‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 134 sur 282 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

tuaire d'un merveilleux travail (peut-être une tapisserie historiée , ou plus vraisemblablement chargée de riches arabesques) ; puis , poussant de grands soupirs du fond de sa poitrine, il dit : Voilà que tu te retires d'ici, Isidore, homme vénérable. Nous avons cependant reçu l'un et l'autre , tu le sais, même héritage (ou môme patrimoine)1. Ces paroles tant soit peu ambiguës ou tout au moins d'un sens difficile à saisir , comme toutes celles que le chroniqueur met dans la bouche d'Ebn Abéd, et que je ne traduis pas sans quelque hésitation, furent entendues et recueillies à l'instant même par F un des notaires présens de l'ambassade *. Les légats cependant, chargés des restes d'Isidore et du corps d'Alvitus , reprirent le chemin par lequel ils étaient venus. Dans toutes les villes de leur passage, Ferdinand les fit recevoir avec pompe et magnificence; il s'affligea avec eux, à leur arrivée, de la mort de leur compagnon, quelle que fût d'ailleurs sa joie de voir dans sa capitale les précieux restes du saint docteur goth Isidore; et le sérénissime roi , pour finir comme j'ai commencé avec le moine de Silos, lit placer le corps du premier dans l'église de Sainte-Marie , dont il fut le pontife, et celui du second, comme nous l'a- Tons rapporté plus haut, dans la basilique de Saint- Jean- Baptiste de Léon, où il est demeuré depuis3.

Le jour de la cérémonie le roi témoigna de son humilité et de sa parfaite dévotion selon le Christ, en desservant de ses mains, en guise de domestique , la table où il convia les membres de tout ordre du clergé léonais, et il voulut que la

i En abhinc, bidore Tir Tenerande, recedia ; ipia lamen noitl ma qoaJUer cl

a Emt ab Hlit font nota, qui praMtftUaliler te audiate; twtall font.

3 Cujus (laidori) lanclum corpua in basilica Beati Joannia Buplialae, quara idem aereniasimua rex , at pauto tnemini , Legione novlter fabricaverat , repoanll. Ahritua autem venerandna aaliataa, In eccteila Beala Mario;, coi profiterai, De© annuente , ha boit aepulchnun. — Voyai pour co dernier let Kiet de la Tla dt aainl AlTitua , daoa Riaco.

reine ainsi qne ses fils et ses filles, dépouillant comme lui l'orgueil du rang suprême, y fissent avec lui le service nécessaire, et y remplissent les plus humbles emplois réserves aux jeunes esclaves des deux sexes capturés à la guerre et condamnés à faire l'office de valets z.

Bien qu'un aimable et spirituel critique3 nous ait reproché de traiter mal, chemin faisant dans cette histoire (de railler, c'est son expression), nos devanciers et émules des trois derniers siècles, à la manière des héros de l'Iliade, qui haranguaient leurs adversaires dans le combat et jusque dans la mêlée , nous parlerons encore de celui de tous qui nous inspire le moins de respect. Au sujet de la négociation dont nous avons donné le récit authentique d'après le moine de Silos, Mariana dit ridiculement (et où a-t-il pris cela, hon Dieu !) que « les habitans de Séville , avertis de ce qu'on pré-

* tendait faire (savoir rechercher et emporter de leur ville le » corps de sainte Justa), soit de leur propre mouvement pour » connaître combien profitent aux peuples l'aide et l'assistance » des saints par l'effet de leurs saintes reliques, ou soit , ce > qu'il croit plutôt, à la persuasion des chrétiens établis à Sé- » ville, prirent les armes, décidés à ne point permettre qu'on

* emportât de leur ville ces os sacrés 3. » — Ah uno disce omnes. — Mais laissons là Mariana pour n'y plus revenir, et

1 Ceterum cum tanta derotioae in feslivitate Ma rex gtorioelfsimos ob werentiam aanctt anliatiili bumilitati deditus foliée perhibelnr, ni quum ad eoo- Yiviam tentam faerat, religioaia qalbuaque Tiria delicaloa eiboa, deposilo regali aupercillo, vice fàmulorum , propriis manibus apponerel. Regina quoque Sanda cum filila et filiabua aala reltquœ multitudini, more aervolorum, ouine obaequium humiliter exbiberet.

2 M. Pou}onUt, Quotidienne do s jantler I84i.

3 Loa ciudadanoa de Serilla a? i» ad os de lo que ae prétendit , aea movidoa de al mismof por enlender quanio imporlan a loa paebloa la aaitlencia y ayada de lo» sanlos por medio de ane aanlaa reliqalaa , o lo que mas creo , à perauaaion de loa chrîslianoi que en Se%Hla moraban, te putieron en armât, resoelios de do permiti r le* llevasen de su ciudad aquellos bueaos sagradog (Mariana, HisU geo. do £spaùa , Ub. ix > c. S).

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