CHAPITRE VrNGT-CfWQUlÈME
une armée accoutumée aux prises et aux veillées d'armes est dans l'usage d'y procéder; mais sans relâche, courant la nuit et le jour , tous , dit-il , furent comme emportés dans leur patrie respective. Ce qui donne à penser que quelque armée sortit deZamora et se mit à la poursuite des fugitifs, à travers champs, à la faveur du trouble causé par le meurtre hardi de leur roi x. Lucas ajoute pareillement à ce que Roderich nous dit de la fermeté et de l'affliction des Castillans ; il nous montre dans le désarroi général la cohorte des vaillans guerriers de Castille, fidèles à leur caractère et à leur vertu originaire , faisant résistance intrépidement dans leur retraite , en emportant avec tout le soin qui leur était permis le corps inanimé de leur seigneur, et lui faisant un convoi royal de Zamora jusques au monastère de Oiïa, où ils le livrèrent à la sépulture avec de grands honneurs a.
< Namqoe ut qulsqae miles per castra clrcumsedebat percussos horribill sonilu , quart aroens effectua reliclo fere omni stlpendio arripait fagam , et non ordinaté, ut exercitus armis rigiliisquc m uni tua solitua est inctdere , sed nocliboa die busqué laborando , omnes in palria rapîuntar (ibid., 1. c).
2 Cohors tamen fortisslmorum militum de Castella memores soi gêner i s ac pristinsD virtutia armis fortiter reaiatendo exanlme domini soi corpus quantum licebal egregié delulerunt, et regio funere circumvccium apud Oniense ce?nobium magno cum honore sepulturas iraùiderunt (Luc. Tod., p. 99). — C'est par une erreur do copiste que la chronique de Lucas porte Tannée de Père d'Espagne ■eu ; c'est mcx (1072) qu'il faut lire. — Toutes les autrea chroniques sont d'accord sur ce point. Ainsi le chronkon Lusitanum : — Era 11 10 (1072) occisus est rex Sancius , filins régis Donni Fernandi , ad faciem Zaroor» cmlalis ; post
cujus mortem frater ejus, rex Donnos Alfonsus , rfgnum obtinuit llispani»
(Chr. Lusit., p. 403). — Conf. par loa chronicones pequrAos : — Era acx (1072; Sancius rex interfectus est in Zamora (Chr. Burgrns., p. 309). — Era mcx die dominico Nona octobris (0 oct. 1072) occiderunt regem Sancinm in Zamora (Annal. Complut., p. SI*). — Era mcx interfectus est rex Sancius in Zamora mi non. octobr. (Annal Compost., p. 519). — La chronique de Compostelle donne à peu près les mêmes détails quo Roderich et Lucas de Tuy : — Dum enim ille in castris suis rooraretur, quidam miles Zamurenaium civium consllio et machinationc orbe exivit, et eum in era mcx die sabbati, prob dolor! proditorié interfeelt. Begnatit autem (scil. super Legionenscs) menées octo , et vigenti quinque dies (Chr. Compost., p. 527). — Les chroniques castillanes ne font pas en ceci autorité , et ne sont curieuses qu'au point de tue du langage :— Ainsi los Annales Toledanos primeros : Mataron al rcy D. Sancho en Zamora era mcx. — Et los An-
Sancho était beau de corps et caillant de sa personne jus^ qu'à la témérité ; il fat, pour cette dernière qualité, surnommé Sanche-le-Fort. Il était le second roi de Léon de ce nom. Il fut, dit-on, marié à domna Alberta (étrangère dont l'histoire ne dit pas la patrie); ce qu'il y a de certain, c'est qu'il ne laissa point d'enfans. Il reçut la blessure dont il mourut sous les murs de Zamora le samedi 6 octobre 1072. Il régna sur la Gastille six ans, neuf mois et dix jours, et sur Léon, depuis la bataille de Golpejare, un an, deux mois et vingt-deux jours. On mit sur une des faces de son tombeau, à Ofia, cette épitapbe singulière :
SANCT1VS FORMA PARIS ET FEROX HECTOR IN ARMIS CLAVDITVR HANC VRNA UH FACTVS I» VMRRA. FEMINA MENTE DIRA SOROR HVNC V1TA BXPOLIAVTT. IVRE QVIDEM DEMPTO NON FLEVIT FRATRE PEKEMPTO.
et sur l'autre:
REX ISTE OCCISVS FVIT PROD1TORE CONS1LIO SORORIS SVAE VRRACAE APVD NVMANTIAM CIVITATEM PER MANVM BELLITI ADELPHIS MAGN1 TRADITORIS