‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 136 sur 282 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

moines, des prêtres, des femmes vouées au service de Dieu, ayant fait vœu de vivre dans la pauvreté, il répandait les aumônes et les dons, et cherchait des consolations religieuses. C'est ainsi que les moines du monastère de Saint-Facund de Sahagun le virent une fois venir prendre humblement avec eux la nourriture de l'ordinaire monastique à l'heure de la réfection. On venait de ge mettre à table. L'abbé, après avoir béni, selon l'usage, le vin du repas dans les amphores placées devant lui sur la table commune, avait fait présenter au roi, pour lui faire honneur, une coupe de verre remplie de ce vin; mais, soit inattention, soit maladresse, le roi laissa tomber cette coupe, qui, fragile de sa nature, se brisa en mille éclats. Saisi à cette vue d'une inquiétude singulière et comme s'il eût été coupable de quelque méfait, le roi appela à lui un de ses pages, et lui ordonna de lui apporter incontinent la coupe d'or dans laquelle il buvait habituellement. Le page courut la chercher, et le roi, l'ayant fait dresser sur la table , dit aux frères : « Voici , mes seigneurs , le vase que je restitue au lieu de celui que j'ai brisé. Acceptez-le en l'honneur des bienheureux martyrs1.» Sa libéralité s'étendait audelà des bornes de son royaume , et il ordonna en ce temps que , tant qu'il vivrait , il fût envoyé chaque année mille sous d'or de son trésor particulier aux moines du monastère de Gluni pour le salut des pécheurs a.

Une dernière expédition de guerre qui, selon nos conjectures, remplit à peu près toute l'année 1065, marqua la fin de ce règne .Toutes ces choses ainsi bien ordonnées, dit le mieux informé de ses historiens, il passa avec un camp volant dans la

l Tune rex anxielale teint magni reatuapereuasna, vocal necesiario ad

se nnam de circumstantibus auia puéril , et vaa aureom , quo ipse aasiduc bibebat,iibi adduci ccleriler imperat; tic fratres alloquitor, dicena : En doinini inei, pro confracto hoc Bealis martyribua reslituo vas.

2 Siato.il quoque, per onamquemque annuin mena, pro vinculia peccalorum retoWendis Cluniacenai* Cœnobii Monachi» mille aureoa ex proprio «ririo dari.

province de Celtibérie, avec le dessein, cela va sans dire,d'y dévaster, suivant l'usage, les villages et les bourgs, d'y renverser et d'y saccager les villes des Maures. Il y promena successivement ses tentes et ses pavillons en divers lieux ; et, dans le temps assez long qu'il y demeura (suivant toute probabilité du printemps à l'hiver 1065), livra aux flammes et au pillage, ou au moins dépeupla toutes les habitations situées au-dehors des enceintes fortifiées. Il arriva ainsi jusque devant la ville de Valence que , suivant le même historien , il eût emportée en très peu de temps, s'il n'avait été contraint de s'aliter, pris tout-à-coup de maladie, et d'une maladie assez grave pour l'obliger à reprendre aussitôt le chemin de Léon x. Il reçut toutefois préalablement, dit-on, la soumission de la plupart des villes et des châteaux de la province de Celtibérie. Notre guide va jusqu'à dire de toutes les villes et de tous les châteaux de cette province2. Mais il n'y a pas lieu de le prendre en ceci à la lettre. Comment, s'il en avait été ainsi, « la province de Celtibérie » se serait-elle retrouvée après la mort de Ferdinand au pouvoir des Musulmans comme elle y avait été avant l'expédition? Il prit, dit-on encore, entre autres villes, Avila, dès son entrée en campagne. Mais il y a ici erreur manifeste. Ferdinand rapporta d'Avila, il est vrai, des reliques, les reliques de saint Vincent; mais il les en rapporta comme il avait rapporté de Séville celles d'Isidore, c'est-à-dire du consentement des maîtres musulmans de la ville. Il y a plus : dans toute cette expédition Ferdinand n'agit point pour son compte , mais comme allié et auxiliaire de l'émir de Tolède El Màmoun ; c'est à ce titre et dans l'intérêt de celui-ci qu'il

1 Onibu» rebut iU bene ordinalis cura expedtta manu ad CeltiberiB Provincia pagos vastandos, ac villas Mauroruin diripiendaa profectu* e»l. Qaomque ibi diu moraretur , omnia qu» extra muniliones eranl, ferro el igné depopulatus^ Valenliam civilatem accessit : quant brevi expugnassel,nitsgritudine correptui decubuissei.

2 Omnibus laraen Celtiberias Provinci» civilatîbus el cas tellia in dilionem acpeptis... elc...

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