‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 138 sur 282 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

Comme on vient de le voir par l'inscription qui précède, le roi moarut au retour de cette expédition dite de Celtibérie. Écoutons sur sa mort le moine de Silos. Ayant reçu , dit-il, la soumission des villes et des châteaux de la province de Celtibérie, transporté malade à Léon au mois de décembre , il entra dans la ville le 8 des kalendes de janvier (25 décembre) , un jour de samedi. Sa première visite fut à l'église de Saint-Isidore, où, suivant son usage, il se mit à genoux , invoquant et adorant par de ferventes prières les corps des saints, comme si déjà l'heure terrible de la mort eût été là présente, afin que, par leur intercession, son ame , libre de la puissance des ténèbres, pût paraître intacte parmi les chœurs des anges, au tribunal du Christ, son rédempteur. De là il se rendit au palais pour prendre quelques heures de repos ; puis, à minuit, il retourna à l'église , assista aux joyeuses cérémonies de la nativité du Seigneur , entendit Ja messe du point du jour, communia, et, se sentant très faible, se fit porter à bras dans son lit. Mais aucun récit, ce nous semble, ne saurait remplacer le simple et pathétique récit du chroniqueur. — « La nuit même de la nativité du Seigneur, dit-il, comme les prêtres, selon l'usage, eu célébraient joyeusement la fête par des chants, le sei-

DIEM XII KALEWDAS IANVARH ERA M. C. I.

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AB TRBB VALBHCIA III NC Ifil DIB SABBATO OBUT DIB TBBT1A FBB1A SEXTO KALEKDAB 1AKTABII BBA M. C. III.

SAXCCIA REGINA DEO DEDICATA PBREOIT.

ffiSTOUlE D'ESPAGNE

gneur roi \int parmi eux, et, avec force, autant qu'il était en lui, se prit à chanter, joyeux, le dernier mot des matines : « Il est venu à nous (Âdvenit nobis),» lesquelles alors se chantaient selon le rite de Tolède , les assistans répondant : « Instruisez-vous, ô vous tous qui jugez la terre (Erudimini omnes, quijudicatis terram) f.» Et cela pouvait se dire sans incongruité devant le sérénissime roi Ferdinand (ajoute le chroniqueur) , qui , tant qu'il lui fut donné de vivre , gouverna catholiquement le royaume et fut de tout point luimême exemplaire par son zèle à mettre un frein à l'impudicité 3.

Le chroniqueur nous raconte ensuite comment, le jour de la nativité du fils de Dieu , jour de lumière pour l'universalité des hommes , s'étant levé, le seigneur roi , presse par la maladie, demanda à chanter la messe, et ayant reçu le corps et le sang du Christ (ayant communié au pain et au vin, on communiait alors sous les deux espèces) , se fit transporter à bras dans son lit. Le lendemain cependant , à la venue du jour, pressentant sa fin prochaine, il appela à lui les évèques, les abbés et les hommes religieux de sa capitale, afin qu'ils le fortifiassent au moment suprême , et se fit reporter à l'église dans leur compagnie , paré de ses habits royaux et la tète ceinte de la couronne. En arrivant à l'église il s'agenouilla humblement devant l'autel de saint Jean, où avaient été nouvellement construits par son ordre les tombeaux de saint Isidore et de saint Vincent, martyr, et, levant les yeux au ciel où le Tout-Puissant a son trône éternel, il dit d'une voix forte et claire : « La puissance et la domination sont à

1 afluit inler eo» (clerieos) dominas rex , alqae \irtate , quâ poterat,

leelus concinere cœpit ultimnm sonnm roatulinoram : Advenif nobû, qoera lune temporis more ToleUno canebant ; succentoribua autem reapondentlbos : Erudimini omnes , qui judieatit terram.

2 Qaod Fernando serenistimo régi non incongrue lonc conreniebal. Qui dam vivere sibi licuit, el regnum caihollec gubernavil, el se ipsnm preaao impodicili» freno funditos eruditum reddidit.

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