‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 135 sur 282 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

rc prenons le fidèle récit des événemens, en nous aidant, comme toujours, des historiens originaux.

La cérémonie de la translation amena à Léon, comme nous l avons dit plus haut , les principaux personnages du royaume, ce que le chroniqueur appelle les magnats, sans autrement préciser les privilèges ou prérogatives de qualité ou de pouvoir qui donnaient droit à ce titre ; et Ferdinand y tint avec eux un concile moins religieux que politique, et dont pour cela sans doute les actes n'ont pas été conservés; concile que le roi, déjà vieux et saisi peutêtre du pressentiment de sa mort prochaine, tint expressément dans le but de partager son royaume entre ses enfans, • afin qu'après sa mort ils menassent entre eux, s'il était possible , une vie tranquille 1 . •»

Le partage que Ferdinand fit, en cette occasion, de ses états entre ses enfans, réclame ici toute notre attention. Il donna à Alfonse, qui n'était pas l'aîné, mais le plus chéri de ses fils, les champs Gothiques et tout le royaume de Léon. 11 constitua Sancius, l'aîné, roi en Cas tille. Garsia, le plus jeune, eut la Galice. L'aînée de tous ses enfans, Urraca,eut en souveraineté absolue la ville de Zamora, et Geloïra sa sœur, celle de Toro , l'ancienne Octodurum , à quelques lieues de Zamora, et située comme elle sur le Duero. D leur donna de plus tous les monastères de son royaume , afin que , leur vie durant, elles y vécussent dans le célibat. Ainsi rendent compte de ce partage le moine de Silos , Roderich de Tolède et Lacas de Tuya. Pélage, évêque d'Oviédo, est plus expli-

f habito magnatorum generali convenlu suorum,ut post obi ta m saura,

si fieri posset, qaieUm inter se dacereal vitam, regnum suom flliis rais diyidere plaçait.

2 Le premier dit particulièrement : — Aldefonsum itaque, quem prœ omnibus ïiberis earum habebat , campis Gothomm prefecit , atqoe omne Legionensium regaam so« ditioni maacipavil. Constituit quoque Sanciom primogeoilum fiUum suum super Caslellam regem. Necnon et juoiorem Garsiam Galleciae perlolit. Traddidil etiam filiabus sais omnia toUas regai sai monasteria, la quibut

cite et plu» instructif encore i— « Avant qu'il mourût, dit-il, il divisa comme il suit son royaume entre ses fils : Il donna à Sancho, à partir du fleuve Pisuerga, toute la Castille, Najera, Pampelunc (qu'il s'était réservée sans doate lors de la mort de Garsia son frère) j ainsi que tous les droits royaux qui lui revenaient sur ces terres. 11 donna à Alfonse Léon jusqu au fleuve Pisuerga, toutes les Asturies, et Trasmera jusqu'à la rivière d'Ove, Astorga, les champs Gothiques ou de Toro, le Bierzo jusqu'à la ville d'Ux dans le mont Ezebrero et à la ville d'Uize. Il donna à Garsia toute la Galice ensemble et tout le Portugal1. » Cela fait, il sembla n'avoir plus d'autre souci que le service de l'église de Dieu ; il fit décorer la nouvelle église dédiée à saint Isidore d'ornemens précieux et de riches tentures de soie ; il prodigua l'or , l'argent et le marbre pour la rendre digne du saint sous l'invocation duquel il l'avait placée. Lui-même, le matin, le soir, à certaines heures de la nuit, et au moment du saint sacrifice, la fréquentait assidûment (impigrè). Souvent, mêlant sa voix à celle des prêtres , il entonnait puissamment avec eux les louanges de Dieu2. Les églises que Ferdinand cultiva le pins après celle de Saint-Isidore de Léon, et qu'il n'enrichit pas moins de ses dons , furent l'église du Sauveur d'Oviédo et celle du bienheureux Jacques l'Apôtre. Quoi de plus? le dévot et excellent prince n'épargna rien , au dire de son biographe , pour assurer le repos et le bien-être des prêtres et des moines. Il aimait les pèlerins et les pauvres et veillait à tous leurs besoins. Partout où il y avait des chrétiens, des

usque ad exllutn hajua vil» abaque marital! copola viverent ( Monacb, Siiem. Chr., num. 105).

1 Et antequam moreretur divisil regmim suum aie filiis suis. Dédit domino Sancio per flumen Pisorgaro, totaro Caitellam, Naxaram, Pampilonam ctim omnibus regalibus sibi perllncnlibus. Dédit domino Adef. nio Lcgionem per (lumen Pisorgam,lotas A§lurias,el Trasmiram uaque in (lumen OTa?,Aaloricain, Campoa de Tauro, Berixo usque viihim Ix u moule Kzedrero ad villam L'Iie. Dedil domino Uarseano u Um (iallxci .m un i c .tu (oto l'orti^ale.

2 Exultabat pgllculer in leude Uei.

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