‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 149 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

Austindus, archevêque de l'église d'Auch.

Guillelmus, évèque de l'église d'Urgel.

Héraclius, évèque de l'église de Bigorre.

Stéphanus, évèque de l'église d'Oloron.

Gomesanus, évèque de l'église de Calagurris.

Jean, évèque de l'église de Leyurensig.

Sanctius, évèque de l'église prédite ( d'Aragon a , de Jaca, suivant ma conjecture).

Paternus,|évcque de l'église de Saragosse.

Arnulphe, évèque de l'église de Roda (Rota-el-Yehoud, Roda des juifs, ville du partido de Benavarre, évèché de Lérida, au temps où nous en sommes siège épiscopal des évêques de Rivagorza, jusqu'à ce que ce siège ait été transféré à Léridaenll49).

Belasco, abbé du monastère de Saint-Jean-Baptiste.

Banzo, abbé du monastère de l'apôtre Saint-André.

Garusus, abbé d'Asin.

Sancius, comte.

Fortunio Sancii, procer.

Lope Garseanus, procer.

Tous les procérès, officiers et généraux du roi susdit, formant la cour du roi x.

■ Ego Ranimirus , quamvis indignai, Cbristl proridontia Rex, banc donalionem propria manu conûrmo, et SS. et omnes cpiscopos in hoc aacro concllio congregaloa, ut base confirment et aabscribant roço.

Sanclias filius régis.

Alius yerô Sanctius frater ejas.

Austindus Ausciensis ecciesin archiepîscopat.

Guillelmus I rgelœ Bcclesiœ episcopus.

Héraclius IHgorrensis Ecclesias episcopus.

Stcphanns Olorensis Ecclesi» episcopaa.

Gomesanus Calagorrltana» Bcclcsi» episcopus.

Joannea Leyurensis Eecletin episcopaa.

Sanctius prœfaia; Ecclesia episcopus.

Paternus Cœsaraugustanenal» Ecclesiae cpUcopas.

Arnulphus Hulensis Ecclesinî episcopus.

Uclasco abba cœnobii S. Joanois Uaptisl».

On fit lecture, à ce qu'il semble, des actes du concile et des signatures, au peuple assemblé, au moins à en juger par l'article 9, portant: « Ce qu'ayant entendu tous les habitans de F Aragon, tant hommes que femmes, tous, louant le Seigneur d une commune voix, le confirmèrent, disant : il n'y a qu'un Dieu, une foi, un baptême. Grâces soient rendues au Christ céleste et au très bon et très sérénissime prince Bamire, qui apporte tous ses soins à la restauration de notre sainte mère l'église : qu'il lui soit accordé santé et longue vie ; qu'il obtienne une victoire signalée sur ses ennemis, et qu'après sa mort il aille goûter au paradis la félicité des vivans dans les siècles des siècles. Amen l. »

Parles souscriptions qu'on vient de lire, on peut juger de la circonscription primitive de l' Aragon. 11 se composait de cette réunion de montagnes et de vallées qui forment à peu près la partie centrale des Pyrénées, entre la vallée de Boncal et la vallée de Gistain (ou peut-être de Benasque) du côté de l'Espagne, comprenant, en tirant de l'ouest vers l'est, les vallées de Boncal, d'Anso, de Ëcho,d'Aragues, d'Aysa, de Canfranc ou de Jaca, de Broto, de Xalbe, de Bielsa et de Gistain avec les monts correspondes; et, de ce côté-ci, les vallées d'Aspe, d'Ossau, d'Azun, de Cauteretz, le val d'Arrau, la vallée de Louron et celle de la Pique, Bagnères de Luchon,

Baozo abba cœnobii S. André» Aposloli.

Garosns abba Asinensis.

Saoclius cornes.

Forlnnio Sanctil procer.

Lope Garseanus procer.

Omnesque proceres Régis praefatl eo modo natriti anle régis.

■ Audienles enira candi habita tores Aragonensis Patriœ, lam viri qnam foeroina;, omnes nna voce laadantes Deum, conOrmarerunt dieentes : unns Dens , nna Fides, nnom baplismom. Gralia9 Chrisio cœlesti, ac benignissimo ac serenissimo Ranimiro prlncipi, qui curani adbibuit ad restaorationem sancta1 malris Ecclesia) : ait illi concessa sains et yila long» ta , Victoria inimicorura optata HH paicat. Post excessam terô hajus edii cum sanctts in paradiio amœnilate intromlitat féliciter in saccula svcnlornm. Amen.

