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liant sa jalousie naturelle, elle eût ouvert les portes de Fothe- Tingay à Alarie Stuart et l’eût fait déposer généreusement par un vaisseau anglais dans un port soit de France, soit d’Espagne ! C’était le vœu de Marie Stuart, ax ant la conspiration de Babington, d’ôtre transportée sur le continent; ni avant, ni après cette conspiration, ce ne fut la courtoisie miséricordieuse d'Élisabeth. Au lieu de délivrer sa rivale, elle la tua, et sa mémoire en demeure profanée à jamais.
Il faut avouer du reste qu’ Élisabeth déploya des qualités supérieures devant les périls que l’Espagne souleva eontre l’Angleterre. Philippe II avait beaucoup à se plaindre. Il saisit cette occasion que venait de lui offrir Élisabeth par le meurtre odieux de Marie Stuart, et, s'appuyant sur l’indignation du monde, il revendiqua pour lui File schismatique. La reine d’Écosse la lui avait léguée à l’exclusion même de Jacques, si Jacques persistait dans l’hérésie.
Le pape, d’ailleurs, qui étaita lors Sixte-Quint, favorisait le roi d’Espagne. Or, ce n’était pas une faible autorité dans l’univers chrétien que ce pontife! Il était issu, à Montalte, d’un pauvre jardinier qui avait eu un songe magnifique, c’est que sa femme enfanterait un pape. Dès que le petit Felice Peretti, tel fut le premier nom de Sixte-Quint, put comprendre la vision de son père, il y crut et s’en préoccupa. Il fut quelque temps pâtre dans la Marche. De là cette dénomination : le piitre de Montalte.
Né en 1521 , en 1557 Felice Peretti se fit cordelier ; en 1585, il succédait à Grégoire XIII.
Il sauva les sujets du saint-siège en organisant un gouvernement. Ce gouvernement, dont il fut le dictateur, rétablit l’ordre dans les rues et sur les grands chemins par les supplices. Sixte-Quint est le Dracon du Vatican. Hélait implacable aux bandits même nobles qui opprimaient ot pillaient les États do l’Église. Il fut terrible.
Sixte-Quint, roi par le génie, était demeuré, peuple par les
histoire d'élisabeth d’angletf.rre
passions. Il était prompt aux larmes, quoique inflexible. 11 se montrait parfois magnifique, mais le plus souvent économe; veillant au trésor public avec sollicitude, soigneux de le ménager, de l’accroître, s’ efforçant d’être plus riche pour être plus puissant. 11 avouait une grande confiance en lui pour s’être longtemps éprouvé dans toutes les fortunes. Il avait des explosions de colère, et alors les mains lui tremblaient, mais il se remettait vite. Il apparaît au naturel dans une Relaiione de Priuli (158G) et dans une autre Uclazione de Gritti (1589).
C’est là et dans ses portraits qu’il faut l'étudier.
Le pape Sixte-Quint avait le teint liàlé de l’ancien berger errant. Sa taille était moyenne; son tempérament robuste, bien que sanguin. Son goût pour les légumes et sa sobriété rappelaient ses origines de famille. Il avait la physionomie variable d’un ciel d’orage, les sourcils nuageux, « la barbe châtain » , les yeux perçants comme l’intelligence.
Toujours prêt à excommunier l’hérésie, Genève et Londres, il sanctifia par une adhésion pathétique la souveraineté de Philippe II sur l’Angleterre et frappa de déchéance la fille de Henri VIII. 11 s’engageait (novembre 1587) à un subside d’un million de couronnes, dès le premier débarquement du roi d’Espagne. Il ajoutait les foudres spirituelles aux temporelles. Il envoyait sa bénédiction à 1 Armada comme un souille divin dans les voiles orthodoxes. Il cherchait à exaspérer Philippe II contre Élisabeth. Élisabeth, c’était sa haine de pape.
La question était bien plus entre le catholicisme et le protestantisme qu’entre Philippe 11 et la reine Élisabeth; elle semblait une question dynastique et elle était surtout une question religieuse. De là son intérêt si profond, qu’il fait battre le cœur après des siècles.
Dès l’été de 1587, Philippe II, à force d’or et d’activité, rassembla des marins et des vaisseaux. Ces vastes préparatifs n’échappèrent point au cabinet anglais. Comment les com-