‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 156 sur 282 · CHAPITRE Vi KGT - CIHQU IEM E · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vi KGT - CIHQU IEM E

tillans, Àlfonse se vit contraint de se retirer et de rentrer dans sa capitale. On ne sait rien des conséquences qu'eut cette bataille, si ce n'est quelques fables qui ne méritent pas d'être racontées. Cependant, ce qui parait certain , c est que la paix fut rétablie entre les deux frères. Soit que le royaume de Léon ait cédé quelque partie de ses frontières a celui de Caslille, soit que les sœurs des deux rois ou quelques autres personnes influentes aient eu l'adresse de les pacifier, il est constant an moins que, depuis cette bataille, il n'est question dans l'histoire d'aucun autre combat entre eux, pendant le cours de trois années consécutives.

Bé 1071 , les deux frères reprirent les armes sans que lhistoire fasse connaître la cause de leur rupture, et lequel des deux la provoqua. Ils vinrent camper avec leurs armées sur la frontière de leurs royaumes, près d'un village alors appelé Vulpecularia, et depuis, tour à tour,Volpellagc, Vulpejar , Golpeliera, Golpellar et Golpejare , situé sur le rio Carrion. La bataille qui se donna là fut beaucoup plus acharnée et plus sanglante que celle de Llantada , et les résultats en furent aussi plus décisifs : d'abord les Castillans, après avoir longtemps et vaillamment combattu , furent contraints d'abandonner leurs tentes et de tourner le dos à l'ennemi. Mais Sanrho s'ef forçant de retenir les siens dans leur fuite et ne fuyant lui-même qu'en résistant, Alfonse, pour épargner le sang chrétien, défendit à ses soldats de poursuivre les fugitifs, et tout sembla décidé. La débonnaireté d' Alfonse en celte circonstance, toutefois, le perdit, et voici comment1.

Vers ce temps-là, dit Lucas de Tuy, s'était élevé un certain guerrier nommé Rodcricus Didaci, très exercé aux ar-

• On oc saurait douter de la clt'-mcncc d'Alfonse en cette occasion : — Rcx Sanrioj fuit vtetus , et cum f dubiè se dedwset , dit Rodcrich de Tolède (c. 18), Rex Aldcfonsos, volons porcerc Christian!*, pnecepil at nullas presumeret perlerai fuçienU'i.

mes, et qui, dans tout ce qu'il entreprit, demeura vainqueur- Ce guerrier, qui déjà s'était acquis un grand nom, releva dans sa fuite le courage abattu du roi Sancius. Voilà , lui dit-il , que les Galliciens qui sont avec ton frère le roi Alfonse , après la victoire du jour, reposent en toute sécurité dans nos tentes; ruons-nous contre eux, si tu m'en crois, avant le retour du soleil , et nous obtiendrons sur eux la victoire. Le roi Sancius goûta le conseil, et ralliant autant qu'il put son armée, se jeta au lever de l'aurore sur les Léonais encore endormis. Surpris, ils ne purent faire de résistance, et Alfonse, fait prisonnier, fut enfermé, chargé de liens, dans l'église de Sainte-Marie de Garrion «.

La version de Roderich de Tolède diffère peu de la précédente. Il y avait avec le roi Sancius, dit-il, un vaillant guerrier (miles 8trenuusy c'est, chez les deux historiens, l'expression consacrée en parlant du Gid), appelé Rodericus Didaci Gampiator : lequel, animant son roi vaincu, lui persuada de rappeler autant qu'il serait en lui l'armée fugitive , et d'attaquer au point du jour les Léonais et les Galliciens pris au dépourvu a.

Et la chose en effet se passa comme il vient d'être dit: l'aube avait à peine commencé à poindre quand les Castillans se précipitèrent sur le camp d' Alfonse encore établi près du village de Vulpecularia. Les Léonais, livrés aux douceurs du sommeil et réveillés en sursaut parles ennemis qui avaient envahi leurs tentes et leur tenaient l'épée sur la gorge, ne

1 Sed in illls diebus surrexeral miles quidam Domine Rodericus Didaci amas slrenuus, qui omnibus suis agendia extilil vlclor. Hic cum jam essci magni nominis, regem Sancius adbor talus est dicens : Ecce , tnquit , Gallaeci cum fralre tuo Adefonso post bodiernam victoriam quicscunl securi In lentoriis noslris : irrnamus igilur super eos primo mane illucescente die , cl oblinebimns ex et* victoriam. Rex Sancins acquievil consiiiis ejus, etc.

2 Erat autem cum rege Sancio miles strcnuus dictus Rodericus Didaci Campiator : hic regem suum deviclam animans persuasit, ut quoad posset fngientcni cxcrciluin rcrocaret, et in aurora Legiooonsibus et Gallicis improridis ad venir el.

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