‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 119 sur 282 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

une prise d'assaut et les sanglantes exécutions qu'elle eût infailliblement entraînées, à en juger par la façon dont ce même roi en avait usé naguère envers Viseu, Lamecum et les autres forteresses emportées par lui1, Il y a même une chronique chrétienne fort compétente qui va jusqu'à dire que Coimbre tomba entre les mains du roi par suite d'une honorable paix, quoique contrainte par la faim. Ce fut le 24 juillet que les nabi tans, réduits ainsi par les angoisses de la disette à demander merci, envoyèrent des députés au roi chrétien pour se rendre et capituler. Le jour de vendredi, mentionné deux fois dans la Chronique de Goïmbre et dans le Ghronicon Lusitanum, et la veille de saint Christophe, dont il est question dans ces deux Chroniques et dans celle de Co m poste lie, prouvent clairement que la ville se rendit à la date que nous disons ; car la veille de saint Christophe, en cette année 1058, tomba en effet un vendredi, fl y a par conséquent erreur dans les Chroniques qui fixent cette date à l'année 1064 et au 19 ou 25 du mois a. Deux jours s'écoulèrent, du vendredi au dimanche, pour régler les conditions de la capitulation. Enfin les deux

• f Mon. SU. Cor., ubi supra.

* La prise de Coimbre ne doit point être en effet Gxée en 1064, comme il pajait d'abord légitime de le Taire sur la foi de la Chronique même de Coimbre, et ainsi que Pont fait la plupart des auteurs portugais, tels que Brito, Lcilào et Bocha ; elle ne doit pas L'être non plus avec les historiens généraux d'Espagne en 1040; ces derniers attribuent mal à propos à la troisième année, du réfjne de Ferdinand sur Léon ce que les écrivains contemporains disent expressément n'avoir eu lieu qu'après la seizième. Cette dernière date de 1040 est indigne de toute discussion, bien qu'adoptée généralement par la banalité historique courante, en-deçà comme au-delà des Pyrénées. La première semble d'abord, et pourrait être en effet mieux fondée, si la notice même de la Chronique de Coimbre, d'après laquelle elle a pris cours, ne nous apprenait que cette place fat conquise le 24 de juillet, dans la vrne férié, un vendredi, veille de la saint Christophe ; ce qui ne saurait se vérifier pour l'année 1064, qui eut pour lettres dominicales dc, et dans laquelle , par conséquent, la sixième féerie ne fut pas an vendredi. Il faut remarquer en outre que Tannée 1064 fut l'avanl-dernière du régne et de la vie de Ferdinand, et que le moine de Silos, rapportant diverses campagnes du roi chrétien contre les Arabes après la prise de Coimbre, cet conquêtes et ces campagnes ne purent avoir lieu que dans le cours de plusieurs années, et par conséquent antérieurement à cette année 1064.

partis convinrent que les habitons sortiraient de la place avec leurs femmes et leurs enfans, et la livreraient au roi, ainsi que tout ce qu'ils possédaient, à l'exception de l'argent nécessaire à leur voyage. Cinq mille cinquante Musulmans, suivant la chronique d'Alcala, furent toutefois livrés au vainqueur et passèrent de la ville au camp du roi en qualité de captifs. Le roi fit ensuite son entrée solennelle dans Coïmbre , dans la matinée du dimanche 26 juillet, accompagné de sa femme la reine Sancia, des évèques d'Iria, de Lugo, de Viseu et de Mondofledo,Cresconius,Vestruarius, Sisnandus et Suarius, des abbés de Guimaraens et de Cellanova Petrus et Arrianus , ainsi que des notables ou des grands suivant son armée, que la chronique d'Alcala appelle alii filii bonorum hominum1.

Le moine de Silos raconte au sujet de la prise de Coïmbre une histoire merveilleuse selon le génie du temps : « Un certain pèlerin grec (peregrinus q uidam grœculus, ut credo) venu de Jérusalem, dit-il, pauvre d'esprit et d'œuvres, passait les jours et les nuits sous le portique de l'église du bienheureui Jacques, dans les veilles et dans les prières. Gomme il commençait à comprendre un peu notre langage, il entendait avac

l Voici le passage de la Chronique de Complulum relatif à la prise de Coïmbre : — Rex Fernando» cum conjuge ejuf Sancia regina, imperator fortissimus, simul corn suis episcopis Creaconio Irienal Apoelolices Sedis, Vealruario Lucensis Sedis, Sisnando Vise nais Sedis , Soario Minduniensis, aeu Dumiensis Sedis; simililer abbalibus, Pefro de Ascelerio Vimaranensi, cum suo prcposito Arrîano contraire , el de comatio Cella-Novae Arriano abbaie, et alii mulioram filii bonoruin hominum, obsedil ciyitatem Colimbriam, el jacait ipse rex cum sao

ex er ci lu vi menaes : et capta fuit in manus illius régis per hooorificeniiam

pacis, et cum presura famia. Et exierunt inde ad captivilalem y millia l Sarracenorom, et fuit tpsa capta, et ipBa capliYilaa in y espéra S. Chrl»tophori,qux est tu id. julii era ques aursum reaonat (p. 316).— Le moine de Silos ditaimplement :

Siqoidem quum per aliquot temporia in apatia Conimbrienses infra mu? nia

incluses leneret, posilia in gyro arielibus murum civitelis in parte fregerat. Quod videntee barbari, legatos cum suppliciis ad regem miseront, qui aibi liberiaque vilain tantummodo postulantes, et urbem el omnem aubsUntiam prêter Tiatleom per parcnmalipendiuin régi traddideruni (num. 89).

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