‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 151 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

nommé Gundisalvus on Gonçalo, lequel, revenant un jour de la montagne, fut blessé et tué traîtreusement, on ignore pour quelle cause, par un cavalier son vassal appelé Bamonet de Gascogne, au pont de Mondas, et enterré au monastère de Saint- Victorien. Ceux de Sobrarbe et de Bibagorça, se voyant sans seigneur, dit la chronique, élurent pour leur roi le roi don Bamire1. Ceci se passait vers 1038. Vers 1015 il commence à être fait mention de l'infant Sancho qu'il eut de la reine Ermesenda, qui, à ce qu'il paraît par l'histoire de Saint-Jean de la Pefla et par d'anciens mémoires, s'appelait aussi Gisberga,etd'un autre Sancho, qu'il eut hors mariage. Le Sancho légitime dut naître vers ce temps, à en juger par l'âge qu'on lui donne à sa mort. Quelques-uns distinguent G isber ga d' Ermesenda. Suivant un très ancien document, Gisberga était fille de Bernard Roger, comte de Bigorre, et de la comtesse Garsenda sa femme. Elle fut fiancée au roi Ramire en août 1036 par Bichard, évêque de Bigorre, et par Garsia et Wilhelm Portas, barons notables du Lavedan a.

Les rapports de Bamire avec l'évèquc d'Urgel Guillelm, l'un des signataires du concile de Jaca, sont d'un caractère singulier. Le 17 septembre 1053, Bamire était au château de Laquers, aujourd'hui Laguares,en Bibagorce ; l'évèquc d'Urgel se présenta à lui, et lui rendit hommage, briguant son alliance et sa protection envers et contre tous; alliance et protection que Bamire lui promit par serment. La pièce authentique qui constate cette alliance porte pour titre : Sacramentum Ranimiri Régis Aragonum factum Guillelmo Guifrcdi episcopo Urgellenso ; et cela nous explique pourquoi nous voyons figurer l'évèque d'Urgel au concile de Jaca , parmi les grands et les évèques de l'Aragonie. « Je jure, moi Bamire roi fils de Sancho, est-il dit dans ce Sacra-

• Voyez Zorila, Annal, de Aragon.

2 jbld. I. e.

HISTOIRE u'LSl'AGNE.

menlum, à toi Guillaume, cvèque, (ils du comte Guiffrcd de Cerdagne, fondateur du monastère de Saiut Martin du Canigou, de n'abuser, de cette heure en avant, ni de ta vie, ni des membres tenant à Ion corps, ni de ta terre, tant habitée que diserte, ni de tes châteaux habites ou déserts, mais au contraire de t'ètre en aide dans le gouvernement et la garde de toute ta terre, tant de celle que tu as que de celle qu'avec l auiiliaire du Seigneur tu auras ou acquerras par mon conseil ; et je te serai un aide contre tous tes ennemis , tant hommes que femmes, tant chrétiens que Sarrasins, qui essaieraient de t enlever ta terre et ton droit. Et tout ce qui est écrit ci-dessus en ta faveur, autant qu'il est au choix de r homme, je le ferai et le tiendrai avec zèle au nom de Dieu et de ses saints »

La plupart des historiens, Garibay et Moret entre autres, placent la mort de Ramire en 1067, et avec toute raison. Nous avons vu en effet les mémoires arabes rapporter la mort du roi Badmir des chrétiens sous l'année 460 de l'hégire. Or, cette année (commençant le 10 novembre 1067) répond précisément à la date donnée par ces historiens, et permet de fixer la bataille de Grados,dans laquelle fut tué le roi d'Aragon, vers la fin de cette année 1067 a. Ainsi Ramire

l Juro ego Ranimiro Sancionis Régis filio ad Guillelrao episcopo filio comité tiuifredo Cerrilanis fundatore monaslerii sancii Martini de f.anigone ni de Ut a

hora inanlea non le decepere de tua \ita nec de ma merobra quac in corpus tu uni se lenent, nec de lua terra condi recta aut ère ma, nec de tuos caslellos condîreclos aut cremof , sed adjulor Ubi cro super tua tota terra per lenere et per habere sic super illa quae auxilianlc Uomiuo inanloa avéras et acaplaras cura meum consillum ; et adjutor libi ero super omnes innimlcos tuos tant viroc quam fxminas, sic Chrislianos quam Sarracenos, qui de lua terra te tulerinl aut te voluerint luire. El sicul esl supra scriptum et nouio légère polcsl, tic le lenere libi illo et allendcrc per Deum et sanctis luis (iu Marra, p. 105K).

- En présence de ces faits et de cet accord, on ne saurait trop s'étonner d'une noie de M. Ascbbacb (Ge$ bichte ron Omm;tjaden),où, pour jnslifler la date qu'il adopte de tOttô, sur la fui d'une inscription apocryphe de Saint-Jean de la Pefta, il déclore, de sa pleine autorité, cl sans eu apporter la moindre preuve, la date de 1003 (lisez 1007) donnée par les Arabes loul-à-fait fautH. En gvnéral, c'est

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