de sa tète (1585).
Le comte d’Amndel fut mis à la Tour, où il s’exalta par des austérités fabuleuses. Le comte de Northumbcrland, jeté dans la même forteresse, se précipita dans le suicide.
Les révoltes germaient sous la terreur. Les âmes étaient des fournaises politiques. Elles étaient un foyer de conspirations comme l’atmosphère à de certaines heures est un foyer d’orages.
Babington, un ancien page de lord Shrewsbury, avait connu Marie Stuart à Sheflïeld. Il ourdit une conjuration pour elle avec tous les partisans de l’illustre captive. Il obtint l’assentiment de la reine d’Écosse. Mais Walsingham tenait par un fil Babington et ses compagnons. A l’instant propice, l'adroit ministre tira le fil et les livra tous au bourreau (20-21 septembre 1580).
C’était un acheminement à. l’échafaud de Marie Stuart. N’y avait-il pas une ligue de toutes les classes de la Grande-Bretagne et que Marie elle-même avait signée ? Cette ligue n’avait-elle pas juré de poursuivre jusqu’à la mort tous ceux qui conspireraient contre Élisabeth et ceux pour qui on tramerait des complots? Marie n’était-elle pas clairement et funèbrement marquée?