‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 11 sur 282 · CHAPITRE DIX -HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX -HUITIÈME

de rabieh 400 (6 décembre 1009), cest-à-dire près d uo mois Il entra ce jour-là à Cordoue avec sa cavalerie africaine, et s'y fit proclamer khalife sous le titre d El Mostaïn R'Illah (le secouru ou le protégé de Dieu). Mais son autorité fut loin d'être partout reconnue. Les peuples des frontières de Castille et du Guadalaj ara. depuis Tortose à l'orient jusqu'à Lisbonne à l'occident, smaient son parti, tandis que Valence, Murcie et les tribus des Alpujarras se déclaraient contre lui. Deux partis vivaces divisaient l'Espagne musulmane: les Arabes de pure race et leurs adhérens d'un côté, les Bcrhers de l'autre. Ceux-ci étaient surtout haïs dans l'Espague méridionale, et, malgré l'avènement de leur chef à Cordoue, des insurrections éclatèrent contre eux sur divers points de l'Andalousie, là surtout où les vrais Arabes et les Mostarabes andalous ou slaves étaient en majorité. C'est ainsi que fut mis à mort par la populace de Malaga un des scheiks africains les plus renommés, Khalaf ben Massoud el Habawyy , plus connu sous le nom d'Ebu Omayna; Khalaf supplia qu'on lui laissât faire sa prière avec deux prosternations; on le lui permit; mais, avant qu'il eût achevé, on lui brisa la tète d'un coup de pierre; ainsi le raconte Ebn Hayyan*.

Soulcïman lui-même n'osait habiter Cordoue, et il occupait avec ses auxiliaires chrétiens le palais de Médina Zahra. De là, son premier soin fut de changer plusieurs alcaydes de forteresse d une foi douteuse, et de mettre à leur place des hommes sur le dévouement desquels il pût compter, c'est-àdire des Africains; car désormais leur cause était la sienne,

> Roderich de Tolède «appose qu'il y eolra d'abord violemment à la suile même de la victoire «le KantUch ; mais que, ne se confiant point aux habilaus de Cordooe, il sortit aussitôt de leur Tille, et s'établit dans les cnmpagnes toI-

sines arec l'armée des chrétiens : — Zulcraan ingressus est Cordubam

violenter Znleman autem de Cordubensis non confidens, egressus est civi-

tatem, et in viciais locis uiorabatur cum exercito ebristiano ( lliit. Arabum, c »).

2 Dans Conde, c. iOS.

bien qu'il fût du plus noble sang des Arabes, et issu, comme les précédera khalifes, en droite ligne d'Ommyah ben Abd Schems ». Il plaça en cette occasion deux officiers de la garde africaine, alors fort jeunes, nommés Aly ben Hammoud ben Merwan, et El Kasem ben Hammoud ben Merwan, tous deux frères, de la famille royale des Edris, et que nous verrons plus tard jouer un grand rôle dan^ette histoire, à deux postes j m portons, savoir, le moins Agé au gouvernement d'Algésiras, et l'aîné à celui de Ceuta et de Tanger; il plaça de même dans les principales villes des généraux de son parti3.

Son pouvoir était cependant toujours incertain et chancelant, et, dans son parti même, il trouva des ennemis et des concurrens. Un de ses cousins, nommé Merwan, suscité par des conseils émanés, à ce qu'il semble,d un chef des Slaves, s'éleva contre Souléiman : mais Soulcïman fit enfermer Merwan et couper la tète à cinquante de ses complices 3. Dans sa

1 Le premier chef de la garde africaine décapilé par l'ordre de Mohammed, dès l'origine de l'insurrection de* Berbers, Hescbam Baschid, fils de Soulcïman, fils d'Abd el Rahman, était petit-fils de ce dernier (Abd el Babman 111, El Nassr); Mohammed, (ils d'Hescham, fils d'Abd el Djabar, fils d'Abd el Kahraan, n'en était qu'arrioro-petit-fila, ainsi qae Soaleïman, fils d'El llakem , fils de Souleimao, fils d'Abd el Rahman (voyei Conde, c. lOit). On comprend mal après cela comment M. Aschbach , qui a particulièrement travaillé sur Conde, a pu dire en parlant de Soulcïin->n (Geschiehte der Ommajiaden in Spanlen) : « Il n'est nulle port fait mention qu'il fui parent do la famille Omroajiadc, etc. • Il en cal fait mention partout, au contraire, et l'on trouve dans les manuscrits de l'Eccurial plus d'une fois sa généalogie écrite tout au long, suivant l'usage arabe, entre autres dans Ebn May van : Ce Souleimao, y eat-il dit, était fils d'KI llakem, fils de Soulcïman, fils d'Abd el Rahman, fils de Mohammed, fils d'Abdallah, fils de Mohammed, fils d'AbJ el Rahman, fils d'KI llakem, fils d'Hescbam, fils d'Abd el Rahman, fils de Moawiab, OU d'Hescham, fils d'Abd el Melek, fils do Merwan, fils d'EI llakem, fils d'Abou'l Ass, fils d'Ommyah, fils d'Abd Scbems.

2 Conde, c. io:;.

3 Conde, c. lOiî. Roderich place celte tentative aux premiers temps de l'insurrection des Berbers, et la raconte comme il suit : — Verum quedam pars eorum de Barbarie nisi sunl sibi preficcre Maruhan consobrinum Zulema», et dederunt ei equum et ensem ut si Zuleman inlcrOcerel, slalim constituèrent eom regem. Quod cum Zuleman per quempiam percepissel, illos Barbaros fecil decapitari, cl consobrinum saura Maruhan In vinculis detineri ( Uisl. Arabum, c. 52).

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