‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 163 sur 282 · CHAPITRE VraGT-CmQUlÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VraGT-CmQUlÈME

dans Terreur commune, née dans le neuvième siècle, je ne sais pourquoi, que Zamora était l'antique Numance), par les mains du grand traître Bellitus Adelphis, dans 1ère mil cent dix. Aux nones d'octobre j'ai été enlevé à la marche des heures. »

J'ai passé sous silence à dessein la prétendue ambassade que mena le Cid , à la tête de quinze chevaliers, à l'infante , pour la déterminer à troquer Zamora contre une ville moindre ; la faiblesse et les larmes d'Urraca en présence des ambassadeurs *, la junte des grands et des nobles de Zamora , dans le but de décider ce qu'il y avait à faire ; l'intrépidité avec laquelle Nnnio Alvarez , au nom de tous , refusa les propositions des envoyés de Sancho ; la loyauté du Cid qui dénia ses services à la princesse malgré ses prières ; le dépit que Sancho témoigna au Cid, à son retour au camp, de ce qu'il n'avait point obtenu de la sœur du roi ce que celui-ci désirait; le déplaisir que fit le Campeador à son roi, en se retirant de son service et en se portant avec mille hommes vers Tolède, pour se donner à Alfonse ; l'humilité honteuse de Sancho qui promit mille satisfactions au rebelle, pour qu'il revint dans son camp ; la constance des habitans de Zamora à souffrir la faim pendant l'espace de sept mois; le conseil d'Arias Gonzalez qui voulait qu'Urraca passât à Tolède pour se soustraire aux incommodités du siège; les ruses et les mensonges dont se servit Bclljdus Adolfi, pour passer au camp ennemi, sous un honorable prétexte ; enfin , l'art avec lequel il sut persuader à Sancho qu'il venait pour lui faciliter la prise de la ville; tout cela devant être rejeté de l'histoire véritable , comme dépourvu de tout caractère d'authenticité

Les funérailles achevées, les Castillans et les Navarrais se réunirent à Burgos, et, considérant que le roi Sancho était

I Voyez Mariaoa, el la chronique générale d'Alfonse.

mort sans laisser d'enf ans, toujours fidèles du fond du cœur au souvenir d' Alfonse, que son frère avait contraint de chercher un refuge à Tolède, ils l'élurent d'un commun accord pour leur roi et seigneur, à la condition seulement qu il leur jurerait être demeuré étranger au meurtre de son frère. Et aussitôt, ayant nommé des légats à cet effet, ils les lui dépêchèrent en secret. Dans le même temps, la reine Urraca,de son côté, avait assemblé, on pourrait presque le dire, les cortes de Léon et de Zamora, et, sur leur avis, avait aussi envoyé des nunces à Alfonse, qu'elle aimait par dessus tout, pour l'engager à se hâter de venir prendre possession des royaumes de son frère, et elle avait recommandé à ces envoyés de tenir leur mission des plus secrètes, de peur que la divulgation de la mort de Sancho ne tournât à mal pour Alfonse. On redoutait, à ce qu'il semble, que, tenant entre leurs mains le roi de trois royaumes chrétiens, les Musulmans n'en abusassent et ne le retinssent parmi eux, ne fût-ce que pour le rançonner ; mais on comptait sans la loyauté d'El Mamoun. La crédulité de l'archevêque Roderich, parlant ici de ce qu'on fit pour cacher la mort de Sancho à £1 Mamoun, est singulière à noter. Le secret ne put être gardé; car, dit-il, ces hommes diaboliques qui maintenant sont appelés les initiés, et qui avaient coutume de découvrir aux Musulmans les desseins des chrétiens, coururent en toute hâte pour annoncer aux Arabes la mort tenue cachée du roi Sancho I. Pierre Ansurez, homme discret et habile à parler la langue arabe qui, curieux des nouvelles de la patrie, sortait tous les jours de Tolède à cheval comme pour se promener, et se portait en avant à trois milles et plus sur la route de Zamora, empêcha quelque temps la nouvelle de parvenir jusqu'à Tolède. Deux fois il décolla de sa main les messagers de malheur, et cela ne parait aucunement éton-

< Sed viri diabolici, qui nunc dicuntur initiât! , et solebant Arabibus cbrislianorum proposita denudare, régis Sancii comporta morte, nunciare Arabibus percurrerunt.

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