‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 154 sur 282 · CHAPITRE VÎ5GT-Cl"VQtJIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VÎ5GT-Cl"VQtJIÈME

la Sainte-Croix. Quant à mon mobilier, savoir l'or et l'argent, et toot ce qni est en argent, vases d'or, d'argent, d'albâtre, de cristal et de macano, et à mes vètemens, couvertures et garnitures de lit, aumusses, et au service de ma table, que tout soit porté et déposé conjointement avec mon corps au monastère de Saint-Jean, et y demeure entre les mains des seigneurs de ce monastère. Tout ce que Sanctius, mon fils, désirera racheter ou rédimer de ce mobilier, qu'il le rachète et le rédime, et que ce qu'il ne voudra point racheter soit vendu aux enchères et au plus offrant en vente publique, au profit dodit monastère; et les vases que mon fils Sancius voudrait racheter et rédimer, qu'il puisse les prendre et les rédimer poids pour poids, soit d'argent, soit de cazeni;et que, de la somme totale formée de ce que mon fils en aura donné, comme aussi du prix qui proviendra de tout ce qui sera vendu du susdit mobilier à quelque autre personne que ce soit, une moitié soit donnée, pour le salttt de mon Ame, à Saint-Jean, où je désire reposer, et l'autre moitié répartie et distribuée au gré de mes directeurs, et suivant la volonté de l'abbé de Saint-Jean, de celui qui sera évêque de cette terre, des seigneurs Sanctius Galindez , Lope Garcez , Fortunius Sanz , et de mes autres grands barons, pour le salut de mon ame, entre les divers monastères du royaume, et employée en travaux d'utilité publique, à construire des ponts, à racheter des captifs et à élever des châteaux, ou a terminer ceux qui sont commencés aux frontières des Maures, pour la sauvegarde et le plus grand profit des chrétiens; le tout donné et distribué pour le salut de mon ame. Item j'ordonne et j'arrête que tout le service de mon église ou chapelle particulière soit estimé, et que le prix en soit employé au rachat des captifs et, autant qu'il sera en lui, que ce soit mon fils Sanctius qui rachète ledit service et le garde pour lui , car à lui appartiennent la puissance et la seigneurie de cette terre. Je désire en outre, et c'est ma volonté, que du pain et du vin prove*.

nant de mes terres eultivées, du produit des récoltes et de tout ce qui m'appartient en propre, tant de ce qui est appliqué que de ce qui est destiné à l'être, Sanctius mon fils en ait la moitié avec cette terre, et que l'autre moitié soit tout entière employée, au gré de mes directeurs et dans la forme exprimée plus haut pour mes autres meubles, en faveur des monastères et des serviteurs de Dieu, à construire des ponts, à la rédemption des captifs et à l'achèvement des châteaux commences aux frontières. Je donne de plus, pour le salut de mon ame, à Saint-Jean, le monastère de Saint- Ange de Sios, avec toutes ses terres et vignes, et la ville appelée Sangorrin, pour que perpétuellement elle reste employée au service de Dieu et de saint Jean. Je recommande aussi à ma fille Urraca et aux autres religieuses ses sœurs, du couvent de Sainte-Marie de la Sainte-Croix, de rester et demeurer à perpétuité sous le gouvernement de Saint-Jean et des seigneurs de ce monastère, sous la règle de Saint-Benoit, et que ceux-ci y veillent de manière à ce qu'elle ne souffre aucune altération; et, parce qnc j'ai aimé ceux-ci plus qu'aucuns autres de ma terre, je recommande pareillement à mon fils Sancius, à qui je destine cette terre et celte seigneurie, que, comme j'ai aimé et favorisé la seigneurs de Saint- Jean, il les aime et les favorise en toutes choses. Et je recommande de même Saint-Jean à mon fils Garsias, afin qu'il le fasse demeurer au service de Dieu, et lui fasse du bien, et ne le laisse manquer ni souffrir en nulle chose. Et j'ordonne aussi à mon susnommé fils Sancho,au cas que je vinsse à mourir avant d'avoir donné et payé à ma fille Sancha, laquelle est établie en Provence, ce qne j'ai prorais de lui donner et payer , qu'il le lui donne et paie intégralement, et le fasse pour l'amour de Dieu et pour le silut de son ame ». »

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