‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 112 sur 282 · CHAPITRE VTffGT-QtJATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VTffGT-QtJATRIEME

gne orientale. Le deuxième canon du concile de Coyanca prouve cependant, d'une manière irrécusable, que toutes les maisons monacales de la Péninsule n'étaient pas instituées selon cette règle, avant la tenue de ce concile; et il est probable que la plupart suivaient encore l'instruction spéciale que révéque goth de Séville, Isidore, avait composée pour un des couvens de son diocèse, ou la règle particulière que saint Fructuose avait écrite pour les monastères qu'il a fondés et pour ses enfans '.

Telle était la situation du royaume de Léon dans la treirième année du règne de Ferdinand-le-Grand, fils de Sancho. Les troubles intérieurs auxquels j'ai fait allusion plus haut n'avaient pas encore permis à ce roi de porter la guerre au dehors sur les terres des Arabes. Dès le commencement de son règne, toutefois, suivant son humeur naturellement belliqueuse, il aurait été en état, au dire du moine de Silos, de dépeupler leur empire, s'il n'avait eu ces troubles à apaiser, et, avant tout, à aviser aux moyens de contenir et de ramener sagement à la raison les esprits rebelles de ces magnats, que les chroniqueurs ne mentionnent ainsi qu'en passant*.

Les treize premières années du règne de Ferdinand Ier furent donc toutes remplies, pour le roi, de ces travaux intérieurs, et aussi, ce semble, pour l'homme, des joies de la paternité. Entre 1037 en effet, et l'année qui nous occupe, sa femme Sancha lui donna un fils nommé Sanctius (qui lui succéda au trône de Castille), une fille du nom de Géloïre, et deux autres fils, Alfonse, que nous verrons, après quelques vicissitudes , régner glorieusement en Léon, en Galice et Castille, et conquérir Tolède; et Garsia, qui fut un moment roi de Compostelle et mourut dans une prison. Ferdinand

» Voyez Sanct. Isidor. opéra, 1. c.

> ..... Qui la inilio maturius depopularet, olii ad sedandos regni sui lu. mu 1 lue, prias quorumdam magaalorum rebelles aaimos corriger e sagaciler pro« Bowel. (U>id., I. c.)

avait eu de Sancha, avant son avènement an trône de Léon, une fille appelée Urraca, laquelle, à ce qu'il parait, leur était née en 1034 *.

Ferdinand ne négligea rien pour l'éducation de ses enfans, et y apporta, ce semble, les soins les plus assidus. C'est ainsi qu'il fit instruire ses fils et ses filles, dès leur bas Age, dans toutes les sciences et dans tous les arts estimés de son siècle. Lorsque leur âge le permit, il fit enseigner aux premiers, selon l'usage des Espagnols, à conduire les chevaux, à manier les armes usitées de leur temps, à chasser au besoin sans le secours d'un grand veneur. Quant aux filles, il voulut qu'elles fussent élevées dans l'exercice de tous les travaux honnêtes de leur sexe, de peur, dit le moine anonyme , qu'elles ne s'engourdissent dans l'oisiveté*.

Pendant que Ferdinand était occupé de ces soins et de la pacification intérieure de son royaume, assez peu avancée pour motiver le canon 12 et 13 du concile de Goyanca dont nous avons parlé plus haut, son frère, le roi de Navarre, était voué à des travaux analogues. Il s'occupait aussi de l'éducation de ses enfans, dont l'ainé était nommé de ce nom de Sancius, particulier à l'Espagne et si fréquent en ce pays dès cette époque. Il s'occupait aussi d'art et d'architecture autant que son siècle le comportait. Najera, au sud sud-ouest de Logroûo, sur l'extrême limite de la Navarre, à l'entrée de la Rioja, confinant à la province de Burgos, où il avait transporté sa cour

' Interea Sancia regtna conccpit, et peperil filiiun, cujus nomen Sancias vocabalur. Deinde pra?gnans, ediddil filiam, noraine Gelairam.Rursoa coocepil, et peperil flliom,qaera a b utroquo parente vocare plaçait Aldefonsum. Denique, cooeepto aemine, miaimas Garaiaa progenilus eil. Urracam natnque décore cl moribus nobiliaiimara puellam, priusquam reçni apiccm oblionissent, gen<ie~ ruol (Monach. Sileoi. Chr., nutn. 81).

2 Rex verô Fredenandus filios aooa et filias ita cotisait initruere, at prime liberalibas ditciplinis, qaibas et Ipse stodiam dederal erudirenlur. — Dcin nbi «tas paliebatur, more Hiapanorom, equos cursare, apnia et Tenationibœ filios exercer© fecil. Sed et fllias, ne per otiom lorperent , ad omnen molicbrem bonestatem erudire jaitit. (lbld.,1. c.)

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