‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 158 sur 282 · CHAPITRE VnJGT-CTNQUlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VnJGT-CTNQUlÈME

Or, un jour qu' Alfonse était descendu avec El Ma mou u dans le jardin du château de Brihuega pour y prendre le plaisir de la promenade, g ratia spaciandi, et qu'autour d'eux s'étaient assis en cercle les nombreux Arabes formant la cour d 1,1 Mamoun , l'émir se prit à délibérer tout haut par quel moyen pourrait être rendue aux chrétiens une place aussi importante. Bientôt, comme par un effet de la providence divine, la fatigue l'accablant, Alfonse se coucha au pied d'un arbre, et, comme il paraissait endormi, le roi El Mamoun, causant librement avec ses Arabes, cum suis Arabibus, en vînt à leur demander s'ils croyaient qu'il pût être donné à quelque force humaine de s'emparer d'une aussi forte cité que l'était Tolède. A quoi l'un des assistans répondit : Oui, elle pourrait être prise en effet, si, pendant sept années consécutives, on détruisait ses campagnes et ses alentours, de telle sorte qu'elle vint à manquer de vivres d'une manière absolue. Cette réponse ne fut pas perdue pour Alfonse, qui la conserva dans le fond de son cœur. Une autre fois, nous dit le même chroniqueur, que le miracle ne semble pas étonner plus que de raison, Alfonse était assis auprès d'El Mamoun, causant et consolant avec lui l'ennui de son exil, lorsque tout-à-coup ses cheveux se hérissèrent, et, quoi que fit El Mamoun pour les rabattre de sa propre main, plus il cherchait à les comprimer, plus ils se dressaient ; étrange phénomène que les assistans ne virent pas sans inquiétude. Les plus sages d'entre les Arabes, et c'est l'archevêque Roderich qui parle de la sorte, et sapientes Arabum hoc notantes, nous dit-il, y virent un pronostic désignant clairement la future domination d' Alfonse

des guerres de la succession, en raison de la bataille livrée sous ses mars par l'armée espagnole commandée par le doc de Vendôme et le marquis de Valdecaùas aux Anglais et aux Allemands réunis , ayant pour généralissime le général Stanhope. Le champ de bataille était la plaine même qui s'étend au nord de la Tille, entre celle-ci et le grand mont couvert de chênes, qui va en s'agrandissant vers le bourg de Villa-Viciosa, à une lieue à peu prés de distance.

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sur Tolède, et conseillèrent à l'émir de se défaire du roi chrétien ; mais El Màmoun ne voulut point violer la foi promise, et se contenta de demander à son hôte de lui jurer que, lui vivant, il respecterait les bornes de son empire ; ce qu'Alfonse lui jura spontanément et sans arrière-pensée1.

Pendant que ces choses se passaient à Tolède, Sancho, avec son armée de Castillans et de Navarrais, ex Castellœ et Navarrœ partibus congregato exercitu, ne s'était pas contenté d'entrer en vainqueur à Léon, il avait encore enlevé la Galice à son frère Garsia, réunissant ainsi les couronnes de trois royaumes sur sa tète*. Garsia, à ce qu'il semble, avait fortement mécontenté ses sujets, et ne régnait sur eux que par la terreur. Un parti de Portugais formidable s'était même vers ce temps levé contre lui à la voix deNuflo Mendez; mais il l'avait battu. • Dans 1ère 1 109, dit le chronicon Lusitanum, le 1 5 des Calendes de février (18 janvier 107 1), les Portugais livrèrent bataille au roi don Garsia, fils du roi don Ferdinand ; ils avaient pour chef dans cette guerre le comte Nuflo Menendiz ^fils sans doute de ce Menendus Gunsalvis dont nous avons déjà parlé, et petit-fils de Gunsalvus lYastamiriz).Nufio périt dans ce combat, et tous les siens prirent la fuite; car le roi remporta sur eux la victoire au lieu appelé Pertalini, entre Bracara et le fleuve Cavado3. » Vainqueur de Nufio Mendez, Garsia avait exercé plus rudement encore ses tyrannies. Il avait auprès de lui un certain Vernula, son familier, et qui lui était cher plus

1 Almemon terô noluit fœdus promiss» fldei viola re , aed jurare peliii, ne eo yltente soi regni termines infestaret, et rex Atdefonsus sponlaneu* Almemooi hoc jnmit. •

2 Et slbi trlam regnoram imposuit diadema.

3 Mr* iiOft decimoqnlnto calend. febmarii (18 Janvier 1071) Portnçalleniej comraiserunt prœliam adtersus regem Donnant Garciam fratrem (lege filinm) régis dooni Fernandi, habebantque tune caput in ipso belio cotnilem Kuno Heneodlx j periit lpse ibi , et candi alii sni logeront ; oblinnit autem Rex de illis Tictoriam in loco qui dicitnr fertalini, inter Dracbaram et CoYlum Carado (Cbr. lUsU.,p.4W).

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