CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
pénétra jusque sur les terres du royaume de Valence.A quel autre titre, en effet, aurait-il attaqué ce royaume, à si grande distance du sien , et dont le séparait le royaume de Tolède dans toute son étendue? Le rapprochement des chroniques des deux peuples est décisif sur ce point. Nous trouvons dans les annales arabes que l'émir de Tolède El Màmoun, irrité en cette année contre son gendre de Valence Abd el Melek ben Abd el Azyz el Modzhaffer, se porta à grandes journées contre lui, arriva à l'improviste dans sa capitale, l'y surprit et le déposséda du gouvernement, ne lui laissant la vie que par considération pour sa femme, fille bien-aimée du vainqueur1. Ferdinand fut de cette campagne en personne, et sans doute El Màmoun fut bien aise d'employer ainsi l'ardeur et l'activité des troupes chrétiennes à sou profit et contre ses ennemis de l'Espagne orientale, de leur faire manquer ainsi Je but en le leur faisant dépasser. Par cette sage politique , il détournait de lui ce torrent, et lui ouvrait un passage pour qu'il allât courir et ravager les terres de ses ennemis. Les rois arabes d'Espagne étaient alors en effet assez divisés pour que Ferdinand pût avoir maille à partir, chemin faisant, avec des groupes de tribus musulmanes hostiles à la domination de Tolède, et ce furent celles-là que le roi chrétien battit et dispersa , ce furent leurs habitations qu'il dépeupla par le fer et le feu ; ce fut d'elles enfin qu'il reçut la soumission dont parle le moine chroniqueur. Quant à El MAmoun, il paya sans doute les secours de Ferdinand, et il les paya non seulement avec de l'or, mais avec ce qui, en ce temps, était estimé d'un prix au-dessus de toutes les richesses de la terre, avec des reliques de saints. C'est ainsi que, sans qu'il ait fait la conquête d'Avila , comme le rapportent sans fondement la plupart des historiens généraux d'Esfjagne, il put fort bien tirer d'Avila les reliques des frères martyrs Vin-
I Voyez ci-devant, p, 100 cl saiv.
cent, Sabine et Christeta. Des docnmens d'uïie authenticité non douteuse ne laissent aucune incertitude, d'ailleurs, sur l'époque de cette translation : elle suivit celle des reliques de saint Isidore , et la guerre de Celtibérie en fat l'occasion *. L'inscription votive de l'église de Saint-Isidore de Léon , que Ton conserve encore dans les archives claustrales de l'ancien couvent attenant à cette église, fait mention de ce fait, et en fixe la date d'une manière tout-à-fait précise : — « Cette église que tu vois, dit cette inscription, dédiée autrefois à saint Jean-Baptiste, était de terre. Il y a peu de temps que le très excellent Ferdinand roi et que la reine Sancia l'ont fait reconstruire en pierre , alors que de la ville de Séville ils y ont fait transporter le corps de saint Isidore , évêque , pour en faire son temple, le douzième jour des kalendes de janvier de 1ère MCI (21 décembre 1063). Après quoi, dans l'ère MCIII, dans la sixième ide de mai (10 mai 1065), ils y firent transporter de la ville d'Avila le corps de saint Vincent, frère de Sabine et de Christeta. Cette même année, le roi précité, revenant de faire la guerre contre la ville de Valence, ici, un jour de samedi, mourut dans la troisième férié, sixième jour des kalendes de janvier de l'ère MCIII (27 décembre 1065). La reine Sancia, soigneuse du service de Dieu, l'acheva de construire». »
■ Post adventnm autem sancti corporis Isidori poutificla in Legionem , quia cltitaa Abulenais in vMlilatem oUm a SarracenU redicta (lierai, IranatuUt ex ca Rex Fornandus corpora sanctorum marlyrorum Vincent» , Sabin» et Chrialeue (Luc. Tnd., p. 9li).
2 hanc qtam ceams avlan
SANCTI ÎOAKBIS BAPTI5TAB OMM FVIT LVTBA <JVAM NVPBR BXCELENTIS8IHT8 FBBDIIf AKDVS BBX BT SANCCIA BSGIMA EDIFICAVBRVKT LAFIOBAM
TVîfC AB VBBB HISPALI ADDVXBRVKT IBI COBFVS SANCTI ISIDORI BP1SCOF1 IN DBD1CATIONE TBHFtt «V|TS