‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 114 sur 282 · CHAPITRE VU! GT-QU ATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU! GT-QU ATRIÈME

k», confiant en ses forces, qui étaient considérables et composées des meilleurs guerriers du temps, si l'on en excepte ceux du royaume de Gastille. Outre qu'il était connu pour remplir, en toute guerre, également bien le double emploi d'habile général et de soldat valeureux, il avait eu soin de s'attacher aussi une troupe considérable de Sarrasins qu'il avait enrôlés pour les besoins de la circonstance x.

L'ambassade congédiée, Garsia se porta avec ses bataillons navarrais et ses alliés musulmans à la rencontre de son frère vers Burgos , et établit son camp à quatre lieues en avant de la ville , dans la vallée d'Atapuerca , à la vue de l'armée castillane a. Là, les deux frères hésitèrent à s'attaquer. Ferdinand surtout, soit par crainte des forces navarraises, soit par un sentiment de fraternité émue , renouvela ses tentatives de pacification, et essaya tout ce qu'il était en lui pour rappeler son frère à la raison, et le dissuader de ses projets hostiles. Deux évèques, saint Ignace, abbé de Ona,et saint Dominique de Silos , se rendirent de sa part, dans ce dessein, au camp de Garsia; mais leurs efforts fureut inutiles : Garsia repoussa durement les avances de son frère, et traita fort mal, dit-on, ses envoyés, malgré le double et saint caractère dont ils étaient revêtus, de prêtres et d'ambassadeurs.

La bataille devint alors inévitable. Ceci s'était passé le premier jour de la rencontre des deux frères. Le combat résolu, Ferdinand fit occuper durant la nuit , par un détachement de ses meilleurs chevaliers, une colline voisine avantageusement située et qui dominait et la vallée et le camp ennemi. Ce détachement était composé de guerriers, la plupart de la pa-

1 Confldehatîiamque Gareias in yiribus sois; eo qnod (une lemporis, excepto regio iroperio, prœ omnibus mililibus insignis miles habebalur. Siquidera in omni belio slrenui mililii et boni iroperaloris officia simili persgi assueveral. Itlexerat quoque «ibi maxiraa turba Maurorum , quos lumultus causa ad pugnam eonscripserat. (Ibid., nom. 83.)

2 Jam autem Garsias io media valie de Ataporca posueral caslra

(Ibid., nom. 8i.) — Jl y a dans Lucas de Tuy, p. »S, Mata Porta.

HISTOIRE D'ISPAGKE.

renté dn feu roi Bermude , et aussi par conséquent de celle de la reine Sancia, femme de Ferdinand, lesquels, malgré la volonté formellement exprimée de leur seigneur le roi qu'ils prissent son frère vivant plutôt que mort, à l'instigation de la reine Sancia , comme je le crois, dit le moine de Silos , n'aspiraient qu'à venger, par la mort du Navarrais, le sang qui leur était commun avec elle1. Bermude, en effet, était tombé sous les coups de Garsia, alors allié de son frère Ferdinand, dans la bataille de Tamaron, qui valut à celui-ci ce même trône de Léon que lui disputait aujourd'hui son allié d'autrefois.' Nous avons vu que , parlant de la mort de Bermude, le moine de Silos qualifie Garsia de féroce, et le désigne nominativement comme le meurtrier de Bermude 2. Au point du jour les deux camps s'ébranlèrent en poussant de grands cris, et le combat s'engagea, selon l'usage du temps , à coups de flèches et de javelines3. Quand les épées et les lances furent entrées en jeu, au plus fort de la mêlée , la cohorte de chevaliers dont nous avons parlé , qui, dans la nuit, s'étaient embusqués sur la colline voisine, tomba toutà-coup à toute bride sur une des ailes de l'armée navarraise , la mit en désordre , et se fraya, la lance au poing, un chemin à travers les deux armées, jusqu'au groupe d'hommes d'armes, parmi lesquels se trouvait Garsia, qui, bien que vaillamment soutenu par les quelques braves qui l'entouraient, ne put résister à l'impétuosité du choc des assaillans, et fut précipité par eux sans vie, criblé de coups de lance , à bas de sou cheval. Dans la lutte , deux des compagnons de Garsia

» Qui nimirum milite* ex cogoalione Vcreraundi régi* plerumque exiatentes, ubi volunlutvm Dominl toi frairem suuin avidam vivum capiendi, polius quam eitinclum animadvcrlunl, ul credo , insiinclu Sancia région) communem sibi aaDguincm tindicare, singulariier anhelabanl (ibid., I. c).

2 Monacb. Silens. Chr., num. 79.

3 Mane iiaque fado, quum primo Titan emergerelur undia, ordinalb ccieboc, jogena clatuor ulrumque attollilur, inimica pila eminus juciunlux, morUferi* gladiis communia rt» geritur (ubi aupre).

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