‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 159 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

que de raison, aux délations duquel il prêtait une oreille crédule. Plus d'une fois les guerriers et les barons galiciens qu'il poursuivait de ses calomnies supplièrent le roi d'éloigner de lui cet indigne favori. Le roi le soutint envers et contre tous ; de telle sorte que les vexations conseillées par Vernula contre les seigneurs redoublant et devenant de jour en jour plus insupportables, ceux-ci se levèrent, et tuèrent le délateur sous les yeux même et en quelque sorte jusque dans les bras du roi1. La fureur de Garsia dégénéra alors en démence et ne connut plus de bornes ; il se mit de plus belle à opprimer indistinctement ses sujets de tout âge et de tout sexe, et commença quelques attaques douteuses contre son frère le nouveau roi de Léon. Celui-ci n'eut garde de perdre une aussi belle occasion; et, maître de Léon et des Asturies, il obtint facilement et sans coup férir ce qu'il désirait, savoir : la soumission des Galiciens fatigués du joug de son frère. C'est pourquoi Pélage d'Oviédo nous dit que Sancho vainqueur, après s'être impatronisé de Léon, visita les Asturies et aussi la Galice et le Portugal2. A l'approche de son frère, suivant Roderich Ximenez, Garsia, emmenant avec lui trois cents hommes d'armes, passa sur les terres des Arabes 3, et il ne dépendit pas de lui de les déterminer à faire la guerre à son frère, par la promesse de leur donner le royaume de celui-ci en même temps que le sien. A quoi ils répondi-

ibebalaulem quemdam Vernulam causa tarai lia ris secret! plus debito sibi eharum, eu jus delationibus contra milites cl baroncs aurcs credalas adhibebat, ci licet sœpius suppléassent ut a se prœdktum Vernulam removeret, dicessum ejus nullalenus voluil suslinere. Et ipsi repulanles dedecus, et jacturam, quia ejas delationibus lœdebanlur, delalorom in ejus pracsenlia occidcrunl

2 Tune Sancius rex cepit regnum fratris sui Adefonsi régis, et imposuit sibi in Legionc coronam , el fuit bomo formosus nimis et miles slrenuus (consonal epilaphium : Forma Paris, et ferox Hector in armis; vide infrà, p. 52U). Pcrlustratit \ cru Asturias, Gallœciam, sed et Porlucalcm (Pelag. Ovet. Chr., num. 0).

3 La chronique de Compostelle (p. 527} dit que Sancbo lui permit de s'exiler (ou souffrit qu'il s'exilât) à Séville avec tous ses guerriers : — Uispalim cum omnibus suis miUlibns in exilium abirc permisit.

rent : Lorsque tu étais roi, tu n'as pu conserver la moindre partie de ton royaume. Comment feras-tu pour nous donner ce que tu as perdu1? Ils lui firent cependant quelques présens, puis le remirent avec mépris sur les terres chrétiennes. Il commença alors à infester les provinces avec sa petite troupe grossie de quelques nouvelles recrues, et, s'étant porté dans celle qu'on appelait alors communément Portugalia, il y occupa successivement divers lieux, et, entre autres, un moment Santarem, s'il en faut croire Roderich de Tolède, ou peut-être seulement la campagne de Santarem , qui alors appartenait aox Arabes, et où vint le trouver Sancho, comme allié peutêtre de quelque émir du voisinage, de l'émir de Lisbonne, par exemple, ou de celui de Badajoz. Là, les forces des deux frères s'étant rencontrées et en étant venues aux mains, Garsia vaincu fut fait prisonnier, dépossédé définitivement de son royaume, et envoyé au château de Luna, d'où il ne tarda pas à s'échapper pour regagner les terres de Séville a.

Les choses en étaient là, lorsqu'un événement inattendu vint tout changer et donner à tout une face imprévue.

De retour à Léon après la soumission de la Galice, Sancho tourna ses regards vers les domaines indépendans de ses sœurs et résolut de se les soumettre aussi, de gré ou de force. Sur ce prétexte qu'elles plaignaient ou regrettaient trop vivement leur frère Alfonse exilé à Tolède, il mena contre elles une armée considérable, composée principalement de Léonais, de Castillans et de Pampelunois3.Elvira ne lui opposa aucune

1 Inlcrlro autem rex Gorsiaa assumptis secom trecenlis mililibus ivil ad A garenos, et nisus cet suadereulsecum contra fratremsuumexcrcituradestinarenl,regnam fratri*, et sutim eis pollicens se âalurum. Cui tailler responderunt : Com rex esses, regnum tibi sorvare minime poluisli?quomodo ergo perdilum nobisdabis?

2 In Portugalia se receptans loca plurima occupayit. Cui occurrens rex

Sancius frater cju» in loco qui Sancla-Uirenea dicilur, ambo fralernas acies ordinarunt, et inilo prœlio, ? ictus Garsias regno perdito capliratur, et apud Lunam yinculis et custodiœ mancipatur.

3 Occupalis ttaque fratrum regnis terram sororum voiuîl etiam occupare indignans sororibns, eo qnod Aldefonso fugiliTO et exuli condolebaot, et djlfooif

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