‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 140 sur 282 · CHAPITRE VÏ5GT-QUATMÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VÏ5GT-QUATMÈME

tonte l'Espagne, fils de Sanctius, roi des Pyrénées et de Toulouse, lequel fit transporter à Léon, de Séville, le corps dn bienheureux Isidore, archevêque, et d'Avila celui de saint Vincent, martyr , et fit de pierre cette église qui, jadis, était de bois. Par ses combats il se rendit tributaires tous les Sarrasins d'Espagne, prit Goïmbre, Lamego, Yiseu et d'autres villes, et s'empara par la force des royaumes de Garsia (roi de Navarre, son frère) et de Bermude (III, roi de Léon). Il mourut le 6 des kalendes de janvier de 1ère MCIII (27 décembre 1065)1. »

La femme de Ferdinand, domna Sanctia (doua Sancha), femme supérieure, très pieuse, très judicieuse, très aimable, comme rappelle un de ses historiens, mourut, suivant son épitaphe conservée dans l'église de Saint-Isidore de Léon et où elle est qualifiée de reine de toute l'Espagne , cinq ans après son mari, le 5 mai 1071. Mais les chiffres mal formés de la date nous en paraissent avoir été mal lus par Sandoval et Yepes qui la rapportent. Nous suivrons sur ce point les mémoires de la ville de Léon et les annales d'Alcala, de Cornpostelle et de Tolède , qui s'accordent à placer la mort de la veuve de Ferdinand dans l'ère d'Espagne 1 105 , c'est-à-dire en 1067 de J.-C. (le 7 des ides de novembre, suivant les annales de Compostelle)'.— -Cinq enfans étaient nés, comme

> Voyei Yepei, Coronica, etc., t. t, et Sandotal, Cineo obispof , etc.

> L'épitaphe de la veuve de Ferdinand porte (f oy. Yepee, Coronica de la Orden

de son Benito, t. t, cent. », p. 151, et t. tt, cent. 6, p. 255) :

S. IU SA8CCIA UlGtKA TOTfVS RISPAKIAB MAGNI REGIS rSaDlKANDI VIO*

mu mois Anaronsi

QVI POPVLAVIT LBGIOKSM T05T PESTRVCTIOH1M ALMANZOR.

OBIIT B*A MCVIIII

m as. m.

La date exprimée dans les deux dernièrea lignes donne bien, en effet, le S mai 1071, si on l'interprète comme Sandoval et Yepes par obiil era acviiu torfïo nonat maii; mais peut-être faut-» lire (et le peu de netteté des caractères assez

HISTOIRE D KSPAGKE.

nous l'avons dit, du mariage de Sancha avec Ferdinand, trois garçons et deux^filles, nommés dans la langue du temps, suivant l'ordre de primogéniture, Urraca, Sanctius, Adefonsus , Geloira et Garsea (Urraca, Sancho, Alonzo, Ëlvira et Garcia dans le castillan moderne),entre lesquels nous avons vu Ferdinand partager ses états deux ans environ avant sa mort. — Il commit cette innocente erreur politique, dit un écrivain espagnol1, par un excès d'amour paternel, et pour imiter son respectable père don Sancho el Mayor, qui avait formé autant de royaumes qu'il avait de fils. Les fatales conséquences qu'avait eues ce partage, et dont lui-même avait fait l'expérience , ne purent l'arrêter, aveuglé qu'il était par son trop d'amour pour ses enfans. — Chacune de ses filles eut, comme nous l'avons dit, une portion des domaines paternels. Urraca, l'ainée, née vers 103 4 suivant mes conjectures, princesse d'une grande beauté et d'un esprit supérieur , d'une prudence consommée et de mœurs exemplaires, eut le patronage de plusieurs monastères, et le titre de reine de Zamora, qu'on lui donne sur sa pierre tumulaire, d'où il conste aussi qu'elle mourut en 1101, trente-six ans après son père. Elle fut enterrée dans l'église de Saint-Isidore de Léon qu'elle avait enrichie de ses dons, et au service de laquelle elle s'était vouée dans les dernières années de sa vie, sans cependant se faire religieuses*. Deux épitaphes figurent sur son tombeau, l'une en vers avec rimes, l'antre en prose. La première est curieuse et par la forme et par le fond : — «La noble Urraca, y est-il dit, gît dans ce tombeau. Honneur de l'Hespérie, hélas! elle tient en ce petit espace. Elle était de la lignée du regrettable roi Ferdinand, et ce fut la reine Sanctia qui l'engendra. Onze cents et

grossièrement gravés de Fépitaphe originale autorise la conjecture) obiit erm MCt,mnn (vu) «Vf. n. (teplimo idut novembris), ce qui donnerait la date même exprimée par les annales de Composlelle, p. 319. 1 JUasdeu , t. xn.

* Voyez Rodertch de Tolède , 1. y, 1. c.

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