‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 117 sur 282 · CHAPITRE VINGT -QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT -QUATRIÈME

la seconde, lorsqu'il place, en termes exprès, le commencement de la guerre contre les barbares après la mort de son frère (postquam mortuo fratre) x.

Ce point établi , je suivrai maintenant le grand roi chrétien dans cette nouvelle phase de sa carrière.

Une fols en Portugal , Ferdinand prit d'assaut , dès cette première entrée en campagne , la forteresse de Sena , aujourd'hui Sea ou Cea , petite ville de la province actuelle de Beira, située au pied de l'ancien Herminius-Mons (ar-menez , la montagne en langue celtique) , désigné par la géographie moderne sous le nom de Sierra de Estrella ou de la Estrella, entre le Mondego et le Zezare. Les défenseurs de Cea surpris sur la brèche furent passés au fil de l'épée , les autres furent emmenés captifs. De ce point d'appui qu'il venait de conquérir, il continua pendant tout l'été à faire des excursions d'un côté et d'autre, pillant les campagnes et prenant plusieurs villes du voisinage , dont les noms ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Il en fit autant l'été suivant, qui fut celui de 1056, consacrant la saison froide et pluvieuse au soin de son gouvernement et au repos de ses troupes. De ce moment il ne cessa plus de faire la guerre aux infidèles sur un point ou sur un autre, et le nombre des villes qu'il reconquit sur eux dans ses campagnes subséquentes fut tel , que le moine de Silos renonce à les énumérer , et prend le parti de ne nommer que les principales , celles surtout qui , sous la domination des chrétiens, avaient eu des pasteurs particuliers et figuré au rang des villes épiscopales a. C'est

i Sur ce point d'histoire important voici lei deux passages décisifs du moine de Silos : — Fernandus itaque rex talibos impeditas (invidia fratris soi Garsi»), «palio itxdecim annorum cum exleris geolibus ultra soos limites nihil confligendo peregit (Monacb. Silens. Cbr., nom. 80). — Fernandus rex (nom. 88), postquam mortuo fratre et cognalo omne regnum sibi sine obstaculo ditioni sua) subactum videt ; jam seenrus de palria reliquum lempus in expugnandos barbants et ecclesias Christi corroborandas agere decrevit. Igitur, transaclo byemali tempore

3 Scd quoniam faslidiesum videbatur, villulas et crebra barbarorom castella,

ainsi qu'immédiatement après Séna il fait mention de Viseu, que le roi assiégea dans l'intention, dit-il, de venger sur les barbares qui l'habitaient la mort de son beau-père Alfonse V , tué , comme nous l avons tu , devant cette place en 1027 z. La ville était défendue par un corps d'archers qui lançaient leurs traits avec une dextérité et une violence telles, qu'ils ne manquaient jamais le but et perçaient les casques et les cuirasses les plus durs ; ce qui obligea les assiégeans à s'armer de boucliers doublés de bois et de triples cuirasses. Ferdinand leur opposa ses plus vaillans soldats et les nombreux bataillons de frondeurs dont il avait eu soin de se munir. La résistance fut terrible , mais inutile. Après quelques jours de siège il donna l'assaut avec toutes ses forces réunies et parvint à se rendre maître de la place , dont les habitans furent en partie égorgés , en partie réduits en servitude et distribués à ses compagnons, en récompense de leurs serces. Parmi les captifs fut retrouvé l'archer qui, trente ans auparavant, avait décoché la flèche dont avait été tué Alfonse Y (le 5 mai 1027). Ferdinand lui fit couper les deux mains; vengeance barbare et peu digne d'un roi ; fort applaudie cependant par les historiens monarchiques qui la rapportent ».

Viseu est bâti sur une hauteur, au milieu d'une plaine fertile en vins, oranges, châtaignes et lin. Les archers arabes

k Fernando InTiclisaimo rege depopulata, stylo synaxim enumerare; nomina principalium civilatum eccleaiis quaram olim pastores prxfueranl, qoas virîliter pugnando a sacrilegU manibus exlorsit , exprimer* curari (Monach. Silena. Chr., nom. 8»).

1 Trlamphato orgo oppido Sena, ad debellandam Visensem urbem accélérai ; ca scilicet intentione, ut factorum auorom reddita vice , pro Aldefonso socero sao inlerfecto, civitalis illius Barbari sotaeant débitas pœnas (num. VtG).

2 Le moine de Silos dit simplement :■ — Deinde, commisse) praclio, pcr aliqviol éles corn magna vi certarelur, cepit eam ; atque invento inibi sagillario , qui ▲Idefonsom regem interfecerat, eu m ab utraque manu prirare Jussit (num. 86). Mais les ftfariana, les Ferreras et consorU n'ont garde dt masquer cette eceaaie* de montrer leur sèle pour ces rigueurs salutaires.

Page 1