CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
états Raymond Bérenger de Barcelone, troisième du nom.
Les comtes d'Ampurias et de Péralada, dans les années 1030, 1035 et suivantes, étaient an pouvoir de Hugo Ier qui, quoique marié à Guisla qui lui survécut de plusieurs années et dont il avait un fils appelé Pontius, paraît être mort sans héritier; on trouve, en effet, en possession du comté d'Ampurias, pendant les années 1044 et 1054,un'autre Pontius, fils de Gaucefred Ier, comte de Boussillon. Le successeur de Pontius dans les deux comtés fut Hugo II, qui était sans doute son fils , et qui , suivant les mémoires qui nous restent de lui , gouverna au moins douze ans, de 1079 à 1091.
Le premier comte de Roussillon dont le nom nous soit parvenu s'appelait Gaucebert. Après lui, vers Tan 1030, son fils Gaucefred Ier, dont il vient d'être parlé /lui succéda; à ce dernier succéda son fils Gaucefred II, marié à Azalaïde, bon prince qui gouverna au moins vingt-cinq ans, de 1044, époque à laquelle il est fait mention de lui dans les diplômes, jusqu'à 1069 , qu'il fonda la nouvelle cathédrale d'Elne, dans la forme et les dimensions du temple de Jérusalem. En 1075, on voit par divers actes que Gaucefred II n'était plus comte, et avait pour successeur Guillabert, né , selon toute apparence, de ce Gaucefred et d' Alzaïde, et qui y gouverna jusque dans Tannée 1100.
Le comté de Pallars paraît avoir été démembré de celui d'Urgel enl'année 1010, dans laquelle mourut Ermengaud Ier; le comte de Pallars, appelé, dans un vieux diplôme de l'année 1030, Raymond, fils d'Ermengaud , était , selon toute probabilité , le fils de ce dernier.
INous trouvons Raymond II, fils de Raymond Ier et de Ermcsenda, pourvu du titre de comte dès l'année 1056, et il le portait encore en 1079, En 1055, il s'était marié à Yalencia, fille d'Arnald de Miron et de domna Arsenda , et il eut d'elle deux fils, Petrus, qui lui succéda dans le comté, et un autre
appelé Arnald, comme son aïeul maternel. Après la mort de Raymond II, il paraît que le comté de Pallarsfot divisé en deux seigneuries dont Tune échut à Pétrus, héritier du comte défunt, et l'autre à la maison d' Arnald de Miron, père de Valencia, qui, en 1078, conquit sur les Maures la ville d'Ager, plusieurs autres châteaux et forteresses. Pétrus, qui se maria, à ce qu'il paraît, avec une petite-fille du comte Raymond de Cerdagne, était encore comte de Pallars en 1 100, en même temps qu'Artal, fils et héritier d' Arnald de Miron.
Le comté de Girone appartenait, vers la même époque, aux comtes de Barcelone ou à des seigneurs de leur maison qui en tenaient d eux l'investiture. De t035 jusqu'à l'année de sa mort, arrivée en 1056, il fut aux mains d'Ermesende, tante du comte Raymond Bérenger Ier, et après elle en celles de Tillustre épouse de ce dernier, appelée Almodis ou Adalmodis, qui figure en quantité d'actes authentiques sous le titre de comtesse de Girone.
Une sixième division du territoire espagnol confinant aux Pyrénées, la seigneurie de Gardone, appartenait vers 1040 à Héribald, évèque d'Urgel, et celle de Berga,en 1050, au comte Bernard, qui avait aidé Raymond Bérenger Ier dans ses guerres contre Raymond, comte deCerdaûa.
Mais de tous les comtes subalternes de la Catalogne, les plus célèbres étaient les Ërmengaud d'Urgel, appelés vulgairement Armengoles. Ërmengaud III, surnommé de Balbastro parce qu'il fut tué au siège de cette ville, avait succédé à son père en 1038; mais comme il n'avait encore que vingt-cinq ans, il fut soumis à la tutelle de sa mère Velasquita Constancia, désignée indifféremment dans les actes du temps sous l'un et l'autre nom.il se montra vaillant guerrier dès sa plus tendre jeunesse, aida le comte Raymond Bérenger de Barcelone, comme son suzerain, dans toutes ses campagnes, tant contre les chrétiens que contrôles Musulmans de son voisinage auxquels il fit aussi la guerre pour son propre compte, et qu'il vainquit en plu-