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Saint-Bertrand de Comminges, le haut Garonne, Bagnères de Bigorre, Lourdes, Nay, Ja majeure partie du cours du gave de Pau, Oloron, Urdax, etc. Les limites de la puissance, ou, si l'on veut, des vallées aragonaises au sud des Pyrénées, ne s'étendaient pas beaucoup au-delàde la Sierra de Guara, depuis Plana-Major et les villes nommées plus haut dans le compte rendu des actes du concile de Jaca, jusques à Ainsa, vers le confluent de la Ginca et de l'Ara. Il ne saurait y avoir aucun doute sur l'extension du pouvoir ou de la juridiction de Ramire, de ce côté-ci des Pyrénées, sur l'ancien territoire des Gonseranni, des Gonvenna?, des Ausci et des Bigerones; les actes du concile de Jaca le démontrent jusqu'à l'évidence1.

Antérieurement, par exemple vers le temps où fut tenu le concile de Saint-Jean de la Pena, les limites du royaume de Ramire paraissent avoir été plus étroites encore, et s'être particulièrement bornées en Espagne aux vallées supérieures voisines du cours deux fleuves portant le nom celtique d'Aragon (proprement l'eau courante, de l'article celtique ar et du substantif avon, aven, gaven, suivant les diverses prononciations, ar-aven, ar-agven, ar-ag,ar-ago)*. De ces deux fleuves le premier, simplement appelé Aragon, naît dans la vallée de Ganfranc de deux sources célèbres jaillissant l'une de la fondrière de Gondachu, à la descente des gorges de Aysa et de Borau, et l'autre non loin du port d'Astun. Ces deux sources forment deux ruisseaux qui vont se réunir audessous du monastère de Sainte-Christine. Divers fleuves grossissent ce premier conrs d'eau, dans ces hauteurs mêmes. Arrivé dans le voisinage de Jaca, il forme un coude vers l'ouest,

1 Ea Aqailanis regîone , dit à ce sujet Zurila , quas Vasconla Hlis lemporibua dicta est, nonc Gcucunia Tocalur, aut régi Ramiro paraisse, aut fœdere fuisse adjunctam , non opinionc solum , sed ctiaia plané ad veritalem hoc uno monumento mini persuadée

2 C'est le radical primitif de aqua, àiga dans les langues romano-celtiques du Midi ; d'où encore le mot yot'e^si commun dan» les Pyréuces , de la forme aspirée havtn, gavtn, comme aussi le gabarrut des charte» du moyen-Age.

et, grossi des eaux que lui fournissent les vallées de Borau, d'Âragues, de Echo, etc., pénètre en Navarre et va se jeter dans TÉbre un peu au-dessous d'Alfaro, entre Logroùo et Tudèle. Le second, appelé Aragon-Subordan, naît dans la vallée de Echo, près du port du même nom, au pied d'un formidable escarpement situé à la gauche du chemin, traverse la vallée d'Âragues, et va s'unir à l'Aragon proprement dit, au lieu appelé Puente de la Rcyna, au-dessous de Verdun, en face du petit village de Venagua. En deçà delà vallée de Boncal, la vallée d'Aspe dans la Gaule-Aquitaine était le point extrême qu'atteignait ï Aragon du côté du nord-ouest; c'est par-là que depuis l'Aragon a confiné avec la France par le Béarn *. Nulle autre part plus que sur cette limite les Pyrénées ne présentent plus d'aspérités et de difficiles passages ; mais là, comme sur les autres points de la grande barrière, l'identité des peuples a vaincu la nature, et donné un démenti à l'éternel prétendu divorce des deux terres dont parle le poète:

Pyrene celsâ nimbosi verticis arce, Divisos Celtis latè prospectât Iberos.

Atqae aeterna tenet magnis divortia terris.

sil. ital., liv. m , vers. 413.

Toute cette réunion de montagnes et de vallées ne formait d'ailleurs qu'un territoire de peu d étendue qui, on ne sait à quelle époque antérieure, à cause du nom des deux fleuves dont nous venons de parler, ou du plus grand d'entre eux, s'était appelée Aragonia, région de l'Aragon. C'est dans ces

t II y eut entre les deux couronne! en 1600 et 1609 nne contestation dent loutej les pièces manuscrites sont consignées on français, en tàpagnol et en béarnais dans le manuscrit n° 74, fond de Brienne, de la bibliothèque royale, sous ce Uire : Négociation et traité sur une violence commise par lee h*b\l%n$ de la vallée d'Anço en Aragon contre Ut habitant de la pallée a"Atpe rn ta s*u« veraineté de Béarn, 1009 rt J600.

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