‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 108 sur 282 · CHAPITRE VINGT-QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIEME

sieurs rencontres, jusque-là qu'il les contraignit, dit-on, à lui payer tribut et à lui rendre hommage.Sa valeur lui fit trouver la mort sous les murs de Balbastro. En effet, une armée musulmane étant venue au secours de la place, il l'attaqua avec, ses troupes déjà fatiguées, et perdit glorieusement la vie dans le combat qui s'en suivit, en 1065, à l'âge de trente-trois ans, après avoir porté le titre de comte pendant vingt-sept. Nous trouvons précisément sous cette date, dans les mémoires arabes, la mention d'une guerre sainte entreprise par l'émir de Saragosse contre les chrétiens : l'émir vainqueur, au rapport des mémoires chrétiens, recueillit comme un précieux trésor la tète du comte, la fit embaumer et enfermer dans une chasse d'or, et porter, dans toutes ses guerres, parmi ses bagages, comme un trophée et un témoignage glorieux de sa valeur

Telles étaient les principales divisions politiques de la Péninsule à l'avènement de Ferdinand fils de Sancho au trône de Léon, et durant son règne. Voyons maintenant ce que fut ce règne, et quels événemens en marquèrent le cours.

De 1037 à 1054 , Ferdinand, à ce qu'il semble, employa toute son activité à l'intérieur, à pacifier, à réglementer ses anciens et ses nouveaux états ; à y restaurer les anciennes lois gothiques, la discipline ecclésiastique, Tordre et les mœurs. C'est ainsi qu'il assembla à cet effet un concile dans la petite ville de Coyanca (aujourd'hui Valencia de Don Juan), diocèse d'Oviédo, en 1050, pro reformandis ecclesiœ moribus, Léon IX étant pape. « Au nom du Père, du Fils et du Saint- Esprit, moi, Ferdinand roi, et Sanctia reine, dit le préambule ,

• De eo ita scriptum est in Ckronico Malleacensi, ad ann. mlxv : — Per haie lempora Ermengaudas cornes Hildergensis ^legc UrgeUensis) post iriuniphos copie*» de Mauris et Ssrracenia pr»Ho inilo ullimo innumerabilem stragem Sarraceoorum perficieofl (inlerficieos), dum viclor regreditur aliom eiercitum Mauroram offendil ▼Ivenlem : quem cum paucis saorura lassua persequens, mnltos eorum occidii, et ipse cecidit. Cap ut vero ejus Sarraceoi pro inagno tbesauro secum apportaverunl ; quod aromaliialum rex eorum auro coopérait, et semper secum in prsliis ferebat causa victoris.

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pour la restauration de notre chrétienté , noas avons tenu concile dans le château fort de Goyanca, diocèse Ovetense, avec les évêques, les abbés, et les optimates de tout notre royaume x. » Suivent les noms des seuls évéques Froïlanns d'Oviédo, Gyprien de Léon,Didacus d'Astorga, Syrus de Pallance, Gomesius d'Huesca ( qui, bien qu'au pouvoir des Arabes, avait unévéque), Gomesius de Calahorra (ville qui était dans le même cas), Jean de Pampelune, Pierre de Lugo et Gresconius de Gompostelle». Treize canons y furent rendus, tous à quelque titre remarquable , et dont voici la teneur 3 : de ces treize canons deux peuvent s'appeler mixtes,

1 In oomine patrif et filli et apiritus sancli, Ego Ferdlnandus wx et S«netU regina , ad rcstaurallooem nostras chrislianilalis , fecimus conciliom in caalro Coyanca, in diocœal scilicetOvetensi, com episcopis rt abbatibus, ei loti us regni nostri optimatibus. — J'ai conservé le mot optimates, faute d'un équivalent.

2 In qoo coneiUo présentes exlilere Froilanus episeopus OTelensis,Cyprianus Legionensis, Didacus Asluricensis, Syrus Palenlin» Sedis, Gomes Visocensls scilicet Gomesius Oeensls tel Vlsensis (ut est in capitulis hispanieo idiomaie apud Aguirrum exhibendis), Gomesius Calagurritanus, Joannes Pampilonensis, l'elrus Lucensis, Cresconius Iriensis. — (Test par erreur que Ferreras trouve la on évêque de Viseu, et en conclut que ce concile fut postérieur à la prise de celte ville. (Voir ci-aprèa.)

3 Le titre des chapitres me parait A lai senl curieux et instructif an point de mériter place ici :

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